MontureCanon - Nikon - Pentax - Sony
Format couvertPlein Format
Plage focale24 - 70 mm
Nombre de lamelles du diaphragmeNC
Construction14 groupes - 16 lentilles
Éléments spécifiques2 lentilles en verre XR - 3 lentilles en verre LD - 4 lentilles asphériques
Échelle des distancesOui
Rapport de reproduction1 : 3,9
MotorisationOui USD
StabilisationOui VC
Dimensions73 x 92 mm
Poids822 g
Étui soupleNon

Caractéristiques

Tamron SP 24-70mm F/2.8 Di VC USD Présentation

C'est lors du CP+ 2012 que Tamron a annoncé son nouveau zoom haut gamme. Voici donc l'incontournable 24-70 mm à ouverture constante f/2,8 pour capteur 24x36 : un classique indémodable.

L’objectif rentre dans la gamme Di, conçue pour les capteurs de reflex plein format et donc à fortiori pour les capteurs APS-C (moyennant un facteur de conversion des focales). En utilisant un coefficient de conversion de 1,5 X (en moyenne), on obtient donc un équivalent 36 – 105 mm.

Il est siglé VC pour l’utilisation de son système de stabilisation optique (Vibration Compensation) et USD pour sa motorisation ultrasonique silencieuse (Ultrasonic Silent Drive).

Cette plage de focale, ultra polyvalente, convient parfaitement dans une bonne majorité des situations de prise de vue (portraits, paysages, reportages). Les amateurs de téléobjectifs pourront éventuellement le compléter avec le SP 70 – 200 mm f/2,8. Il ne manque plus qu’un 12-24 mm et la gamme serait complète !

Question tarif, il se positionne aux alentours des 1000 € et concurrence tout naturellement le Canon EF 24-70 mm f/2,8 (proposé aux alentours des 2500 euros), le Nikon (proposé aux alentours des 1500 euros), le Sony Zeiss (proposé aux alentours des 1800 €), le Pentax 50-135 mm f/2,8 (proposé aux alentours de 1000 euros) ou le Sigma (proposé aux alentours de 850 euros) .

La fiche technique est très aguicheuse : stabilisation optique, technologie de lentilles LD (faible dispersion) et XR (Extra Refractive Index), ouverture 2,8 constante.

Le positionnement prix est intéressant pour certaines marques d'appareils.

Logo DxOCe test optique est basé, en partie, sur les mesures réalisées en laboratoire par DxOMark dans le cadre d’un partenariat conclu entre Les Numériques/Focus Numérique et DxO Labs. Créée par DxO Labs, DxOMark est la source d’information indépendante la plus fiable et la plus objective sur la mesure de qualité d’image. DxOMark a bâti sa réputation grâce à des protocoles de tests rigoureux, des outils de mesure de qualité industrielle et une base de données constituée de milliers de mesures d’appareils photo, d’objectifs et de téléphones mobiles. Les résultats complets des tests réalisés sur cette optique sont disponibles sur www.dxomark.com.

Prise en main

Ergonomie – prise en mains

La prise en mains est très bonne : l'objectif est massif et lourd (plus de 800 grammes). Attention cependant aux longues séances de prise de vue qui peuvent fatiguer très rapidement votre bras et votre poignet. Le toucher est agréable. Le corps externe de l'objectif est en plastique (on aurait aimé une finition métallique) un peu glissant. Cependant, les bagues de zoom et de mise au point sont larges et en caoutchouc et permettent une très bonne préhension.

La bague de zoom est un peu dure, mais assez précise. On retrouve, sur le côté de l'objectif, un loquet de sécurité qui permet de bloquer l'allongement du corps pendant un transport. La bague de mise au point est moins large et on retrouve un indicateur de distance. Malheureusement, cette bague ne dispose pas de butée et tourne à l'infini. Tamron 24-70 mm f/2,8 test review prise en mains Indicateur de mise au point et une jolie bague dorée.

