Monture- Canon - Nikon - Sigma
Format couvert- 24 x 36 mm
Plage focale- 120 - 300 mm
Ouverture maximale- f/2,8
Ouverture minimale- f/22
Distance de mise au point- 150 cm
Nombre de lamelles du diaphragme- 9
Construction- 23 lentilles réparties en 18 groupes
Éléments spécifiques- 2 lentilles FLD - 1 lentille SLD
Échelle des distances- oui
Rapport de reproduction- 1/8,1
Motorisation- oui HSM
Stabilisation- oui OS
Dimensions- 121,4 x 291 mm
Diamètre filtre- 105 mm
Poids- 3,390 kg
Pare-soleil- oui
Étui souple- oui

Caractéristiques

Sigma 120-300 mm f/2,8 DG OS HSM

Premier télézoom à entrer dans la catégorie S (Sports), le nouveau 120-300 mm f/2,8 DG OS HSM reprend les caractéristiques de son aîné, à savoir une stabilisation optique, une ouverture constante à f/2,8, un diaphragme à 9 lamelles et une motorisation HSM permettant une retouche manuelle du point en permanence. Ce télézoom est conçu pour résister à la poussière et au ruissellement. Il pourra être optimisé à l'aide de la station d'accueil USB et du logiciel présentés lors de la Photokina 2012.

Logo DxOCe test optique est basé en partie sur les mesures réalisées en laboratoire par DxOMark dans le cadre d’un partenariat conclu entre Les Numériques/Focus Numérique et DxO Labs. Créée par DxO Labs, DxOMark est la source d’information indépendante la plus fiable et la plus objective sur la mesure de qualité d’image. DxOMark a bâti sa réputation grâce à des protocoles de tests rigoureux, des outils de mesure de qualité industrielle et une base de données constituée de milliers de mesures d’appareils photo, d’objectifs et de téléphones mobiles. Les résultats complets des tests réalisés sur cette optique sont disponibles sur www.dxomark.com.

Prise en main

Ne nous le cachons pas, cet objectif est lourd, très lourd. En même temps c'est normal, compte tenu de sa plage de focale et de son ouverture constante à f/2,8. Pour les novices, une utilisation à main levée est à proscrire. L'emploi d'un trépied ou d'un monopode, fixé sur le collier de l'objectif est impératif. Celui-ci pèse la bagatelle de 3,29 kg. Ajoutez à cela le poids d'un "petit" boîtier 24 x 36 mm et vous vous retrouvez avec une configuration entre 4 et 5 kg !

Sigma 120-300 mm f/2,8 DG OS HSM

L'encombrement est également assez imposant, bien que raisonnable au vu des caractéristiques de l'objectif. Comptez près de 30 cm de long pour un diamètre de plus de 12 cm au niveau de la frontale. Très bon point cependant : il bénéficie d'une conception à encombrement constant. Ses dimensions n'évoluent donc pas en fonction du choix de la focale ou de la distance de mise au point.

Sigma 120-300 mm f/2,8 DG OS HSM

Cette dernière est assurée par une motorisation HSM. Elle est rapide, silencieuse et précise. Sur le côté on retrouve un interrupteur limitateur qui permet de brider l'AF entre 10 m et l'infini, ou bien entre 1,5 m (distance minimale) et 10 m. Sur le dessus de son corps, l'objectif dispose d'un indicateur de distance de mise au point. On retrouve aussi un stabilisateur optique avec deux modes et un interrupteur avec deux modes Custom qu'il est possible de personnaliser via depuis un ordinateur avec un accessoire en option.

Sigma 120-300 mm f/2,8 DG OS HSM

Les deux bagues de "zooming" et de mise au point sont larges et confortables à utiliser. Cependant elles manquent un peu de souplesses et les repères de butée de la mise au point ne sont pas assez francs.

Sigma 120-300 mm f/2,8 DG OS HSM

Question design, c'est du grand classique chez Sigma. L'objectif est beau, sobre et dispose d'une qualité de construction et de finition irréprochable. Il est livré avec un grand pare-soleil en métal et une housse de transport.

Sigma 120-300 mm f/2,8 DG OS HSM

Ce télézoom est compatible avec le Dock USB (disponible en option). Cet accessoire permet de configurer l'autofocus et les modes personnalisés de l'objectif depuis un ordinateur. Il permet également la mise à jour du firmware. Il est possible de personnaliser le mode AF avec une priorité à la rapidité ou à la précision, de personnaliser le limitateur de distance de mise au point et le fonctionnement de la stabilisation optique.

Sigma Dock USB détail

Tests mires

| | | | 1. Facteur de transmission2. Vignetage3. Aberrations chromatiques4. Distorsions5. Piqué (Visuel et Acutance) | Nikon D610 |

logo dxo

Le test du Nikon D610

Voici une étude objective sur des tests labo. Ce travail est réalisé en partenariat avec DxO Mark qui s'occupe de la réalisation des mesures. Ici encore, les résultats de ces analyses sont à mettre correspondance avec le ou les boîtiers de tests que nous avons utilisés. Nous avons opté ici pour un Nikon D610.

