Capteur-CMOS Exmor 24 Mpx (25,7 Mpx totaux), 24 x 35,9 mm
Monture-baïonnette Sony Alpha, compatible avec les Minolta A
Optique livrée-28-75 mm f/2,8
Stabilisation-SteadyShot par déplacement du capteur
Antipoussière-revêtement antistatique et vibration du capteur
Viseur-pentaprisme, champ couvert 98 %, grossissemet 0,74x, dégagement oculaire 20 mm
Écran-LCD 7,6 cm VGA (920 000 points)
Mise au point-détection de phase TTL, 9 collimateurs (un en double croix) et 10 points d'assistance, fonctionne de 0 à 18 IL pour 100 ISO
Modes autofocus-unique, continu, automatique, mise au point manuelle
Mesures d'exposition-cellule TTL à 40 zones (nid d'abeilles), mesure multizone, pondérée centrale ou spot
Modes d'exposition-Auto, P, A, S et M
Vitesse d'obturation-30 s à 1/8000, pose B, synchro flash au 1/200 (1/250 sans SteasyShot)
Motorisation-3 i/s sur 12 images (Raw+Jpeg)
Sensibilité ISO-200 - 3200 ISO (ext. 100 - 6400)
Mémoire-CF type I ou II, MS Duo/Pro Duo/Pro HD Duo
Alimentation-batterie Li-ion NP-FM500H
Connexion-USB 2, sorties vidéo et HDMI, télécommande, sync X
Dimensions-156 x 117 x 82 mm
Poids-850 g boîtier nu

Caractéristiques

Test Sony Alpha 850Présenté en août 2009, le Sony Alpha 850 était le premier reflex numérique 24x36 mm lancé sous les 2000 €. Il ne s'agissait pourtant pas d'un appareil au rabais, puisqu'il reprenait presque intégralement les spécifications de l'Alpha 900. Seuls éléments allégeant la facture : le viseur limité à 98 % du champ couvert, limitant donc les coûts du micro-ajustement, et la motorisation ramenée à 3 images par seconde.

Nous avions donc choisi à l'époque de ne pas le demander en priorité, le test de l'Alpha 900 donnant suffisamment d'informations sur cet appareil.

À la fin du printemps 2010, Sony a mis une nouvelle claque tarifaire à la concurrence : l'Alpha 850 est désormais positionné aux environs de 1700 €, et 2500 € avec un objectif 18-75 mm f/2,8, alors que l'EOS 5D Mk II et le D700 restent à 2000 €. L'occasion d'emmener un Alpha 850 sur le terrain était donc intéressante, pour constater par nous-mêmes les capacités de ce 24x36 mm "low-cost",

Test terrain jour 1

Nous avons passé une journée sur le terrain avec l'Alpha 850, accompagné de son 28-75 mm f/2,8 (livré en kit), d'un 70-400 mm G SSM et d'un 500 mm catadioptrique. Sujet : le meeting aérien du centenaire de l'aéronautique navale, tenu début juin à la base de l'aéronautique navale d'Hyères (Var).

Nous sommes inscrits à la sortie presse du matin, avec tour de la rade d'Hyères : de nombreux navires étrangers y ont mouillé pour commémorer la naissance de l'aéronautique navale. Une visite du USS Harry S. Truman, porte-avions géant américain, est également au programme.

Ensuite, nous serons pour le meeting lui-même dans la zone "spotters", réservée aux photographes enregistrés et placée en avant des grillages avec une vue large sur la zone d'évolution des appareils. La situation est donc idéale, à un détail près : si le temps est couvert, donnant souvent un fond laiteux et des photos peu contrastées, le sol est brûlant et des volutes d'air chaud déforment tout ce qui s'en approche.

Marque : SONY

Modèle : DSLR-A850

Vitesse : 1/2500 s, ouverture : f/5.6

Sensibilité : 200 ISO

Focale : 75 mm, décalage expo : 0 IL

Télécharger le fichier raw

Promenade à Hyères la veille du meeting. Du coin de l'œil, je vois passer l'unique Nord 2501 Noratlas en état de vol, appartenant à l'association Le Noratlas de Provence. Le 28-75 mm est monté : en zoomant à fond, j'obtiens un plan très large... Mais les 24 Mpx de l'Alpha 850 permettent de recadrer violemment : le "crop" ci-dessus est à 100 % et offre une image raisonnablement détaillée. Vous pouvez télécharger le Jpeg original et comparer le cadrage en cliquant sur l'image.

