Nous avons pu tester les Sigma Cine Zoom 18-35mm T2.0 et Sigma Cine Zoom 50-100mm T2.0, les deux zooms Super 35 les plus lumineux actuellement sur le marché.

MontureEF, PL, E
Format couvertS35 Digital Φ28.4
Plage focale18-35 mm
Ouverture maximaleT2
Ouverture minimaleT16
Nombre de lamelles du diaphragme9 lamelles (circulaire)

Présentation
Avant de commencer les tests

Pendant des années, l’innovation vidéo se nichait au creux des caméras de tout bord. Résolution, sensibilité, codec… la course semblait sans fin, avant que l’intérêt général ne se porte sur le marché de l’optique vidéo. Le fossé entre objectifs photographiques et optiques vidéo semblait infranchissable : montures et couvertures différentes, stabilisation et autofocus manquants, prix allant du simple au quintuple… Rien n’était vraiment fait pour réconcilier ces deux mondes. Et pourtant ! Ces derniers mois, le marché de l’optique vidéo semble en plein essor. Chacun y va de sa solution et on peine à trouver aujourd’hui des constructeurs n’ayant pas un ou plusieurs objectifs de type "cinéma" dans leurs valises. Parmi eux, un était particulièrement attendu au tournant : Sigma.

Sigma a su proposer ces dernières années de véritables bijoux optiques en terme de photographie. Très piqués, sujets à très peu d’aberrations, avec un look très moderne, la gamme Art a su séduire non seulement les photographes, mais aussi les vidéastes. Alors quand Sigma a annoncé en septembre 2016 plusieurs focales fixes et plusieurs zooms vidéo, forcément, on a voulu aller voir ça de plus près.

Sigma France a mis à notre disposition les deux zooms phares de la série : les Sigma Cine Zoom 18-35mm T2.0 et 50-100mm T2.0. Ils reprennent la même formule optique que les 18-35 mm f/1,8 et 50-100 mm f/1,8 de la gamme photo Art, déjà très appréciés des vidéastes notamment à cause de leur grande ouverture. Leur pendant cinéma convertit cette ouverture en une jolie transmission à T2.0, ce qui en fait les deux zooms Super 35 les plus lumineux du marché. À titre de comparaison, on ne retrouvera pareille transmission que sur les Fujinon Premier 14.5-45mm T2.0 et 18-85mm T.2.0, qui coûtent tout de même 99 800 $ et 87 300 $ (hors taxes !).

Zooms vidéo Sigma Cine Zoom 18-35mm T2.0 et 50-100mm T2.0Le Sigma 18-35mm T2.0 et le Sigma 50-100mm T2.0 dans leur valise de transport.

Considérations générales

Sur le papier, les Sigma 18-35mm T2.0 et 50-100mm T2.0 sont donc une aubaine pour les amoureux des bokeh et des profondeurs de champ réduites. Combinés à des appareils photo à forte sensibilité, ils promettent des merveilles de luminosité. Associés au reste de la série Sigma Ciné, dont les focales fixes ouvrent à T1.5, les résultats risquent d'être détonnants.

Mais en restant les pieds sur terre, on constate que les choses sont plus compliquées que ça. La Gamme Sigma Ciné oscille entre des optiques 24x36 "Full-Frame" (comme le 24-35mm T2.2) et des optiques Super 35 (comme nos deux zooms en test), et semble avoir du mal à réaliser une plage focale complète. Ainsi le 24-35mm T2.2 répond au 18-35mm T2.0 et la plage de 35 à 50 mm — certes restreinte — reste non couverte. Or il s'agit d'une plage cruciale et plutôt recherchée sur les zooms vidéo, car elle permet de nuancer subtilement les angles de champ correspondant à la vision humaine. La non-couverture de cette plage focale pouvait s'excuser en photo, mais est assez curieuse en vidéo. Le changement de zooms aux focales standards a tendance à horripiler les cadreurs documentaires, occupés à jongler entre deux optiques en fonction des situations.

