MontureFE
Format couvert24 x 36 mm
Plage focale16-35 mm
Équivalent 24x36 sur capteur APS-C24-52,5 mm
Ouverture maximalef/2,8
Ouverture minimalef/22
Distance de mise au point0,28 m
Nombre de lamelles du diaphragme11
Construction16 éléments répartis en 13 groupes
Échelle des distancesNon
Rapport de reproduction0,19 X
MotorisationOui
StabilisationNon
Dimensions88,5 x 121,6 mm
Diamètre filtre82 mm
Poids680 g
Pare-soleilOui
Étui soupleOui
Éléments spécifiques2 lentilles XA, 3 lentilles asphériques, 2 verres ED

Prise en main
Encore perfectible

Présentation

On retrouve une construction très ambitieuse avec pas moins de 16 éléments répartis en 13 groupes. L'objectif intègre 2 éléments XA, 3 lentilles asphériques et 2 verres ED. L'ouverture constante est assurée par un diaphragme à 11 lamelles optimisé pour des effets de bokeh très prononcés. L'objectif est dépourvu de stabilisation optique (il faudra se contenter de la stabilisation capteur, plus efficace sur ce type de focales larges). Côté mensurations, comptez une longueur de plus de 12 cm et un diamètre de moins de 9 cm. Sur la balance, il affiche 680 g. Il est naturellement conçu pour affronter les mauvaises conditions de prises de vue (humidité, poussière) et intègre un bouton de verrouillage de la mise au point programmable sur son fût. Côté autofocus, il est doté d'une conception interne avec le déplacement de 2 éléments flottants.

Prise en main

Série G Master oblige, nous n'avons pas grand-chose à redire sur la qualité de fabrication de ce 16-35 mm. Le design est, comme à l'accoutumée, sobre, élégant et assez discret. Un bon point. Le corps de l'objectif est réalisé en plastique avec une finition noir satiné très légèrement texturée. Le choix de ce type de matériel apporte un avantage au niveau du poids et du comportement de l'optique en cas de chocs thermiques (contraction et dilatation très limitées). L'objectif est aussi naturellement renforcé pour une utilisation tout-terrain contre l'humidité et la poussière.

Niveau mensurations, comptez 680 g sur la balance et une longueur (en mode replié) d'un peu plus de 12 cm. L'objectif est donc assez léger et compact. Il est bien proportionné au calibre d'un boîtier du type A7/9. Il sera aisé de l'utiliser pendant de longues séances de prises de vue à main levée.

La bague de zoom est située vers l'intérieur. Elle est large et confortable à utiliser. La course est modérée et il sera très rapide (un seul geste) de passer du 16 au 35 mm. Sa fluidité est bonne, mais la bague est un peu lourde. L'utilisation de la bague de zoom modifie la longueur de l'objectif. Plus on s'approche du grand-angle 16 mm, plus l'objectif est long.

La bague de mise au point manuelle est a fortiori située vers l'extérieure. Elle est un peu plus étroite que la bague de zoom, mais reste très confortable à utiliser. Malheureusement, la bague ne dispose ni de repère de distance de mise au point ni de repère de butée. Elle est aussi trop fluide.

Sur le côté, on dispose d'un interrupteur pour désactiver l'autofocus et un bouton programmable.

Tests labo
Beau comportement et piqué élevé


Qu'est-ce que le piqué ?

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à l'autre, d'une focale à l'autre et d'une ouverture à l'autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 ou f/11 par exemple. De plus, le piqué va dépendre de la taille et de la définition du capteur de votre appareil. Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie au fur et à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.


Nous avons testé l'objectif avec un A7R II, au capteur 24 x 36 mm de 42 Mpx d'une définition de 8 000 x 5 320 px. Chaque pixel mesure donc 4,5 micromètres de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/11 !

Testé avec Imatest.

Ce 16-35 mm présente de belles performances au labo. Commençons par le comportement général de l'objectif. Les 3 courbes montrent une assez belle forme de cloche (aux focales testées) avec un piqué donc qui augmente au fur et à mesure que l'on ferme le diaphragme et qui baisse passé l'ouverture limite de diffraction (f/11). Notons que, compte tenu du niveau général très élevé du piqué, les images prises à f/16 sont totalement exploitables. Ce comportement "constant" en fonction de la focale est un plus à l'usage, car on sait que l'objectif se comportera de la même manière, quelle que soit la focale utilisée.