Dans l'après-midi — pour l'anecdote, nous avons entendu la nouvelle sur la radio de bord alors que j'étais en mer pour une plongée sous-marine —, la nouvelle tombe : une réplique de Focke-Wulf Fw 190, chasseur de la seconde guerre mondiale qui devait voler au meeting, est tombée à l'eau après une panne moteur, survenue pendant une répétition de sa présentation. Le pilote Marc Mathis, aidé à sortir de l'épave par un groupe de jets-skis, est secoué mais indemne. Pour des raisons de sécurité, tous les avions ravitaillés avec le même carburant sont cloués au sol en attendant l'enquête sur les causes de l'accident ; ce sera le cas du Noratlas, dont je n'aurai donc pas de meilleure photo.

Sony Alpha 850 exemple 1
Sortie en mer, temps voilé et 28-75 mm en grand-angle : l'exposition multizone est conservative, évitant de brûler le ciel, mais du coup les sujets peuvent être un peu bouchés. Passer par le Raw est ici très utile pour équilibrer les teintes — ce sera également l'occasion d'éliminer l'aberration chromatique, bien visible sur le bras du caméraman à gauche.

À 100 %, on note également une accentuation du traitement Jpeg, qui crée un halo clair autour des zones sombres — voyez par exemple les avions sur le pont. Le navire est le USS Harry S. Truman, que nous allons visiter dans quelques minutes.

Sony Alpha 850 exemple 2
Prise d'air d'un *Boeing F/A-18 Super Hornet*. L'exposition spot ne couvre qu'une zone très réduite au centre de l'image, permettant d'avoir une soufflante parfaitement exposée malgré la très faible luminosité au fond du tunnel. Bien entendu, l'extérieur plus éclairé est brûlé mais le canal rouge a encore enregistré pas mal d'informations dans le fuselage à droite de la prise d'air : un passage en noir et blanc à partir du canal rouge avec une touche de récupération des hautes lumières permet d'obtenir une photo relativement détaillée dans beaucoup de zones totalement blanches sur le Jpeg par défaut.
Sony Alpha 850 exemple 3
Chargée de surveiller la soixantaine de journalistes présents, le premier-maître *Delphine Revault* pose devant un *Northrop Grumman EA-6B Prowler* en compagnie d'accompagnateurs du *USS Truman*. Profitons-en pour la remercier, ainsi que le lieutenant de vaisseau *Clémence Viel* et le premier-maître *Stéphanie Poiret*, pour l'organisation irréprochable de cette sortie passionnante et des relations presse du meeting, leur disponibilité et leur compétence.

Notez au premier plan l'un des brins d'arrêt permettant de stopper les appareils à l'appontage, maintenus à une dizaine de centimètres au dessus du pont pour faciliter son accrochage dans les crosses des avions. Malgré l'attention constante de l'encadrement américain, ceux-ci furent l'objet de plus d'un trébuchement de photographes trop occupés à regarder leur viseur.

Sony Alpha 850 exemple 4
Retour sur la chaloupe et navigation autour des différents navires de la rade, ici le *Principe de Asturias*. Malgré une mer formée et le 70-400 mm à sa plus longue focale, l'image est parfaitement nette : l'autofocus a bien accroché les tuyères du *McDonnell Douglas AV-8B Harrier II* espagnol, et la stabilisation permet d'avoir une photo nette au 1/500è de seconde — ce n'est pas extraordinaire en soi : on est au-delà du fameux "1/focale", mais cette règle est prévue pour un photographe fixe et non pour une prise à la volée sur une chaloupe au près du vent.

On note une trace d'aberration chromatique sur le bord de fuite et le câble à droite par exemple ; celle-ci restera toutefois invisible sauf sur les plus grands agrandissements.