En pratique, on finit par s'y faire, mais la butée à 35 ou 50 mm a quelque chose de non conventionnel et d'indéniablement frustrant.

Caractéristiques
Prise en main

Taille

Première bonne nouvelle : en ouvrant la valise on découvre deux optiques aux dimensions plutôt contenues. Si le diamètre frontal à 95 mm et le filetage à 82 mm sont dans les standards des optiques vidéo, la longueur en revanche reste très réduite : à peine 13 cm pour le 18-35 mm et 17,5 cm pour le 50-100 mm.

Le Sigma 18-35mm T2.0, à peine plus gros qu'un Tamron 24-70mm f/2,8.

Poids

Bien que les dimensions de ces deux zooms en fassent en principe des optiques idéales pour des configurations légères, leur poids, lui, a de quoi refroidir : le 18-35mm atteint 1,4 kg et le 50-10 mm, presque 1,9 kg. Ce n'est pas nécessairement excessif par rapport à la concurrence, mais au vu des dimensions affichées, on les aurait espérées un peu moins massives afin de ne pas peser sur les montures ou les bagues d’adaptation.

Embases

Pour pallier le problème, Sigma fournit deux embases qui se fixent à l’optique à l’aide d’une clé BTR. Chaque embase est dotée de deux pas de vis 1/4 et peut se fixer sur le dessus ou le dessous de l’optique. Si l’embase du 18-35 mm est placée proche du centre de gravité de l’optique, il n’en est pas de même pour celle du 50-100 mm, placée en bout d’optique. Peu importe le poids du boîtier en sortie : ni le 18-35 mm ni le 50-100 mm n’assurent une fixation suffisante par leur seule embase. Ne vous amusez donc pas à utiliser les embases comme support unique, elles ne sont tout simplement pas faites pour ça ! Contrairement à certaines fixations que l’on peut trouver sur des zooms plus haut de gamme, elles ne remplissent pas une fonction de fixation, mais uniquement de soutien.

Attention aussi à ne pas mélanger vos embases, car elles ne sont compatibles qu’avec le modèle auquel elles sont attachées ! La longueur des vis varie entre le 18-35 mm et le 50-100 mm. Certes, on pourrait nous reprocher de pinailler pour une chose anodine, mais on voit mal pourquoi avoir fait le choix de deux embases différentes...

le Sigma 50-100 mm T2.0 monté sur un Sony Alpha 7R II à l'aide d'une bague Metabones. Devant : le 18-35 mm avec l'embase démontée.

Bagues de réglages

Les 3 bagues de réglages du 50-100mm T2.0. En comparant avec l'image précédente, on note la présence d'inscription des deux côtés de l'objectif.

Les optiques sont dotées de trois bagues crantées. De la plus proche à la plus éloignée, on trouve : – une bague d’ouverture allant de T2.0 à T.16 sur 60° de rotation ; – une bague de zoom avec une course de 160° de rotation ; – une bague de mise au point — dans notre cas graduée en pieds (!) — avec une course à 180°.

Tout semble avoir été pensé pour le confort des assistants caméras. Ces bagues jouissent d’une excellente course et sont très agréables à manipuler. Très douces mais suffisamment résistantes, elles permettent d’atteindre les butées doucement et en silence. Leur écart est similaire d’un zoom à l’autre, ce qui, en cas d’un changement d’objectif, permet de n’avoir à bouger que la matteboxe et non le follow focus.

Vue latérale du Sigma 50-100mm T2.0. On note la butée au-delà de l'infini.

Les inscriptions sont intelligemment dupliquées de chaque côté de l’optique pour être lisibles par l’assistant opérateur aussi bien du côté droit que du côté gauche de la caméra. On note que la bague de mise au point possède une butée dépassant légèrement l’infini afin de pouvoir compenser les variations optiques ou les défauts de tirage qu’il n’est pas possible de régler autrement sur l’objectif.

