Tamron propose le zoom ultime en matière de polyvalence : capable de couvrir toutes les situations de prise de vue. Le 18-400 mm f/3,5-6,3 Di II VC HLD est en effet un équivalent à un 27-600 mm ! Paysage, reportage, portrait, sport, animalier : rien ne lui fait peur.

Format couvertAPS-C
Plage focale18-400 mm
Équivalent 24x36 sur capteur APS-C27-600 mm
Ouverture maximalef/3,5-6,3
Échelle des distancesNon
StabilisationOui
Pare-soleilOui
Étui soupleNon
MontureCanon EF-S, Nikon F
Ouverture minimalef/22-40
Distance de mise au point0,45 m
Nombre de lamelles du diaphragme7
Construction16 éléments répartis en 11 groupes
Éléments spécifiques2 lentilles asphériques, 1 lentille asphérique hybride, 3 verres LD
Rapport de reproduction0,35X
MotorisationOui, HLD
Dimensions79 x 123,9 mm (Canon)
Diamètre filtre72 mm
Poids710 g (Canon)

Prise en main
Pas mal

Présentation

18-400 mm : c'est un record ! Jusqu'à présent, on connaissait les 18-300 mm. Avec ce nouvel objectif, Tamron repousse encore les limites du téléobjectif sur un zoom ultra polyvalent, en ajoutant 100 mm à la focale la plus longue. Monté sur un reflex équipé d'un capteur au format APS-C, la focale maximum équivalente est désormais de 600 mm (coefficient de conversion de 1,5x) ! Pas de changement par contre au niveau du grand-angle : on reste sur une focale de 18 mm, équivalente donc à un 27 mm.

L'objectif est composé de 16 lentilles réparties en 11 groupes incluant 2 verres asphériques, 1 verre asphérique hybride et 3 verres LD (faible dispersion). L'ensemble est associé à un diaphragme circulaire à 7 lamelles offrant des ouvertures maximales glissantes (peu lumineuses) f/3,5-6,3. Côté technologies, on retrouve naturellement (et impérativement) la présence d'une stabilisation optique, ainsi qu'une nouvelle motorisation autofocus HLD (pour High/Low torque modulated Drive). Ce nouveau moteur, peu gourmand en énergie, est capable d'ajuster la vitesse de déplacement du groupe de lentilles dédié à la mise au point afin d'assurer un autofocus silencieux et précis. De plus, cette motorisation est plus petite, ce qui limite le poids et l'encombrement de l'optique.

Prise en main

Ce 18-400 mm présente bien. Il reprend les nouveaux codes esthétiques des derniers objectifs Tamron. Le design est sobre, discret et élégant. On retrouve le corps réalisé en plastique avec, à sa base, la fameuse bague couleur champagne. L'objectif est paré pour les mauvaises conditions de prise de vue (6 joints d'étanchéité).

Côté mensurations, il est bien entendu plus imposant que le 18-200 mm, mais reste relativement compact. Comptez un peu plus de 12 cm de long replié pour environ 27 cm déployé (un interrupteur empêche le déploiement intempestif de l'optique pendant le transport). Niveau diamètre, comptez 8 mm. Sur la balance, ce zoom affiche environ 710 grammes. Il est donc assez bien proportionné au calibre des reflex APS-C haut de gamme.

Il dispose naturellement de deux bagues de réglage. La première, la plus imposante et située vers l'intérieur, est dédiée au réglage de la focale. Elle est très large et confortable à utiliser. La course est assez modérée, ce qui est un bon point. De plus, on retrouve de nombreux repères de focales. Malheureusement, elle manque un peu de fluidité, elle est lourde à utiliser, surtout sur les focales les plus longues. Quoi qu'il en soit, à l'usage et au final, elle est assez précise.

La seconde bague, dédiée à la mise au point et située vers l'extérieur, est beaucoup plus étroite. Elle n'en reste cependant pas moins confortable à utiliser et dispose de réels repères de butée à la distance de mise au point minimale et à l'infini. La course est très courte, le fût est dénué de repère et la bague est trop fluide — pour la précision, il faudra repasser. Cependant, force est de constater que sur ce type d'objectif, la bague de mise au point manuelle n'est que très rarement utilisée. L'objectif est naturellement dépourvu d'indicateur de distance de mise au point dynamique.

