CapteurCCD Sony 10,2 mégapixels, taille : 23,6 x 15,8 mm
StabilisationMécanique
AntipoussièreOui, traitement antistatique et vibration
ViseurPentamiroir, couverture à 95%, grossissement 0,83x
FlashIntégré NG 12 à 100 ISO
ConnexionUSB 2, vidéo, télécommande
AlimentationBatterie Infolithium Sony NP-FM55H
PoidsAvec carte et batterie et 18-70mm : 980 g
DimensionsAvec 18-70 mm : 13,5 x 9,3 x 13,8 cm

Caractéristiques

Sony DSLR-A100 Alpha 100 Le sérail des constructeurs d’appareils photo reflex est un milieu par définition assez hermétique. Il est en effet relativement difficile d’imposer une nouvelle monture pour objectifs alors que la concurrence est déjà bien établie depuis plusieurs décennies et dispose parfois d’un parc d’objectifs dépassant les millions d’unités. Les grands de l’électronique grand public, soucieux de développer une véritable image de marque dans le monde de la photo, ont donc conclu certaines alliances avec des membres du cercle afin de faciliter leur intronisation. Des rapprochements, il y a encore peu improbables, se sont donc réalisés entre Panax et Samsung, Olympus et Panasonic et enfin entre Konica-Minolta et Sony. Pour les 4 premiers, le fruit de la nouvelle union n’a pas tardé à apparaître avec la série GX-1S et GX-1L chez Samsung et le Lumix L1 chez Panasonic.
Pour Sony, les opérations se sont plus ou moins compliquées avec la cessation d’activité de Konica-Minolta et l’intégration des équipes au sein de Sony. Devenu le dernier porte étendard des montures Minolta, Sony devait frapper fort pour s’imposer dès la présentation de son premier reflex. Un peu à la manière de Canon avec son EOS 300D, Sony a voulu chahuter un peu l’ordre établi en présentant avec quelques mois d’avance sur les concurrents, la prochaine génération de reflex. Que les minoltistes se rassurent, le nouvel Alpha 100 de Sony a tous les atouts pour modifier en profondeur la hiérarchie actuelle. À 900 euros (prix officiel avec un objectif 18-70 mm f/3,5-5,6), l’Alpha 100 n’est pas une simple adaptation d’un Konica-Minolta Dynax 5D, mais bien un tout nouveau boîtier doté des derniers raffinements en matière d’électronique, en provenance à la fois des recherches de Konica-Minolta et de Sony. Avec son capteur à 10 millions de pixels, la stabilisation mécanique doublée d’un système antipoussière, Sony impose un nouveau standard et oblige les autres constructeurs à réagir prestement. Il n’a fallu attendre que quelques semaines pour que Nikon, Canon, Olympus et Pentax dévoilent leur nouveau reflex avec respectivement le D80, le 400D, le E-400 et le très séduisant K10D. Nous reviendrons très prochainement sur ces produits.

Premier reflex décamégapixels, le Sony Alpha 100 se démarque également par son système de stabilisation mécanique (par déplacement du capteur CCD). L’agitation du CCD permet également d’éliminer une partie des poussières sèches. Pour le stockage, l’Alpha 100 utilise soit le format Compact Flash soit, via un adaptateur, le format Memory Stick. Si vos moyens financiers vous l’autorisent, précipitez-vous sur la Memory Stock Pro Extreme III de SanDisk qui est la carte la plus rapidement actuellement. Sinon rabattez-vous sur une bonne carte Compact Flash.

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Prise en main

Sony alpha 100 La prise en main de l’Alpha 100 est de prime abord assez paradoxale. D’un aspect très «plastique» peu valorisant, le boîtier peut décevoir au premier abord. Une fois la main sur la poignée, le grip bien adhérent rassure : l’appareil tient bien en main et le relief sur la poignée permet une bonne appréhension. Pourtant, la coque plastique détonne un peu comparée à la belle finition de l’appareil. Au passage, vous remarquerez la présence de deux «types » de plastique, l’un noir, l’autre bleu très profond sur le châssis de la monture et entourant le déclencheur et la molette de sélection. Les barillets crantés en métal chromé sont superbes et sont très agréables à manipuler. Les autres boutons sont bien implantés et ne présentent pas de jeu lors de leur utilisation. Sous l’aspect un peu « léger » de la coque, se cache un bel appareil qui semble assez robuste. D’ailleurs, l’Alpha 100 est assez lourd et accuse un tout petit peu moins d’un kilogramme sans objectif (avec batterie et carte). En effet, le squelette de l’appareil est en métal moulé. Une ossature qui devrait rassurer les photographes un peu baroudeurs.