Des marqueurs pour repérer... ce que l'on ne peut voir.

Enfin, une surprise nous attendait à la nuit tombée : les indications sont phosphorescentes ! Alors que c’est une caractéristique plutôt réservée aux optiques haut de gamme (comme les Cooke 5/i), Sigma la propose d’emblée. C'est d’autant plus cohérent que ces zooms, étant dotés d’une forte transmission, se destinent aussi à des situations de tournage avec très peu de luminosité ambiante !

Mais la bonne idée tombe un peu à plat, dans la mesure où seuls l’identification et les marqueurs brillent dans le noir. Les graduations, elles, demeurent invisibles et c'est dommage, car à mon sens, ce sont les principales informations dont on a besoin. Un marqueur sans graduation, fût-il phosphorescent, ne sert pas à grand-chose…

En bas à droite, on aperçoit les connecteurs EF du 18-35mm T2.0 ; à gauche, on remarque que la transmission est effectuée sous forme de f-stop.

Communication avec l’appareil

Les optiques sont dotées de connecteurs électroniques afin de transmettre des informations au boîtier qui les supporte. Si notre monture EF était logiquement bien supportée par une Canon C100 ou un 5D Mark III, elle l’était tout aussi bien sur une RED Dragon ou un Sony Alpha 7R II équipé d’une bague Metabones EF-E Mark III. La conversion entre T-Stop et F-Stop se fait sur toutes les caméras qui le supportent.

Qualité optique

Piqué et résolution

Sigma a toutes les raisons de vanter la résolution de ses objectifs ("6K-8K ready" selon le constructeur). Sur l’ensemble des plages focales, le piqué des optiques est excellent ! La longue course des bagues de mise au point assure un ajustement précis et permet à ces deux zooms de rivaliser avec les meilleures focales fixes ciné.

On note très peu d’aberrations chromatiques, et ce, sur l’ensemble du cercle optique. La résolution tient jusque dans les coins de l’image et même à pleine ouverture. Combiné à des capteurs durs comme celui de la RED, l’ensemble est redoutable de précision et devrait faire pleurer les décorateurs et maquilleurs qui verront apparaître à l’écran le moindre faux pas. Combiné à un capteur Micro 4/3 ou Super 16, le cœur optique assure une image très (trop ?) définie. Idéal pour mettre en image des travaux de précision (orfèvrerie, par exemple), mais si vous aimez les images douces, pensez à vous équiper de filtres doux.

Un extrait d'une vidéo prise avec le 18-35mm T2.0.

Distance de mise au point minimale

L'envers du décor : la distance de mise au point permet de se coller quasiment à son sujet.

On l’évoque rarement et pourtant, elle compte ! La distance minimale de mise au point des optiques Sigma est plutôt réduite ! Seulement 28 cm pour le 18-35 mm et 95 cm pour le 50-100 mm. On n'est certes pas dans le domaine de la macro, mais ces quelques centimètres gagnés offrent un vrai confort.

Parfocalité

La résolution, c’est bien, mais le point tient-il sur l’ensemble de la plage de zoom ? Précisons d'abord que cette notion dépend de la caméra sur laquelle est monté l’objectif, et éventuellement de la bague sur laquelle on le place. Sur des caméras à monture EF native, les deux zooms gardent le point sur l’ensemble de la plage focale, avec un léger décentrement optique dans le cas du 50-100 mm. En les plaçant l’objectif sur une RED où la monture EF est montée par l’utilisateur, la parfocalité est déjà légèrement compromise, mais cela reste très anecdotique. Avec une bague Metabones et un Sony Alpha 7, la parfocalité descend encore d’un cran et devient notable.

