Qu’on soit photographe amateur ou professionnel, avec la démocratisation de la photographie numérique, on photographie aujourd’hui plus souvent et en plus grande quantité. Cela permet de créer une belle photothèque, mais peut aussi vite devenir un enfer pour s’y retrouver et, surtout, dénicher une photo. C’est à ce moment-là qu'entrent en jeu les métadonnées, et plus particulièrement les données IPTC qui vous permettront de sécuriser et mieux référencer vos archives.

Définition

Pour les néophytes, les termes “métadonnée“, et qui plus est “IPTC”, vous sont peut-être étrangers et vous rebutent. Pourtant, derrière ce dernier acronyme barbare se cache quelque chose de très simple et hautement pratique. Concernant les professionnels, vous devez déjà normalement être familier avec les IPTC puisqu'obligatoires en agence et presque indispensables pour correctement gérer votre catalogue.

L’IPTC est en réalité une organisation (International Press and Telecommunications Council) créée en 1965 et visant à développer et promouvoir des standards d’échange de données pour la presse. C’est-à-dire uniformiser la manière d’écrire et de référencer les descriptions et auteurs des données destinées aux médias afin d’en faciliter la recherche.

Tutoriel remplir les champs IPTC avec Lightroom et PhotoshopLecture des données IPTC sur le site d'une agence.

Pendant longtemps et avant l’arrivée du numérique, tout ceci a été consigné dans des tiroirs sur feuilles cartonnées. Un des avantages du numérique a été la possibilité d’inclure ces données directement dans le fichier numérique. La photo numérique transporte ainsi en son sein l’ensemble des métadonnées.

Dans l’ensemble des métadonnées, nous allons nous attarder ici sur les données IPTC, mais ce ne sont pas les seules. Parmi les plus connues, il y a bien entendu les EXIF, mais elles concernent les réglages de prise de vue et s’écrivent donc automatiquement par le boîtier, contrairement aux IPTC.

Les informations IPTC sont constituées de 33 champs de métadonnées à remplir pour un référencement complet, même si certains logiciels en proposent davantage.

Données IPTC utiles pour la photo

33 champs à remplir ? À la lecture de cette phrase, vous vous êtes découragé, mais rassurez-vous, tous ne sont pas nécessaires. Certains d’entre eux ne sont utilisés que par les agences et les rédactions et d’autres peuvent même être automatisés, car invariables. Le grand avantage d’en remplir au moins une partie, qu’on peut même qualifier de fondamentaux, est qu’une bonne fraction des sites Internet destinés au partage de photos, et même Google Image, savent lire les IPTC et peuvent donc soit vous faire gagner du temps en n’ayant pas tout à réécrire à chaque fois, soit vous aider à retrouver ou à être identifié comme l’auteur de la photo.

Tutoriel remplir les champs IPTC avec Lightroom et PhotoshopLecture des IPTC sur le site 500px.

Même si vous n’êtes qu’un photographe amateur sans prétention, il est tout de même recommandé, voire obligatoire si vous diffusez vos photos sur Internet, de remplir au moins les huit champs suivants : By-line, Source, Keywords, Date created, City, Country/Primary location, Headline et Caption/Abstract.

By-line, souvent rebaptisé en auteur, est, comme son nom l’indique, le nom de l’auteur de la photo.
Source correspond au propriétaire intellectuel de la photo, soit généralement encore vous.
Keywords est la liste des mots-clés (séparés par une virgule) servant à la description de la photo.
Date created est la date de prise de vue de la photo, généralement remplie automatiquement par votre appareil photo, à condition qu'elle soit correctement réglée sur celui-ci.
City, soit la ville où a été prise la photo.
Country/Primary location est le libellé du pays où a été prise la photo.
Headline, ou titre, est le titre donné à la photo, la série ou le reportage.
Caption/Abstract, ou description, comme vous l’aurez deviné, est une description de la photo, généralement limitée à 2 000 caractères.

