Le Sony E 18-135 mm f/3,5-5,6 OSS a été annoncé à l'occasion du CES 2018. C'est un objectif en monture E, donc conçu pour être utilisé avec les hybrides Sony. Il couvre le format APS-C et est un équivalent 27-202,5 mm. Cet objectif à tout faire se positionne donc comme un compagnon ultra polyvalent pour les utilisateurs d'hybrides Sony APS-C.

MontureSony E
Format couvertAPS-C
Plage focale18-135 mm
Équivalent 24x36 sur capteur APS-C27-202,5 mm
Ouverture maximalef/3,5-5,6
Ouverture minimalef/22-36
Distance de mise au point0,45 m
Nombre de lamelles du diaphragme7
Construction16 éléments répartis en 12 groupes
Éléments spécifiques1 lentille asphérique et 2 lentilles à très faible dispersion
Échelle des distancesNon
Rapport de reproduction0,25x
MotorisationOui
StabilisationOui
Dimensions67,2 x 88 mm
Diamètre filtre55 mm
Poids325 g
Pare-soleilOui
Étui soupleNon

Prise en main
Compact et léger !

Présentation

Disposant de dimensions de 88 x 67,2 mm pour un poids de 325 g, cet objectif bénéficie d'un encombrement relativement contenu malgré une large plage focale (18-135 mm, soit un zoom 7,5x) à la fois adaptée à la photographie de paysage, au portrait et à la photographie de sport. Inhérente à ce type d'optique, l'ouverture glissante f/3,5-5,6 se fait cependant modeste.

Le Sony E 18-135 mm f/3,5-5,6 OSS est conçu à partir d'une formule optique composée de 16 éléments répartis en 12 groupes incluant notamment 1 lentille asphérique et 2 lentilles à très faible dispersion. L'objectif intègre par ailleurs un diaphragme circulaire à 7 lamelles, ainsi qu'un système de stabilisation optique. Il peut accueillir des filtres de 55 mm. Sa distance minimale de mise au point de 0,45 m autorise un coefficient de grossissement de 0,29x.

Prise en main

Ce 18-135 mm est particulièrement compact et léger. Son calibre se mariera parfaitement avec celui d'un hybride Sony APS-C de type A6500, par exemple. Sur la balance, comptez 325 g et, concernant l'encombrement, un peu moins de 9 cm de longueur en position grand-angle 18 mm. Ce n'est pas un objectif à encombrement constant : plus on augmente la focale, plus l'objectif se déploie. Quoi qu'il en soit, cela reste très contenu, car à 135 mm, la longueur de l'objectif prend environ 2,5 cm supplémentaires, soit 11,5 cm. Vous pouvez donc attaquer de très longues séances de prises de vue à main levée sans aucun problème !

Cet objectif est très épuré et discret. On retrouve deux bagues de réglage, un interrupteur pour basculer en mise au point manuelle et quelques informations de rigueur sur le corps de l'objectif et sur le pourtour de la lentille frontale. Pas d'indicateur de distance de mise au point dynamique au programme… Bien que fabriqué principalement en matière plastique (sauf la monture et le pourtour de la zone externe), la qualité est au rendez-vous. En revanche, mauvaise nouvelle, cet objectif n'est pas spécialement protégé contre les intempéries (pas même de joint au niveau de la monture). Il faudra donc être vigilant en cas de mauvaises conditions de prise de vue (humidité, poussière).

La bague de réglage la plus large est dédiée au zoom. Elle est assez confortable à utiliser bien qu'elle manque un peu de souplesse. Bon point, la course est très courte et on passera en un clin d'œil de la position 18 mm à la position 135 mm. La bague située vers l'extérieur, plus étroite, est dédiée à la mise au point manuelle : une fonction assez peu utilisée sur ce genre d'objectif. Elle est très agréable à utiliser et fait preuve d'une excellente fluidité. C'est une bague décorrélée physiquement du bloc de lentilles de mise au point (interne). Son maniement actionne un moteur qui se charge du déplacement des lentilles. Il y a tout de même une déception : elle ne dispose pas de repères de butée à la distance minimale de mise au point et l'infini.