Enfin, sur le côté, on retrouve deux interrupteurs : le premier active ou désactive l'autofocus, et le second est dédiée au fonctionnement de la stabilisation optique.

Tests labo
Un "trou" au 100 mm

Présentation piqué Nikon D810



La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à l'autre, d'une focale à l'autre et d'une ouverture à l'autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 ou f/11 par exemple. De plus, le piqué va dépendre de taille et de la définition du capteur de votre appareil. Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.


Nous avons testé l'objectif avec un Nikon D7200 au capteur APS-C de 24 Mpx, soit une définition de 6 016 x 4 016 px. Chaque pixel mesure donc 3,9 micromètres de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/11.

Testé avec Imatest.

Bien entendu, avec une telle plage de focales, il ne faut pas s'attendre à des performances optiques exceptionnelles, que ce soit au niveau du niveau du piqué ou de l'homogénéité. Ce 18-400 mm ne déroge malheureusement pas à la règle, mais il offre cependant un assez beau comportement, sans trop de mauvaises surprises.

C'est au grand-angle que le piqué est le plus fort. Au 18 mm, dès la plus grande ouverture f/3,5, l'objectif délivre des images très piquées au centre. Les 24 Mpx du D7200 ne le font pas sourciller. De plus, le piqué augmente à mesure que l'on ferme le diaphragme, pour atteindre son paroxysme à f/11. Passé cette ouverture, il chute pour cause de diffraction. Les photographies obtenues manquent toutefois cruellement d'homogénéité et le piqué baisse de manière brutale dès que l'on s'éloigne du centre de l'image. Ce phénomène s'amenuise à mesure que l'on ferme le diaphragme, mais reste présent à toutes les ouvertures.

Au 100 mm, les résultats sont assez décevants : le piqué est particulièrement faible aux plus grandes ouvertures et commence tout juste à décoller au centre de l'image à f/11. Étrangement, il continue de grimper jusqu'à f/16.

Enfin, au 200 et 400 mm, l'objectif délivre un comportement similaire à celui du grand-angle mais avec un niveau de piqué général plus faible. Le manque d'homogénéité est également plus marqué entre le centre, les deux tiers de l'image et les bords extrêmes.

Notre scène test et les zones d'intérêt.

Tests terrain
Polyvalence : le maître mot

La focale



Une focale correspond à un angle de champ — ou angle de vision — couvert par l'appareil équipé de l'objectif. Plus la focale est importante, plus l'angle de champ est réduit : on parle de longue focale. À l'inverse, plus la focale est courte, plus l'angle de champ est large : on parle de grand-angle.


Voici ce que l'on obtient avec le 18-400 mm monté sur un reflex équipé d'un capteur au format APS-C. La plage de focales de l'objectif équivaut à un 27-600 mm ! Cela permet de couvrir presque tous les cas de figure : le paysage au grand-angle 27 mm, le reportage au 35 mm, le portrait au 100 mm et le sport ou l'animalier avec les plus longues focales.

Le vignetage



Tous les objectifs donnent une image dont la périphérie, et particulièrement les coins, sont plus sombres. Le vignetage se mesure en IL (Indice de Lumination) : la valeur indiquée mesure la différence, en IL, entre la quantité de lumière reçue par les bords et celle reçue au centre.


Cet objectif vignette, c'est une certitude. On ressent le phénomène à toutes les focales. C'est à la position grand-angle qu'il est le plus marqué, avec des bords extrêmes particulièrement denses aux plus grandes ouvertures. Aux focales moyennes, il se fait plus discret. Enfin, aux plus longues focales, il redevient important — il est alors moins fort, mais plus étendu.

Les distorsions



Les objectifs ont tendance à "tordre la réalité". Les aberrations géométriques apparaissent lorsque l'on s'éloigne des conditions de Gauss. On rencontre deux types de distorsions géométriques : les distorsions en coussinets et les distorsions en barillets.


Les distorsions sont bien présentes, mais assez bien gérées.

Le bokeh



Le bokeh est à mettre en relation avec la profondeur de champ. On peut le comparer à la "qualité" du flou ou encore à la manière dont l'objectif passe du net au flou — notion très subjective, même si certains éléments permettent de prévoir les choses — sur des images à faible profondeur de champ. Il dépend de nombreux paramètres dont principalement la conception de l'objectif, la forme et la taille du diaphragme.