Tutoriel remplir les champs IPTC avec Lightroom et Photoshop

Pour remplir correctement ces données, il existe des thesaurus téléchargeables sur Internet qui vous donneront des listes de mots, de villes ou de pays correctement orthographiés, ainsi que des synonymes, afin de bien référencer vos photos en répondant aux standards.

Tous les autres champs sont optionnels en fonction de votre pratique et de la destination des photos. En effet, une bonne partie des autres champs est destinée aux agences ou aux professionnels qui choisiront ou non de les remplir.

Avec cette première étape, vous devriez à la fois assez bien référencer vos images pour gérer votre catalogue et filtrer vos photos par mots-clés et laisser suffisamment d’informations pour vous identifier comme étant l’auteur de la photo en cas de recherche.

Gérer les données IPTC dans Lightroom

Maintenant que vous avez compris l’utilité des IPTC, entrons dans la pratique et voyons comment les utiliser avec Lightroom. La bonne nouvelle est qu’il est possible d’automatiser la majeure partie des étapes de base et que le plus long sera de créer votre modèle pour les informations de copyright vous concernant. Puis, à l’aide d’un thesaurus que vous pourrez importer ou que vous allez créer, presque automatiser la gestion des mots-clés.

Informations de copyright

Pour créer vos informations de copyright, dans le module Bibliothèque, cherchez le panneau Métadonnées situé à droite, puis dans le menu Paramètres prédéfinis, sélectionnez Modifier les paramètres prédéfinis. Une nouvelle fenêtre s’ouvre alors… Dans celle-ci, par précaution, commencez par cliquer en bas sur Ne rien sélectionner afin d’éviter d’inclure d’anciennes données ou des données propres à la photo sélectionnée. En procédant de la sorte, seuls les champs que vous allez compléter seront sélectionnés automatiquement

Tutoriel remplir les champs IPTC avec Lightroom et Photoshop

Dans le cadre Créateur IPTC, remplissez toutes les informations vous concernant et faites de même dans le cadre Copyright IPTC avec vos informations de copyright. Si vous ne savez pas comment vous y prendre, guidez-vous avec l’exemple ci-dessous.

Tutoriel remplir les champs IPTC avec Lightroom et Photoshop

Une fois ces champs remplis, dans le menu déroulant situé en haut de la fenêtre et à la place de Personnalisé, sélectionnez Enregistrer les paramètres actuels en tant que nouveau paramètre prédéfini et donnez-lui un nom unique et facilement identifiable. En effet, vous pouvez créer plusieurs profils en fonction des utilisations – pensez à bien les identifier pour ne pas les mélanger.

Tutoriel remplir les champs IPTC avec Lightroom et Photoshop

Désormais, dans le menu Métadonnées du module de développement, et même dans le module d’importation, vous n’aurez plus qu’à sélectionner le profil de votre choix pour appliquer ses IPTC à toutes les photos sélectionnées.

Tutoriel remplir les champs IPTC avec Lightroom et Photoshop

Mots-clés

Pour les mots-clés, si vous n’en avez jamais renseigné un seul, votre liste de mots-clés est vide. Pour vous aider à la compléter, il est possible de trouver sur Internet des thesaurus généraux ou spécialisés dont vous pouvez vous servir pour trouver et orthographier correctement des mots-clés, mais surtout que vous pourrez importer dans Lightroom via le menu Métadonnées > Importer des mots-clés. Il vous faudra ensuite sélectionner, photo par photo ou par groupe de photos identiques, les mots-clés se référant au contenu et en écrire de nouveaux si nécessaire.

Tutoriel remplir les champs IPTC avec Lightroom et Photoshop

Cela dit, vous pouvez également créer votre propre liste de mots-clés de A à Z en prenant l’habitude de bien renseigner les “tags” qui se réfèrent à la photo. Avec le temps, votre liste s’enrichira et n’aura pas à rougir face à un fichier téléchargé.

