MontureCanon - Nikon - Sony
Format couvert24 x 36 mm
Plage focale15-30 mm
Équivalent 24x36 sur capteur APS-C22,5-45 mm
Ouverture maximalef/2,8
Ouverture minimalef/22
Distance de mise au point0,28 m
Nombre de lamelles du diaphragme9
Construction18 lentilles réparties en 13 groupes
Éléments spécifiquesVerres LD (faible dispersion), 1 module XGM (eXamded Glass Molded Aspherical), traitements eBand et Bbar (Broad-Band Anti-Reflection)
Échelle des distancesoui
Rapport de reproduction0,2x
Motorisationoui, USD
Stabilisationoui, VC
Dimensions98,4 x 145 mm
Poids1,1 kg
Étui souplenon

Flash test

Avec son nouveau SP 15-30 mm f/2,8 Di VC USD, Tamron enrichit sa gamme d'optiques SP (qui comporte déjà un 24-70 mm f/2,8, un 70-200 mm f/2,8, un 90 mm macro f/2,8 et le 150-600 mm f/5-6,3) et propose ainsi le dernier maillon manquant à l'incontournable trio de zooms à f/2,8 constant !

Tamron SP 15-30 mm f/2,8

La fiche technique de ce nouvel objectif est alléchante. En plus de son ouverture constante f/2,8 associée à un diaphragme circulaire à 9 lamelles, on retrouve une stabilisation optique (dont l'utilité sera probablement encore contestée sur ce type de focales) et une motorisation USD.

La formule optique est basée sur une construction de 18 éléments répartis en 13 groupes. Elle intègre plusieurs verres LD (faible dispersion) et un module XGM (pour eXamded Glass Molded Aspherical). Bien entendu, les traitements eBand et Bbar (Broad-Band Anti-Reflection) sont de la partie pour limiter le flare, les images fantômes et assurer la meilleure uniformité possible. Tamron a également appliqué un nouveau traitement anti-ruissellement et anti-poussières sur la frontale de l'objectif.

Tamron SP 11-30 mm f/2,8 Di VC USD

Ce zoom est disponible en version Canon, Nikon et Sony. Il pèse environ 1,1 kg pour un diamètre de près de 10 cm et une longueur d'environ 15 cm.

Le nouveau Tamron 15-30 mm f/2,8 Di VC USD est disponible depuis le 16 février 2015 au prix de 1 299 € en monture Canon et Nikon. Il vient donc concurrencer le Canon EF 16-35 mm f/2,8 L II USM et le Nikon AF-S Nikkor 14-24 mm f/2,8 G ED.

Il avait été présenté à la photokina 2014 : nous avions rencontré sur place M. Kenji Nakagawa.

Caractéristiques

Prise en main

Pas de doute, ce nouveau 15-30 mm est imposant : comptez près de 15 cm de long et 10 cm de diamètre. Le poids est lui aussi assez conséquent : 1,1 kg (rapport aux 18 lentilles qui le composent, à la stabilisation optique et à la motorisation USD). Et ce, même avec une construction en plastique ! La qualité de construction est tout à fait satisfaisante. Fini les inscriptions dorées, Tamron passe à la sobriété avec une bague en métal gris satiné pour y positionner les différentes informations de l'objectif. On ne va pas s'en plaindre.

Tamron SP 11-30 mm f/2,8 Di VC USD

L'objectif dispose d'un pare-soleil en corole intégré. Son encombrement est constant ; si la position de la lentille frontale change en fonction de la focale, elle ne modifie en rien la longueur de l'optique.

Tamron SP 11-30 mm f/2,8 Di VC USD

La bague de zoom dispose d'une course modérée entre le 15 et le 30 mm : c'est bien. Elle est assez large et très confortable à utiliser. On lui reproche juste un léger manque de souplesse qui se fera vite oublier avec l'habitude.

La bague de mise au point manuelle, beaucoup plus étroite, est située en arrière de la bague de zoom (vers le boîtier). Elle offre une course convenable entre la distance minimale de mise au point et l'infini. Elle ne propose pas de butée, mais simplement des repères qui ne sont pas assez francs à notre goût. Elle reste cependant assez agréable à l'usage. Question mise au point, le zoom est équipé d'une motorisation USD. On dispose également d'un indicateur de distance de mise au point dynamique situé sur le dessus de l'objectif.

Tamron SP 11-30 mm f/2,8 Di VC USD

Sur le côté on retrouve deux interrupteurs : l'un pour désactiver la mise au point automatique et le second pour la stabilisation car oui, ce 15-30 mm est stabilisé !

Test labo

Nous avons testé le 15-30 mm avec un Canon EOS 6D et son capteur 24 x 36 mm

de 20 Mpx (6,5 µm de côté).

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à un autre, d'une focale à une autre et d'une ouverture à une autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 ou f/11 par exemple.

