Nombreux sont ceux qui ne donnaient pas cher de l'avenir de la série SLT chez Sony. En septembre 2016, Sony a fait taire ces oiseaux de mauvais augure en annonçant l'Alpha 99 II, doté d'un capteur 24x36 à plus de 42 Mpx et d'un double autofocus à corrélation de phase.

CapteurCapteur CMOS Exmor R® / 35,9 x 24 mm / 42,4 Mpx
MontureSony A (compatible avec la monture Minolta AF)
Format image photoRAW (.ARW) et JPEG / 7 952 x 5 304 px
Format image vidéoUHD (3 840 x 2 160 px) en 30/25p à 100 Mbps / 30/25/24p à 60 Mbps. HDTV 1080 en 120/100p à 100/60 Mbps. AVCHD
StabilisationOui. Mécanique par déplacement du capteur sur 5 axes.
AntipoussièreOui, par vibrations ultrasoniques
ViseurElectronique. Dalle Oled de 1,3 cm / 2 359 296 points / grossissement 0,78x / dégagement oculaire de 23 mm / Couverture 100%
Flashnon
Écran7,5 cm / 1 228 800 points / Monté sur charnière
Mise au pointDouble système à corrélation de phase / Capteur dédié : 79 points dont 15 croisés sensibilité jusqu'à -4 IL / capteur principal : 399 points /
Modes autofocusAF-S, AF-C, AF-A, manuel
Mesures d'expositioncellule 1200 zones. Matricielle, pondérée centrale, spot, moyenne
Modes d'expositionPSAM, scènes, auto / correction -5 à +5 IL
Vitesse d'obturation30à 1/8000 s / Synchro flash 1/250 s
Sensibilité ISO100 - 25 600 ISO extension de 50 - 102 400 ISo
Mémoire2x SD/SDHC/SDXC (UHS-I)
AlimentationNP-FM500H / 390 vues normes CIPA
ConnexionUSB 2 / NFC / Wi-Fi (802.11 b/g/n) / Bluetooth / HDMI type D / Micro stéréo / Casque / Télecommande / Synchro flash / Alimentation secteur
Dimensions142,6 mm x 104,2 mm x 76,1 mm
Poids849 g (carte mémoire et batterie)
LogicielsCapture One

Présentation
Prise en main et fonctionnalité

Sony A99 II test review

4 ans après une première incursion dans le monde des "reflex" 24x36 — les A99 / A99 II n'ont pas de visée de type reflex, mais bien une dalle électronique —, Sony revisite donc son modèle haut de gamme avec des spécifications alléchantes. Dans les entrailles de l'A99 II nous retrouverons le capteur 24x36 à plus de 42 Mpx rétroéclairé (BSI) qui équipe déjà l'A7R II. La définition est identique, mais le capteur, lui, est totalement nouveau. Il intègre notamment un module autofocus à corrélation de phase avec pas moins de 399 points. Celui-ci travaille de concert avec un autre module autofocus disposant de son propre capteur, comme sur les reflex "classiques". Le processeur de traitement des données est plutôt du genre musclé et autorise des rafales à 12 ips avec suivi autofocus et le suivi de la mesure de la lumière en pleine définition sur plus de 50 clichés en RAW ou JPEG. Parmi les fonctionnalités intéressantes, nous retrouvons la stabilisation mécanique dont le gain annoncé grimpe à 4,5 IL (d'après Sony).

Prise en main

Le Sony Alpha 99 II est loin de la compacité proposée par les hybrides A7, également à capteur 24x36. Le SLT (Single Lens Translucent) joue plutôt dans la division reflex et s'approche plus d'un gabarit de type Nikon D810 ou Canon 5D Mark IV. Accusant plus de 840 g sur la balance, l'A99 II ne peut pas non plus être qualifié de léger. Mais encombrement ou masse ne sont pas ici les critères primordiaux : d'autres, comme la prise en main, la fiabilité et la robustesse sont d'abord recherchées.

Le châssis est en alliage de magnésium et l'obturateur est donné pour plus de 300 000 cycles. Voilà qui devrait rassurer. Pourtant, le niveau de finition nous semble un cran inférieur aux modèles pros concurrents, dont le Nikon D5 ou le Canon 1D X Mark II. Certes, le fameux form factor n'est pas le même — il n'y a pas de poignée d'alimentation intégrée —, mais globalement, l'impression de solidité non plus. Il manque des joints au niveau de la trappe de la batterie et les caches de différents connecteurs sont trop facilement amovibles. Bref, sur ce point, on se rapproche plus des reflex D810 / 5D IV que des reflex sportifs. D'ailleurs, Sony reste mesuré : il annonce un boîtier résistant à la poussière et à l'humidité, mais n'évoque pas de tropicalisation.