Là où Lightroom est vraiment efficace, c'est dans la gestion de ces mots-clés. Le temps passant, le logiciel comprend les ensembles de mots-clés récurrents, et en fonction des premiers que vous allez renseigner, il va vous en suggérer d’autres que vous avez déjà associés aux premiers. Un véritable gain de temps et d’inspiration !

Tutoriel remplir les champs IPTC avec Lightroom et Photoshop

Mais avec Lightroom, vous pouvez aussi créer vos propres ensembles de mots-clés selon certains thèmes. Vous serez limité à l’inclusion de neuf mots-clés, mais c’est un bon début et un gain de temps appréciable, surtout quand on sait que derrière, d’autres vous seront suggérés.

Tutoriel remplir les champs IPTC avec Lightroom et Photoshop

Au final, une fois vos profils créés et votre liste de mots-clés suffisamment étoffée, remplir les principaux champs IPTC avec Lightroom se résumera à devoir écrire un titre et une description de la photo, le reste s'effectuant (presque) tout seul.

Tutoriel remplir les champs IPTC avec Lightroom et Photoshop

Gérer les données IPTC avec Photoshop

Avec Photoshop, c’est plus ou moins le même fonctionnement qui prévaut. Normal, direz-vous, les deux applications étant éditées par Adobe.

Pour accéder aux champs IPTC avec Photoshop, il faut vous rendre dans le menu Fichier > Informations (ou Ctrl/Cmd-Alt-Maj-I). Une fois encore, avant de commencer, pensez à supprimer toutes les données pour partir sur un modèle vierge, puis remplissez tous les champs nécessaires pour vos informations personnelles et de copyright situés dans les onglets Description et IPTC comme ci-dessous.

Tutoriel remplir les champs IPTC avec Lightroom et Photoshop

Une fois ces champs remplis, sélectionnez Exporter dans le menu situé en bas de la fenêtre et enregistrez votre profil avec un nom unique et facilement identifiable. Vous aurez alors un paramètre prédéfini disponible en quelques clics sous Photoshop. Contrairement à Lightroom, pour l’appliquer vous allez devoir ouvrir la fenêtre d’information et le sélectionner dans la liste. Il est cependant possible de l’automatiser à une série en créant un traitement par lot.

Tutoriel remplir les champs IPTC avec Lightroom et Photoshop

Il ne vous reste plus qu’à remplir manuellement les données propres à la photo choisie, à savoir Titre, Description, Mots-clés, etc. C’est un peu plus fastidieux qu’avec Lightroom, mais en sus des informations d’identification et de copyright, vous pouvez aussi créer des paramètres prédéfinis avec des ensembles de mots-clés que vous utilisez régulièrement selon des thèmes de photos. Certes, il faudra affiner ensuite manuellement, Photoshop ou Bridge ne disposant pas de la suggestion de mots-clés. Mais c’est déjà du temps gagné, et il ne vous restera plus qu’à compléter et à écrire le titre et la description. Ceci peut être appliqué à un lot via Photoshop ou Bridge.

Tutoriel remplir les champs IPTC avec Lightroom et Photoshop

Conclusion

Vous l’aurez compris, le remplissage des champs IPTC sécurise et facilite la gestion de votre catalogue photo tout en restant à la portée de tous. Si le travail préparatoire peut sembler fastidieux de prime abord, c’est un réel gain de temps au long terme. Il sera bien plus facile pour n’importe qui de vous identifier comme étant l’auteur de la photo si nécessaire. Et si vous avez correctement rempli les mots–clés, il vous suffira de quelques clics pour retrouver une photo précise parmi les milliers stockées sur votre disque dur. Ça n’a que des avantages !

Samuel Boivin
Samuel Boivin

Grand reporter spécialiste du Val-de-Marne, se revendique d'Albert Londres, Günter Wallraff et autres Robert Namias. Ses publications