Sony Alpha 850 exemple 5
Arrivée sur la base de l'aéronautique navale d'Hyères. Malgré un ciel voilé, le succès de la manifestation est impressionnant : toutes les surfaces ouvertes au public sont remplies de badauds, et la zone d'exposition statique est noire de monde. Difficile voire impossible donc de photographier correctement les avions au sol, mais une aubaine pour la photo d'ambiance au grand-angle. L'**Alpha 850** ne disposant pas de Live View, il faut cadrer au jugé, mais on s'y habitue vite.
Sony Alpha 850 exemple 6
Deux appareils emblématiques sont présentés dans les hangars, où les associations participant à l'événement tiennent leurs stands. Ici, un détail de la queue repliée d'un hélicoptère *Sikorsky UH-60 Black Hawk*, bien connu du public notamment depuis le film *La chute du faucon noir* de Ridley Scott, et utilisé en sécurité (on parle de "Pedro") sur les porte-avions américains pour récupérer les personnes tombées à l'eau. Ce démontage partiel, de même que le pliage des pales du rotor principal, permet de gagner quelques précieux mètres lorsque l'appareil est rangé sur un navire.
Sony Alpha 850 exemple 7
Le deuxième appareil emblématique est une réplique du fragile *Canard* de *Henri Fabre*. C'est le décollage de ce tout premier hydravion au monde, sur l'étang de Berre en 1910, qui marque la naissance de l'aéronautique navale.

Ici, l'image est clairement sous-exposée, malgré une mesure multizone et le mode programme. C'est probablement la zone claire des baies en haut du hangar qui l'a induite en erreur, confirmant la tendance conservatrice déjà notée : ici, une correction d'environ +1,5 EV au développement du Raw n'est pas excessive pour récupérer un histogramme à peu près équilibré.

Sony Alpha 850 exemple 8
13 h, début du meeting avec deux appareils de voltige *Mudry Cap 10*. Si l'exposition multizone est encore et toujours calé pour éviter de percer les tons clairs, les détails sont bien présents y compris dans les zones sombres des intrados : seules les roues sont totalement bouchées. À 250 mm, le 70-400 mm G SSM est un peu moins précis qu'à 400 mm, mais le piqué reste très homogène jusque sur la queue du second appareil.
Sony Alpha 850 exemple 9
Le 500 mm catadioptrique, dont la conception remonte à l'ère Minolta, est nettement moins précis sur ce membre du commando Hubert, parachuté depuis un hélicoptère. En taille normale, le vignettage est bien visible et "ferme" les angles de l'image, et à 100 % le piqué est perfectible : il est clair que cet objectif n'a pas été prévu pour de tels capteurs. Reste qu'un tirage 20x30 cm passe sans problème.
Sony Alpha 850 exemple 10
Ne jugeons pas le piqué sur cette image, fortement affectée par les volutes d'air chaud grimpant du sol. Mais elle présente une autre caractéristique du catadioptrique : le "bokeh" (apparence du flou en avant- et arrière-plan) est très particulier, donnant l'impression de la superposition d'une image nette et d'une floue plutôt qu'une transition progressive. C'est dû à l'architecture de ces objectifs à miroir ; le cas extrême est celui d'une source de lumière ponctuelle, qui au lieu de donner une tâche plus ou moins homogène devient un cercle. Et inutile d'espérer diminuer le phénomène en fermant le diaphragme : l'optique en est dépourvue !

En dehors de ces aspects, les objectifs catadioptriques — ou l'objectif catadioptrique, le Sony 500 mm f/8 étant le seul actuellement au catalogue d'une grande marque — disposent d'avantages certains : ils pèsent le poids d'un transstandard (700 g pour celui-ci, contre 2 kg pour le Sigma 150-500 mm, rare exemple d'objectif amateur atteignant cette focale). Le tarif, du fait de la conception très simple de ces objectifs (deux miroirs face-à-face), est également beaucoup plus sympathique que sur les téléobjectifs même modestes : le Sony coûte moins de 800 € à l'heure où nous écrivons. Le Sigma 150-500 mm est à peine plus cher, mais réputé bien moins bon à 500 mm... et pour obtenir la même focale dans les gammes des constructeurs classiques, il faut quasiment rajouter un zéro à la facture !