Cet objectif est livré avec son pare-soleil.

Tests labo
Bon, principalement au centre !

Qu'est-ce que le piqué ?

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la “sensation de netteté” et/ou à la “précision” que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à l'autre, d'une focale à l'autre et d'une ouverture à l'autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 ou f/11, par exemple. De plus, le piqué va dépendre de la taille et de la définition du capteur de votre appareil. Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.

Nous avons testé l'objectif avec un A6500 au capteur APS-C de 24 Mpx d'une définition de 6 024 x 4 024 px. Chaque pixel mesure donc 3,9 µm de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/11 !

Testé avec Imatest.

Les performances de ce zoom sont assez bonnes dans l'ensemble, surtout au centre des images ! Au grand-angle 18 mm, dès la plus grande ouverture f/3,5, les images sont très piquées au centre et le restent jusqu'à f/11 inclus. Au-delà, la diffraction fait son apparition et le piqué commence à baisser fortement. À noter que les images prises à f/16 sont encore exploitables. Le piqué est donc fort au centre et surtout presque constant, ce qui est un bon point. Ceci étant, l'objectif souffre d'un très fort manque d'homogénéité avec les 2/3 des images et les bords extrêmes. Ce phénomène s'amenuise légèrement en fermant le diaphragme, mais jamais l'optique ne délivre des images homogènes.

Au 50 mm, l'homogénéité est bien meilleure et même assez bonne à partir de f/8. Le piqué au centre est toujours très élevé et constant dès la plus grande ouverture f/5,6. Au 100 mm, c'est à peu près le même genre de comportement, mais avec un manque d'homogénéité avec les 2/3 et les bords extrêmes des images assez constant aux ouvertures utilisables. Enfin, au 135 mm, les bords extrêmes et les 2/3 des images sont très en retrait par rapport au centre et ne “décollent” pas.

Notre scène test et les zones d'intérêt.

Tests terrain
Stabilisation efficace

La focale

Qu'est-ce que la focale ?

Une focale correspond à un angle de champ – ou angle de vision – couvert par l'appareil équipé de l'objectif. Plus la focale est importante, plus l'angle de champ est réduit : on parle de longue focale. À l'inverse, plus la focale est courte, plus l'angle de champ est large : on parle de grand-angle.

Voici ce que l'on obtient en utilisant ce 18-135 mm sur un hybride Sony APS-C. Avec le coefficient de conversion de 1,5x, on obtient un équivalent 27-200 mm. C'est donc une plage de focales ultra polyvalente qui va du grand-angle au petit télézoom. On peut tout faire ou presque avec ce genre d'objectif, du paysage (peu large) à la photo de sport de loin en passant par le reportage et le portrait !

Le vignetage

Qu'est-ce que le vignetage ?

Tous les objectifs donnent une image dont la périphérie, et particulièrement les coins, sont plus sombres. Le vignetage se mesure en IL (Indice de lumination) : la valeur indiquée mesure la différence, exprimée en IL, entre la quantité de lumière reçue par les bords et celle reçue au centre.

Oui, cet objectif vignete ! C'est une certitude. Naturellement, le phénomène est majoritairement visible aux focales les plus larges et aux plus grandes ouvertures. Au 18 mm, il faut fermer à f/8 pour le voir disparaître. Il en va de même aux autres focales. C'est à la plus grande ouverture qu'il est le plus marqué en densité et en présence.

Les distorsions

Que sont les distorsions ?

Les objectifs ont tendance à “tordre la réalité”. Les aberrations géométriques apparaissent lorsque l'on s'éloigne des conditions de Gauss. On rencontre deux types de distorsions géométriques : les distorsions en coussinets et les distorsions en barillets.

Les distorsions sont très discrètes : un bon point !

Le bokeh

Qu'est-ce que le bokeh ?