L'encombrement est tout à fait acceptable, même en position déployée à 70 mm. Il est parfaitement proportionné au 5D Mark II, mais il risque d'être légèrement surdimensionné pour des appareils de plus petits gabarits. La répartition du poids et de l'équilibre est également importante en fonction de l'appareil de prise de vue.

La finition des interrupteurs pourrait être améliorée, dommage :

  • VC ON / OFF : pour activer et désactiver la stabilisation

  • LOCK : pour bloquer le zoom

  • AF/ MF : pour l’autofocus Tamron 24-70 mm f/2,8 test review baïonnette *Les interrupteurs disposent d'une finition contestable.*

    Une très bonne chose, l’objectif dispose de la technologie IF qui lui permet de garder la lentille frontale fixe quel que soit la distance de mise au point et donc de pouvoir utiliser un pare-soleil en forme de corolle (livré avec) ou encore de manipuler plus simplement un filtre polarisant.

    Au niveau des informations présentes sur l’objectif, c’est la base : les focales. Tamron 24-70 mm f/2,8 test review monté sur un Canon 5D Mark II Avec le Canon EOS 5D Mark II, le Tamron 24-70 mm est très bien proportionné (taille et poids).

Tests mires

| | | | 1. Facteur de transmission2. Vignettage3. Aberrations chromatiques4. Distorsions5. Piqué (Visuel et Acutance) | Canon EOS 5D Mark II |

logo DxO Mark

> Test Canon EOS 5D Mark II

Voici une étude objective, réalisée à partir de tests labo. Ce travail est réalisé en partenariat avec DxO Mark qui s'occupe de la réalisation des mesures. Ici encore, les résultats de ces analyses sont à mettre correspondance avec le ou les boîtiers de tests que nous avons utilisés. Nous avons opté ici pour un Canon EOS 5D Mark II.

Nos analyses sont basées sur des images réalisées en RAW et JPEG.

Facteur de transmission

Le facteur de transmission est une donnée intéressante. Il correspond à la quantité de lumière que laisse réellement passer l'objectif. Il est important de l'étudier à pleine ouverture, c'est à dire dans le cas ou l'objectif est supposé laisser passer un maximum de lumière.

Le Tamron 24-70 mm frôle la perfection ! Dans le pire des cas, on retrouve un écart de -0,2 IL. Autrement dit c'est totalement négligeable : un très bon point ! **

Vignetage

Tous les objectifs donnent des images dont la périphérie, et particulièrement les coins, sont plus sombres.

Le vignetage se mesure en IL (Indice de lumination) : la valeur indiquée mesure la différence en IL entre la quantité de lumière reçue par les bords et celle reçue au centre.

Nous avons décidé d'observer le vignetage à pleine ouverture, à f/2,8, à f/4 et à une ouverture moyenne : f/5,6. Le vignetage est exprimé en IL. - 1 IL correspond à une sous-exposition équivalente de la fermeture de 1 diaphragme ou de la division par 2 du temps de pose ou de la sensibilité ISO.

échelle vignetage

Le vignetage du Tamron est assez limité, même si il est bien présent à toutes les focales et à toutes les ouvertures. Les valeurs les plus critiques sont, bien entendu, à pleine ouverture à 24 et 70 mm avec dans les bords les plus extrêmes jusqu'à - 1,3 IL. Pour les autres combinaisons, on oscille plus entre -0,3 Il et -1 IL.

Au final, ces défauts restent assez mineurs et pourront très simplement être corrigés en postproduction. ### Aberrations Chromatiques

Les aberrations chromatiques résultent d'un problème de focalisation de la lumière variant selon les différentes longueurs d'onde des rayons lumineux. La mise au point ne peut pas être effectuée simultanément au même endroit pour les différentes couleurs du spectre. Ces légers décalages entraînent l'apparition de bordures irisées colorées. Ces défauts se voient particulièrement lors des transitions précises du net au flou, sur les fins détails (très contrastés).

