Zoom transtandard à la plage de focale idéale pour s'associer avec des reflex 24x36, le Canon EF 24-105 mm f/4 L IS II USM a pour principale nouveauté son moteur d'ouverture et de fermeture de diaphragme EDM. De plus, l'usage de matériaux de dernière génération assure un pouvoir séparateur qui ne sera pas limitant pour les reflex de très haute définition, et son fonctionnement silencieux autorise des réglages en cours de captation vidéo.

Sa première version était composée de 18 éléments répartis en 13 groupes, là où il n'en compte plus que 17 en 12 groupes. L'objectif n'y gagne cependant pas sur la balance, puisqu'il pèse maintenant 795 g, contre 670 g auparavant. Il reste cependant plutôt compact en raison de son ouverture modeste f/4 constante. Cette luminosité relative sera en partie compensée par la stabilisation intégrée qui, selon Canon, permet désormais de gagner 4 incréments de vitesse sans risque de flou de bougé.

La distance de mise au point minimale reste de 45 cm et la motorisation autofocus, de type USM.

MontureCanon EF
Format couvert24 x 36 mm
Plage focale24 - 105 mm
Équivalent 24x36 sur capteur APS-C38 - 168 mm
Ouverture maximalef/4
Ouverture minimalef/22
Distance de mise au point0,45 m
Nombre de lamelles du diaphragme10
Construction17 lentilles réparties en 12 groupes
Éléments spécifiquesNC
Échelle des distancesOui
Rapport de reproduction0,24 (à 105 mm)
MotorisationOui
StabilisationOui
Dimensions83,5 × 118 mm
Dimanètre filtre77 mm
Poids795 g
ParasoleilOui
Étui soupleOui

Prise en main
À la hauteur de la série L Canon

Série L oblige, nous n'avons pas grand-chose à reprocher à ce nouveau zoom Canon. La qualité de fabrication est exemplaire. On retrouve un corps en polycarbonate (matériel supportant bien les chocs thermiques et très résistant), une conception tout temps pour travailler sereinement dans les pires conditions de prises de vues, une baïonnette en métal et un verrou afin d'éviter le déploiement intempestif de l'optique. Le design, discret et technique, est dans la droite ligne des objectifs série L avec la traditionnelle bague rouge.

Canon EF 24-105mm f/4 L IS II USM : prise en main

Ce zoom est assez imposant : il pèse près de 800 g, mesure près de 12 cm de long replié et a un diamètre de plus de 8 cm. Ses mensurations sont juste adaptées au calibre d'un boîtier comme un EOS 5D. Pour plus de confort et éviter les tensions au niveau du poignet, nous recommandons même l'usage d'un grip afin de bien répartir les masses.

Canon EF 24-105mm f/4 L IS II USM : prise en main

La bague de mise au point manuelle, positionnée vers l'extérieur, est parfaite. Elle est tout d'abord large et confortable à utiliser. La course est très modérée et on dispose de repères de butées aux extrémités (distance minimale de mise au point et infini). Sa fluidité est excellente. Bien entendu, on retrouve sur le dessus de l'objectif un indicateur de distance de mise au point dynamique. La retouche manuelle du point est possible et un interrupteur, positionné sur le côté, permet de débrayer totalement l'autofocus.

Canon EF 24-105mm f/4 L IS II USM : prise en main

La bague de zoom est également bien réussie. Large et confortable, elle jouit d'une course modérée, si bien qu'il sera très rapide de basculer du grand-angle 24 mm au petit télé 105 mm. Elle est par contre un peu lourde, à cause du poids des différentes optiques qu'il faut déplacer. Les repères de focales sont : 24, 35, 50, 70, 85 et 105 mm.

Canon EF 24-105mm f/4 L IS II USM : prise en main

L'objectif est livré avec son pare-soleil en corolle et une housse de transport.

Test labo
Un joli comportement et un fort piqué

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à l'autre, d'une focale à l'autre et d'une ouverture à l'autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 ou f/11 par exemple.

