MontureCanon - Nikon - Pentax - Sony - Sigma
Format couvertAPS-C
Plage focale17 - 70 mm
Nombre de lamelles du diaphragme7 lamelles
Construction13 groupes - 17 lentilles
Éléments spécifiques3 asphériques - 1 apochromatique - Traitement Super Multi-Layer
Échelle des distancesNon
Rapport de reproduction1 : 2,7
MotorisationOui HSM
StabilisationOui OS
Dimensions79 x 88,9 mm
Poids535 g
Étui soupleNon

Caractéristiques

Présentation

En 2009, Sigma a lancé un nouvel objectif transstandard 17 –70 mm f/2,8 – 4 en montures Canon, Nikon, Pentax, Sigma et Sony : voir la newsici.

Sigma 17-70mm F2.8-4 DC MACRO OS HSM

L’objectif rentre dans la gamme DC, spécialement conçue pour les capteurs de **reflex au format APS-C**. En utilisant un coefficient de conversion de 1,5X (en moyenne), on obtient donc un équivalent **25,5 – 105 mm**.

Il est siglé OS pour l’utilisation de son système de stabilisation optique et HSM pour sa motorisation ultrasonique.

Cette plage de focale, ultra polyvalente, convient parfaitement dans une bonne majorité des situations de prise de vue. Les amateurs de téléobjectifs pourront éventuellement le compléter avec le récent 70 – 300 mm f/4 – 5,6.

Question tarif, il se positionne aux alentours des **400 €** et concurrence tout naturellement le Canon EF-S 15-85 mm f/3,5-5,6 (proposé aux alentours des 700 €), le Nikon 16-85 mm f/3,5-5,6 (proposé aux alentours des 500 €), le Sony Zeiss 16-80 mm f/3,5-4,5 (proposé aux alentours des 700 €) ou le Pentax 17-70 mm f/4 (proposé aux alentours de 500 euros).

La fiche technique semble aguicheuse : stabilisation optique, verre asphérique et apo chromatique, ouverture 2,8 en position grand-angle. De plus son prix est largement en dessous de ce que propose la concurrence.

Voyons donc ce que l’on peut en tirer !

Nous avons testé le modèle en monture Nikon sur un D300S et son capteur de 12 millions de pixels au format APS-C.

Prise en main

Ergonomie – prise en main

La prise en main est plutôt bonne. Le toucher est très agréable ce qui est souvent le cas avec les objectifs Sigma et leur matière en plastique épais, mat et rugueux.

On apprécie les deux bagues (changement de focale et mise au point) qui sont bien conçues : la prise en main est précise et agréable. Les bagues ne sont pas trop souples. La bague de focale est beaucoup plus large que celle de la mise au point, mais cette dernière reste tout à fait confortable à utiliser.

Les deux bagues de mise au point, le pare-soleil et les informations présentes sur l’objectif.

En position grand-angle, l'objectif est très compact. Monté sur votre appareil, il ne prendra pas toute la place dans votre besace. Par contre en position télé, l’encombrement double ! À noter tout de même que le prolongement de l’optique respecte la qualité des matériaux du corps principal.

Les interrupteurs sont francs et ne permettent pas de mauvaise manipulation intempestive :

  • OS : pour activer et désactiver la stabilisation

  • LOCK : pour bloquer le zoom

  • AF-M : pour l’autofocus

Les différents interrupteurs.

Une très bonne chose, l’objectif dispose de la technologie IF qui lui permet de garder la lentille frontale fixe quel que soit la distance de mise au point et donc de pouvoir utiliser un pare-soleil en forme de corolle ou encore de manipuler plus simplement un filtre polarisant.

Au niveau des informations présentes sur l’objectif, c’est du grand classique.

On retrouve les focales, les distances de mise au point en fonction d’un repère fixe, des échelles de grandissement.

L’objectif en position longue focale installé sur un Nikon D300.

Tests mires

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| 1. Facteur de transmission2. Vignettage3. Aberrations chromatiques4. Distorsions5. Piqué |

Voici une étude objective sur des tests labo. Ce travail est réalisé en partenariat avec DxO Mark qui s'occupe de la réalisation des mesures. Ici encore les résultats de ces analyses sont à mettre correspondance avec le ou les boîtiers de tests que nous avons utilisés. Nous avons utilisé un Nikon D300S. Nos analyses sont basées sur des images réalisées en RAW et JPEG.