Les ouvertures maximales glissantes que propose cet objectif ne sont pas propices à des effets de bokeh très importants. De plus, rappelons qu'il est conçu pour couvrir le format APS-C. Néanmoins, compte tenu des très longues focales qu'il peut atteindre, il est tout à fait possible d'obtenir des effets de profondeur de champ marqués et de détacher un sujet de son environnement. Pour ce faire, privilégiez donc les longues focales, une assez faible distance de mise au point et si possible un bon dégagement entre votre sujet et son arrière-plan.

La stabilisation optique



Le principe d'un stabilisateur optique est simple : l'objectif est équipé d’une petite lentille montée sur un système de micromoteurs qui lui permet d’être mobile, c’est-à-dire de pouvoir bouger dans deux directions : verticale et horizontale. Ces micromoteurs sont actionnés grâce à un système gyroscopique qui détecte les moindres mouvements de l’objectif (et donc du bras du photographe), et les compense afin de les corriger. Très schématiquement, si on monte très légèrement son appareil vers le haut, la lentille dans l’objectif se déplace vers le bas et les deux mouvements s’annulent d’un point de vue optique : c’est comme si on n’avait pas bougé.


Impossible d'imaginer de nos jours utiliser des focales si importantes sans stabilisation optique. Lors de nos tests, nous avons naturellement travaillé à la focale maximale, à savoir 400 mm (équivalent 600 mm) et à main levée. Notre sujet était positionné à environ 3 m. Nous avons réussi à descendre jusqu'au 1/25 s et obtenir une image que l'on peut considérer comme nette — même si elle ne l'est pas parfaitement, notamment car les fins détails sont altérés par le bruit généré par le boîtier. Cela fait donc un très beau gain, d'environ 4 IL.

Galerie terrain

Verdict

Le zoom Tamron 18-400 mm f/3,5-6,3 Di II VC HLD s'adresse à tous ceux qui ne veulent pas s'encombrer de plusieurs objectifs et veulent pouvoir tout faire — ou presque — avec leur appareil photo. Sa polyvalence est tout simplement ahurissante et permet d'appréhender sereinement de la photo de paysage comme de la photo de sport.

Malgré sa plage de focales très importante, ce zoom est assez bien proportionné : il est relativement compact et léger. La qualité de fabrication et le design sont au rendez-vous — un bon point. Longue focale oblige, cet objectif est équipé d'une stabilisation optique qui se paye le luxe d'être très efficace.

Néanmoins, ce zoom dispose d'ouvertures maximales glissantes peu lumineuses (f/3,5-6,3) qui limitent ses possibilités dans de faibles conditions lumineuses et ne permettent pas d'obtenir des effets de profondeur de champ très marqués. Niveau qualité optique, cet objectif fait le travail, mais sans plus. En effet, il souffre d'un manque d'homogénéité du piqué assez fort, surtout aux plus grandes ouvertures, et d'un comportement assez étrange au 100 mm. Par contre, au centre, il délivre des images très détaillées.

+
  • Polyvalence de la plage de focale
  • Stabilisation optique efficace
  • Design, qualité de construction, prise en main
  • Mensurations contenues
  • Faibles distorsions
  • Ouvertures maximales glissantes peu généreuses
  • Vignetage très présent
  • Manque de fluidité de la bague de zoom
  • Bague de mise au point manuelle difficile à utiliser
En résumé

Ce nouveau zoom 18-400 mm est d'un polyvalence redoutable et dispose d'une stabilisation optique efficace. Relativement compact et surtout léger, il sera un compagnon idéal pour presque tout faire avec votre reflex. Cependant, force est de constater qu'au niveau optique, il est loin d'être parfait. Bien qu'il délivre des images piquées au centre, il souffre d'un fort manque d'homogénéité et d'un comportement parfois étonnant.

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Arthur Azoulay

Spécialiste des optiques et rédacteur en chef adjoint de Focus Numérique. La photo est pour lui une obsession. Ses publications 

Les prix
Tamron 18-400 mm f/3,5-6,3 Di II VC HLD
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