Nous avons observé les aberrations chromatiques à pleine ouverture, à f/4, à f/5,6 et à une ouverture moyenne : f/8.

echelle ABEC

De manière assez étonnante, le Tamron 24-70 mm vignette uniquement en grand angle 24 mm et de manière visible aux très grandes ouvertures dans les bords. Dès 35 mm, les aberrations chromatiques disparaissent totalement !

Distorsions

Les objectifs ont tendance à tordre la réalité. On rencontre deux types de distorsions géométriques : les distorsions en coussinets et les distorsions en barillets.

Les distorsions sont très faibles. Elles sont légèrement visibles en position grand angle 24 mm et deviennent négligeables au delà. Comme pour le vignetage et les aberrations chromatiques, les distorsions se corrigent très facilement en postproduction. ### Piqué (Visuel et Acutance)

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à un autre, d'une focale à une autre et d'une ouverture à une autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 par exemple.

Attention, nous jugeons ici le piqué à partir d'images réalisées sur des sujets plans. Sur le terrain, c'est rarement le cas sauf pour des reproductions. Il faut donc bien mettre en perspective les conclusions de cette étude.

Le piqué va aussi dépendre de la définition du capteur de l'appareil (nous avons testé l'objectif avec un Canon EOS 5D Mark II de 21 millions de pixels) et la taille du capteur (24 x 36 mm pour le 5D Mark II). Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif. L'EOS 5D Mark II dispose d'une définition de 5616 x 3744 pixels. Chaque pixel mesure donc 6,4 micromètres de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/20 ! L'acutance se réfère à la sensation de netteté. Plus elle est élevée, plus l'impression de netteté est forte. Cette notion prend en compte la manière dont nos yeux perçoivent le contraste (on parlera de courbe de l'oeil ou FTM de l'oeil), la distance d'observation et la taille de l'image à regarder. DxO effectue ses calculs d'acutance sur la base d'une observation d'un tirage de 1,5 mètres de large à 1 mètre. Le Tamron 24-70 mm est globalement très bon, même si il reste un cran en dessous de son concurrent chez Canon. On peut facilement le comparer à une focale fixe ! Par contre, et c'est assez étonnant, il n'est pas constant.

À 24 mm, il est excellent pour toutes les ouvertures. Le piqué commence à baisse à partir de f/11 pour devenir décevant à f/22 (à cause de la diffraction). Le centre de l'image est particulièrement impressionnant. Au delà, à la plus grande ouverture, les résultats sont nettement plus mitigés. Autrement dit, le piqué n'est absolument pas homogène entre le centre et les bords à f/2,8 pour 35 mm, 50mm et 70 mm.

Il semblerait que les meilleurs résultats soient obtenus au 50 mm à f/8.

***Téléchargez le pack RAW

échelle accutance*** Voici une petite comparaison avec les résultats que nous avons obtenus sur le dernier Tamron 24-70 mm f/2,8 et le tout nouveau EF 24-70 mm L f/4 de Canon. Nous observons un 50 mm à f/8. **Canon 24-70 mm f/2,8 L II + EOS 1Dx : 50 mm f/8**

Comparaison Tamron Vs Canon Canon 24-70 mm f/4 L IS + EOS 5D Mark III : 50 mm f/8

Tamron SP 24-70mm F2.8 + EOS 5D Mark II : 50 mm f/8

Tests terrain

| | | | 1. Focale et angle de champ2. Distorsions3. Vignetage4. Bokeh5. Stabilisation6. Macro |

Il faut bien distinguer deux approches dans le jugement de la qualité d'image que procure un objectif : la première se fait de manière subjective et observant des images; la seconde est objective, en se basant sur les résultats de tests réalisés en laboratoire. L'une ne va pas sans l'autre. De plus, il faut tenir compte des caractéristiques de l'appareil utilisé dans le test. Ici nous avons opté pour un Canon EOS 5D Mark II équipé d'un capteur de 21 millions de pixels. Le Test Terrain sert à l'évaluation subjective de la qualité d'image que procure l'objectif.