Au grand-angle 16 mm, le zoom dispose d'un piqué fort, surtout au centre, et ce dès f/4. À la plus grande ouverture, il est légèrement en retrait. L'objectif souffre d'un manque d'homogénéité tout au long des ouvertures entre le centre et les bords extrêmes des images. Il en va de même entre le centre et les 2/3 des images, mais uniquement aux 2 plus grandes ouvertures. Passé f/4, constance est de mise sur presque l'intégralité des images.

Au 24 mm, l'objectif présente un manque d'homogénéité plus marqué entre le centre et les 2/3 des images. Ce dernier se tasse plus on s'approche de f/11. Par contre, force est de constater que le décalage avec les bords extrêmes des images est toujours assez important quelle que soit l'ouverture utilisée. C'est à peu près le même type de comportement au 28 mm.

C'est au 35 mm que ce zoom délivre le meilleur de lui même avec des images très piquées (centre et 2/3 des images) et ce dès la plus grande ouverture f/2,8. En revanche, les bords extrêmes sont toujours très en retrait aux plus grandes ouvertures. Cet écart se tasse néanmoins rapidement à partir de f/5,6.

Notre scène test et les zones d'intérêt.

À titre d'information, comparons les performances de ce nouveau 16-35 mm f/2,8 à celles du dernier modèle Canon (Canon EF 16-35 mm f/2,8 L III USM) que nous avons testé avec un EOS 5DsR et son capteur de 50 millions de pixels.

Canon EF 16-35 mm f/2,8 L III USM

Ce nouveau 16-35 mm affronte sans sourciller les 50 millions de pixels de l'EOS 5DsR. C'est une bonne optique qui délivre un haut niveau de piqué malgré des défauts d'homogénéité entre le centre et les bords les plus extrêmes à toutes les ouvertures — ce phénomène est cependant relatif, car le niveau de piqué général est très élevé.

EF 16-35 mm f/2,8 L III USM
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À propos du Canon EF 16-35 mm f/2,8 L III USM :

Le nouveau 16-35 mm f/2,8 Canon s'en sort bien au labo. Il procure des images très piquées et ne sourcille pas devant les 50 millions de pixels de l'EOS 5DsR. Cependant, force est de constater que l'objectif souffre de problèmes d'homogénéité entre le centre et les bords des images, et ce dans toutes les configurations (focales/ouvertures). Comme prévu, passé f/11, la diffraction fait son apparition et le niveau de piqué général de l'optique baisse de manière significative.

À 16 mm, le piqué au centre est bien constant et très élevé. Sur les bords et les extrémités, il croît à mesure que l'on ferme le diaphragme. C'est à f/8 que l'objectif délivre le meilleur de lui-même avec une homogénéité quasi parfaite, mis à part les bords extrêmes des images.

Aux autres focales (24, 28 et 35 mm), le comportement est plus homogène et l'objectif délivre presque le même niveau de piqué, quelle que soit l'ouverture utilisée : un bon point.

Le modèle Sony dispose ainsi d'un plus beau comportement et délivre des images dans l'ensemble plus homogènes que le Canon. Difficile de juger du niveau du piqué compte tenu de la différence de définition entre le boîtier test du Sony (A7RII) et ce celui du Canon (EOS 5DsR).

Tests terrain
Efficace !

La focale


Qu'est-ce que la focale ?

Une focale correspond à un angle de champ — ou angle de vision — couvert par l'appareil équipé de l'objectif. Plus la focale est importante, plus l'angle de champ est réduit : on parle de longue focale. À l'inverse, plus la focale est courte, plus l'angle de champ est large : on parle de grand-angle.


Voici ce que l’on obtient avec le 16-35 mm monté sur un A7, équipé d’un capteur 24 x 36 mm : sur un hybride d'un capteur APS-C et avec le coefficient de conversion de 1,5x, on obtient un équivalent 24-52 mm. Cet objectif est idéal pour les paysages et la photo de reportage, par exemple.

Le vignetage


Qu'est-ce que le vignetage ?

Tous les objectifs donnent une image dont la périphérie, et particulièrement les coins, sont plus sombres. Le vignetage se mesure en IL (indice de lumination) : la valeur indiquée mesure la différence, en IL, entre la quantité de lumière reçue par les bords et celle reçue au centre.


Le vignetage est bien présent et visible principalement aux focales les plus larges et aux plus grandes ouvertures. Au 16 mm, on le ressent jusqu'à f/8. Aux autres focales, il devient négligeable aux alentours de f/4-f/5,6.

