La retouche de portraits "façon magazine de mode" est une discipline aussi intéressante que polémique.

À l'heure où quelques politiques américains essaient de faire interdire les "photoshoppages" abusifs, parler lissage de peau ou de rectification des formes peut être un exercice délicat. C'est pourtant ce que propose de faire PortraitPro, désormais disponible dans sa version 12.

Le logiciel a pour but de rendre plus accessible le traitement des portraits couramment appliqué par les professionnels de la photo de mode à leurs modèles. Tout ceci est habituellement fait à la main, étape par étape, sous Photoshop — un outil et des techniques pas forcément aisées pour le premier venu. En automatisant au maximum le processus, PortraitPro offre d'atteindre ces résultats en deux coups de cuillère à pot. Reste à voir quels résultats on veut obtenir.

L'intérêt majeur de ce logiciel étant la facilité avec laquelle on travaille, et la possibilité donnée de moduler chaque paramètre de la retouche, de sorte que l'on pourra éviter les effets trop artificiels si on ne les aime pas, nous allons donc l'étudier aujourd'hui sous cet angle.

À l'ouverture d'une photo, le logiciel va chercher à identifier des visages — "des", car il peut en traiter plusieurs sur une même photo, et leur appliquer des profils de travail différents. Nous y reviendrons plus tard.

PortraitPro 12, prise en main, application du profil de base

Avant toute chose, on choisit un profil parmi les quatre grandes familles proposées. Ici notre sujet est une femme, on sélectionne le profil approprié, et on passe à l'étape suivante.

PortraitPro 12, prise en main, détections automatiques

Afin que les algorithmes traitent le visage au plus juste, il faut au préalable affiner les détections automatiques effectuées par le logiciel. On va simplement déplacer les lignes pour souligner au plus juste la forme du visage, le nez, la bouche, les yeux, les sourcils.

Et on arrive à la bonne idée du logiciel. Nous avons vu plus haut qu'il reposait sur l'application de profils, répartis en quatre grandes familles (homme, femme, fille, garçon).

Ces profils sont affinés en plus d'une cinquantaine d'autres, plus détaillés. Ceci inclut des profils liés au sexe, à l'âge, au grain de peau, au niveau de glamour voulu, mais aussi des profils simples simulant des éclairages ou jouant sur des points précis du portrait. On pourra par exemple rendre un nez plus étroit, plus court, sculpter le front, rendre les yeux bleus ou verts, densifier les cheveux, etc.

PortraitPro 12, prise en main, paramètres d'amélioration

La palette est impressionnante, et son application vraiment précise, puisqu'on a pris le temps de bien désigner chaque élément du visage un peu plus haut. Voici quelques exemples. L'original : PortraitPro 12, prise en main, image originale 1 Après application du profil "femme" par défaut : PortraitPro 12, prise en main, résultat 1 Avec un effet de lumière ("Rembrandt left") : PortraitPro 12, prise en main, résultat 2 En simulant un éclairage venant du haut : PortraitPro 12, prise en main, résultat 3 Et en transformant les iris bruns en bleu-gris : PortraitPro 12, prise en main, résultat 4 Voilà pour quelques exemples... tous obtenus en un simple clic, par la seule application d'un profil prédéfini. Ces profils lissent les peaux, retravaillent la carnation, remodèlent un peu les visages. On aime, ou pas. Et c'est là que l'autre force du logiciel pointe le bout de son curseur : tous les paramètres déterminant chaque profil sont activables ou non, et ajustables à sa convenance.

PortraitPro 12, prise en main, paramétrages d'améliorations

Par exemple, pour le réglage du lissage de la peau, on peut jouer sur tous les paramètres qui suivent, ajuster la force du traitement des pores, des rides, des zones brillantes, et même jouer sur les cernes de manière individuelle :

PortraitPro 12

L'image originale : PortraitPro 12, prise en main, image originale 2 Le traitement par défaut. Observez le grain de peau (ou plutôt le lissage en l'occurrence) : PortraitPro 12, prise en main, résultat lissage Ceux qui trouveraient le lissage trop prononcé pourraient facilement en diminuer l'intensité, pour récupérer un peu de texture sur le visage : PortraitPro 12, prise en main, résultat lissage On notera au passage que l'exemple ci-dessus met en lumière un autre point bien pensé. Si on n'y prête garde, les objets ou parties du corps devant le visage seront traités comme ce dernier. Ici en l'occurrence, les doigts seront lissés et perdront de leur netteté. Un inconvénient facilement contournable grâce à la fonction permettant de "dessiner" les zones de peau à traiter, d'en rajouter ou d'en supprimer. On utilise simplement un pinceau pour déterminer un masque, comme on le fait avec les outils Adobe. Ici, on passera sur les doigts en cliquant sur "Cut Back" pour épargner les doigts.

PortraitPro 12, prise en main, résultat masque

La personnalisation de l'éclairage est également très bien faite : on détermine à la souris la provenance de la lumière, on peut même ajouter une seconde source venant de droite ou de gauche, ajouter de l'ombre sur une moitié du visage, surligner les pommettes... et les effets sont visibles en temps réel sur l'image traitée : PortraitPro 12, prise en main, résultat éclairage Il en va de même pour tous les réglages, avec parfois de petites surprises. Pour le traitement des yeux par exemple, on pourra même pousser l'artifice jusqu'à rajouter dans l'œil du sujet de faux reflets d'éclairages de studio : PortraitPro 12, prise en main, paramétrage reflets Notre sujet avec ses faux reflets : PortraitPro 12, prise en main, résultat reflets Le principe s'applique à tous les paramètres. On pourra modifier le teint de peau, jouer sur le bronzage, modifier la couleur des cheveux, rougir les lèvres et même leur donner un aspect satiné et humide, etc. Trois versions de PortraitPro sont disponibles : Standard, Studio et Studio Max. Parmi les différences les plus importantes, soulignons que la Standard n'est pas capable de lire les RAW (Adobe DNG), ni les profils de couleur intégrés aux JPEG et PNG, ne supporte pas les TIFFs et PNG en 48 bits par couleur. Pour conclure cette petite prise en main, il faut bien admettre qu'elle nous a beaucoup amusés. Si au début nous étions très sceptiques quant aux traitements impliqués, le résultat et la facilité avec laquelle on les obtient sont rassurants. Le bon point étant bien entendu que l'on pourra ajuster le niveau de traitement voulu... évitant ainsi les plâtrages abusifs et les visages trop "plastiques". Pour vous faire une idée des possibilités du logiciel, vous pourrez télécharger une version d'évaluation chez l'éditeur. Attention, cette version ne permet pas d'exporter ses retouches... > Le site de PortraitPro 12