Le test du Canon EOS 5D Mark II

Focale et angle de champ

Une focale correspond à un angle de champ ou angle de vision couvert par l'appareil photo équipé de l'objectif. Plus la focale, exprimée en mm, est importante, plus l'angle de champ est réduit : on parle de longue focale. À l'inverse, plus la focale est courte, plus l'angle de champ est large : on parle de grand-angle.

Voici ce que l’on obtient avec le Tamron monté sur le Canon EOS 5D Mark II, qui est équipé d’un capteur plein format. La plage de focales est très polyvalente et conviendra parfaitement à la majorité des sujets (portraits, reportage, paysage). La limitation se fera sentir pour les sujets un peu éloignés. En utilisant l'objectif sur un appareil équipé d'un capteur au format APS-C, on obtient un équivalent 36 - 105 mm (avec un coefficient de conversion de X1,5).

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Téléchargez les RAW originaux

Distorsions

Les objectifs ont tendance à "tordre la réalité". Les aberrations géométriques apparaissent lorsque l'on s'éloigne des conditions de Gauss. On rencontre généralement deux types de distorsions géométriques : les distorsions en coussinets et les distorsions en barillets. Le nouveau 24-70 mm Tamron présente des distorsions en barillets au grand-angle. Au télé, la distorsion s'inverse en coussinets. C'est un des défauts majeurs des zooms, ils souffrent très souvent d'aberrations géométriques assez voyantes. Quoi qu'il en soit, ce type d'aberration se corrige assez bien de manière logicielle.

**** > **** [***Téléchargez les RAW originaux***](//dtphgwb5vjcez.cloudfront.net/focus/articles/1503/exports-serveur/tamron-24-70-dis-packraw.zip)

Vignetage

Tous les objectifs donnent des images, dont la périphérie, et particulièrement les coins, sont plus sombres.

Le vignetage se mesure en IL (Indice de Lumination) : la valeur indiquée mesure la différence en IL entre la quantité de lumière reçue par les bords et celle reçue au centre. ****

À f/2,8, le vignetage est très visible à toutes les focales. En position grand-angle il reste visible jusqu'à f/8. Pour certains, le vignetage est plus une qualité, qu'un défaut. En effet dans certains cas il permet de "refermer" l'image et procure un aspect esthétique très appréciable. Quoi qu'il en soit, il se corrige très bien et très facilement numériquement. La majorité des logiciels de retouche ou de développement permettent de le corriger. Dans certains cas, il y a même des profils de correction spécifiques aux objectifs à appliquer.

>[***Téléchargez les RAW originaux***](//dtphgwb5vjcez.cloudfront.net/focus/articles/1503/exports-serveur/tamron-24-70-vig-packraw.zip)

Bokeh

Le bokeh est à mettre en relation avec la profondeur de champ. On peut le comparer à la "qualité" du flou ou encore à la manière dont l'objectif passe du net au flou sur des images à faible profondeur de champ. Cette notion est très subjective même si certains éléments permettent de prévoir les choses.

Il dépend de beaucoup de paramètres dont principalement la conception de l'objectif et la forme et taille du diaphragme. Sur certaines images, on peut même voir apparaître la forme du diaphragme.

Le bokeh du Tamron est très agréable, les transitions du flou au net sont assez franches, mais elles restent harmonieuses. Monté sur un appareil équipé d'un capteur plein format et à pleine ouverture, il est possible de créer des profondeurs de champ très courtes et de jouer sur les flous d'arrière-plan très efficacement.

Téléchargez les RAW originaux **

Stabilisation

Le principe d'un stabilisateur optique est simple : l'objectif est équipé d’une petite lentille montée sur un système de micro moteurs qui lui permet d’être mobile, c’est-à-dire de pouvoir bouger dans deux directions : verticale et horizontale.