Nos analyses sont basées sur des images réalisées en RAW et JPEG.

Facteur de transmission

Le facteur de transmission est une donnée intéressante. Il correspond à la quantité de lumière que laisse réellement passer l'objectif. Il est important de l'étudier à pleine ouverture, c'est-à-dire dans le cas où l'objectif est supposé laisser passer un maximum de lumière.

Le zoom Sigma est très bon et propose en moyenne un écart de 0,2 IL, ce qui est négligeable.

Vignetage

Tous les objectifs donnent des images, dont la périphérie, et particulièrement les coins, sont plus sombres. Le vignetage se mesure en IL (Indice de Lumination) : la valeur indiquée mesure la différence en IL entre la quantité de lumière reçue par les bords et celle reçue au centre.

Nous avons décidé d'observer le vignetage aux grandes ouvertures. Le vignetage est exprimé en IL. -1 IL correspond à une sous-exposition équivalente à la fermeture de 1 diaphragme ou la division par 2 du temps de pose ou de la sensibilité ISO.

échelle vignetage

Sur cet objectif, le vignetage est assez limité. On le retrouve principalement aux plus grandes ouvertures. Il peut atteindre, dans le pire des cas (à 300 mm) -1 IL entre le centre et les bords des images.

Aberrations chromatiques

Les aberrations chromatiques résultent d'un problème de focalisation de la lumière variant selon les différentes longueurs d'onde des rayons lumineux. La mise au point ne peut pas être effectuée simultanément au même endroit pour les différentes couleurs du spectre. Ces légers décalages de mise au point entraînent l'apparition de bordures irisées colorées. Ces défauts se voient particulièrement lors des transitions précises du net au flou, sur les fins détails (très contrastés).

echelle ABEC

Les aberrations chromatiques sont bien présentes mais uniquement aux plus grandes ouvertures.

Distorsions

Les objectifs ont tendance à tordre la réalité. On rencontre deux types de distorsions géométriques : les distorsions en coussinets et les distorsions en barillets.

Les distorsions sont totalement négligeables.

Piqué (Visuel et Acutance)

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à un autre, d'une focale à une autre et d'une ouverture à une autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 par exemple.

De plus le piqué va dépendre de la définition du capteur de votre appareil (nous avons testé l'objectif avec un Nikon D610 de 24 Mpx) et la taille de son capteur (24 x 36 mm pour le D610). Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.

Le D610 dispose d'une définition de 6080 x 4028 pixels. Chaque pixel mesure donc 5,9 micromètres de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/18 !

Les images que procure cet objectif sont dans l'ensemble très bonnes. Le piqué est bien présent et ce, quelle que soit la focale ou l'ouverture choisie. On observe l'arrivée du phénomène de diffraction dans tous les cas entre f/16 et f/22, l'ouverture minimale. Aux plus grandes ouvertures, de f/2,8 à f/4, on observe une baisse de piqué entre le centre et les bords. Attention, à f/2,8, en format 24-36 mm, avec de longues focales, la profondeur de champ est très courte et la mise au point doit être bien précise pour avoir le sujet principal dans la zone de netteté.

MAJ : Test labo Sigma 120-300 mm f/2,8 OS HSM

acutance scale

***Toutes les mesures DxO Mark du Sigma 120-300 mm f/2,8 DG OS HSM (en anglais)***

Tests terrain

Nous avons profité d'une petite excursion en Camargue pour tester sur le terrain ce 120-300 mm f/2,8.

Premier point : la préparation du matériel. Nous avons opté pour un Nikon D610 comme boîtier. L'ensemble pesant très lourd (plus de 4 kg tout de même), nous avons utilisé un monopode Manfrotto et une rotule ball que nous avons installés sur le collier du téléobjectif. L'objectif de cette prise en main terrain était de s'essayer à la photo animalière plus ou moins sauvage. La Camargue étant une région riche en faune, c'était un terrain de jeu parfait pour cet exercice : chevaux, taureaux, oiseaux.

Il n'y a pas de secret, la photo animalière ne s'improvise pas. On a beau disposer d'un super matériel et se trouver dans une région riche en faune, il est très difficile d'obtenir de superbes clichés comme on en voit par exemple à Montier-en-Der. Nous avons donc fait avec les moyens du bord et n'avons pas hésité à recadrer dans nos fichiers. Après tout, les 24 millions de pixels du D610 servent aussi à ça !

Sigma 120-300 mm f/2,8 DG OS HSM exemple 6

L'objectif est globalement très agréable à utiliser. La visée est confortable et précise pour des sujets immobiles. Pour des sujets en mouvement – des oiseaux en vol par exemple –, les choses se corsent. En effet, garder plein cadre au 300 mm une buse qui prend son envol est très ardu. En plus du cadrage, il faut que l'autofocus soit à la hauteur pour pouvoir figer l'action : tout va très vite. On ne va pas vous le cacher, les premiers essais ont été peu concluants : cadrages aléatoires, flous de focus ou de bouger (photographe et sujet) et des oiseaux qui se font la malle bien trop rapidement !