De plus, le piqué va dépendre de la définition du capteur de votre appareil (nous avons testé l'objectif avec un Canon EOS 5Ds R de 50 Mpx) et de sa taille (24 x 36 mm pour le 5Ds R). Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.

Le 5Ds R dispose d'une définition de 8 736 x 5 856 px. Chaque pixel mesure donc 4 micromètres de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/11 !

Ce nouveau 24-105 mm s'en sort assez bien au labo. Le comportement de l'objectif est très cohérent, ce qui est un plus. Quelle que soit la focale, le piqué augmente progressivement à mesure que l'on ferme le diaphragme, pour redescendre à partir de f/16 à cause de la diffraction. Le niveau de piqué général de l'objectif est assez élevé, particulièrement au centre des images, quelle que soit la combinaison focale/ouverture. Par contre, l'objectif souffre d'un manque d'homogénéité du piqué assez prononcé dans toutes les configurations entre le centre, les deux tiers des images et les bords extrêmes.

Au grand-angle 24 mm le piqué est très fort au centre, et ce, dès la plus grande ouverture. Il augmente légèrement en fermant à f/5,6. La non-homogénéité du piqué est assez marquée, mais le phénomène s'amenuise à mesure que l'on ferme le diaphragme. C'est à f/8 et f/11 que l'objectif procure les images les plus homogènes, mais c'est à f/5,6 que le piqué au centre est le plus élevé.

Au 50 mm, le piqué au centre croît jusqu'à f/8. Les images sont plus homogènes entre le centre et les deux tiers. Par contre, les bords extrêmes sont très en retrait, quelle que soit l'ouverture.

Il en va à peu près de même au 85 mm, bien que le piqué aux deux tiers des images soit un peu plus en retrait aux deux plus grandes ouvertures.

Enfin, à 105 mm, on observe toujours ce problème de non-homogénéité, cette fois constant en fonction de l'ouverture.

Testé avec Imatest

Notre test du Sigma Art 24-105 mm f/4 DG HSM commence à dater un peu. À l'époque, nous étions en partenariat avec DxOMark pour les mesures et nous utilisions une scène test beaucoup moins grande et détaillée. De plus, le Sigma a été testé avec un Canon EOS 5D Mark III. Nous allons donc demander à Sigma de nous renvoyer une version de l'objectif et allons mettre à jour toute la partie labo pour préparer un joli duel entre ces deux objectifs.

Sigma 24-105 mm f/4 DG OS
24-105 mm f/4 DG OS
Priceminister 729,79 €
Amazon 750,00 € Voir l'offre
Fnac.com marketplace 769,74 € Voir l'offre
Webdistrib 777,08 € Voir l'offre
Ebay.fr 795,79 € Voir l'offre
Boulanger.com 859,00 € Voir l'offre
Fnac.com 859,99 € Voir l'offre
Digixo 879,00 € Voir l'offre
Miss Numérique 879,00 € Voir l'offre
Voir plus d'offres

Test terrain
Polyvalence est le maître mot

La focale

Une focale correspond à un angle de champ — ou angle de vision — couvert par l'appareil équipé de l'objectif. Plus la focale est importante, plus l'angle de champ est réduit : on parle de longue focale. À l'inverse, plus la focale est courte, plus l'angle de champ est large : on parle de grand-angle.

Voici ce que l’on obtient avec le Canon monté sur un EOS 5D, équipé d’un capteur plein format 24 x 36 mm. La plage de focales est relativement polyvalente et conviendra à la plupart des sujets. Elle offre un équivalent 38-168 mm si l'objectif est monté sur un reflex équipé d'un capteur APS-C (coefficient de conversion de 1,6x chez Canon).