Ces micro moteurs sont actionnés grâce à un système gyroscopique qui détecte les moindres petits mouvements de l’objectif (et donc, du bras du photographe) et les compensent afin de les corriger.

Très schématiquement, si on monte très légèrement son appareil vers le haut, la lentille dans l’objectif se déplace vers le bas. Les deux mouvements s’annulent d’un point de vue optique et c’est comme si l’on n’avait pas bougé.

Le système de stabilisation optique du Tamron est assez performant et très utile sur une plage de focales comme le 24 - 70 mm. À 70 mm, à main levée, il est possible d'utiliser sans soucis un temps de pose de 1/30 de secondes, voir 1/20 de seconde.

Tamron 24-70 mm SP VD f/2,8


Tamron 24-70 mm SP VD f/2,8

Stabilisation ON - OFF, au 1/30 70 mm

Téléchargez les RAW originaux

Macro

Photographier les sujets de près n’est pas facile et tous les objectifs ne sont pas capables de réaliser les mêmes images. L’explication est simple : l'objectif nécessite une distance minimum de mise au point entre le photographe et le sujet (33 cm pour le Tamron). Pour photographier de minuscules sujets, c’est trop s’il l’on prend en compte un second facteur, le rapport de grandissement de l’objectif 1/3,9.

Au mieux, le Tamron procurera des images 3,9 X plus petites que le sujet. On ne peut donc absolument pas parler de macro mais il sera possible de faire des gros plans assez proches des sujets que vous rencontrerez.

Tamron 24-70 mm SP VD f/2,8

Tamron 24-70 mm f/2,8 VC

**** > Téléchargez les RAW originaux ****

**** **Licence Creative Commons**Test Tamron 24-70 mm f/2,8 de Arthur Azoulay est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 non transposé.

Exemples de photos

Le photographe, David Lefevre, a passé quelques jours à Berlin avec le Canon EOS 6D et le 24-70 mm f/2,8 Tamron. Il répond aux questions de Focus Numérique autour de ce test terrain.

TAMRON 24-70 mm f/2,8 SP VC

Focus Numérique : Après quelques jours passés avec ce nouvel objectif, quelles sont tes premières impressions au niveau de la prise en main et du confort d'utilisation ?

Depuis quelque temps, j'ai l'impression que Tamron vit un second souffle avec des renouvellements de gamme intéressants. Ce zoom 24-70mm f/2,8 VC en est l'exemple parfait.

J'ai été très agréablement surpris par la hausse de finition de cet objectif, surtout si on le compare à l'ancien zoom lumineux trans standard de la marque, le 28-75mm f/2,8. Ce dernier était un peu « cheap » alors que ce nouvel objectif procure une sensation rassurante de solidité. Est-ce dû à la tropicalisation ? En tout cas, le revêtement inspire confiance et le poids (825grs) donne l'impression de tenir un zoom de qualité dans la main.

La bague de zoom est bien large, je n'ai pas noté de point dur et la motorisation silencieuse et ultrasonique est vraiment efficace. Le fonctionnement de ce zoom est feutré et rapide. Dès les premiers shoots, j'ai trouvé que ce Tamron était plutôt une bonne surprise.

TAMRON 24-70 mm f/2,8 SP VC La tropicalisation ne lui fait pas craindre les différences de température..Là, il faisait -13°C...

Focus Numérique : Selon toi, la stabilisation apporte-t-elle un réel plus ? Est-ce que tu l'as utilisé ? Si oui, dans quel cas ?

Cet amusant que tu me demandes ça, je suis en plein débat sur ce sujet avec un collègue en ce moment. Oui, clairement la Stabilisation apporte un réel plus, mais uniquement sur sujet fixe.

