C'est la troisième version de ce zoom, qui est un incontournable pour de nombreux photographes, et le compagnon parfait d'un 24-70 mm f/2,8 (que Nikon avait d'ailleurs également renouvelé en tout début d'année en lui apportant une stabilisation optique). Le Nikkor AF-S 70-200 mm f/2,8 E FL ED VR complète la version f/4 constante qui nous avait largement impressionnés lors de son test.

MontureNikon F
Format couvert24 x 36 mm
Plage focale70-200 mm
Équivalent 24x36 sur capteur APS-C105-300 mm
Ouverture maximalef/2,8
Ouverture minimalef/22
Distance de mise au point1,1 m
Nombre de lamelles du diaphragme9
Construction22 éléments en 18 groupes
Éléments spécifiques6 lentilles en verre ED, 1 lentille en fluorite, 1 lentille à indice de réfraction élevé et des lentilles avec traitement nanocristal ou au fluor
Échelle des distancesOui
Rapport de reproduction0,21X
MotorisationOui
StabilisationOui
Dimensions88,5 x 202,5 mm
Dimanètre filtre77 mm
Poids1,430 kg
ParasoleilOui
Étui soupleOui

Prise en main
Une très bonne idée !

Conception

Difficile de révolutionner ce genre d'objectif ! Nikon propose donc ici une très belle amélioration — presque sur tous les plans — de son 70-200 mm. Côté prise en main, l'objectif est avant tout plus léger, grâce, entre autres, à l'utilisation d'une une lentille en cristal fluorite, qui améliore aussi au passage la gestion des aberrations chromatiques.

Pour plus de praticité, Nikon a de plus inversé les bagues de zoom et de mise au point manuelle. On retrouve par ailleurs des boutons personnalisables, comme sur les "gros" téléobjectifs.

La protection a elle aussi été améliorée, grâce à des joints d'étanchéité sur toutes les parties mobiles et un traitement au fluor sur la lentille frontale. De plus, la conception est à encombrement constant (quelle que soit la focale utilisée ou la distance de mise au point, l'encombrement reste le même et la lentille frontale reste fixe). C'est un atout majeur pour la protection de l'objectif contre la poussière et l'humidité. Ce 70-200 mm peut ainsi parfaitement être utilisé dans les conditions de prises de vues les plus extrêmes.

Pour ce qui est de la formule optique, on passe à 22 lentilles réparties en 18 groupes avec 6 verres ED, 1 verre en cristal de fluorite et 1 verre HRI. On retrouve aussi le traitement Nano Cristal pour limiter le flare et les images fantômes.

Enfin, l'objectif jouit d'un diaphragme électromagnétique circulaire à 9 lamelles capable de s'adapter instantanément lors de prises de vue en rafale. Un mode de stabilisation optique VR Sport, conçu pour les sujets en mouvement, permettrait de gagner jusqu'à 4 IL. On retrouve également de nouveaux algorithmes autofocus qui améliorent le suivi des sujets en mouvement.

Prise en main

La qualité de fabrication est exemplaire et le niveau de finition, très élevé. Le design est comme toujours très réussi et très "technique".

Nikkor AF-S 70-200 mm f/2,8 E FL ED VR

Côté mensurations, comptez un peu plus de 20 cm de long pour un peu moins de 9 cm de diamètre. Sur la balance : 1,43 kg, contre 1,54 pour la version précédente. C'est assez peu pour un 70-200 mm à ouverture constante f/2,8. Malgré cela, il n'en reste pas moins un objectif assez lourd, qui forcera sur vos bras au cours de longues séances de prises de vue à main levée. Il est naturellement équipé d'un collier de fixation pour trépied (à préférer pour éviter de trop tirer sur la monture de votre boîtier). Ce collier peut s'ôter si nécessaire et l'appareil peut être basculé en orientation portrait dans les deux sens. Des repères permettent de parfaitement aligner le boîtier, même si nous aurions aimé un mécanisme plus précis avec des positions plus franches.