Canon EF 24-105 mm f/4 L IS II USM - Canon EOS 5Ds R - Exemple 8
Canon EF 24-105 mm f/4 L IS II USM - Canon EOS 5Ds R - Exemple 3

Le vignetage

Tous les objectifs donnent une image dont la périphérie, et particulièrement les coins, sont plus sombres. Le vignetage se mesure en IL (Indice de Lumination) : la valeur indiquée mesure la différence, en IL, entre la quantité de lumière reçue par les bords et celle reçue au centre.

Le vignetage est bien présent et visible, principalement aux plus grandes ouvertures. Au grand-angle 24 mm, on le ressent à toutes les ouvertures. Il est particulièrement fort à f/4 et f/5,6. Au 50 mm, il est visible jusqu'à f/5,6. Au-delà, il devient négligeable. Il en va de même aux autres focales.

Les distorsions

Les objectifs ont tendance à "tordre la réalité". Les aberrations géométriques apparaissent lorsque l'on s'éloigne des conditions de Gauss. On rencontre deux types de distorsions géométriques : les distorsions en coussinets et les distorsions en barillets.

Pour ce qui est des distorsions, elles sont assez bien gérées. On les ressent principalement au grand-angle 24 mm et au télé 105 mm. Entre ces deux focales extrêmes, elles sont beaucoup plus discrètes. Quoi qu'il en soit, avec une distance de mise au point assez conséquente, elles se feront facilement oublier.

Le bokeh

Le bokeh est à mettre en relation avec la profondeur de champ. On peut le comparer à la "qualité" du flou ou encore à la manière dont l'objectif passe du net au flou — notion très subjective, même si certains éléments permettent de prévoir les choses — sur des images à faible profondeur de champ. Il dépend de nombreux paramètres dont principalement la conception de l'objectif, la forme et la taille du diaphragme.

Bien entendu, on ne peut pas attendre d'un f/4 constant le même type de bokeh qu'avec un f/2,8 constant. Pour obtenir des flous d'arrière-plan très marqués, il faudra privilégier le 105 mm et s'assurer d'une bonne distance entre le sujet principal et l'arrière-plan.

Canon EF 24-105 mm f/4 L IS II USM - Canon EOS 5Ds R - Exemple 5

La stabilisation optique

Le principe d'un stabilisateur optique est simple : l'objectif est équipé d’une petite lentille montée sur un système de micromoteurs afin d’être mobile, c’est-à-dire de pouvoir bouger dans deux directions : verticale et horizontale. Ces micromoteurs sont actionnés grâce à un système gyroscopique qui détecte les moindres mouvements de l’objectif (donc du bras du photographe), et les compense pour les corriger. Très schématiquement, si on monte très légèrement son appareil vers le haut, la lentille dans l’objectif se déplace vers le bas et les deux mouvements s’annulent d’un point de vue optique : c’est comme si on n’avait pas bougé.

Nous avons testé la stabilisation de ce 24-105 mm avec le Canon EOS 5Ds R. D'après nos mesures, nous arrivons à la conclusion que ce zoom est capable de compenser (à fond de zoom, soit 105 mm) 2 IL à main levée. Nous avons en effet réussi à obtenir une image parfaitement nette au 1/25 s. Ce type de performance est très loin de ce qu'une double stabilisation peut accomplir (dans le monde des hybrides). Notons que Canon annonce tout de même un gain de 4 IL, sans préciser dans quelles conditions.

stabilisation optique

Galerie terrain

Canon EF 24-105 mm f/4 L IS II USM - Canon EOS 5Ds R - Exemple 10
Canon EF 24-105 mm f/4 L IS II USM - Canon EOS 5Ds R - Exemple 1
Canon EF 24-105 mm f/4 L IS II USM - Canon EOS 5Ds R - Exemple 2
Canon EF 24-105 mm f/4 L IS II USM - Canon EOS 5Ds R - Exemple 4
Canon EF 24-105 mm f/4 L IS II USM - Canon EOS 5Ds R - Exemple 7
Canon EF 24-105 mm f/4 L IS II USM - Canon EOS 5Ds R - Exemple 9

Verdict
Un bon objectif à tout faire

Au final, ce nouveau 24-105 mm f/4 est un bon objectif à tout faire. Sa plage de focale, très polyvalente, lui assure de pouvoir s'adapter à de nombreuses situations de prises de vue. Sur ce point, il est plus intéressant qu'un classique 24-70 mm. Son ouverture maximale n'est pas très lumineuse, mais elle a l'avantage d'être constante. Il sera donc possible de photographier dans les mêmes conditions d'exposition du 24 au 105 mm : un réel plus.