[

](http://www.dxomark.com/index.php/Lenses/Camera-Lens-Database/Sigma/17-70mm-F2.8-4-DC-Macro-OS-HSM-Nikon)

> L'analyse complète DxO Mark du Sigma 17-70 mm f/2,8-4 pour Nikon
> L'analyse complète DxO Mark du Sigma 17-70 mm f/2,8-4 pour Canon

Facteur de transmission

Le facteur de transmission est une donnée intéressante. Il correspond à la quantité de lumière que laisse réellement passer l'objectif. Il est important de l'étudier à pleine ouverture, c'est à dire dans le cas ou l'objectif est supposé laisser passer un maximum de lumière.

On peut noter que le Sigma17-70 mm est un peu généreux sur ces ouvertures maximales annoncées. En moyenne il est moins lumineux, à pleine ouverture, de 1/3 d' IL à toutes les focales.

Vignettage

Tous les objectifs donnent des images dont la périphérie, et particulièrement les coins, sont plus sombres.

Le vignetage se mesure en IL (Indice de Lumination) : la valeur indiquée mesure la différence en IL entre la quantité de lumière reçue par les bords et celle reçue au centre.

Nous avons décidé d'observer le vignettage à pleine ouverture et à une ouverture moyenne : f/8. Le vignetage est exprimé en IL. - 1 IL correspond à une sous-exposition équivalente de la fermeture de 1 diaphragme ou de la division par 2 du temps de pose ou de la sensibilité ISO.

échelle vignetage

À pleine ouverture, le vignettage est visible en position grand angle au 17 mm. Dans les coins, il varie de -1/3 d'IL jusqu'à -1 IL aux bords extrêmes. À 35 mm, il devient négligeable et il réapparaît (- 1/3 IL) au 70 mm à f/4.

échelle vignetage

À une ouverture moyenne de f/8, le vignetage devient négligeable à toutes les focales et sera presque imperceptible à l'oeil. Quoi qu'il en soit, il ne faut pas oublier que les défauts (si on peut les voir ainsi) de vignettage se corrigent très facilement en post-production.

Aberrations Chromatiques

Les aberrations chromatiques résultent d'un problème de focalisation de la lumière variant selon les différentes longueurs d'onde des rayons lumineux. La mise au point ne peut pas être effectuée simultanément au même endroit pour les différentes couleurs du spectre. Ces légers décalages de mise au point entraînent l'apparition de bordures irisées colorées. Ces défauts se voient particulièrement lors des transitions précises du net au flou, sur les fins détails (très contrastés).

Nous avons observé les aberrations chromatiques à pleine ouverture et à une ouverture moyenne : f/8.

Le 17-70 mm Sigma n'est pas dépourvu d'aberrations chromatiques. Ci-dessus, elles sont exprimées en micromètres (sur ma base d'une projection sur une surface 24x26 mm). Le Nikon D300S dispose d'un pas de pixel mesurant 5,42 micro mètre. On peut donc estimer que les aberrations chromatiques peuvent êtres visibles au delà de 5 micromètre d'épaisseur. Plus on s'éloigne du centre de l'image, plus les aberration chromatiques sont visibles. À pleine ouverture elle sont relativement faibles et restent sous la barre des 5 micromètres quelque soit la focale. À une ouverture moyenne et 17 mm, les choses se corsent, les aberrations chromatiques deviennent visibles des les 3/4 de l'image. Aux autres focales elles restent négligeables.

Distorsions

Les objectifs ont tendance à tordre la réalité. On rencontre deux types de distorsions géométriques : les distorsions en coussinet et les distorsions en barillet.

Les distorsions sont visibles en position grand angle et très subtiles en position 70 mm. Elle disparaissent totalement des la focale de 35 mm. Comme pour le vignetage et les aberrations chromatiques, les distorsions se corrigent très facilement en post-production.

Piqué

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et / ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à un autre, d'une focale à une autre et d'une ouverture à une autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre aux ouvertures moyennes : f/8 par exemple.

De plus le piqué va dépendre de la définition du capteur de votre appareil (nous avons testé l'objectif avec un Nikon D300 de 12 millions de pixels) et la taille du capteur (le D300 est équipé d'un capteur au format APS-C).

À plein ouverture, le piqué est assez décevant. L'objectif résout en moyenne 35 paire de lignes par millimètre (projection sur une surface 24x36 mm). Bonne chose par contre le piqué est constant du centre jusqu'aux bords de l'image. À f/8 les résultats on meilleurs. L'objectif est capable de résoudre en moyenne 45 paires de lignes par millimètre. Par contre on perd légèrement de piqué en s'approchant des bords.