La prise en main, avec le volumineux et lourd 50 mm f/1,4 Zeiss est plutôt satisfaisante, même si nous aurions apprécié une poignée plus creusée pour faciliter la préhension. Ce n'est qu'un détail, car avec plus de 800 g au bout des doigts, il est de toute façon difficile d'utiliser le boîtier d'une seule main.

Les différentes commandes sont larges et faciles d'accès. Sur le dessus de l'appareil, vous trouverez à gauche un barillet pour le choix du mode d'exposition avec les classiques PSAM, le mode auto, le mode panoramique à main levée (toujours pratique), le mode vidéo et 3 réglages personnalisés. L'épaule droite est plus dense, mais les commandes sont facilement accessibles. La mise sous tension s'effectue à l'aide d'une couronne qui aurait pu être un peu plus saillante autour du déclencheur — ce dernier est très sensible et les déclenchements parfois intempestifs. Vous trouverez également un écran LCD monochrome de rappel, toujours pratique en spectacle pour ne pas "éclairer" l'écran arrière souvent trop lumineux.

Sony A99 II test review

Au dos, la plupart des commandes sont regroupées sur la droite du boîtier et sont facilement accessibles d'une seule main. Vous apprécierez le joystick qui permet à la fois de naviguer rapidement dans les menus — eh oui, l'écran n'est toujours pas tactile... — et, surtout, de déplacer les collimateurs autofocus. Malheureusement, ce joystick sert aussi à valider les options choisies et dans ce cadre, il n'est pas suffisamment précis : il arrive souvent de ne pas appuyer au centre du joystick de manière assez précise pour la validation.

L'écran arrière (celui qui n'est pas tactile) est monté sur une charnière et une rotule. Cette configuration un peu déroutante au début a le mérite de ne pas bloquer l'accès aux différents connecteurs, notamment lors de la captation vidéo. De plus, la rotule permet de retourner complètement l'écran, donc de le protéger : un bon point.

Parmi les petits détails intéressants, nous retiendrons également la molette de réglage située à l'avant, à côté de l'objectif. Elle peut être crantée ou non et permet de naviguer rapidement parmi différentes options. Par défaut, c'est le mode de mise au point (AF-S, AF-C...) qui est sélectionné, mais une pression sur le bouton central donne accès à la balance des blancs, la correction d'exposition, la mesure d'exposition ou les modes créatifs.

De manière générale et comme tous les derniers boîtiers de la marque, l'A99 II est un appareil photo hautement personnalisable offrant notamment la possibilité de paramétrer le menu d'accès rapide (Fn).

Autonomie

L'A99 II est livré avec un chargeur de batterie (trop) sommaire n'indiquant pas le niveau de charge de la batterie. Côté autonomie, nous avons peiné à dépasser 450 vues avec un cycle de charge. Nous sommes assez loin des 800-900 vues qu'il est possible de réaliser avec un reflex. Vous devrez rapidement vous équiper d'une seconde batterie (50 € environ) ou d'une poignée d'alimentation (250 €...). Sur ce point, Sony doit encore progresser.

Sony A99 II test review batterie

La visée électronique

C'est sans doute le point le plus délicat de l'A99 II. Avec sa "gueule" de reflex, la plupart des photographes s'attendent à viseur optique. Pourtant, le renflement trop léger sur le dessus du boîtier ne trompe pas : il n'y a pas de visée optique par un prisme en toit. La visée est électronique. Vous retrouverez une dalle Oled de 2 360 000 points. La définition ne change pas par rapport à l'A99 ou l'A77 II.

La technologie est donc assez datée (l'A77 disposait déjà en son temps, en 2011, d'un viseur 2 360 000 points...), mais finalement, l'image apparaît précise, malgré un grossissement qui est désormais de 0,78x, avec une belle modulation des zones sombres et claires. La dynamique n'est pas extraordinaire, mais globalement satisfaisante. Le principal reproche que l'on pourrait faire à la visée électronique reste le manque de fluidité. Même en pleine lumière, il y a toujours un petit temps de décalage sur les mouvements rapides. C'est une fraction de seconde, mais cela reste perturbant. En basse lumière, la visée électronique permet de viser comme en plein jour, ce qui est vraiment appréciable. Ce qui l'est moins, c'est encore les saccades inhérentes au gain appliqué au signal vidéo. L'image devient baveuse et il est difficile de suivre un sujet en déplacement.

Nous attendions une petite révolution au niveau de la visée électronique. Il n'en est rien et il faudra encore patienter et attendre la prochaine génération pour voir apparaître des viseurs électroniques offrant une meilleure qualité.

Côté écran, toujours pas tactile donc, vous retrouverez un modèle de 7,5 cm affichant 1 228 000 points. Là encore, c'est un grand classique ; Sony ne propose pas de réelle innovation sur ce plan.