Sony alpha 100La mise sous tension s’effectue à gauche de l’appareil par un bouton poussoir situé sur le haut du boîtier. Un peu déroutante, cette position est finalement assez pratique, même si elle oblige l’allumage de l’Alpha avant de porter l’appareil à l’oeil. Il sera en effet peu aisé de commuter le bouton une fois l’appareil proche du visage surtout si vous visez de l’oeil droit. Le système de mise sous tension présent sur la bague entourant le déclencheur comme sur les appareils Nikon ou Pentax par exemple, peut sembler sur ce point un peu plus naturel et plus commode. Le boîtier Sony est prompt au réveil, et il faut moins d’une demi-seconde afin de pouvoir déclencher. Sur ce point, ce n’est pas l’appareil le plus rapide, mais ces performances sont largement suffisantes dans la plupart des cas. À noter que le réveil de l’appareil (lorsque l’appareil est en mode veille) est également très rapide.


A. Molette Droite

B. Molette Gauche

C. Eye Start

D. Super Steady Shot

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Interface

Dans la pratique, celle-ci suffit amplement dans la plupart des cas, peu de photographes utilisant le mode M. Dans ce dernier cas, il faudra appuyer sur le bouton +/- pour passer du réglage de la vitesse à l’ouverture. Certes, c'est un peu contraignant mais tout à fait utilisable. Toutefois, il est dommage que Sony n’ait pas équipé son premier reflex d’une seconde molette positionnée à l’arrière de la poignée. Cette option aurait permis une meilleure utilisation du mode M et aurait donné l’alternative du choix de la molette pour ses réglages. La molette arrière semble a priori un meilleur choix, elle permet de laisser un doigt sur le déclencheur tout en modifiant les paramètres de prise de vue. Le testeur de profondeur de champs n’a pas été oublié même s’il est relativement petit et situé un peu bas. Il faudra jouer de l’annulaire ou de l’auriculaire pour activer le bouton. Juste sous le viseur, deux cellules baptisées Eye-Start réagissent à l’approche du visage du photographe. Deux actions sont alors menées conjointement. La première éteint l’écran ACL pour ne pas troubler la visée, la seconde est une mise au point automatique qui permet de gagner un peu de temps.

L’essentiel des commandes de l’appareil est regroupé sur deux molettes crantées sur le dessus de l’appareil. Une centralisation plutôt bien vue. La molette de droite reprend classiquement les différents modes d’exposition P,S,A,M complétés par un mode auto et 6 modes scène. L’autre roue permet de régler rapidement les autres paramètres de la prise de vue : mesure de la lumière, flash, mise au point, sensibilité, balance des blancs, Dynamic Range et DEC (pour le rendu image). Une simple pression sur le bouton central affiche les informations qui sont modifiables soit via le bouton en croix à l’arrière de l’appareil soit par la molette de réglage située à l’avant de la poignée. Ce système est très pratique, rapide et très bien réalisé. L’Alpha 100 est doté d’une unique molette de réglage située à l’avant de la poignée, devant le déclencheur. Assez petite, elle aurait mérité un peu plus de largeur pour une utilisation plus confortable.