Sur ce point, celle du Tamron est d'un excellent niveau, elle est efficace et rapide. On entend un très léger bourdonnement si on colle le fut sur l'oreille, mais ce n'est pas gênant. Par ailleurs, elle apporte aussi un vrai gain en vidéo. Un boîtier comme le Canon EOS 6D ou le Nikon D600, tous deux pourvus d'excellentes fonctions vidéos trouveront-là le zoom de base pour de petites productions.

En revanche, sur une utilisation terrain de type reportage, en photo, je ne trouve pas que la stabilisation soit déterminante. Si le sujet bouge, ce que l'on veut c'est le figer, donc la stabilisation ne changera rien. Par contre, le fait que ce trans standard soit tropicalisé, lumineux et en plus stabilisé en fait une des optiques les plus polyvalentes qui soient. Tout dépend évidemment du niveau d'exigence de chacun, mais sur un range classique de zoom, il est possible de presque tout faire avec cette optique.

TAMRON 24-70 mm f/2,8 SP VCJe voulais rendre la scène lumineuse, la stabilisation m'a permis de descendre au 1/20s sans soucis.

Focus Numérique : D'un point de vue qualité optique, as-tu des remarques particulières au niveau des distorsions et du vignetage ?

Oui et cela est notable particulièrement au grand angle et à pleine ouverture. Au 24 mm f/2,8 le vignetage assombrit sensiblement les bords. Cela ne me dérange pas trop vu qu'en général j'aime bien enfermer un peu mon sujet, mais certains puristes paysagistes risquent de tiquer. Le vignetage s'estompe en diaphragmant, mais il reste visible jusqu'à f/8. Cependant, il est très facile aujourd'hui de corriger ce défaut en postproduction. Pour la distorsion, effectivement, elle est un peu présente en barillet au grand angle, mais sur des scènes courantes il sera difficile de la remarquer. Je ne l'ai pas trouvé gênante en tout cas.

TAMRON 24-70 mm f/2,8 SP VC En ouvrant à f/2.8 au grand angle, on s'aperçoit que le vignettage est élevé.

Focus Numérique : D'après nos mesures labo, les aberrations chromatiques sont assez visibles à 24 mm à toutes les ouvertures. L'as-tu remarqué ?

Non, je n'ai pas noté d'aberrations chromatiques visibles, ni au 24, ni aux autres focales. Je n'ai pas spécifiquement cherché à mettre en évidence ce problème, mais comme on le voir sur la photo ci-dessous, avec un sujet en contre-jours, au grand angle, il faut vraiment avoir envie de couper les pixels en 4 pour en déceler et les trouver gênantes.

TAMRON 24-70 mm f/2,8 SP VCLes aberrations chromatiques sont quasiment invisibles ( cf dans les branches en haut à gauche). Par là même occasion, on note la bonne résistance au Flare de l'objectif.

Focus Numérique : Question piqué, à f/2,8, quels sont tes impressions ?

Étonnamment à f/2,8 le piqué est déjà très bon au centre. L'image est contrastée et croustillante. Évidemment cela se complique dès que l'on part sur la périphérie avec une mollesse significative sur les bords et les angles. Mais dans des conditions de reportage classique, la pleine ouverture est largement utilisable.

TAMRON 24-70 mm f/2,8 SP VC

Dans la zone centrale, le piqué est déjà très bon à pleine ouverture.

Focus Numérique : D'une manière plus générale, que penses-tu du piqué de cet objectif ? Est-ce que, selon toi, on peut le comparer à ce que l'on peut obtenir avec une focale fixe ?

Le Tamron 24-70 mm f/2,8 VC se révèle très performant dans l'ensemble. La pleine homogénéité est atteinte aux alentours de f/8, mais le niveau de piqué est déjà très bon à la pleine ouverture au centre pour rapidement devenir excellent à partir de f/4. L'ensemble du champ est plutôt contrasté à toutes les focales, excepté les angles qui restent tout de même un peu en retrait.

