Le nouveau zoom Panasonic Leica DG Vario-Elmarit 12-60 mm F/2,8-4 ASPH a été introduit en parallèle du Lumix GH5. Ce zoom trans-standard équivaut à un 24-120 mm en 24x36 et se révèle donc un objectif à tout faire : paysages, reportages, portraits... rien ne l'arrête !

Format couvertMicro 4/3
MontureMicro 4/3
Plage focale12-60 mm
Équivalent 24x36 sur capteur APS-C24-120 mm
StabilisationOui
Ouverture maximalef/2,8-4
Ouverture minimalef/22
Distance de mise au point0,20 m (12 mm ) - 0,24 m (60 mm)
Nombre de lamelles du diaphragme9
Construction14 lentilles en 12 groupes
Éléments spécifiques4 lentilles asphériques, 2 lentille ED
Échelle des distancesNon
Rapport de reproduction0,3x
MotorisationOui
Dimensions68,4 x 86 mm
Diamètre filtre62 mm
Poids320 g
Pare-soleilOui
Étui soupleOui

Prise en main
Top, presque rien à redire !

Présentation

Ce nouveau 12-60 mm est le deuxième zoom de la gamme d'objectifs Lumix signés Leica (après un très remarqué 100-400 mm). Il est composé de 14 lentilles réparties en 12 groupes incluant 4 verres asphériques et 2 verres à très faible dispersion. Il dispose d'une ouverture maximale variable généreuse f/2,8-4 associée à un diaphragme à 9 lamelles. L'ouverture minimale est de f/22. Sa plage de focale est de 12-60 mm ce qui équivaut à un 24-120 mm en 24x36 (coefficient de conversion de 2x avec les capteurs Micro 4/3). Sa distance minimale de mise au point est de 20 cm ce qui lui confère un coefficient de grossissement de 0,3x.

L'objectif est très compact (86 x 68,4 mm) et léger (320 g). Il est paré pour résister aux mauvaises conditions de prises de vue avec une protection contre l'humidité et la poussière. Il est équipé d'une stabilisation optique capable de fonctionner de pair avec la stabilisation du capteur intégrée à la majorité des boîtiers Lumix.

Ce nouveau zoom est le premier d'un trio. En effet, on attend aussi un 8-18 mm f/2,8-4 (équivalent 16-32 mm en 24x36) et un 50-200 mm f/2,8-4 (équivalent 100-400 mm). Le développement de ces trois objectifs a été annoncé à l'occasion de la Photokina 2016.

Prise en main

Ce nouveau zoom est extrêmement compact et léger — notez que c'est également le cas des zooms Panasonic 12-35 mm f/2,8 et 35-100 mm f/2,8. Il est donc parfaitment proportionné pour être monté sur les hybrides Panasonic Lumix (peu importe le modèle). Malgré ses mensurations minimalistes, la qualité de conctruction est clairement au rendez-vous. La partie extérieure du corps est en métal et l'objectif est armé pour affronter les pires conditions de prises de vues grâce à sa résistance à la poussière et à l'humidité.

Panasonic Leica DG Vario-Elmarit 12-60 mm F/2,8-4 ASPH.

Signé Leica, il reprend certains codes esthétiques établis par la firme germanique, tels que la police et les couleurs des inscriptions. Le design de cet objectif est donc très réussi. C'est un bel objet que l'on prend plaisir à avoir en main.

Panasonic Leica DG Vario-Elmarit 12-60 mm F/2,8-4 ASPH.

La bague de zoom, située vers l'intérieur, est parfaite. Elle est large et confortable à utiliser. Sa fluidité est idéale. Elle est suffisament dure pour être très précise. Sa course est modérée, si bien que l'on peut passer en un tour de main de la position grand-angle 12 mm au 60 mm. La bague de mise au point manuelle, située vers l'extérieur, est plus étroite. Elle dispose aussi d'une excellente fluidité. Malheuresmeent, elle ne dispose pas de repères de butée pour indiquer la distance minimale de mise au point et l'infini. L'objectif est dénué de repères de distance de mise au point et de bague de réglage manuel du diaphragme. Dommage !

Panasonic Leica DG Vario-Elmarit 12-60 mm F/2,8-4 ASPH.

Enfin, sur le côté, on retrouve deux interrupteurs. Le premier permet de désactiver l'autofocus tandis que le second se charge de la stabilisation optique.

Tests labo
Déception sur les bords ...

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à l'autre, d'une focale à l'autre et d'une ouverture à l'autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 ou f/11 par exemple.

De plus, le piqué va dépendre de taille et de la définition du capteur de votre appareil. Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.

Nous avons testé l'objectif avec un Panasonic Lumix GX8 doté d'un capteur Micro 4/3 de 20 Mpx (5 200 x 3 904 px). Chaque pixel mesure donc 3,3 micromètres de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est de f/11.

Testé avec Imatest.

Commençons par le positif : ce 12-60 mm délivre des images très piquées au centre, et ce dès la plus grande ouverture et à toutes les focales. Le piqué augmente à mesure que l'on ferme le diaphragme, sauf à 12 mm, focale à laquelle il est déjà au maximum à f/2,8.