Dans la pratique, ce système n’est pas vraiment désagréable, mais pas vraiment utile non plus, car vous aurez sans doute à refaire le point sur un « vrai » sujet une fois l’œil collé au viseur. Conséquence inattendue du Eye-Start, l’autonomie de la batterie doit être revue à la baisse. En effet, lorsque l’Alpha 100 est porté en bandoulière contre le torse, les deux capteurs ont malheureusement tendance à faire le point continuellement. Désagréable plus que gênante, cette option est bien débrayable dans les menus. Deux boutons placés à l’arrière de la poignée permettent de corriger et mémoriser l’exposition. Notez que la mémorisation de l’exposition est couplée à la synchro lente du flash. Ce dernier ne se déploie pas automatiquement et vous devrez le soulever manuellement. Enfin, vous retrouverez également le bouton poussoir permettant d’activer l’Anti-Shake rebaptisé par Sony en Super SteadyShot.

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Menus

Sony alpha 100Quatre boutons se répartissent le long de l’écran LCD et permettent d’accéder rapidement aux réglages courants comme l’accès aux menus, la désactivation de l’écran LCD, l’annulation d’une prise de vue et la visualisation des images. L’Alpha ne dispose pas d’écran LCD sur le dessus de l’appareil, tout l’espace étant occupé par les deux molettes de réglages. Il faudra donc se « contenter » du bel écran arrière de 6,35 cm de diagonale pour paramétrer l’appareil. Celui-ci est très lumineux et bien lisible même par beau temps tout en offrant un champs de vision extrêmement large. Tous les principaux paramètres de la prise de vue sont donc affichés en permanence à l’arrière : nombre de vues, sensibilité, format image, correcteur d’exposition, mode couleur, balance des blancs, mode autofocus, mesure de la lumière…il ne manque pas grand-chose. Même la nouvelle fonction Dynamic Range (décrite un peu plus loin) est affichée.

Il repositionne automatiquement les photos dans le bon sens

Contrairement à Canon sur l’EOS 400D, l’affichage des paramètres est en blanc sur noir. Si cela ne gêne pas trop la lisibilité, ce procédé a le petit avantage d’être moins lumineux que son concurrent qui affiche en noir sur blanc. Un petit détail qu’apprécieront toutefois les photographes de spectacle qui perturberont moins l’ambiance générale. Tout comme sur les précédents Dynax 5D et 7D, l’Alpha 100 propose une rotation automatique de l’affichage écran en fonction de l’orientation du boîtier. Un vrai plus qui évite bon nombre de contorsions. Le principe n’est malheureusement pas suffisamment abouti et les menus ne profitent pas de cette option. Dommage, car une fois vissé sur un pied, les informations sont affichées à 90° comme sur tous les autres appareils. Sur la question des rotations automatiques, l’Alpha 100 inscrit dans les données Exif l’orientation de l’appareil. Ainsi, si votre logiciel est compatible, les images seront automatiquement positionnées dans le bon sens. Avec 230 000 pixels, l’affichage de l’écran est bien détaillé et les deux touches de zooming permettent de contrôler facilement la netteté d’une image. Petit plus appréciable, la molette de réglage permet de faire défiler rapidement toutes les images en conservant le niveau de zoom, idéal pour vérifier la mise au point sur une série de shoot. À noter également l’extrême rapidité de visualisation des images qui permet de naviguer avec aisance dans un grand nombre de photos. Pour autant, cet écran n’est pas exempt de critique et s’il permet de vérifier la mise au point, il est impossible de surveiller la colorimétrie tant le rendu est forcé. Les couleurs sont très saturées surtout dans les teintes chaudes. De fait, il est difficile de paramétrer les valeurs de la balance des blancs (les réglages sont pourtant nombreux et fins) et d’en vérifier le résultat sur l’écran. Autre point à revoir, l’affichage de l’histogramme qui se limite à l’exposition, alors que les valeurs sur les trois couches auraient été un plus non négligeable pour connaître les limites de récupération d’une photographie.

Sony alpha 100Les menus de l’Alpha 100 directement accessibles depuis le bouton ad hoc sont hérités des Dynax. Sans être incompréhensibles, ils ne sont pas vraiment intuitifs et nécessitent un peu d’entraînement. Le formatage d’une carte, fonction assez utilisée, nécessite le passage par 3 onglets. Ce point n’est toutefois pas vraiment primordial, les principaux réglages s’effectuant par les molettes chromées aux menus beaucoup plus clairs.