On n'atteint pas l'homogénéité absolue de certaines focales fixes. Donc non, je n'irai pas jusqu'à dire qu'on peut le comparer à certaines focales fixes lumineuses, mais il n'empêche que ce trans standard se défend plutôt bien et offre un piqué plus qu'honorable, surtout pour son prix.

TAMRON 24-70 mm f/2,8 SP VCAutour de f/8, l'homogénéité globale est vraiment intéressante.

TAMRON 24-70 mm f/2,8 SP VC Devant le mémorial de la Shoa.... Seuls les angles restent un peu en retrait. Le rendu est terne à cause du temps, mais le micro-contraste est élevé.

Focus Numérique : Selon toi, ce nouveau 24-70 mm rivalise avec ses concurrents chez Canon et Nikon ? Est-ce qu'une optique de ce type est indispensable pour un photographe ?

Tout dépend du type de reportage que le photographe veut réaliser, mais il est évident que ce Tamron 24-70 mm f/2,8 VC est particulièrement polyvalent. Son "range" en fait un objectif à quasiment tout faire, la stabilisation est efficace d'au moins de 2 à 3 IL sur sujet fixe, la tropicalisation permet de le trimbaler presque n'importe où et surtout son piqué permet d'exploiter sans arrières pensés les hautes définitions des capteurs actuels.

Pour couronner le tout, l'AF se fait rapidement et par rapport à l'ancienne version, on a n'a plus cet effet de grattement de l'autofocus qui cherchait le meilleur point de netteté.

Oui, c'est un concurrent sérieux aux zooms Canon et Nikon, mais je n'irais pas jusqu'à dire qu'il rivalise avec le dernier Canon 24-70mm f/2.8 sur le plan de la qualité optique. Cependant, il en offre globalement "plus" pour moins cher en intégrant la stabilisation et la tropicalisation. Pour moi cette optique est hautement recommandable.

TAMRON 24-70 mm f/2,8 SP VCCapteur full frame + Grande ouverture = très faible profondeur de champ. Le bokeh du Tamron est bien voluptueux.

TAMRON 24-70 mm f/2,8 SP VCPetit aperçu de la scène berlinoise...il aura fallu la plus grande ouverture et monter à 10000 iso pour garder un temps de pose limite de 1/50s. Je ne pense pas que le stabilisateur dans ce cas précis change la donne.

Téléchargez les fichiers en pleine définition (RAW + JPEG) LicenseTest Tamron 24-70 mm f/2,8 de David Lefevre est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 non transposée.

Verdict

Tamron 24-70 mm f/2,8SP VC

Le 24-70 mm f/2,8 est la pièce maîtresse du trio incontournable pour un photographe professionnel : 16-35 mm (14-24 chez Nikon), 24-70 mm et 70-200 mm. Avec ces trois optiques, tout photographe est armé pour répondre à près de 90% des demandes de ses clients. L'ouverture constante de f/2,8 garantit la possibilité de disposer des mêmes possibilités de prise de vue du 16 au 200 mm, permet de jouer facilement avec la profondeur de champ et d'être paré aux faibles conditions lumineuses à main levée. Tamron dispose d'un 24-70 mm et d'un 70-200 mm f/2,8 constant. Espérons qu'un 16-35 mm (ou 14-24 mm) est dans les tuyaux.

La conception de ce nouveau 24-70 mm est à elle seule une révolution. En effet, c'est le premier objectif du genre à intégrer un système de stabilisation optique. Canon, Nikon, Sigma, vous savez quoi faire !

On ne peut s'empêcher de comparer cet objectif aux références chez Canon et Nikon. Pour ce qui est de la prise en main, la version Tamron n'a rien à envier aux autres modèles. L'optique inspire confiance même si le niveau de finitions et la qualité des matériaux utilisés n'atteignent pas ceux des deux géants. L'objectif est dans l'ensemble assez confortable à utiliser : souplesse et précision des bagues de mise au point et de zoom, discrétion et rapidité de l'AF, stabilisation optique.

