MontureCanon - Nikon
Format couvert24 x 36 mm
Plage focale24-70 mm
Équivalent 24x36 sur capteur APS-C36-105 mm
Ouverture maximalef/2,8
Ouverture minimalef/22
Distance de mise au point0,38 m
Nombre de lamelles du diaphragme9
Construction15 lentilles réparties en 11 groupes
Éléments spécifiques3 lentilles asphériques, 2 verres SD
Échelle des distancesoui
Rapport de reproduction0,21x
Motorisationoui
Stabilisationnon
Dimensions89,6 x 107,5 mm
Poids1 010 g
Étui soupleNC

Flash test

Le Tokina 24-70 mm f/2,8 IF DX couvre le champ d'un capteur 24 x 36 mm ; sa distance minimale de mise au point est de 38 cm et son diaphragme compte 9 lamelles. Il est dépourvu de stabilisation, mais nous avions pu constater à la prise en main que malgré sa grande luminosité, et bien que volumineux, il était assez compact.

La correction des aberrations et la précision sont assurées par la présence de 3 lentilles asphériques ainsi que 3 éléments en verre à faible dispersion. Quant au flare et aux images fantômes, ils sont limités par le traitement multicouche des lentilles.

L'autofocus dispose d'une motorisation SDM (Silent Drive Module) dont on peut supposer qu'elle est silencieuse, rapide et stable. Il est néanmoins possible de le débrayer directement depuis le fût pour basculer en mise au point manuelle.

Caractéristiques

Prise en main

Ce nouveau zoom 24-70 mm est bel et gros objectif. Ses mensurations sont assez imposantes. Il est dans les normes pour ce qui de la longueur avec 10 cm, mais il est plus volumineux que la moyenne avec un diamètre de près de 9 cm. Sur la balance, son poids se fait également ressentir : plus de 1 kg. C'est très lourd ! Associé à un boîtier du calibre d'un Canon EOS 5D, l'ensemble est déséquilibré et pique vers l'avant. Attention aux longues séances de prises de vues à main levée qui risquent de forcer sur le poignet.

Tokina SD 24-70 mm f/2,8 IF DX

La qualité de fabrication est très bonne et n'a pas grand-chose à envier à celle de ses concurrents chez Canon, Nikon ou même Tamron. Il dispose d'un fût en plastique noir texturé du plus bel effet avec les inscriptions en doré. Le design fait indéniablement pensé à celui des objectifs Nikon.

La bague de zoom jouit d'une belle finition et d'une belle maniabilité. Sa fluidité est bonne ; la bague est un peu dure, mais cela garantit la précision. La course quant à elle est modérée et il sera rapide de passer du 24 au 70 mm : un bon point, donc. Le grip en caoutchouc rainuré est très confortable à utiliser.

Tokina SD 24-70 mm f/2,8 IF DX

C'est au niveau de la bague de mise au point manuelle que les choses commencent à se gâter. En effet, Tokina a choisi une mécanique de "clutch" (comme sur les Olympus ou certains Fujinon, par exemple) pour basculer en mise au point manuelle. Ce choix se respecte, mais il rend impossible toute retouche manuelle du point. De plus, cette mécanique doit être fiable et précise, car elle est très souvent sollicitée sur le terrain. Sur ce point hélas, la version Tokina inquiète. En effet, le mécanisme manque cruellement de franchise : dommage.

Une fois enclenchée, la bague est plutôt agréable à l'usage. La fluidité est bonne et on dispose de repères de butée pour indiquer la distance de mise au point minimale et l'infini. Malheureusement la course est trop courte et la bague manque donc de précision. Notons que l'objectif dispose d'un indicateur de distance de mise au point dynamique sur le dessus.

Tokina SD 24-70 mm f/2,8 IF DX

Test labo

Nous avons testé le 20 mm avec un Canon EOS 6D et son capteur 24 x 36 mm de 20 Mpx (6,5 µm de côté).

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à un autre, d'une focale à une autre et d'une ouverture à une autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 ou f/11 par exemple.