A. Menu repositionné

B. Menu non repositionné

C. Batterie

D. Emplacement

Compact Flash

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Alimentation, stockage

Sony alpha 100 Stockage
Sur ce point, l’Alpha est sans doute encore un modèle de transition. Par défaut, le boîtier accepte les cartes Compact Flash de type I et II (Microdrive). Comme chacun le sait, Sony est assez tenace sur ses formats propriétaires (le MiniDisk est un bon exemple) et bien sûr, il est possible d’utiliser les cartes au format Memory Stick Duo et Duo par l’intermédiaire d’un adaptateur. Gageons, sans grand risque, que le prochain reflex Sony utilisera indifféremment les Compact Flash et les Memory Stick sur deux emplacements bien distincts. Il y a peu de chance de voir apparaître un slot SD sur les appareils de la marque. Dommage, car ce dernier format a, semble-t-il, plus d’avenir que le vieillissant (et honorable) format CF. Les spécificités SD viennent d’évoluer récemment et les nouvelles SDHC (High Capacity) atteindront prochainement 32 Go de capacité avec des taux de transfert toujours plus rapides. La Compact Flash est certes plus imposante (et donc plus facilement manipulable), mais les picots de connexion restent un des points de fragilité. Quant aux Memory Stick, elles ne rivalisent toujours pas en terme de taux de transfert.

Alimentation
Important fabricant de batteries, Sony ne pouvait que proposer ses accumulateurs Infolithium (7,2 V, 11,5 Wh) dans son premier reflex. Exit donc les batteries Konica-Minolta (qui ne seront pas compatibles avec ce nouveau boîtier). Pourtant, le remplacement de batterie semble avoir été un peu rapide et l’Alpha 100 ne dispose pas de la spécificité de ses batteries, à savoir l’affichage à la minute près de l’autonomie restante. Une autonomie relativement confortable, l’Alpha 100 autorisant entre 500 et 600 déclenchements avec une utilisation plus que modérée du flash et un Eye-Start en fonctionnement. Si vous n’avez pas la gâchette trop sensible, cela vous permettra de partir sereinement en week-end photo. Les autres seront sans doute tentés de glisser une seconde batterie dans leur sac, car malheureusement, il n’existe pas pour l’instant de grip d’alimentation pour l’Alpha 100. Un oubli fâcheux pour ceux qui veulent partir en reportage photo, le grip assure une bonne alternative aux batteries (il est souvent possible d’alimenter l’appareil via de simples piles AA) et un bon confort de prise en main

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Antipoussière, stabilisation

Stabilisation

Le système de stabilisation mécanique (Anti-Shake largement éprouvé sur les appareils Minolta puis Konica-Minolta) a été encore amélioré (la technologie s’appelle désormais Super SteadyShot) sur l’Alpha. Sony annonce désormais un gain de 3,5 vitesses. On devrait pouvoir photographier avec un temps de pose plus long, par exemple passer du 1/60 s au 1/8 s (3 vitesses). Des données difficilement vérifiables, la stabilisation mécanique dépendant de nombreux paramètres comme le photographe (!) ou l’objectif utilisé. Il faut toutefois avouer que le système fonctionne correctement et permet des prises de vues auparavant impossibles. Avec le 18-70 mm, il est encore raisonnable de déclencher au 1/10e de seconde. Rappelons que le système, désormais de Sony, déplace le capteur à l’aide de microscopiques « moteurs » piezoélectriques en fonction des tremblements du photographe. Ce système ne « corrige » que les mouvements du photographe et ne fige absolument pas les sujets en mouvement. Contrairement aux stabilisations optiques disponibles sur les optiques Canon ou Nikon, le stabilisateur mécanique de Sony, assure une correction pour toutes les optiques vissées sur le boîtier. Un plus non négligable pour les images, mais également pour la carte bleue.