Nous avons prédit l'arrivée de la diffraction à f/11. Dans les fait, c'est plus tôt. L'objectif délivre le meilleur de lui même à f/8, sauf à 60 mm, focale à laquelle les résultats optimaux sont obtenus à f/5,6. Le piqué commence à baisser progressivement au delà de f/8 et s'effondre à f/22 — cette ouverture est totalement inutilisable. Dans l'ensemble, l'objectif jouit d'un assez beau comportement.

Par contre, niveau homogénéité, c'est loin d'être parfait. Il y a un décalage très important entre le piqué au centre, sur les côtés et dans les coins de l'image. Ce phénomène s'amenuise au fur et à mesure que l'on ferme le diaphragme mais les écarts sont tellement importants à la plus grande ouverture que les bords de l'image restent toujours en retrait par rapport au centre. C'est au 50 mm que l'objectif délivre les images les plus homogènes.

En toute franchise, nous sommes donc relativement déçus des performances de ce nouveau zoom. Malgré des résultats très bons au centre de l'image, le piqué déçoit dès qu'on s'en éloigne.

Notre scène test et les zones d'intérêt.

Comparons désormais les performances de ce 12-60 mm avec celles de deux de ses concurrents directs. Il s'agit du Panasonic 12-35 mm f/2,8 ainsi que de l'Olympus 12-40 mm f/2,8. Ces deux objectifs ayant été testés sur notre ancienne scène test, nous ne pouvons pas comparer leurs performances visuelles avec celles du 12-60 mm mais uniquement les résultats des mesures réalisées sur notre banc Imatest. Notons que ces deux objectifs ont également été testés avec l'appareil hybride Panasonic GX8.

Le 12-35 mm et le 12-40 mm sont des objectifs moins polyvalents mais ont pour avantage de disposer d'une ouverture constante f/2,8. Si on compare leurs performances à 12 et 25 mm, on remarque que le niveau de piqué au centre est un peu en retrait mais que leur homogénéité est bien meilleure que celle de l'objectif 12-60 mm (surtout dans le cas de l'objectif Olympus).

Parmi les potentiels concurrents, on peut également citer le très remarqué Olympus 12-100 mm f/4 : un objectif plus polyvalent mais un peu moins lumineux en position grand angle. Cet objectif a été testé avec un Olympus OM-D E-M1 Mark II équipé d'un capteur de 20 Mpx.

Olympus M.Zuiko Digital ED 12-100 mm f/4 IS PRO

Rien à dire, Olympus fait fort avec ce 12-100 mm ! La firme japonaise signe un "must have" que tous les utilisateurs d'hybrides Micro 4/3 devraient avoir dans leur besace. L'objectif ultra polyvalent équivaut à un 24-200 mm en 24x36 et ne manque pas d'arguments : stabilisation optique redoutablement efficace, ouverture constante f/4, relative compacité, tropicalisation, etc.

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Dans l'ensemble, le 12-100 mm Olympus est beaucoup plus homogène et plus piqué que le 12-60 mm Panasonic Leica.

Tests terrain
Efficace !

La focale

Une focale correspond à un angle de champ — ou angle de vision — couvert par l'appareil équipé de l'objectif. Plus la focale est importante, plus l'angle de champ est réduit : on parle de longue focale. À l'inverse, plus la focale est courte, plus l'angle de champ est large : on parle de grand-angle.

Voici ce que l'on obtient avec le 12-60 mm monté sur un hybride équipé d'un capteur Micro 4/3. Il équivaut à un 24-120 mm. C'est donc un objectif très polyvalent capable de s'adapter à une grande majorité de sujets (paysages, reportages, portraits, etc.).

Le vignetage

Tous les objectifs donnent une image dont la périphérie, et particulièrement les coins, sont plus sombres. Le vignetage se mesure en IL (Indice de Lumination) : la valeur indiquée mesure la différence, en IL, entre la quantité de lumière reçue par les bords et celle reçue au centre.

Le vignetage est très discret. On le perçoit uniquement aux plus grandes ouvertures et sur les bords extrêmes. Dès f/5,6, il est totalement négligeable.

Les distorsions

Les objectifs ont tendance à "tordre la réalité". Les aberrations géométriques apparaissent lorsque l'on s'éloigne des conditions de Gauss. On rencontre deux types de distorsions géométriques : les distorsions en coussinets et les distorsions en barillets.

Les distorsions sont assez bien maîtrisées. On les perçoit légèrement à la focale la plus courte mais elles restent assez discrètes.

Le bokeh

Le bokeh est à mettre en relation avec la profondeur de champ. On peut le comparer à la "qualité" du flou ou encore à la manière dont l'objectif passe du net au flou — notion très subjective, même si certains éléments permettent de prévoir les choses — sur des images à faible profondeur de champ. Il dépend de nombreux paramètres dont principalement la conception de l'objectif, la forme et la taille du diaphragme.