Teinte et contraste

Chaque série optique cinéma digne de ce nom possède son "caractère". Cooke, Leica, Zeiss sont des références quand on désire un look en particulier. Optiquement, Sigma n’a en rien touché aux formules produites pour la gamme Art, plutôt réputé pour sa neutralité. Si l’on compare le 18-35 mm à d’autres 35 mm du marché, on s’aperçoit que Sigma propose des optiques peu teintées, modérément contrastées et plutôt froides.

On constate encore une fois que, en résolution comme en texture, ces deux zooms Sigma n'ont rien à envier aux focales fixes les plus réputées. Les deux proposent une image homogène, mais assez riche, et de manière uniforme. En teinte et en contraste, le rendu des optiques Sigma se rapproche beaucoup des Zeiss CP.2. Mais à même température de couleur, les optiques Sigma vont très peu dans les verts et demeurent assez neutres.

Bokeh

Test Sigma 18-35 mm T2 cinémaDamien en contrechamp, filmé au 50-100mm T2.0 monté sur un Sony Alpha 7R II. Le bokeh y est (évidemment) plus prononcé. Mais on notera la poussière qui vole autour de son col.

Paul, filmé au 18-35mm T2.0 sur Lumix GH4. Un bokeh moins présent, mais qui répond plutôt bien au flare.

Quand on en vient au bokeh, tout demeure une question de goût. Les zooms Sigma sont dotés d’un diaphragme à 9 lamelles offrant un bokeh caractérisé par un juste alliage entre douceur et vapeur. Comprenez par là qu’il y a peu de perte de contraste dans cette profondeur de champ, ce qui offre une certaine homogénéité à l’image. En effet, avec la résolution stupéfiante du cœur optique, le danger aurait été de produire un bokeh trop vaporeux, conduisant à une image trop contrastée en texture (un cœur trop défini et un fond trop "flou").

Fort heureusement, il n’en est rien. Le tout confère à l’image une certaine modernité qui se marie merveilleusement bien avec cette teinte légèrement froide. Mieux encore, la résolution des optiques restitue plus fidèlement les textures aériennes de l’image. Si vous avez pour habitude de densifier votre atmosphère avec des machines à fumée, les Sigma devraient vous intéresser, tant ils peuvent saisir avec précision les poussières ambiantes.

Flare

S'il fallait retenir une chose en priorité sur ces optiques, ce serait leur flare somptueux. Véritable surprise, les flares sont parfaitement similaires entre les deux zooms, doux mais définis, et demeurent assez discrets à l'image. Encore une fois, c'est une question de goût, mais alors que la tendance est de favoriser le flare à outrance ou de l'annihiler intégralement, la subtilité choisie par Sigma est bienvenue. Il est en ce sens assez inédit et contribue grandement à la signature que Sigma pourrait revendiquer pour sa gamme Ciné.

Sigma 50-100mm T2.0. Sigma 18-35mm T2.0

Distorsion

Nous avons eu beau essayer, nous n’avons pas réussi à mettre en échec les Zoom Sigma. Les deux optiques présentent très peu de distorsion. Et à moins de parcourir l’intégralité de la plage focale rapidement (ce qui est compliqué, vu l’amplitude et la résistance de la bague), bien malin sera celui qui arrivera à la détecter. En se collant contre un mur, on pourra déceler une très légère convexité au début de la plage pour aboutir sur une très légère concavité en fin de zoom. Mais c’est vraiment parce qu’on aime chercher la petite bête (et aussi un peu parce quand il pleut dehors on s'ennuie).

Pompage

Jusqu'ici, les deux zooms Sigma s’en sortaient avec les honneurs les plus élogieux. Par contre, ils font complètement fausse route avec le pompage. Sur cette caractéristique pourtant indispensable à une bonne optique vidéo, les deux zooms échouent lamentablement au test. Lors des reports de mise au point, le cadre bouge. Avec le 18-35 mm, cette variation reste contenue, mais avec le 50-100 mm, le résultat est catastrophique… et probablement inédit dans une gamme ciné. L’amplitude présentée par le 50-100 mm est gigantesque et pourrait probablement coller la nausée à quelques spectateurs en salle.