Système antipoussière

Autre bonne nouvelle, l’Alpha 100 dispose d’un système antipoussière. Sous couvert de cette dénomination, Sony met en œuvre plusieurs techniques sensées limiter le désagrément des poussières. La première consiste à appliquer un revêtement antistatique (Indium Tin Oxyde) sur le filtre passe-bas afin de limiter le dépôt des particules. La seconde consiste à détourner la fonction de stabilisation pour « agiter » le capteur à haute fréquence afin de décoller les poussières rebelles. Si l’idée est séduisante, le système n’est pas tout à fait abouti. En sachant que la fonction est automatique à l’extinction de l’appareil et qu’il n’existe aucun système pour capter les particules après dépoussiérage, il est fort probable que celles-ci finissent par se « redéposer » sur le capteur. Enfin, il est probable que ce système ne donne aucun résultat sur les particules grasses. Les grands nettoyages de printemps à l’aide de bâtonnets humides ont semble-t-il encore de beaux jours devant eux. Ne boudons pas notre plaisir, de tels systèmes apportent un réel confort au jour le jour.

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Flash

Sony alpha 100Habituellement, la taille du buffer (mémoire interne de l’appareil) limite le mode rafale d’un reflex à quelques vues (moins d’une dizaine). Avec l’Alpha, Sony franchit une nouvelle barrière avec une rafale limitée uniquement par la taille de la carte mémoire. En théorie donc, vous obtenez 3 images/s sur un nombre d’images limité par la capacité de votre carte. Nos tests sont légèrement moins enthousiastes que la documentation de Sony. Nos chronos montrent une cadence plus proche du 2,5 images par seconde et un buffer qui s’essouffle au bout de 20 vues avec une carte classique moyennement rapide. Avec une carte professionnelle, la rafale illimitée devient une réalité. Si cette fonctionnalité est intéressante, je pense qu’une rafale limitée mais plus rapide serait un argument plus convaincant. Cela aurait ouvert l’Alpha 100 à la photographie sportive et il faut bien avouer qu’il est assez rare de maintenir le déclencheur appuyé plus de 10 vues. En mode Raw, la cadence ne diminue pas, mais la rafale se limite à 6 vues et à 3 vues en mode Raw+JPeg.

![Sony alpha 100](/articles/1/BDP 1 Sony Alpha 100.jpg)

Nous l’avons déjà évoqué précédemment, le flash intégré (nombre guide 12 pour ISO 100) n’est pas automatique et nécessite un déploiement manuel pour être utilisé. Celui-ci dispose d’un correcteur d’intensité (-2/+2 IL par incrément de 0,3 IL). Il bénéficie de la mesure multizone (sur 40 segments) et adopte la fonction ADI qui prend en compte les paramètres de la prise de vue (exposition, mise au point…) pour corriger l’intensité lumineuse du flash. Un mode WL pour WireLess permet au flash intégré de piloter des flash externes (flash HVL-F56AM, F36AM) de manière transparente. À noter qu’un éclairage pilote (qui illumine la scène pendant plusieurs secondes) permet au photographe d’apprécier la scène et de modifier l’orientation des sources lumineuses en cas de besoin. Sur le terrain, le flash donne d’excellents résultats avec une lumière agréablement répartie.

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Visée, autofocus

Sony alpha 100Un œil dans le viseur permet de positionner facilement le reflex : grand public. Avec un grossissement de 0,83x, la visée est malheureusement un peu étroite et à peu près équivalente à celle du Canon EOS 350D (et 400D…) ou du Nikon D70. Les nouveaux concurrents que sont les Nikon D80 et Pentax K10D avec un grossissement de 0,95x seront nettement plus séduisants. Le pentaprisme du Dynax 7D a été délaissé au profit d’un pentamiroir plus léger et moins encombrant, mais également moins lumineux. Pourtant, la visée de l’Alpha 100 est relativement claire et précise. Deux qualités imputables à l’excellent verre de visée Spherical Acute Matte qui utilise un fin réseau de microlentilles de 20 micromètre de diamètre. L’écran arrière présentant un grand nombre d’informations sur la prise de vue, l’affichage du viseur est finalement un peu pauvre. Toutefois, en plus des traditionnelles données sur la vitesse, l’ouverture et la compensation d’exposition, vous trouverez un indicateur d’activité de la stabilisation mécanique. Outre le côté sympathique de la chose (oui, c’est sympathique), cette information est également pédagogique et permet de trouver la position la plus stable (celle ou l’activité de la compensation de mouvement est la plus faible) avant de déclencher. Par contre, ne comptez pas sur le viseur pour vous indiquer la sensibilité ISO utilisée ou le nombre de vues restantes. On pourra également reprocher l’absence d’affichage de quadrillage dans la visée (comme sur les Nikon par exemple) en plus des traditionnels collimateurs autofocus.