Sigma 120-300 mm f/2,8 DG OS HSM exemple 7

Changement de stratégie, on monte les ISO, on réduit le temps de pose pour passer à main levée, on ferme pour augmenter la profondeur de champ, on active la rafale et on prend de la distance par rapport au sujet pour ne pas l'effrayer : c'est mieux, beaucoup mieux !

Sigma 120-300 mm f/2,8 DG OS HSM exemple 1

Sur des sujets statiques, l'utilisation de cet objectif est magique. L'étendue de la plage focale permet de cadrer au plus juste et l'ouverture de f/2,8 associée aux longues focales permet d'obtenir une profondeur de champ très courte et d'écraser les perspectives. Tous les ingrédients sont réunis pour mettre en valeur le sujet dans son environnement. Sur ce type de sujets la stabilisation optique permet aussi de travailler confortablement à main levée avec des temps de pose "longs" sans faire monter le flou de bouger du photographe. On se laisse aussi tenter par quelques essais, plus que concluants en portrait et en paysage. Le bokeh est doux et harmonieux : c'est beau !

Sigma 120-300 mm f/2,8 DG OS HSM exemple 2
Sigma 120-300 mm f/2,8 DG OS HSM exemple 9
Sigma 120-300 mm f/2,8 DG OS HSM exemple 4

Question piqué au développement, sur des images sans flou de focus, de bouger sujet ou de bouger photographe, le 120-300 mm de chez Sigma se défend très bien. Les détails sont très bien restitués, que se soit sur un sujet positionné au centre ou sur les bords. Une petite gestion des ombres et lumières et un peu d'accentuation sous Lightroom finissent de nous convaincre.

Sigma 120-300 mm f/2,8 DG OS HSM exemple 3
Sigma 120-300 mm f/2,8 DG OS HSM exemple 5
Sigma 120-300 mm f/2,8 DG OS HSM exemple 8

Verdict

Sigma 120-300 mm f/2,8 DG OS HSM

Pas de doute, ce 120-300 mm est un bel objectif performant. Il n'est cependant pas à mettre entre toutes les mains. En effet, les objectifs de ce genre (comprenez super télé ou super télé-zoom) ont, par leur poids et leur encombrement, un usage limité à certaines conditions et certains types de photos.

Ces objectifs sont souvent utilisés pour de la photo animalière ou sportive et sont par ailleurs également assez efficaces en portrait et en paysage (faible profondeur de champ et perspectives écrasées). À l'usage, sur des sujets en mouvements, le plus difficile sera la mise au point. Ce 120-300 mm est équipé d'une motorisation HSM avec des limiteurs de plage de mise au point. Malgré ces spécifications, au 300 mm, à f/2,8 par exemple, l'extrême petite profondeur de champ et la difficulté à suivre un sujet éloigné en mouvement seront un vrai casse-tête pour obtenir des images parfaitement nettes ! Pour exploiter pleinement les possibilités d'un tel outil, il vous faudra de la patience et de l'expérience afin de pouvoir sortir des images animalières dignes de National Geographic ou des images de sport saisissantes.

Malgré une qualité optique un peu décevante à la pleine ouverture, les images que procure cet objectif sont assez impressionnantes (pourvu qu'elles soient nettes). Aux ouvertures moyennes type f/5,6 ou f/8, le piqué est remarquable et homogène du centre jusqu'aux bords. On déplore très peu de défauts optiques : pas de distorsions, un vignetage modéré et des aberrations chromatiques problématiques uniquement à f/2,8.

La qualité de construction est, comme de coutume chez Sigma ces dernières années, remarquable. L'objectif est beau, bien fait, bien fini et semble très robuste. Évidemment, le poids et l'encombrement sont assez conséquents et handicaperont l'utilisation à main levée ou lors de longues déambulations à pied. Dans la majorité des cas, un trépied ou un monopode sera nécessaire.

Au final, nous recommandons cet objectif sans trop d'hésitation. C'est une alternative toute trouvée pour accéder aux longues focales lumineuses, par rapport à ce que peut proposer Canon ou Nikon ou même à un classique 70-200 mm f/2,8 qui conserve par contre un avantage indéniable : beaucoup plus compact et léger que ce 120-300 mm.

+
  • Design et qualité de construction
  • Large plage de focale 120-300 mm
  • Ouverture constante à f/2,8
  • Stabilisation optique
  • Programmation et personnalisation de l'objectif
  • Absence de distorsions
  • Faible vignetage
  • Piqué impressionnant et homogène dès f/4
  • Module de programmation en option
  • Manque de souplesse sur les bagues (zoom, map)
  • Poids et encombrement imposants
  • Aberrations chromatiques à la pleine ouverture
  • Manque de piqué et d'homogénéité à la pleine ouverture
Arthur Azoulay

Spécialiste des optiques et rédacteur en chef adjoint de Focus Numérique. La photo est pour lui une obsession. Ses publications 

Les prix
Sigma 120-300 mm f/2,8 DG OS HSM
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