Plossu, Faucon, Batho, Metzner et des milliers d'autres... Tous ont choisi le tirage Fresson pour donner vie à leurs images. Tous ont choisi la couleur au charbon. Nous avons été reçus dans l'un des laboratoires de tirage les plus emblématiques de la photo argentique, par le dernier détenteur d'un des secrets les mieux gardés de la photographie. Rencontre avec Jean-François Fresson, l'héritier.

"Si le procédé Fresson n'existait pas, je ne ferais pas de couleur"... C'est avec cette déclaration de Bernard Plossu en tête (recueillie durant notre entretien l'été dernier aux Rencontres d'Arles) que nous roulions vers Savigny-sur-Orge, ville de résidence de l'atelier Fresson. Savigny... Une banlieue pavillonnaire comme il en existe des centaines d'autres en Île-de-France. Je ne sais pas à quoi je m'attendais en arrivant sur place, mais je vous avoue sans peine mon trouble : "Mon GPS m'aurait-il joué des tours ? Le numéro est pourtant le bon..." À quoi m'attendais-je ? une fanfare ? des panneaux électro-luminescents indiquant que l'un des ateliers de tirage les plus mythiques de l'histoire de la photographie était caché derrière le pavillon 21 ? Rien ne laisse supposer que l'on est sur le point de pénétrer dans l'antre d'une légende... et pourtant.

Jean-François Fresson dans son atelier de tirage à Savigny-sur-Orge, janvier 2017

Jean-François nous accueille avec le sourire et, d'emblée, je lui demande qu'il me parle de son ventre, de ses tripes. J'aborde à dessein la question de sa passion sous cet angle, car c'est comme ça que j'avais commencé mon entretien avec Bernard Plossu. Jean-François me toise et me dit que « la passion est venue après coup, lorsque la mécanique s'est installée à force de savoir-faire », mais qu'il a fallu beaucoup travailler.

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David Lefevre

Photographe et vidéaste professionnel, spécialiste des reportages, des conseils photo et surtout adore regarder la terre vue du ciel avec ses drones. Ses publications 

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