Sony Alpha 850 exemple 11
Malgré la brise et les remous dus à la chaleur, le *Blériot XI* prévu au programme a bien volé. C'est peut-être l'appareil le plus impressionnant entrevu, tant les déformations constantes de l'aile témoignaient de l'instabilité du vol et des corrections permanentes appliquées par le pilote...
Sony Alpha 850 exemple 12
Appareil emblématique de l'histoire du transport, le *Junkers Ju 52/3m* offre, avec son revêtement en tôles ondulées, des repères originaux pour juger un objectif. À 360 mm et f/9, le 70-400 mm donne de très bons résultats mais n'exploite pas tout à fait le potentiel du capteur.
Sony Alpha 850 exemple 13
Rare exemple de "warbird" (avions de chasse de la Seconde guerre mondiale) ayant échappé à l'interdiction de vol, ce *Vought F4U Corsair* aux couleurs de l'aéronavale française a vu son programme prolongé et est resté en vol près d'un quart d'heure. Noter les deux traînées de condensation en bouts d'ailes, indiquant un facteur de charge élevé : l'appareil est ici en ressource après un passage rapide à basse altitude, et son pilote le secoue encore bien malgré son grand âge...
Sony Alpha 850 exemple 14
...mais parlons-nous de l'âge du pilote ou de l'avion ? Ramon Josa, pilote de ce Corsair, est peut-être l'un des rares à être plus âgé que son appareil : celui-ci, parmi les derniers construits, n'a pas 60 ans, alors que son pilote a vu le jour il y a 74 ans ! Les deux voltigeaient donc encore comme aux premiers jours jusqu'à la récente vente de l'avion (Hyères devait être son dernier meeting aux couleurs français), "tirant des g" et formant des traînées de condensations comme les acrobates plus jeunes d'un demi-siècle.
Sony Alpha 850 exemple 15
La France a utilisé (et même construit sous le nom de *Mistral*) quelques *De Havilland DH.100 Vampire* jusque dans les années 50. Au-delà de son piqué encore une fois perfectible passé le 30x45 cm, le 500 mm a un intérêt pour ce type d'image : sur un ciel bleu uniforme, son vignettage permet de "boucher" les angles et de renforcer la présence du sujet.

Si Sony voulait mettre à jour la conception de cette optique, on peut parier qu'elle trouverait quelques amateurs.

Sony Alpha 850 exemple 16
15 h : la meute des *Dassault-Dornier Alpha-Jet* de la patrouille acrobatique de France (PAF) est alignée en bout de piste et teste les fumigènes. Photo idéale pour montrer pourquoi il faut se méfier des téléobjectifs lorsqu'une forte chaleur monte du sol : l'allongement fait paraître les appareils relativement proches, mais la photo est difficilement utilisable ailleurs que dans une exposition de toiles impressionnistes...
Sony Alpha 850 exemple 17
Plus loin du sol, les effets de la chaleur sont moins sensibles et le 70-400 mm peut mieux s'exprimer. Ici, à 70 mm et f/8, la netteté est très bonne, notamment au centre — voyez l'avion du charognard, juste derrière le leader, par exemple.
Sony Alpha 850 exemple 18
L'autofocus de l'**Alpha 850** peut en revanche toucher à ses limites sur ces sujets rapides à la plus longue focale. Ici, alors que le charognard est au centre de l'image (sur le collimateur actif), c'est le troisième appareil de la ligne horizontale qui est le plus net...
Sony Alpha 850 exemple 19
En revanche, sur un suivi plus latéral, l'autofocus accroche sans problème et l'on voit jusqu'aux rivets du ventre de l'appareil de gauche ! C'est également la preuve que lorsque la mise au point est parfaitement calée, le 70-400 mm peut fournir d'excellentes images à la plus longue focale : les quelques images un peu plus molles obtenues serait-elles dues à la mise au point ? À un léger mouvement du capteur dû à la stabilisation, qui se désactive lors des larges mouvement de rotation comme ici ? À une imprécision ponctuelle dans le placement des lentilles ? Difficile de trancher... Même s'il faut en tout cas admettre qu'il s'agit ici surtout de pinaillage : les "mauvaises" images du 70-400 mm valent bien des bonnes de certains autres objectifs.