Nikkor AF-S 70-200 mm f/2,8 E FL ED VR

La prise en main est déroutante au début. En effet, nous le disions, Nikon a fait le choix d'inverser les positions de la bague de réglage de zoom et de la bague de mise au point manuelle. La bague permettant de changer de focale est donc située vers l'extérieur de l'objectif. C'est une très bonne idée, qui équilibre le système à main levée et évite d'avoir à jongler avec le collier. Il faudra toutefois le faire pour utiliser la bague de mise au point manuelle, mais cette fonction n'est que rarement utilisée avec un objectif de ce type, conçu pour le terrain.

La bague de zoom est très large et confortable à utiliser. La course est modérée : il sera très rapide de passer de 70 à 200 mm. La bague est d'une "légèreté" déconcertante et est donc un peu trop fluide.
La bague de mise au point manuelle est un peu plus étroite ; sa course est également modérée et on dispose de repères de butée pour signifier la distance de mise au point minimale et l'infini. Sa fluidité est parfaite. Sur le dessus de l'objectif, on retrouve un indicateur de distance de mise au point dynamique.

Nikkor AF-S 70-200 mm f/2,8 E FL ED VR

Le côté de l'objectif est un véritable tableau de bord, avec pas moins de 4 interrupteurs. Le premier sert à activer l'autofocus avec une priorité à la mise au point automatique ou une priorité à la mise au point manuelle (la retouche manuelle du point est possible). Le deuxième sert de limitateur de plage de mise au point (intégrale ou de l'infini à 5 m). Le troisième contrôle la stabilisation optique avec un mode sport pour faire des filés. Enfin, le dernier assigne une fonction aux 4 boutons situés juste avant la bague de zoom : activation de la mise au point ou mémorisation de la mise au point.

Nikkor AF-S 70-200 mm f/2,8 E FL ED VR

Tests labo
Parfait sauf au 70 mm

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à un autre, d'une focale à une autre et d'une ouverture à une autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 ou f/11 par exemple.

De plus, le piqué va dépendre de la définition du capteur de votre appareil et de la taille de son capteur . Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.

Nous avons testé l'objectif avec un Nikon D810 a!u capteur 24 x 36 mm de 36 Mpx, d'une définition de 7 380 x 4 928 px. Chaque pixel mesure donc 4,8 micromètres de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/11 !

Au labo, ce 70-200 mm est très impressionnant... enfin, passé 70 mm ! En effet, à la focale la plus large, il souffre d'un important manque d'homogénéité entre le centre, les deux tiers des images et les bords extrêmes. Ce phénomène s'amenuise à mesure que l'on ferme le diaphragme, mais à cette focale, il est impossible d'obtenir une image parfaitement homogène. Le piqué au centre est par contre très fort et ce, dès la plus grande ouverture. Il monte progressivement et arrive à son apogée à f/8 et f/11. Au-delà, il rebaisse pour cause de diffraction.

Malgré ces défauts d'homogénéité, le comportement général de l'objectif à 70 mm est tout à fait cohérent. Les choses s'améliorent franchement dès 100 mm, avec des images très piquées et homogènes dès f/2,8. Il en va de même pour 135 mm et 200 mm : rien à redire, c'est parfait.

Testé avec Imatest

scène test

Tests terrain

La focale

Une focale correspond à un angle de champ — ou angle de vision — couvert par l'appareil équipé de l'objectif. Plus la focale est importante, plus l'angle de champ est réduit : on parle de longue focale. À l'inverse, plus la focale est courte, plus l'angle de champ est large : on parle de grand-angle.

Voici ce que l’on obtient avec le Nikon monté sur un D810, équipé d’un capteur plein format 24x36. La plage de focales est polyvalente et bien entendu particulièrement bien adaptée pour du portrait, de la photo animalière ou sportive. Utilisé sur un reflex équipé d'un capteur APS-C, cela devient un équivalent 105-300 mm.

Le vignetage

Tous les objectifs donnent une image dont la périphérie, et particulièrement les coins, sont plus sombres. Le vignetage se mesure en IL (Indice de Lumination) : la valeur indiquée mesure la différence, en IL, entre la quantité de lumière reçue par les bords et celle reçue au centre.

Très léger vignetage pour ce 70-200 mm visible à toute les focales, mais uiquement à f/2,8.

Les distorsions

Les objectifs ont tendance à "tordre la réalité". Les aberrations géométriques apparaissent lorsque l'on s'éloigne des conditions de Gauss. On rencontre deux types de distorsions géométriques : les distorsions en coussinets et les distorsions en barillets.