Système Autofocus
Peu de changement concernant le système autofocus, vous retrouverez les 9 collimateurs déjà présents dans le Dynax 5D. Petite spécificité à Konica-Minolta (et donc Sony maintenant), les quatre collimateurs d’angle inclinés à 45° permettent de détecter plus facilement un sujet sur les bords de la visée. Les quatre autres collimateurs sont horizontaux sauf le 9e collimateur central en croix pour une réactivité accrue aussi bien pour des cadrages horizontaux que verticaux. Le système AF est assez discriminant et permet de faire le point même en conditions lumineuses délicates. Contrairement à Canon ou Nikon, l’Alpha 100 ne dispose pas de lampe d’assistance pour éclairer le sujet afin de faire rapidement le point dans la pénombre. À défaut, ce sont les éclairs du flash qui sont utilisés pour illuminer la scène pendant un bref instant laissant le système AF faire le point. Si le flash est moins discret (les éclairs sont plus violents), il est également moins commode, puisque celui-ci ne s’ouvre pas automatiquement, il faudra penser à le déployer pour réaliser la mise au point.


A. Les Objectifs

B. SAL DT 18-70 mm

f/3,5-5,6

C. SAL 16-80 mm f/3,5

Carl Zeiss

D. SAL 85 mm f/1,4

Les objectifs
En rachetant les activités reflex de Konica-Minolta, Sony assure désormais seul la pérennité de la monture Minolta AF et dispose immédiatement de la gamme actuelle de l’ancien opticien rebaptisée pour l’occasion SAL pour Sony Alpha Lense. L’Alpha 100 est livré en kit avec un SAL DT 18-70 mm f/3,5-5,6 qui correspond à une plage focale d’un 27-105 un peu plus intéressant que le classique 18-55 mm de Canon par exemple. Cet objectif se rapproche plus du Nikkor AF-S 18-70 mm f/3,5-4,5 à la différence près que l’objectif Sony ne possède pas de motorisation ultrasonic (le Nikkor 18-70 est Silent Wave Motor). Ce point est d’ailleurs l’un des points faibles de la gamme qui ne possède pas pour l’instant de motorisation interne (donc plus rapide que la motorisation du boîtier). Pour l’instant, car Minolta dispose déjà de cette technologie présente sur des objectifs pros (300 mm f/2,8 APO SSM pour Super Sonic Motorisation) et il est raisonnable d’imaginer une gamme complète d’objectifs adaptés au numérique (format APS) et dotés d’une motorisation interne. En effet, la motorisation actuelle est un peu plus lente que ses concurrents et surtout beaucoup plus bruyante. À noter que Pentax devrait également présenter ses premiers objectifs dotés d’une motorisation interne.

Si Sony hérite de l’ancienne gamme argentique (et numérique) de Konica-Minolta, il apporte également sa contribution à l’élargissement de l’offre avec de nouvelles références signées Carl Zeiss. Les revendeurs pourront bien présenter un SAL 16-80 mm f/3,5 Carl Zeiss (24-120 mm eq. 24x36) et quelques optiques d’exception comme un SAL 85 mm f/1,4 ou un 135 mm f/1,8 (1400 euros). Quoi qu’il en soit, l’Alpha 100 arrive avec une gamme assez complète d’objectifs (neufs ou d’occasion) allant du fish-eye au zoom transstandard 18-200 mm stabilisé par l’appareil. Comme nous le verrons dans la section Qualité des images, le 18-70 mm n’est pas un mauvais zoom : l’aberration chromatique est bien contenue, tout comme la distorsion et le vignettage. Seule la précision souffre un peu, il faut dire qu’un capteur 10 millions de pixels exige des optiques assez performantes.