De plus, le piqué va dépendre de la définition du capteur de votre appareil et de la taille de son capteur (le Canon EOS 6D bénéficie d'un capteur 24 x 36 mm de 20 Mpx). Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.

Le Canon EOS 6D dispose d'une définition de 5 568 x 3 708 pixels. Chaque pixel mesure donc 6,5 µm de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/20.

Ce nouveau 24-70 mm f/2,8 procure une bonne qualité d'image. Cependant il souffre d'un cruel manque d'homogénéité sur les bords extrêmes. Aux plus grandes ouvertures et au grand-angle, le décalage de piqué entre le centre et les coins des images est très important. Il s'amenuise à mesure que l'on ferme le diaphragme. Aux autres focales, le phénomène est encore présent, mais beaucoup moins marqué. Pour ce qui est du centre et des zones situées aux deux tiers de l'image, le Tokina est plutôt performant. Le piqué y est élevé et les fins détails, très bien reproduits.

Enfin, voici les résultats obtenus avec un Canon EOS 5DsR.

Test terrain

La focale

Une focale correspond à un angle de champ – ou angle de vision – couvert par l'appareil équipé de l'objectif. Plus la focale est importante, plus l'angle de champ est réduit : on parle de longue focale. À l'inverse, plus la focale est courte, plus l'angle de champ est large : on parle de grand-angle.

Voici ce que l’on obtient avec le 24-70 mm monté sur un Canon EOS 5D, équipé d’un capteur plein format 24 x 36 mm. La plage de focales est relativement polyvalente et conviendra à la plupart des sujets. Utilisé sur un reflex équipé d'un capteur au format APS-C, ce zoom devient un équivalent 36-105 mm.

Tokina SD 24-70 mm f/2,8 IF DX exemple 21
Tokina SD 24-70 mm f/2,8 IF DX exemple 4
Tokina SD 24-70 mm f/2,8 IF DX exemple 9
Tokina SD 24-70 mm f/2,8 IF DX exemple 10

Le vignetage

Tous les objectifs donnent une image dont la périphérie, et particulièrement les coins, sont plus sombres. Le vignetage se mesure en IL (Indice de Lumination) : la valeur indiquée mesure la différence, en IL, entre la quantité de lumière reçue par les bords et celle reçue au centre.

Le vignetage est assez discret sur cet objectif. Il est principalement visible en position grand-angle et aux plus grandes ouvertures. Il devient totalement négligeable à partir de f/5,6. Aux autres focales, on le ressent uniquement à la pleine ouverture f/2,8.

Distorsions

Les objectifs ont tendance à "tordre la réalité". Les aberrations géométriques apparaissent lorsque l'on s'éloigne des conditions de Gauss. On rencontre deux types de distorsions géométriques : les distorsions en coussinets et les distorsions en barillets.

Les distorsions sont bien visibles sur ce nouveau 24-70 mm f/2,8 de Tokina. Bien entendu, on les ressent particulièrement en position grand-angle 24 mm, mais elle sont également perceptibles au 70 mm en position télé.

Bokeh

Le bokeh est à mettre en relation avec la profondeur de champ. On peut le comparer à la "qualité" du flou ou encore à la manière dont l'objectif passe du net au flou – notion très subjective, même si certains éléments permettent de prévoir les choses – sur des images à faible profondeur de champ. Il dépend de nombreux paramètres dont principalement la conception de l'objectif, la forme et la taille du diaphragme.

Pour ce qui est de la profondeur de champ et du bokeh, l'ouverture constante lumineuse de f/2,8 constitue plutôt un avantage. Il est très facile de décrocher le sujet principal de son arrière-plan. Grâce au diaphragme circulaire à 9 lamelles, le bokeh est doux et assez agréable à l'œil.

Tokina SD 24-70 mm f/2,8 IF DX exemple 1
Tokina SD 24-70 mm f/2,8 IF DX exemple 3
Tokina SD 24-70 mm f/2,8 IF DX exemple 8
Tokina SD 24-70 mm f/2,8 IF DX exemple 16

Galerie terrain

Nous avons pu tester ce nouveau 24-70 mm f/2,8 avec un Canon EOS 5DsR à l'occasion du premier jour de compétition du Master Longuines. Au programme : une compétition internationale de saut d'obstacles en intérieur et une soirée de gala avec défilé et concert de Lej !