Les distorsions sont assez faibles : un bon point !

Le bokeh

Le bokeh est à mettre en relation avec la profondeur de champ. On peut le comparer à la "qualité" du flou ou encore à la manière dont l'objectif passe du net au flou — notion très subjective, même si certains éléments permettent de prévoir les choses — sur des images à faible profondeur de champ. Il dépend de nombreux paramètres dont principalement la conception de l'objectif, la forme et la taille du diaphragme.

L'ouverture constante f/2,8 que propose cet objectif est une arme redoutable pour les effets de bokeh. Il est très facile de détacher un sujet principal de son arrière-plan en privilégiant la plus grande ouverture, une "longue" focale et une distance de mise au point contenue.

La stabilisation optique

Le principe d'un stabilisateur optique est simple : l'objectif est équipé d’une petite lentille montée sur un système de micromoteurs qui lui permet d’être mobile, c’est-à-dire de pouvoir bouger dans deux directions : verticale et horizontale. Ces micromoteurs sont actionnés grâce à un système gyroscopique qui détecte les moindres mouvements de l’objectif (et donc du bras du photographe), et les compense afin de les corriger. Très schématiquement, si on monte très légèrement son appareil vers le haut, la lentille dans l’objectif se déplace vers le bas et les deux mouvements s’annulent d’un point de vue optique : c’est comme si on n’avait pas bougé.

Nous avons testé en laboratoire la stabilisation au 200 mm, à main levée, sur un sujet positionné environ à 3 m. Nous avons utilisé le mode Normal, qui actionne simultanément la stabilisation verticale et horizontale. Nos résultats nous montrent que l'on peut aisément gagner 3 IL par rapport au temps de pose théorique de 1/200 s, donc photographier au 1/25 s.

Galerie terrain

Verdict
Une superbe optique

Impossible de ne pas recommander ce nouveau 70-200 mm f/2,8 signé Nikon ! Pour être honnêtes, nous étions assez inquiets, compte tenu des résultats plus que mitigés de leur dernier 24-70 mm f/2,8. Ce nouveau zoom incontournable était donc attendu au tournant. Pari gagné pour Nikon : la marque signe ici une très belle optique, qui deviendra sans doute un must have dans la besace des photographes.

Commençons par saluer la qualité de construction et les innovations ergonomiques. En effet, l'ajout de boutons personnalisables et l'inversion de la bague de zoom et de celle de mise au point sont des idées bienvenues. L'objectif est de plus parfaitement armé pour affronter les pires conditions de prises de vues. On n'en attendait pas moins de la part de Nikon sur un produit tel que celui-ci, conçu avant tout pour des photos terrain en extérieur. La stabilisation optique, impérative sur ce type de focales, est très efficace. En plus d'être programmable, elle peut compenser jusqu'à 3 IL à fond de zoom.

Pour ce qui est de la qualité optique, c'est aussi très bon. Le piqué délivré et l'homogénéité sont impressionnants. L'objectif engloutit sans sourciller les 36 millions de pixels d'un D810. Seul regret, les performances un peu en retrait à la focale la plus large, le 70 mm. Dans cette position, l'objectif souffre d'un manque d'homogénéité très marqué entre le centre et les deux tiers des images aux plus grandes ouvertures. Aux autres focales, c'est parfait.

Bien entendu, ce n'est pas le seul 70-200 mm f/2,8 du marché. Tamron vient tout juste d'annoncer la version G2 de son zoom équivalent et on attend avec impatience une éventuelle nouvelle version Sport chez Sigma.

+
  • Ouverture à f/2,8 constant
  • Protection contre les conditions de prise de vue extrêmes
  • Conception et prise en main
  • Qualité optique générale
  • Homogénéité et piqué très élevé dès 100 mm
  • Faible vignetage
  • Stabilisation optique 3 IL
  • Faibles distorsions
  • Fluidité de la bague de zoom
  • Manque d'homogénéité à 70 mm
Arthur Azoulay

Spécialiste des optiques et rédacteur en chef adjoint de Focus Numérique. La photo est pour lui une obsession. Ses publications 

Les prix
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