Les distorsions


Qu'est-ce que les distorsions ?

Les objectifs ont tendance à "tordre la réalité". Les aberrations géométriques apparaissent lorsqu'on s'éloigne des conditions de Gauss. On rencontre 2 types de distorsions géométriques : les distorsions en coussinets et les distorsions en barillets.


Les distorsions sont très bien gérées et très discrètes : un bon point pour un zoom grand-angle.

Le bokeh


Qu'est-ce que le bokeh ?

Le bokeh est à mettre en relation avec la profondeur de champ. On peut le comparer à la "qualité" du flou ou encore à la manière dont l'objectif passe du net au flou — notion très subjective, même si certains éléments permettent de prévoir les choses — sur des images à faible profondeur de champ. Il dépend de nombreux paramètres dont principalement la conception de l'objectif, la forme et la taille du diaphragme.


Même avec un zoom grand-angle, il est possible d'obtenir des effets de profondeur de champ marqués. Les 28 cm de distance minimale de mise au point associés à une ouverture de f/2,8 facilitent grandement les choses. Voici une petite étude de l'évolution du bokeh en fonction de l'ouverture et de la focale, pour que vous puissiez vous faire une idée des possibilités de l'objectif en la matière.

Galerie terrain

Verdict
Recommandé, bien sûr !

Impossible de ne pas recommander ce nouveau 16-35 mm G Master f/2,8 constant qui s'associera à merveille avec les déjà très remarqués 24-70 mm f/2,8 et 70-200 mm f/2,8. Le trio des zooms lumineux à ouvertures constantes est donc au complet pour le système d'hybrides 24 x 36 mm Sony. La firme se paie même le luxe de proposer une série f/4 constant et une série f/2,8 constant.

Ce 16-35 mm est dans la droite lignée de ses prédécesseurs, à savoir une excellente optique à qui on ne peut pas reprocher grand-chose. Au niveau de la conception d'abord, avec une qualité de fabrication remarquable, une prise en main agréable et surtout, sur ce modèle, un rapport poids/encombrement très favorable à de longues utilisations à main levée sur le terrain. Seules les deux bagues de réglage (surtout celle dédiée à la mise au point manuelle) déçoivent et peuvent être améliorées.

Concernant la qualité optique, l'objectif est dans les standards de la gamme G Master. Il délivre des images très piquées (riches en détails), et ce dans presque toutes les configurations (focale / ouverture). Le comportement général de l'objectif est cohérent et surtout stable en fonction des différentes focales. Seule ombre au tableau, des défauts d'homogénéité des images entre le centre, les 2/3 des images et les bords extrêmes aux plus grandes ouvertures, surtout aux focales les plus larges. On apprécie le vignetage assez bien maîtrisé et les très faibles distorsions.

L'ouverture constante f/2,8 est un réel atout pour jouer avec les effets de profondeur de champ et se sentir à l'aise dans les faibles conditions lumineuses. D'autant que la majorité des boîtiers A7/9 sont stabilisés au niveau de leur capteur ; la stabilisation reste très efficace sur les focales larges.

+
  • Qualité de construction, design et prise en main
  • Poids et encombrement modéré
  • Ouverture constante f/2,8
  • Comportement général de l'objectif
  • Niveau de piqué général
  • Performances au 35 mm
  • Faibles distorsions
  • Bagues de réglage perfectibles (surtout celle dédiée à la mise au point)
  • Problème d'homogénéité du 16 au 28 mm entre le centre, les 2/3 des images et les bords extrêmes des images aux plus grandes ouvertures
  • Vignetage marqué aux plus larges focales et aux plus grandes ouvertures
En résumé

Impossible de ne pas recommander ce nouveau zoom grand-angle, à ouverture constante et lumineux, qui fera le bonheur des paysagistes et des adeptes du reportage. Malgré quelques points perfectibles au niveau de la prise en main, l'objectif est agréable à utiliser et adapté aux longues séances de prises de vue sur le terrain. La qualité optique est au rendez-vous, les distorsions restent très faibles et l'ouverture maximale de f/2,8 permet de jouer avec les effets de profondeur de champ.

FE 16-35 mm f/2,8 GM
Arthur Azoulay

Spécialiste des optiques et rédacteur en chef adjoint de Focus Numérique. La photo est pour lui une obsession. Ses publications 

Les prix
Sony FE 16-35 mm f/2,8 GM
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