Passons au mode rafale, avec un éclatement de face qui justifie une prise au "grand-angle" (environ 85 mm) :

Sony Alpha 850 exemple 20
Sony Alpha 850 exemple 21
Sony Alpha 850 exemple 22
Sony Alpha 850 exemple 23
Avec trois images par seconde, c'est un peu le point faible de l'**Alpha 850**. Si l'on reconstitue aisément les trajectoires croisées des quatre Alpha-Jet, leur mouvement n'est pas détaillé comme il le serait ne serait-ce qu'à 5 images par seconde (cadence atteinte par l'Alpha 900). On peut regretter que la gamme Sony manque d'un appareil adapté aux amateurs sportifs, analogue aux D300s et EOS 7D par exemple.
Sony Alpha 850 exemple 24
Surnommés "patrouille Marboré" par les spotters (photographes passionnés d'avions) présents, cette présentation d'un *Fouga CM 175 Zéphyr* et d'un *Morane-Saulnier MS.760 Paris* a marqué toutes les oreilles présentes : le bruit de quatre petits réacteurs Marboré, strident et bien plus aigu que celui de turbines modernes, est immédiatement reconnaissable. Ces avions emblématiques des années 50, tous deux habillés de "cocardes à hameçons" (les cocardes de la Marine, identiques à celles de l'Armée de l'air mais flanquées d'une ancre), ont fait une présentation particulièrement élégante.

Cette image illustre bien nos remarques du dessus : le 70-400 mm n'est pas parfait à sa plus longue focale et cette photo est moins précise que celle des Alpha-Jet, mais on peut recadrer pour caler les avions sur un point fort et encore obtenir un tirage 30x45 tout à fait correct. On distingue par exemple bien le regard du pilote du Zéphyr, qui surveille l'avion de son leader pour maintenir la formation, et l'extrémité de la crosse d'appontage qui distingue ce modèle du célèbre CM 170 Magister, prédécesseur de l'Alpha-Jet à la PAF.

En somme, c'est un effet pervers du 24 Mpx lorsqu'on regarde à 100 % : la moindre imprécision est immédiatement mise en avant, alors qu'elle passerait inaperçue sous tout autre capteur.

Sony Alpha 850 exemple 25
Le *Dassault Rafale* était présent dans ses deux versions monoplaces : C, équipant l'Armée de l'air, et M, destiné au *Charles-de-Gaulle*. Quelques remarques narquoises sur cet avion "incapable de voler droit et sans post-combustion" ont fusé, mais étaient plutôt un hommage à la démonstration décoiffante donnée : virages à forte incidence, avec changement de cap au milieu pour corser le tout, accélérations foudroyantes... et réchauffage du public : l'allumage de la post-combustion provoque une onde de chaleur sensible même à quelques centaines de mètres !

Ici, l'angle entre l'axe de l'appareil et les traînées des fumigènes témoigne de l'incidence prise par l'avion et la condensation, habituellement limitée aux bouts d'ailes (cf. la légende du Corsair plus haut), se produit ici sur l'ensemble du dos à partir du support des plans canard.

Sony Alpha 850 exemple 26
Un peu à l'opposé du *Rafale*, un des *Harrier II* du *Principe de Asturias* a fait une démonstration de lenteur, avançant au ralenti, façon ballon dirigeable, au dessus de la piste.

La photo n'est pas nette, mais l'objectif n'y est pour rien (et l'on distingue tout de même pas mal de détails, comme les prises d'air secondaires sur la couronne du réacteur, l'aérofrein ouvert sous le ventre ou le large déploiement des volets). En fait, dans ces conditions, les chances d'avoir une photo nette sont proches du néant : non content d'être près du sol, le Harrier II projette sous lui, verticalement, le flux brûlant de son réacteur... C'est extrêmement bruyant, le bilan écologique et économique est désastreux (d'ailleurs, les utilisateurs de Harrier II évitent autant que possible le vol stationnaire, qui ne peut être maintenu plus de quelques minutes sans risquer la panne sèche), mais voir un chasseur flotter ainsi comme un hélicoptère est un spectacle impressionnant.

Sony Alpha 850 exemple 27
La Marine française conclut avec deux démonstrations aussi inhabituelles. La première est une simulation de ravitaillement en vol entre deux *Dassault Super-Étendard Modernisé*, surnommés "SEM". Le premier, la "nounou", est équipé de réservoirs supplémentaires et d'une nacelle de ravitaillement ; le second accroche sa perche de ravitaillement dans le panier, à l'extrémité du tuyau souple. L'opération est un peu plus délicate que sur les C-135F de l'Armée de l'air, qui sont issus d'avions de ligne plus stables, et est normalement réalisée en altitude ; mais même en démonstration à quelques dizaines de mètres du sol, la perche est bien calée dans le panier !