Couverture et vignetage

Les Sigma 18-35mm T2.0 et 50-100mm T2.0 sont des optiques Super 35 mm. Leur diamètre de couverture de 28,4 mm ne permet pas de couvrir un capteur plein format. Lors de nos tests, les deux zooms couvraient la totalité des capteurs Super 35 que nous avions à notre disposition. Mais la documentation livrée par Sigma précise que ces deux zooms ne couvrent pas toute l’image 4,6K pleine des URSA, URSA Mini et Ursa Mini Pro ni le capteur 6K des RED DRAGON (Weapon, Epic et Scarlet).

Dans le cas de la série des Sony Alpha 7 S/R, le mode Super 35 s’en sort très bien, avec toutefois le vignetage caractéristique et inévitable découlant de l'usage des bagues Metabones en cas d’adaptation de la monture EF sur boîtier.

Conclusions
Notre verdict

Après avoir utilisé quelques jours le Sigma 18-35mm T2.0 et le Sigma 50-100mm T2.0, il nous est apparu comme une évidence que nous ne pourrions pas mesurer l’éventuelle révolution qu’ils représentent sans passer par ces tests plutôt techniques. Car l’enjeu est véritablement là : pour 4 000 €, ces zooms constituent-ils un juste milieu entre l’objectif photo et l’optique cinéma ? La réponse est indéniablement : non.

Le Sigma 18-35mm T2.0 et le Sigma 50-100mm T2.0 sont techniquement très impressionnants. Par leur résolution et l'absence quasi totale de défauts optiques, ils peuvent rivaliser sans rougir avec des focales fixes très haut de gamme. Dotés d’un caractère moderne assez subtil, ils raviront sans doute les amateurs de naturalisme à la recherche d’optiques compactes et de qualité. En ce sens, les deux zooms s’inscrivent dans ce qui se fait de mieux en optiques cinéma.

Mais ils ne sauraient être exempts de reproches. C’est sur les détails qu'ils pèchent. Le pompage — pourtant indésirable sur ce type d’objectifs — est trop présent pour être excusé. Et les quelques bizarreries comme la phosphorescence sélective, le "trou focal" ou la graduation en pieds surprennent forcément un peu.

On a ici deux excellents zooms pour des plateaux de fiction, clips ou publicités, avec lesquels cadreur et assistant fonctionneront de concert. Mais la lecture et la manipulation de l’optique par un opérateur seul peuvent s’avérer fatigantes. De fait, si les deux zooms n’en restent pas moins excellents, les vidéastes solitaires pourront leur préférer des optiques plus compactes et légères, comme ce que propose Veydra, ou des zooms plus onéreux, mais dotés d’un moteur servo et couvrant une plage focale complète.

Le Sigma 18-35mm T2.0 et le Sigma 50-100mm T2.0 n’usurpent donc pas leur titre d’optique "ciné". Ils constituent d’impressionnants outils de création, et ouvrent enfin grand la porte du marché des optiques vidéo abordables.

D’autres monstres du secteur s’activent à leur suite ; c’est le cas notamment de Fujifilm et de sa gamme MK. Il y a fort à parier que les prochains mois seront très intéressants à suivre.

Un grand merci...

À ceux qui nous ont aidés à préparer ce test. Sigma France, bien entendu. Mais aussi Loca Images et toute son équipe pour les tests techniques, Alix, Andrew, Damien, Paul, et l'École Supérieure des Métiers de l'Image de Bordeaux.

Sylvain Bérard

Photographe et étalonneur numérique pour le cinéma, amoureux du documentaire et des textures d’images. Grand utilisateur de sac à dos et de compagnie de voyages. Ses publications 

Les prix
Sigma Ciné 18-35mm T2.0
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