Commençons par la photo de sport. Même si la carrière était très bien éclairée, il fallait monter un peu les ISO afin de pouvoir utiliser des temps de pose assez courts et éviter ainsi les flou de bougé sujet. En sport équestre et plus particulièrement en saut d'obstacles, il est confortable d'utiliser des temps de pose d'environ 1/800 s. Bien entendu cette vitesse peut dépendre de l'axe de prise de vues du saut : de profil ou de face. De plus, pour avoir un peu de profondeur de champ, nous avons fait le compromis de travailler à f/4. Dans cette configuration, nous avons dû monter à 1 600 ISO, ce qui a généré un peu de bruit sur les images du 5DsR.

Tokina SD 24-70 mm f/2,8 IF DX exemple 5

Il est vrai qu'un 24-70 mm n'est pas très adapté à la photo de sport. La plage de focale est peu limitée. Celai dit, pour ce genre d'épreuves sportives, on peut s'installer assez près de l'action et les 50 millions de pixels du 5DsR nous laissent une marge confortable pour du recadrage.

Tokina SD 24-70 mm f/2,8 IF DX exemple 7
Tokina SD 24-70 mm f/2,8 IF DX exemple 2

Globalement, le Tokina a assez bien relevé le défi, sauf au niveau de l'autofocus qui est beaucoup trop lent et manque cruellement de réactivité. Du coup, sur des sujets en mouvements, c'est presque mission impossible : il faut s'y reprendre à plusieurs fois avant de réussir à anticiper ce problème et obtenir des images nettes.

Tokina SD 24-70 mm f/2,8 IF DX exemple 6

Pour ce qui des photos du concert et du défilé, les faiblesses de l'autofocus se font moins sentir, mais l'absence de stabilisation optique limite la polyvalence de l'objectif et force à monter dans les tours ISO pour limiter les flous de bougé du photographe.

Tokina SD 24-70 mm f/2,8 IF DX exemple 11
Tokina SD 24-70 mm f/2,8 IF DX exemple 12
Tokina SD 24-70 mm f/2,8 IF DX exemple 13
Tokina SD 24-70 mm f/2,8 IF DX exemple 14
Tokina SD 24-70 mm f/2,8 IF DX exemple 15
Tokina SD 24-70 mm f/2,8 IF DX exemple 17
Tokina SD 24-70 mm f/2,8 IF DX exemple 19
Tokina SD 24-70 mm f/2,8 IF DX exemple 20

Verdict

L'absence de stabilisation optique et les faiblesses de réactivité et de rapidité de l'autofocus de ce nouveau Tokina 24-70 mm f/2,8 lui coûtent son recommandé. Tokina signe cependant une bonne optique : elle livre une qualité d'image tout à fait honorable, peut sans conteste rivaliser avec les concurrents du genre et elle est tout à fait adaptée à des capteurs ultra-définis. La qualité de fabrication et la prise en main sont assez bonnes. On regrette cependant que le poids de ce zoom soit un peu élevé et que le système pour basculer en mise au point manuelle ne soit pas plus franc.

+
  • Qualité de fabrication et finitions
  • Prise en main
  • Bague de zoom
  • Qualité optique
  • Piqué dans l'ensemble très élevé
  • Vignetage assez faible
  • Poids et encombrement
  • Système pour basculer en mise au point manuelle
  • Bague de mise au point manuelle
  • Pas de stabilisation optique
  • AF manquant de réactivité et de rapidité
  • Manque d'homogénéité sur les bords extrêmes
  • Distorsions visibles aux extrêmes
Arthur Azoulay

Spécialiste des optiques et rédacteur en chef adjoint de Focus Numérique. La photo est pour lui une obsession. Ses publications 

Les prix
Tokina SD 24-70 mm f/2,8 IF DX
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