Ici encore, si la précision n'est pas parfaite à 100 %, le piqué reste suffisant pour un tirage 30x45 cm avec les avions plein cadre : globalement, le couple Alpha 850 + 70-400 mm SSM est tout à fait satisfaisant, même s'il n'exploite pas parfaitement les 24 Mpx.

Sony Alpha 850 exemple 28
Deuxième démonstration typiquement "Marine", la récupération d'un naufragé par un "*Pedro*" (surnom des hélicoptères de bord, en l'occurrence un Eurocopter *SA.365F Dauphin 2*). L'hélitreuillage sur une cinquantaine de mètres prend moins de deux minutes, de l'approche du naufragé à sa récupération à bord. Cette image met en évidence les traces d'aberrations chromatiques de l'objectif, notamment sur les supports du rotor anti-couple (dans le fenestron) et sous la queue.
Sony Alpha 850 exemple 29
De passage à la fin du meeting, le plus gros des avions de ligne : l'*Airbus A380* (l'unique *Antonov An-225 Mriya*, beaucoup plus gros, est exclusivement un avion-cargo, de même que les *Antonov An-124 Ruslan* de taille comparable, mais qui portent une charge un peu plus lourde). Il fait deux passages lents au dessus de la piste, dans un "silence" remarquable : son feulement n'est pas plus audible que le bruit d'appareils beaucoup plus petits.

À une focale intermédiaire (210 mm), le 70-400 mm donne une image un peu molle, mais dont les détails sont bien présents : les jointures des tôles du fuselage sont bien visibles, de même que les logos des compagnies ayant acheté des A380.

Le ventre blanc cassé de l'appareil met également en avant, mieux que les avions militaires aux teintes souvent sombres, les limites du traitement d'image intégré à l'Alpha 850 : le Jpeg n'est pas uniforme, souffrant de variations chromatiques peu gênantes (et totalement invisibles sur un tirage A3+), mais détectables à 100 %.

Sony Alpha 850 exemple 30
Et comme il n'y a pas que les avions dans la vie, le coucher de soleil pris au retour, sur une petite route au nord du Var. Le sol encore un peu chaud cause quelques volutes de fumées. L'exposition par défaut donne un bon résultat : le ciel n'est pas percé, le premier plan n'est pas bouché.

Contrat Creative Commons test Sony Alpha 850 by Franck Mée est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported.

Basé(e) sur une oeuvre à https://www.focus-numerique.com

Verdict

Un an après sa sortie, l'Alpha 850 reste le plus défini des reflex amateurs avec ses 24 mégapixels. C'est signe que Sony avait frappé fort sur ce point, mais le record devrait changer de mains — les APS atteignant 18 Mpx, on peut penser que les Full Frame seront à 30 Mpx avant longtemps.

C'est également le moins cher des reflex 24x36. Récemment repositionné — ce qui a motivé le présent essai —, il a largement passé la barre des 2000 € : un reflex Full Frame à un tel tarif, c'était inimaginable il y a encore un an ! Certes, Sony n'a pas le choix : pour s'imposer sur ce marché, il lui faut une politique très agressive. Surtout que si les ventes de 24x36 ont explosé, c'est dû à l'arrivée de la vidéo sur l'EOS 5D Mk II, tandis que les Sony ne disposent même pas de visée sur écran !

Pourtant, l'Alpha 850 est un reflex sérieux. La prise en mains est excellente, l'ergonomie d'un bon niveau malgré quelques touches difficiles d'accès (balance des blancs et sensibilité). On apprécie particulièrement le joystick au bout du pouce, idéalement situé. Et si la construction n'est pas au niveau de celle d'un D700 (pas de joints anti-ruissellement par exemple), elle inspire réellement confiance.

À l'usage, l'appareil s'avère convaincant, équilibré avec le 28-75 mm f/2,8, un peu lourd bien sûr mais cela n'a rien d'anormal sur ce segment. L'autofocus fonctionne bien tant qu'on ne photographie pas un objet venant vers soi à 600 km/h, mais finalement sa couverture est un peu juste et les collimateurs latéraux paraissent vite moins accrocheurs que le central : on préfèrera rester sur celui-ci, se disant qu'après tout la débauche de pixels permet de recadrer.