De plus, le piqué va dépendre de la définition du capteur de votre appareil (nous avons testé l'objectif avec un 6D de 20 Mpx) et la taille de son capteur (24 x 36 mm pour le 6D). Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.

Le 6D dispose d'une définition de 5568 x 3708 pixels. Chaque pixel mesure donc 6,5 µm de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/20 !

La qualité optique de ce nouveau 15-30 mm f/2,8 est assez bonne, bien que l'on puisse observer quelques défauts, principalement aux plus grandes ouvertures et ce, quelle que soit la focale choisie. Dans l'ensemble, l'objectif procurera le meilleur de lui-même entre f/8 et f/11. Au-delà, la diffraction fait son apparition et le piqué commence à baisser. Au centre de l'image, le piqué (la sensation de netteté) est bon et homogène. On obtient le même type de résultats de f/2,8 à f/8.

On observe un manque d'homogénéité sur les bords. Par exemple, dans sa position grand-angle maximale, il faut fermer à f/5,6 pour commencer à obtenir une image totalement homogène. À f/2,8, sur les bords, l'image manque "nettement" (sans jeu de mots) de piqué. Le phénomène est moins important au 20 mm et au 24 mm.

Attention cependant, sur notre scène test et sur notre mire, au 15 mm, le calage de l'objectif est particulièrement difficile à faire compte tenu de la très faible distance de mise au point. Une légère erreur au labo entraîne de fortes répercussions sur le piqué, surtout à f/2,8. Il faut donc prendre en connaissance cette analyse labo et ne pas oublier le test terrain pour juger des performances de l'objectif.

Test terrain

La focale

Une focale correspond à un angle de champ – ou angle de vision – couvert par l'appareil équipé de l'objectif. Plus la focale est importante, plus l'angle de champ est réduit : on parle de longue focale. À l'inverse, plus la focale est courte, plus l'angle de champ est large : on parle de grand-angle.

Voici ce que l’on obtient avec le 15-30 mm monté sur le Canon EOS 6D équipé d’un capteur plein format 24 x 36 mm. Il offrira un équivalent 24-48 mm si l'objectif est monté sur un reflex équipé d'un capteur APS-C.

Cet objectif est idéal pour les paysages et la photo de reportage, par exemple. Attention, on a vite tendance a se laisser séduire par le champ proposé au 15 mm et à ne pas trop en sortir. En effet, ce dernier est très attractif et permet de faire des images que l'on a moins l'habitude de voir. N'oubliez pas qu'il s'agit bien d'un zoom, avec tous les avantages que cela apporte !

Le vignetage

Tous les objectifs donnent une image dont la périphérie, et particulièrement les coins, sont plus sombres. Le vignetage se mesure en IL (Indice de Lumination) : la valeur indiquée mesure la différence, en IL, entre la quantité de lumière reçue par les bords et celle reçue au centre.

Le vignetage est assez limité. On l'observe bien entendu au 15 mm et aux plus grandes ouvertures mais il reste très discret. On peut considérer qu'il est négligeable dès f/5,6. Pour les autres focales, on le ressent à peine à f/2,8. Un très bon point donc !

Distorsions

Les objectifs ont tendance à "tordre la réalité". Les aberrations géométriques apparaissent lorsque l'on s'éloigne des conditions de Gauss. On rencontre deux types de distorsions géométriques : les distorsions en coussinets et les distorsions en barillets.

Les distorsions sont assez bien maîtrisées, même si elles sont bien visibles. Vous devrez user d'un traitement en post-production pour vous en débarrasser.

Stabilisation

Le principe d'un stabilisateur optique est simple : l'objectif est équipé d’une petite lentille montée sur un système de micromoteurs qui lui permet d’être mobile, c’est-à-dire de pouvoir bouger dans deux directions : verticale et horizontale. Ces micromoteurs sont actionnés grâce à un système gyroscopique qui détecte les moindres mouvements de l’objectif (et donc du bras du photographe), et les compense afin de les corriger. Très schématiquement, si on monte très légèrement son appareil vers le haut, la lentille dans l’objectif se déplace vers le bas et les deux mouvements s’annulent d’un point de vue optique : c’est comme si on n’avait pas bougé.

Difficile à croire mais oui, le nouveau 15-30 mm f/2,8 de Tamron est bien équipé d'un système de stabilisation optique. C'est du jamais vu sur ce type de focale et de surcroît sur un zoom. Mais à quoi donc peut servir une stabilisation optique sur un 15 mm ? En effet, le champ très large permet de descendre naturellement dans les temps de pose, sans aide, et sans risquer de voir naître un flou de bougé du photographe. Si on reprend la règle mnémotechnique, on pourrait photographier à main levée au 1/15 s au 15 mm et au 1/30 s au 30 mm. Ces deux temps de pose sont plus que confortables par rapport à la grande ouverture f/2,8 de l'objectif, et au vu des performances des boîtiers modernes dans les hautes sensibilités ISO.