Balance des blancs
Le réglage de la balance des blancs est l’un des plus complet disponible sur des reflex de cette gamme. En effet, vous disposez des désormais classiques balances pré-réglées (auto, soleil, nuageux, ombre, tungstène, fluo et flash) avec la possibilité de réchauffer ou refroidir les teintes. Il est également possible de déterminer la température des couleurs en degré Kelvin (pas de réglage assez fin) et définir manuellement la balance des blancs à l’aide d’une surface neutre. Complet et plutôt efficace.

Mesure de la lumière
Le système de mesure de la lumière a nettement évolué par rapport aux anciennes versions des Dynax numériques. Les incontournables modes de mesure spot, pondérée centrale et multizone sont bien sûr au rendez-vous avec pour ce dernier une mise à jour qui permet d’évaluer la lumière non plus sur 14 zones, mais sur 40, toujours en forme de nid d’abeille. Sur le terrain, le mode matriciel (multizone) est assez performant, les images sont bien équilibrées. Toutefois, certains clichés sont légèrement surexposés.

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Gestion du bruit électronique

Après ce discours bien théorique sur les performances de l’Alpha 100, il est temps de passer sur le terrain. Globalement, les photos délivrées par l’Alpha 100 sont de très bonne qualité. Dans les détails, notre avis est parfois un peu plus mitigé. Entrons dans le vif du sujet avec la sensibilité et le bruit numérique. Un thème très apprécié et souvent sujet à polémique. Autant le dire tout de suite, l’Alpha 100 déçoit un peu concernant le bruit aux hautes sensibilités. Le grain est quasiment indiscernable à 100 et 200 ISO. Celui-ci pointe le bout de son nez à 400 ISO et devient vraiment visible à 800 ISO. À 1600 ISO, les grains colorés entachent fortement les images.

Comme vous pouvez le constater, les résultats ne sont malheureusement pas très concluants. Toutefois, le bruit numérique est une notion assez particulière, car sa présence n’est réellement gênante que dans certaines conditions. Le bruit numérique à 800 ISO est visible sur écran et sur un tirage de grande taille, mais il sera plus difficilement perceptible sur un simple tirage 10x15. En fait, le bruit est plus contraignant lors d'un recadrage. Les plus pointilleux peuvent toujours utiliser un logiciel de traitement du bruit (Noise Ninja, Neat Image) pour réduire correctement la présence de pixels aberrants. Si vous travaillez en Raw, la plupart des outils disposent de module spécifique au traitement du bruit numérique et notamment Bibble qui intègre les possibilités de Noise Ninja dans sa dernière version. Ci-dessous, encore quelques exemples à 800 ISO, sensibilité maximum pour ne pas avoir à retoucher ses images. Il est dommage que le pas d’incrémentation de la sensibilité ne soit pas plus fin comme sur le D70 : 200, 250, 320, 400, 500, 640, 800 ISO…

L’une des nouvelles fonctions disponibles sur l’Alpha 100 est le Dynamic Range Optimizer (DRO). Un nom assez trompeur, car il ne s’agit aucunement d’une augmentation de la dynamique du capteur, mais plutôt d’un traitement numérique proche d’un flash électronique qui débouche les ombres un peu à la manière d’un D-lighting de Nikon. L’intérêt de cette fonction est donc un traitement à la volée des images. Un point discutable, puisque vous ne pouvez pas revenir en arrière, contrairement au Nikon qui permet ou non d’appliquer l’effet. Quoi qu’il en soit, les résultats du DRO sont assez parlants.

En mode DRO désactivé, les ombres sont assez denses et les contrastes assez forts. L’activation du mode DRO standard débouche fortement (trop) les ombres et l’image perd de son relief. Le mode DRO évolué est beaucoup plus subtil dans son traitement et l’image conserve à la fois du contraste, tout en augmentant le niveau de détail dans les zones d’ombre. Les résultats sont plus ou moins probants selon les situations, mais en règle générale, le DRO fonctionne correctement. Notez que si vous maîtrisez la retouche sur ordinateur, vous obtiendrez des résultats similaires voire meilleurs en triturant les niveaux et les courbes.