Sur le terrain le 24-70 mm s'adapte à de nombreuses situations de prise de vue : le portrait, la nature morte, le reportage et le paysage principalement. Grâce à son ouverture constante de f /2,8, il est possible d'obtenir de très beaux flous d'arrière-plan pour mettre en avant les sujets principaux des images. Il est même relativement utile pour des photos rapprochées en proxy photographie. La présence d'un stabilisateur optique est un vrai plus et ouvre la porte à des images jusqu’ici impossibles à réaliser en faibles conditions lumineuses et à main levée.

La qualité optique est très correcte. Le piqué est bien présent et impressionnant au centre des images (parfait pour du reportage). Cependant, on peut lui reprocher son manque cruel d'homogénéité aux plus grandes ouvertures. En effet, la sensation de netteté chute radicalement en se rapprochant des bords de l'image.

Pour le reste les distorsions sont discrètes, et le vignetage réellement visible aux plus grandes ouvertures. On note la présence d'aberrations chromatiques aux plus grandes ouvertures dans les bords les plus extrêmes des images.

Annoncé à moins de 1000 euros, le Tamron 24-70 mm f/2,8 se positionne comme une alternative sérieuse aux classiques modèles "constructeurs". À l'heure actuelle, l'optique est disponible en monture Canon, les nikonistes devront attendre ! Nous le recommandons sans aucune hésitation.

Face à la concurrence

| | | | Canon EF 24-70 mm f/2,8 L USM II | [tab_prix2(,,,598,id_ln,,,)] |

Canon EF 24-70 mm f/2,8 L USM II (testé). Canon vient également de mettre à jour son optique phare. Cette nouvelle version est réellement exceptionnelle au niveau de la qualité optique, mais ne dispose pas de système de stabilisation. Canon fait payer le prix fort pour cette qualité optique et le nouveau 24-70 mm f/2,8 est, à l'heure de la rédaction de cet article, pratiquement 1000 euros plus cher.

| | | | SIgma 24-70 f/2,8 EX DG HSM | [tab_prix2(sigma,24-70 mm,2,1407,id_shopping,0,87058773,0)] |

Sigma 24-70 mm f/2,8 EX DG HSM. Avec un prix sous la barre des 900 euros, le Sigma est lui aussi un sérieux concurrent du Tamron. Comme tous les autres concurrents, il ne dispose pas de stabilisation optique, mais reste une référence incontournable pour les photographes aux moyens limités qui souhaitent travailler à f/2,8. Nous n'avons pas testé cette optique, mais les mesures DxOMark donnent l'avantage au modèle Tamron avec un piqué plus homogène et un vignetage plus contenu.

| | | | Nikkor 24-70 mm f/2,8 ED AF-S | [tab_prix2(Nikon,24-70 mm f2.8,2,1076,id_shopping,0,107827325,0)] |

Nikkor 24-70 mm f/2,8 ED AF-S. Le 24-70 mm f/2,8 Tamron est une intéressante alternative au modèle proposé par Nikon avec un différentiel de prix de 500 euros en faveur de Tamron. Comme pour le modèle Canon, le Nikkor dispose d'un développement du zoom un peu moins important ce qui rend l'ensemble un peu moins fragile. Côté performance, DxOMark positionne les deux rivaux de manière assez proche, le Tamron proposant en supplément une stabilisation optique toujours appréciable.

+
  • Prise en main
  • Confort d'utilisation
  • Construction tropicalisée
  • Stabilisation optique
  • Ouverture constante f/2,8
  • Faible vignetage
  • Faibles distorsions
  • Qualité des finitions
  • Aberrations chromatiques aux grandes ouvertures
  • Manque d'homogénéité dans le piqué à f/2,8
Arthur Azoulay

Spécialiste des optiques et rédacteur en chef adjoint de Focus Numérique. La photo est pour lui une obsession. Ses publications 

Les prix
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