Micro 4/3 oblige, les effets de profondeur de champ sont assez limités, et ce même avec un objectif relativement lumineux comme celui-ci. Pour mettre toutes les chances de votre côté et essayer de détacher votre sujet de son arrière-plan, privilégiez les faibles distances de mise au point, les écarts significatifs entre le sujet et son arrière-plan et les grands ouvertures de diaphragme. Malgré une ouverture maximale de f/4, c'est au 60 mm que vous réussirez à jouer le plus efficacement avec les effets de profondeur de champ.

La stabilisation optique

Le principe d'un stabilisateur optique est simple : l'objectif est équipé d’une petite lentille montée sur un système de micromoteurs qui lui permet d’être mobile, c’est-à-dire de pouvoir bouger dans deux directions : verticale et horizontale. Ces micromoteurs sont actionnés grâce à un système gyroscopique qui détecte les moindres mouvements de l’objectif (et donc du bras du photographe), et les compense afin de les corriger. Très schématiquement, si on monte très légèrement son appareil vers le haut, la lentille dans l’objectif se déplace vers le bas et les deux mouvements s’annulent d’un point de vue optique : c’est comme si on n’avait pas bougé.

Nous avons testé la stabilisation de cet objectif associée à celle du GX8, à main levée et sur un sujet positionné à envrion 3 mètres. En optant pour la plus longue focale du zoom (60 mm), nous avons réussi à descendre à 1/8 s et à obtenir une image nette grâce à la stabilisation. Cela équivaut à un gain de 4 IL par rapport au temps de pose limite théorique. La stabilisation de ce 12-60 mm est donc très performante.

Galerie d'images

Verdict
On attendait mieux !

Le Panasonic Leica DG Vario-Elmarit 12-60 mm F/2,8-4 ASPH est un bon couteau suisse de la photographie. C'est une optique parfaite pour la plupart des photos de tous les jours. En effet, cette plage de focale permet aussi bien de faire du paysage, du reportage, du portrait, voire même un peu de photo d'action. L'objectif dispose aussi de séduisants arguments, comme son ouverture maximale — glissante mais assez lumineuse. Il est ainsi possible de profiter de f/2,8 au grand-angle et de f/4 au-delà. La stabilisation optique intégrée travaille de pair avec la stabilisation du capteur (si votre boîtier en est équipé) et se révèle ainsi assez efficace puisqu'elle fait gagner environ 4 IL à fond de zoom. L'objectif est donc paré pour affronter les mauvaises conditions de lumière tout en étant utilisé à main levée.

La prise en main de ce zoom est excellente. L'objectif, tout en métal, est avant tout un bel objet que l'on prend plaisir à regarder et à toucher. Relativement compact et léger, il s'associe parfaitement avec les "petits" appareils que sont les hybrides. Les deux bagues de réglage sont très réussies. Il lui manque cependant à cet objectif une bague de diaphragme manuelle et des indications concernant la distance de mise au point.

Signé Leica, on attend de cette optique des performances exceptionnelles. Malheureusement, ce n'est pas le cas. Dans l'ensemble, l'objectif procure des images de qualité avec un bon piqué au centre, et ce dès les plus grandes ouvertures. Il dispose aussi d'un beau comportement. Par contre, il manque cruellement d'homogénéité ; le piqué est très en retrait dès que l'on s'éloigne du centre. De plus, la diffraction est perceptible dès f/8 — un peu tôt donc. Par contre, force est de constater que les distorsions et le vignetage sont bien maîtrisés.

Cet objectif a pas mal de concurents. Tout d'abord, les zooms trans-standards à ouverture fixe f/2,8 qui sont certes moins polyvalents mais jouissent d'une grande ouverture maximale à toutes les focales et procurent des images plus homogènes. Enfin, il y aussi l'Olympus 12-100 mm f/4 qui se montre un peu moins lumineux mais encore plus polyvalent.

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+
  • Plage de focale confortable
  • Ouverture maximale généreuse
  • Design, qualité de construction, compacité et prise en main
  • Stabilisation (gain de 4 IL)
  • Précision des bagues de réglage
  • Piqué au centre des images
  • Comportement général de l'objectif
  • Faible vignetage et faibles distorsions
  • Pas d'indications de distance de mise au point
  • Pas de bague de réglage manuel du diaphragme
  • Manque cruel d'homogénéité entre le centre et les bords des images (dans toutes les configurations)
  • Diffraction qui apparaît un peu tôt (baisse de piqué à partir de f/8)
En résumé

Notre avis sur ce zoom trans-standard est mitigé : l'objectif a de nombreux atouts (belle polyvalence, ouverture maximale généreuse, stabilisation optique et qualité de construction) mais les images qu'il délivre souffrent d'un manque d'homogénéité (piqué en retrait sur les bords). Dommage, on en attendait plus d'une optique de cette gamme signée Leica.

Leica DG Vario-Elmarit 12-60 mm F/2,8-4 ASPH.
Arthur Azoulay

Spécialiste des optiques et rédacteur en chef adjoint de Focus Numérique. La photo est pour lui une obsession. Ses publications 

Les prix
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