Au final le piqué de l'objectif est moyen. Il fournira ses meilleurs résultats aux ouvertures moyennes de f/5,6 à f/11.

Téléchargez le pack d'images en RAW

Tests terrain

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| 1. Focale et angle de champ2. Distorsions3. Vignetage4. Bokeh5. Stabilisation6. Macro |

Il faut bien distinguer deux approches dans le jugement de la qualité d'image que procure un objectif : la première se fait de manière subjective et observant des images; la seconde est objective, en se basant sur les résultats de tests réalisés en laboratoire. L'une ne va pas sans l'autre. De plus, il faut tenir compte des caractéristiques de l'appareil utilisé dans le test. Ici nous avons opté pour un Nikon D300 équipé d'un capteur de 12 millions de pixels au format APS-C. Le Test Terrain sert à l'évaluation subjective de la qualité d'image que procure l'objectif.

Le test du Nikon D300

Focale et angle de champ

Une focale correspond à un angle de champ ou angle de vision couvert par l'appareil photo équipé de l'objectif. Plus la focale est importante, plus l'angle de champ est réduit : on parle de longue focale. À l'inverse, plus la focale est courte, plus l'angle de champ est large : on parle de grand angle.

Voici ce que l’on obtient avec le Sigma monté sur le Nikon D300, qui est équipé d’un capteur au format DX (APS-C de 23,6 x 15,8 mm). La plage de focales est assez polyvalente et conviendra parfaitement à la majorité des sujets. La limitation se fera sentir pour les sujets éloignés avec un équivalent 105 mm un peu juste pour imaginer faire de la photo animalière ou sportive.

Au grand angle 17 mm, équivalent 25 mm.
(Téléchargez le RAW original)

Au 30 mm, équivalent 45 mm.
(Téléchargez le RAW original)

Au 70 mm, équivalent 105 mm.
(Téléchargez le RAW original)

Distorsions

Les objectifs ont tendance à "tordre la réalité". On rencontre deux types de distorsions géométriques : les distorsions en coussinet et les distorsions en barillet.

Le 17- 70 mm de Sigma présente des distorsions en barillet assez importantes en position grand angle. Il sera donc assez difficile de pouvoir réaliser des paysages au 17 mm avec des horizons parfaitement horizontaux.

Comme de coutume, les distorsions en coussinet sont moins visibles en position 70 mm mais tout de même présente. C'est un des défaut majeur des zooms, ils souffrent très souvent d'aberrations géométriques assez voyantes. Quoi qu'il en soit ce type d'aberration se corrige assez bien de manière logicielle.

Distorsions au grand angle 17 mm
(Téléchargez le RAW original)

Distorsions à la longue focale 70 mm
(Téléchargez le RAW original)

Vignetage

Tous les objectifs donnent une image dont la périphérie et particulièrement les coins, sont plus sombres.

Le vignetage se mesure en IL (Indice de Lumination) : la valeur indiquée mesure la différence en IL entre la quantité de lumière reçue par les bords et celle reçue au centre.

En position grand angle à f./2,8, le vignetage est assez visible pour le Sigma 17-70 mm. Pour certains, le vignetage est plus une qualité, qu'un défaut. En effet dans certains cas il permet de "refermer" l'image et procure un aspect esthétique très appréciable. Quoi qu'il en soit, il se corrige très bien et très facilement numériquement. La majorité des logiciels de retouche ou de développement permettent de le corriger. Dans certains cas, il y a même des profils de correction spécifiques aux objectifs à appliquer.

Vignettage au 17 mm à f/8
(Téléchargez le RAW original)

Vignettage au 17 mm à f/2,8
(Téléchargez le RAW original)

Bokeh

Le bokeh est à mettre en relation avec la profondeur de champ. On peut le comparer à la "qualité" du flou ou encore à la manière dont l'objectif passe du net au flou sur des images à faible profondeur de champ. Cette notion est très subjective même si certains éléments permettent de prévoir les choses.

Il dépend de beaucoup de paramètres dont principalement la conception de l'objectif et la forme et taille du diaphragme. Sur certaines images, on peut même voir apparaître la forme du diaphragme.

Celui du Sigma est assez agréable : il est doux et rond. Cependant compte tenu de sa plage de focales et des ouvertures maximales il sera difficile d'obtenir des effets de profondeur de champ très marqués. Pour y parvenir il faudra opter pour ces situations :

  • distance de mise au point proche;

  • écart très important entre sujet principal et arrière plan.