Un piège ? Non. On peut réellement retailler une image pour extraire de petits détails, et supprimer 50 % du cadre original permet encore de tirer des A3+ irréprochables ! Reste à avoir des optiques qui suivent, et à ce niveau on découvre vite le principal problème de l'Alpha 850 : il ne pardonne rien à ses objectifs. Des défauts invisibles en argentique sautent aux yeux dès que l'on zoome, et il faut parfois faire un effort pour se dire que non, l'énorme trait vert que l'on a sous les yeux n'est pas une ignoble aberration chromatique, mais une imperfection qui ne deviendra visible qu'en tirant un poster, puis en collant le nez dessus.

À ce jeu, le 28-75 mm s'en tire particulièrement bien, avec des AC un peu visibles parfois mais faciles à éliminer en partant des Raw : son piqué est excellent sur l'ensemble du champ à toutes les focales.

Le 70-400 mm délivre une copie un peu moins impressionnante, notamment en position télé ; aussi, le premier coup d'œil sur les images peut pousser à la critique. C'est encore une fois après avoir retaillé la moitié d'une image et tiré un A3 qu'on se rend compte que cet objectif justifie ses 1500 € et vaut en fait des optiques considérées comme excellentes il y a peu.

Le 500 mm, lui, prend une claque : ce bon catadioptrique, très apprécié aux temps argentiques pour sa légèreté, sa compacité et sa bonne qualité, n'est plus à la hauteur d'un tel capteur. Bien entendu, à taille de tirage égal, ce qui était bon à sa conception le reste : mais à quoi bon 24 Mpx si c'est pour tirer des 30x45 cm ? L'intérêt d'une telle définition est dans le recadrage et le tirage en très grande taille, et dans ces conditions les limites de cet objectif deviennent évidentes. On peut parier que si Sony avait un appareil à définition réduite, plus équivalent au D700, cette optique y serait bien plus adaptée.

Côté traitement d'image, l'Alpha 850 n'est pas la star du moment. Là encore, la définition élevée doit être prise en compte : le bruit, bien visible à 100 % dès 400 ISO, se retrouve affiné jusqu'à l'invisibilité dans bien des cas ; mais à 1600 ISO, il est évident sur un A3+ et 3200 ISO est vraiment à la limite du raisonnable quelle que soit l'utilisation envisagée. Ces performances sont désormais dépassées par celles de bons reflex APS...

L'Alpha 850 est peut-être l'appareil que nous avons vu qui gagne le plus à passer par le Raw : le développement par Bibble, avec le réglage de base du plug-in NoiseNinja intégré, donne des images à la fois plus précises et moins bruitées que les Jpeg de l'appareil. Le traitement d'image n'est pas meilleur que sur l'Alpha 900, qui n'était pas la référence à sa sortie... En revanche, avec des Raw d'environ 36 Mo, l'Alpha 850 exigera des cartes au top et des gros disques durs : une fonction pour réduire la définition des fichiers bruts aurait été bienvenue.

Globalement, l'Alpha 850 laisse donc un bilan mitigé. C'est un excellent boîtier, un ticket d'entrée enviable dans le monde du Full Frame, avec une qualité d'image au top en basse sensibilité, et facilement jusqu'à 1600 ISO en Raw. Mais en dehors d'un 28-75 mm au rapport qualité-prix surprenant, il exigera systématiquement des optiques fort coûteuses pour être exploité correctement, ce qui relativise son propre tarif light.

+
  • Excellente qualité d'image jusqu'à 400 ISO (1600 ISO en Raw)
  • Stabilisation mécanique (fonctionne avec toutes les optiques)
  • Viseur large et lumineux
  • Construction et finition du boîtier
  • Clarté de l'interface, menus réussis
  • Bonne autonomie et excellente poignée optionnelle
  • Qualité des Jpeg passés 400 ISO
  • Obligation d'utiliser des objectifs pros
  • Pas de visée directe, ni de vidéo
  • Couverture du module autofocus
  • Limitation à 3 images par seconde
  • Pas de flash intégré et griffe Minolta (non standard)
  • Encombrement et poids
Les prix
Sony Alpha 850
Il n'y a actuellement aucune offre.
Contenus sponsorisés