Difficile aujourd’hui pour les amateurs de photos de passer à côté d’Instagram. Née en 2010, l’application a dépassé les 800 millions d’utilisateurs en 2018, ce qui en fait le troisième réseau social mondial derrière Facebook et YouTube, mais bien devant Twitter.

Avec ses filtres et ses modes de partage, l’application a pulvérisé les réseaux de photographes comme Picasa (fermé en 2016) et Flickr. Ceci étant, les statistiques d’Instagram révèlent un réseau que les plus de 20 ans ont du mal à reconnaître et la présence très forte des marques (accentuée depuis le rachat par Facebook en 2012) qui peut provoquer un certain agacement au sein de la communauté des photographes, plus habituée à parler valeur d’ouverture que de hashtag…

Nous avons donc voulu en savoir davantage et avons décidé de vous concocter un dossier complet sur l’univers Instagram. Qui le compose ? Comment la plateforme a-t-elle modifié le monde de la photo ? De quelle manière les marques historiques de la photographie se sont-elles adaptées à ce nouvel acteur incontournable ?

Pour commencer notre tour d’horizon, nous partons à la rencontre de GogoJungle, un amateur de Paris venu à la photo par Instagram et pour le plaisir de partager.

Gogojungle, peux-tu raconter ton histoire avec Instagram ? Comment cela a-t-il commencé pour toi ?

Au départ, j’ai découvert Instagram grâce à ma sœur qui est journaliste gastronomique et qui voyage beaucoup. Je me suis créé un compte pour la suivre dans ses déplacements puis, en juillet 2016, avec mon Samsung S5, j’ai commencé à faire de la macro. C'est ainsi que je me suis mis à poster mes photos, et à mon grand étonnement, ma communauté a grandi.

J’ai commencé à comprendre un peu le fonctionnement des choses et me suis mis à suivre des comptes qui répondaient un peu à la même philosophie, qui partageaient ce type d'images. Je me suis ainsi pris au jeu de commenter pour avoir moi-même des commentaires. Et quand tu as ta première photo qui dépasse les 100 likes , waouh, c’est la fête !

Et puis, en octobre de la même année, je suis parti faire une promenade dans Paris avec ma fille et j'ai prévenu mes followers que j'allais changer un peu de thème. J'ai posté des photos de la tour Eiffel prises au smartphone et cela m'a ramené d’autres personnes assez vite. Des gens m'ont contacté pour dire qu’il y avait une communauté sur Paris organisant des sorties qu’on appelle Instameet. C'est alors que je suis passé à la Fnac m’acheter un petit boîtier d’entrée de gamme, le Samsung NX3000 et mon premier zoom 70-200 mm. J'ai démarré avec ça, en mode tout auto. Je ne connaissais rien aux focales à cette époque et je suis allé à l’Instameet avec uniquement mon zoom : pour le street, c’est pratique !

Je galère donc, mais je rencontre du monde : l'événement est organisé à ce moment-là par le plus gros hub parisien, Top Paris Photo, vraiment connu pour l’organisation de ces Instameets et son aptitude à faire se rencontrer les gens. Quand tu étais repris par Top Paris Photo, tu étais la star, quoi ! Tu avais ta photo qui atteignait 10, 15 000 likes et cela permettait vraiment aux petits comptes de se faire connaître. Au tout début de l'histoire, les hubs sont vraiment quelque chose de très intéressant. Tu rencontres du monde, tu fais des sorties, et c’est ainsi que tu apprends la photo au départ.

Des gens te prennent sous leur aile, qui t’apprennent à sortir du mode auto… Aujourd’hui, n’importe quel smartphone fait de la photo, mais là tu apprends de belles techniques pour faire des photos différentes. Et quand tu essaies ta première pose longue avec un terrain de jeu parisien, on ne peut s'empêcher de penser : “Waouh !” Ça booste, ça te donne envie d’aller plus loin, c’est un excellent moyen de rentrer dans la photo.

Je suis resté sur le mode macro jusqu’en janvier, mais petit à petit j’ai complètement changé de style. Cela dit, des gens me suivent d’un style à l’autre et c'est ainsi que j’ai gardé un certain nombre de followers de ma première période. Je continue avec la macro, mais pour moi uniquement.

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Tristan Joyeux
Tristan Joyeux

Photographe et philosophe de formation, appelez-le « prof ». Passionné par : l’image, la théorie, la théorie de l’image, l’image de la théorie, les droits d’auteurs, la vie des photographes et beaucoup d’autres choses. Ses publications