Cependant, il faudra faire des compromis pour ce qui est des effets de bokeh, moins marqués qu'avec un 24-70 mm f/2,8 constant. Son ouverture maximale de f/4 est également moins lumineuse d'1 IL (versus f/2,8). Pour compenser, Canon intègre une stabilisation optique qui, dans les faits, permet de gagner à fond de zoom 2 IL à main levée. Dans certains cas de prises de vue en basse lumière, il faudra donc pousser un peu les ISO pour éviter le flou de bougé du photographe.

Série L oblige, ce 24-105 mm est un objectif très bien conçu et agréable à utiliser. Sur la prise en main, nous n'avons pas grand-chose à lui reprocher : c'est un sans-faute. Nous saluons la conception des deux bagues de réglage (focale et mise au point manuelle) qui sont particulièrement réussies.

Cet objectif délivre des images de grande qualité et il est taillé pour les boîtiers de très haute résolution, comme le 5Ds R et ses 50 millions de pixels. Le niveau de piqué est très élevé, surtout au centre. Malheureusement, l'objectif souffre d'un important manque d'homogénéité, constatable dans toutes les configurations : dommage. Il jouit par contre d'un assez beau comportement. Le vignetage est assez marqué aux plus grandes ouvertures ; les distorsions sont bien maîtrisées.

Au final, nous recommandons cet objectif, bien qu'il y ait des options alternatives à étudier de près. La première est un Canon EF 24-70 mm f/4 L IS USM, moins onéreux mais moins polyvalent (70 mm contre 105). La deuxième est un Canon EF 24-105 mm f/3,5-5,6 IS STM, certes dépourvu d'ouverture constante mais beaucoup moins onéreux. Enfin, il y a aussi la version Sigma Art, aux caractéristiques équivalentes. Nous publierons prochainement un duel entre ces deux objectifs.

+
  • Ouverture constante f/4
  • Stabilisation optique
  • Design, qualité de construction, prise en main
  • Qualité optique générale et comportement de l'objectif
  • Niveau de piqué au centre
  • Distorsions bien gérées
  • Performances de la stabilisation optique (seulement 2 IL à fond de zoom)
  • Manque d'homogénéité entre le centre, les 2/3 des images et les bords extrêmes
  • Vignetage assez marqué aux grandes ouvertures
En résumé

Ce nouveau zoom transtandard 24-105 mm f/4 est un bon objectif à tout faire. Sa plage de focale, très polyvalente, lui assure de pouvoir s'adapter à de nombreuses situations de prises de vues. Série L oblige, le Canon EF 24-105mm f/4 L IS II USM est un objectif très bien conçu et agréable à utiliser. Taillé pour des boîtiers de très haute résolution comme le 5Ds R et ses 50 millions de pixels, il délivre des images de grande qualité. Nous le recommandons.

EF 24-105mm f/4 L IS II USM
Arthur Azoulay

Spécialiste des optiques et rédacteur en chef adjoint de Focus Numérique. La photo est pour lui une obsession. Ses publications 

Les prix
Canon EF 24-105mm f/4 L IS II USM
Priceminister 953,90 €
Fnac.com marketplace 999,99 € Voir l'offre
Materiel.net 1269,00 € Voir l'offre
Amazon 1299,99 € Voir l'offre
Fnac.com 1299,99 € Voir l'offre