Le bokeh est à mettre en relation avec la profondeur de champ. On peut le comparer à la "qualité" du flou ou encore à la manière dont l'objectif passe du net au flou – notion très subjective, même si certains éléments permettent de prévoir les choses – sur des images à faible profondeur de champ. Il dépend de nombreux paramètres, dont principalement la conception de l'objectif, la forme et la taille du diaphragme.

Difficile d'obtenir des effets de profondeur de champ très marqués avec un objectif relativement peu lumineux et de plus associé à un capteur APS-C. Néanmoins, en privilégiant les plus grandes ouvertures et une distance de mise au point assez courte, il est tout à fait possible de décrocher un sujet principal de son environnement. Pour obtenir un arrière-plan le plus flou possible, il est préférable d'utiliser la plus longue focale et, si possible, une distance assez importante entre le sujet principal et son environnement.

La stabilisation optique

Qu'est-ce que la stabilisation optique ?

Le principe d'un stabilisateur optique est simple : l'objectif est équipé d’une petite lentille montée sur un système de micromoteurs qui lui permet d’être mobile, c’est-à-dire de pouvoir bouger dans deux directions : verticale et horizontale. Ces micromoteurs sont actionnés grâce à un système gyroscopique qui détecte les moindres mouvements de l’objectif (et donc du bras du photographe) et les compense afin de les corriger. Très schématiquement, si on monte très légèrement son appareil vers le haut, la lentille dans l’objectif se déplace vers le bas et les deux mouvements s’annulent d’un point de vue optique : c’est comme si on n’avait pas bougé.

Cet objectif est équipé d'une stabilisation optique. Cette dernière travaille sur deux axes de stabilisation quand le capteur se charge des trois autres. Nous avons réalisé nos tests à main levée, au 135 mm et sur un sujet positionné à environ 3 m. Nous avons réussi à descendre au 1/4 s quand le temps de pose théorique limite (sans stabilisation) est aux alentours de 1/125 s. Cela fait donc un gain de 5 IL !

Galerie terrain

Verdict
Pour tout faire !

Voilà un bon objectif à tout faire ! Pour toutes les personnes qui ne veulent pas se compliquer la vie et qui souhaitent pouvoir tout faire avec un seul et même objectif, ce 18-135 mm est peut-être la solution. Sa plage de focales est très polyvalente allant d'un équivalent grand-angle 28 mm à un petit téléobjectif de 200 mm. La majorité des situations de prise de vue pourront être sereinement abordées avec un zoom comme celui-ci. Il est également très compact et léger, ce qui est un plus pour de longues journées avec l'appareil autour du cou. Enfin, il est équipé d'une stabilisation optique qui, associée à la stabilisation capteur de certains hybrides Sony, est très performante.

Évidemment, on ne peut pas avoir ce type de caractéristiques sans contreparties. Elles s'établissent en premier lieu sur les ouvertures maximales assez limitées et sur la qualité optique. L'objectif délivre des images de qualité, surtout au centre des images, mais déçoit dès que l'on s'en éloigne.

+
  • Étendue de la plage de focales
  • Stabilisation optique
  • Poids et encombrement
  • Performances de l'optique au centre dès les plus grandes ouvertures
  • Faibles distorsions
  • Stabilisation optique efficace
  • Ouvertures maximales glissantes peu lumineuses
  • Pas de protection tous temps
  • Pas de repères de butée sur la bague de mise au point manuelle
  • Manque d'homogénéité très important, sauf au 50 mm
  • Vignetage marqué aux plus grandes ouvertures
En résumé

Ce petit objectif est un compagnon idéal pour ceux qui veulent tout faire avec un seul et unique zoom. Compact, léger et muni d'une stabilisation optique efficace, il délivre des images de qualité au centre dans toutes les configurations. Seul regret, des ouvertures maximales limitées et un piqué décevant dès que l'on s'éloigne du centre des images.

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Arthur Azoulay
Arthur Azoulay

Spécialiste des optiques et rédacteur en chef adjoint de Focus Numérique. La photo est pour lui une obsession. Ses publications 

Les prix
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