La mesure de la lumière en mode multizone est plutôt performante. Sur cette scène, elle fonctionne à merveille et donne de meilleurs résultats que les mesures spot ou pondérée centrale.

Parfois, le posemètre est pris en défaut. La scène présente ici un fort contraste (le cheval blanc et le cheval brun) et en multizone l’image est légèrement surexposée.

Globalement, le capteur résiste relativement bien aux forts contrastes sans présence trop importante de blooming (saturation du capteur qui se traduit par un liseré coloré).

Le rendu colorimétrique de l’Alpha 100 est assez marqué. Les couleurs sont denses et vives (comme souvent sur les appareils Sony), mais très plaisantes et flatteuses. Les fichiers sont directement exploitables sans retouche colorimétrique.

Point important pour le Sony Alpha, la stabilisation donne pleinement satisfaction et permet de descendre jusqu’au 1/8 s à main levée. La gestion du bruit numérique n’étant également pas le point fort du reflex, la stabilisation permet de ne pas monter en sensibilité trop rapidement et offre ainsi une meilleure qualité photographique. Selon les conditions de prise de vue, la stabilisation ne sauve pas toutes les images (cf. l'image de droite ci-dessous).

Si la précision des clichés est suffisante pour la plupart des travaux, il semble que l’objectif 18-70 mm ne permette pas au tout nouveau capteur 10 mégapixels de s’exprimer pleinement. Sur des photos de paysage, les feuillages, par exemple, manquent un peu de détail. Par contre, les 10 millions de pixels fournissent beaucoup de matière, facilitant au passage les recadrages. L’objectif ne montre pas d’aberration chromatique excessive, même en grand-angle, le vignettage est bien contenu.

L’Alpha 100 dispose d’un mode de rendu noir & blanc assez pratique et performant.

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Exemples de photos

1/100 s, f/5,6, ISO 250

1/125 s, f/5,6, ISO 100

1/320 s, f/10, ISO 100

1/500 s, f/5,6, ISO 100

1/250 s, f/11, ISO 100

1/250 s, f/5,6, ISO 400

1/320 s, f/10, ISO 100

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Verdict

| thead |
| --- |
| Sony alpha 100 |
| Avec L’Alpha 100, Sony pose les premières pierres d’un édifice en pleine construction et les fondations sont solides. Ce premier reflex dispose des derniers raffinements technologiques (stabilisation mécanique, système antipoussière, capteur à 10 millions de pixels, DRO) pour séduire à la fois le néophyte et le photographe averti. Les personnes non équipées en objectifs pourront le préférer à l’EOS 400D de Canon pour sa polyvalence et sa construction plus rassurante. Le Nikon D80 est également en retrait par rapport aux technologies de l’Alpha, mais le reflex Nikon est plus agréable et joue les valeurs sûres comme le viseur large et lumineux, l’autofocus très réactif et une finition exemplaire. Sony doit encore progresser sur le traitement du bruit numérique. Gageons qu’en étant le concepteur des capteurs, les progrès soient rapidement visibles et pourquoi pas dans une prochaine mise à jour du firmware. |

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+
  • Rotation automatique des images
  • Affichage des informations de prise de vue sur l’écran LCD arrière
  • Paramètres de la prise de vue centralisés sur la molette de gauche
  • Système de stabilisation mécanique efficace
  • Système antipoussière
  • Pilotage de flash sans fil
  • Rendu global des images très satisfaisant (ne nécessite pas de post traitement pour une impression directe)
  • Logiciel de derawtisation complet
  • Colorimétrie de l’écran LCD peu fidèle
  • Pas de grip d’alimentation
  • Slot carte CF un peu vieillissant
  • Pas d’affichage de quadrillage de visée
  • Pas de lampe d’assistance AF
  • Une seule molette de réglage sur la poignée
  • Déclenchement assez bruyant
  • Pas de prise synchro flash externe pour le studio
  • Bruit numérique assez présent au-delà de 800 ISO
  • Objectif 18-70 mm f/3,5-5,6 un peu "juste" pour un capteur 10 Mpixels
Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW.

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