Bokeh au 70 mm à f/4

(Téléchargez le RAW original)

Stabilisation

Le principe d'un stabilisateur optique est simple : ces objectifs sont équipés d’une petite lentille montée sur un système de micro moteurs qui lui permet d’être mobile, c’est à dire de pouvoir bouger dans deux directions : verticale et horizontale.

Ces micro moteurs sont actionnés grâce à un système gyroscopique qui détecte les moindres petits mouvements de l’objectif (et donc du bras du photographe) et les compensent afin de les corriger.

Très schématiquement, si on monte très légèrement son appareil vers le haut, la lentille dans l’objectif se déplace vers le bas. Les deux mouvements s’annulent d’un point de vue optique et c’est comme si l’on n’avait pas bougé.

Le système de stabilisation optique de chez Sigma est assez performant et utile sur une plage de focales comme le 17 - 70 mm, même si elle est assez simple à utiliser à main levée.

Stabilisation ON, au 1/30 f/13 100 ISO 70 mm
(Téléchargez le RAW original)

Stabilisation OFF, au 1/30 - f/13 - 100 ISO - 70 mm
(Téléchargez le RAW original)

Macro

Photographier les sujets de près n’est pas facile et tous les objectifs ne sont pas capables de réaliser les mêmes images.

L’explication est simple : l'objectif nécessite une distance minimum de mise au point entre vous et votre sujet (22 cm pour le Sigma). Pour photographier de minuscules sujets, c’est trop s’il l’on prend en compte un second facteur, le rapport de grandissement de l’objectif 1 : 2,7.

En position "macro" le sigma procure des images 2,7 X plus petites que le sujet. On ne peut donc pas parler de macro pure (rapport 1 : 1) mais il sera possible de faire des gros plans assez proches des sujets que vous rencontrerez.

Macro, au 1/160 - f/9 – 100 ISO - 70 mm
(Téléchargez le RAW original)

Licence Creative Commons

Test Sigma 17-70 mm f/2,8-4 de Arthur Azoulay est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 non transposé.

Verdict

Sigma 17-70mm F2.8-4 DC MACRO OS HSM

Avec son 17-70 mm, Sigma propose une optique polyvalente que l'on peut voir comme une première évolution d'un objectif standard, livré avec l'appareil, comme un 18-55 mm.

Avec une plage de focales équivalente à un 25 - 105 mm (coefficient 1,5 X pour capteurs APS-C), cet objectif est bien armé pour les photos de reportage, les portraits et les paysages. Il sera moins efficace pour les photos d'actions, de loin, qui nécessitent souvent des focales plus longues.

Les 18-55 mm livrés avec les appareils proposent généralement des ouvertures maximales de 3,5-5,6. Le sigma permet de gagner un diaphragme et propose donc des ouvertures maximales de 2,8 en position 17 mm et 4 en position 70 mm. Ces ouvertures rendent l'objectif plus opérationnel dans les faibles conditions lumineuses et permettent de jouer avec de faibles profondeurs de champ. L'objectif est équipé d'un système de stabilisation optique pour limiter les phénomènes de flous de bougé photographe.

Il dispose d'une fonction macro qui lui permet de réaliser des images en plan rapproché et d'atteindre, au maximum, un rapport de grandissement de 1 : 2,7. On parlera donc plus de proxy photo que de macro.

La qualité de finition de l'objectif est bonne et la prise en main très agréable. Il dispose d'une réelle bague de mise au point (souvent très délicate à utiliser sur de simples 18-55 mm). Bonne chose, l'encombrement de l'objectif ne varie pas en fonction de la distance de mise au point : il est beaucoup plus simple d'utiliser alors des filtres polarisants.

La qualité optique de cet objectif est correcte : le vignetage est discret et les aberrations chromatiques sont imperceptibles. Cependant, les distorsions sont assez importantes en position grand-angle. Le piqué est un peu décevant avec une résolution moyenne aux alentours de 45 paires de lignes par millimètres. À noter que le bokeh est assez agréable.

Positionné aux alentours des 400 euros, il est moins cher que ses concurrents Canon et Nikon ou encore Sony.

+
  • Polyvalence de la plage de focales
  • Qualité de construction et prise en main
  • Prix face à la concurrence
  • Bokeh avec de faibles profondeurs de champ
  • Qualité optique : vignetage, aberrations chromatiques
  • Manque de piqué
  • Ouvertures maximales optimistes
  • Distorsions en grand angle
Arthur Azoulay

Spécialiste des optiques et rédacteur en chef adjoint de Focus Numérique. La photo est pour lui une obsession. Ses publications 

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