Tamron - 15-30 mm f/2,8 - stabilisation

Téléchargez les fichiers originaux

Nous avons donc réalisé un simple test avec l'objectif en position 30 mm. On constate que même au 1/30 s, l'image réalisée est un peu meilleure avec la stabilisation optique que sans. L'intérêt est donc indéniable. Et l'on considère que l'image reste "nette" à main levée jusqu'au 1/8 s, à savoir un gain de 2 IL (théorique) !

Bokeh

Le bokeh est à mettre en relation avec la profondeur de champ. On peut le comparer à la "qualité" du flou ou encore à la manière dont l'objectif passe du net au flou – notion très subjective, même si certains éléments permettent de prévoir les choses – sur des images à faible profondeur de champ. Il dépend de nombreux paramètres dont principalement la conception de l'objectif, la forme et la taille du diaphragme.

Même avec un zoom grand-angle, il est possible d'obtenir des effets de profondeur de champ marqués. Les 30 cm de distance minimale de mise au point associés à une ouverture de f/2,8 facilitent grandement les choses. Voici une petite étude de l'évolution du bokeh en fonction de l'ouverture et de la focale, pour que vous puissiez vous faire une idée des possibilités de l'objectif en la matière. Le bokeh produit, à f/2,8, est doux et soyeux. C'est assez agréable à l'œil.

Galerie terrain

Tamron SP 15-30 mm f/2,8 Di VC USD exemple 1
Tamron SP 15-30 mm f/2,8 Di VC USD exemple 2
Tamron SP 15-30 mm f/2,8 Di VC USD exemple 3
Tamron SP 15-30 mm f/2,8 Di VC USD exemple 4
Tamron SP 15-30 mm f/2,8 Di VC USD exemple 5
Tamron SP 15-30 mm f/2,8 Di VC USD exemple 6
Tamron SP 15-30 mm f/2,8 Di VC USD exemple 7
Tamron SP 15-30 mm f/2,8 Di VC USD exemple 8
Tamron SP 15-30 mm f/2,8 Di VC USD exemple 9
Tamron SP 15-30 mm f/2,8 Di VC USD exemple 10
Tamron SP 15-30 mm f/2,8 Di VC USD exemple 11

Verdict

Difficile, voire impossible de ne pas recommander ce Tamron SP 15-30 mm f/2,8 Di VC USD qui, malgré quelques défauts de qualité de piqué sur les bords aux plus grandes ouvertures, se révèle être un superbe outil pour les amoureux de photo de grands paysages, de nature ou même de reportage.

Tamron SP 15-30 mm f/2,8 Di VC USD

C'est un bel, imposant et lourd objet qui ne passe pas inaperçu. Sa qualité de construction est très bonne et ses finitions sont sobres et discrètes. On l'a bien en main, on prend plaisir à l'utiliser. Il est "toutes options" avec sa motorisation USD, sa stabilisation optique VC, son pare-soleil intégré et son ouverture constante de f/2,8.

La qualité optique est bonne, malgré des défauts d'homogénéité aux plus grandes ouvertures. L'objectif donnera le meilleur de lui même entre f/8 et f/11, avec des images riches et détaillées sur l'ensemble du champ couvert. On apprécie la faible présence d'aberrations chromatiques. Le vignetage est bien présent, surtout au 15 mm aux plus grandes ouvertures. Bien entendu les distorsions sont très visibles.
Canon EF 16-35 mm f/2,8 L II USM

Nikon AF-S Nikkor 14-24 mm f/2,8 G ED

Ce nouveau zoom f/2,8 constant vient naturellement concurrencer les versions Canon et Nikon. Lancé au prix de 1 299 €, il est naturellement un peu plus compétitif que le Canon EF 16-35 mm f/2,8 L II USM et le Nikon AF-S Nikkor 14-24 mm f/2,8 G ED, et intègre en prime une stabilisation optique !

+
  • Qualité de construction et de finition
  • Ouverture f/2,8 constante
  • Stabilisation optique
  • Plage de focale incluant un 30 mm
  • Motorisation USD
  • Qualité optique de f/8 à f/11
  • Faibles aberrations chromatiques
  • Faible vignetage
  • Poids et encombrement importants
  • Défauts d'homogénéité aux plus grandes ouvertures entre le centre et les bords des images
  • Léger vignetage aux plus grandes ouvertures
  • Distorsions marquées
Arthur Azoulay

Spécialiste des optiques et rédacteur en chef adjoint de Focus Numérique. La photo est pour lui une obsession. Ses publications 

Les prix
Tamron SP 15-30 mm f/2,8 Di VC USD
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