Sony A99 II test review

Connexion sans fil

Le Sony Alpha 99 II offre à la fois Wi-Fi, NFC et Bluetooth. Établir une connexion Wi-Fi avec un smartphone Android (Panasonic CM1) n'a pas été chose aisée. Impossible d'établir la connexion directement avec le boîtier : il a fallu scanner un QR Code pour opérer l'appairage. Une solution plutôt simple et rapide. Toutefois, il a également fallu désactiver la liaison Bluetooth pour avoir un retour fluide de la visée directe sur l'écran : c'est étonnant, puisqu'il faut une connexion Bluetooth pour que le boîtier puisse recevoir les informations de géomarquage envoyées par le smartphone. Rien n'est vraiment simple, mais après quelques essais frustrants, nous avons pu piloter à distance l'A99 II. L'application est toutefois assez pauvre. Il est impossible de réaliser le point directement sur l'écran du smartphone, ou de changer différentes options comme la mesure de la lumière ou la rafale. Vous pourrez déclencher et récupérer les images.

Sony Play Memories
Sony Play Memories

Fonctionnalités

Stabilisation mécanique 5 axes

Comme tous les hybrides récents chez Sony, l'A99 II profite d'une stabilisation mécanique par déplacement du capteur. Elle est annoncée comme pouvant offrir un gain d'environ 4,5 IL. Lors de nos tests avec le 50 mm f/1,4 Zeiss (qui n'est pas la meilleure optique pour ce test, nous vous l'accordons...), nous avons pu gagner en moyenne 3 IL. Au-delà, le gain est beaucoup plus marginal, et les temps de pose très longs...


Notez que cette stabilisation fonctionne de concert avec les optiques stabilisées ; ces dernières prennent en charge les corrections de lacet et de tangage, les autres mouvements (roulis, déplacements verticaux et horizontaux) sont compensés par la stabilisation mécanique.

Panoramique

Cette fonctionnalité peut paraître un peu futile sur un boîtier pro avec lequel on prendre son temps pour réaliser une image panoramique par assemblage, mais Sony la décline sur pratiquement l'ensemble de ses boîtiers.

sony-a99-II-exemple12

Scintillement

Le boîtier dispose d'un mode anti-scintillement qui limite les variations d'exposition lors d'une rafale sous un éclairage de type fluo, par exemple. Une fonctionnalité qui sera appréciée des photographes sportifs qui travaillent en intérieur.

Logiciel

Le Sony A99 II est livré avec Capture One Express de l'éditeur danois Capture One. Largement éprouvé, le logiciel a trouvé sa place dans les studios pour travailler en mode connecté, notamment avec les dos numériques. Capture One est sans doute l'un des plus complets du marché et c'est une excellente nouvelle qu'il soit livré avec l'appareil. Le passage en version "Pro" devrait être facturé 23 € ; elle vous ouvre les portes du travail en mode connecté (ce qui n'est pas possible en version de base "Express").

Réactivité
Autofocus, rafale

Chronos et suivi AF


Le Sony A99 II propose plusieurs modes autofocus pour le suivi de sujet : soit en utilisant un seul collimateur, soit en laissant l'appareil suivre le sujet par analyse de zone. C'est dans ce dernier mode que le boîtier semble le plus performant, malgré des calculs plus complexes à opérer. Dans ce mode, le suivi AF n'est pas fiable à 100 % : l'autofocus décroche parfois pour rattraper son "retard" sur les vues suivantes. Les boîtiers reflex semblent faire un peu mieux dans ce domaine. Nous avons également noté quelques disparités dans les résultats selon l'optique utilisée. Ici, notre 50 mm f/1,4 Zeiss n'est sans doute pas l'optique la plus rapide.

Sony A99 II test reviewSony A99 II suivi autofocus en mode AF-C / large avec reconnaissance des visages avec le 50 mm f/1,4 Zeiss.

Rafale à 12 ips

La rafale est bien sûr le principal argument de l'A99 II qui peut aligner pas moins de 12 images par seconde en pleine définition sur pratiquement 60 vues en JPEG ou RAW (avec suivi autofocus et suivi de la mesure). Impressionnant, quand on sait que le Nikon D810 ou le Canon 5D Mark IV plafonnent respectivement à 5 et 7 i/s ! Chez les deux concurrents, il faut passer à la gamme supérieure (pro) pour atteindre une telle cadence, mais avec une définition de 20 Mpx "seulement". En mode HI+ (12 i/s) il y a des moments "aveugles" qui hachent un peu le suivi d'un sujet rapide. Vous pouvez passer en mode Hi (8 i/s) qui assure une rafale sans perdre de vue le sujet.

Si la mémoire tampon "encaisse" plutôt bien, l'écriture sur la carte est par contre à la peine... En effet et malgré la définition du capteur, les ingénieurs de Sony ont opté pour la norme UHS-I pour l'écriture sur carte, soit en théorie 104 Mb/s (ou environ 13 Mo/s, en théorie toujours...), alors que la norme UHS-II, déjà présente chez d'autres constructeurs, permet de grimper à 312 Mb/s (soit 39 Mo/s). Après une rafale ou un simple déclenchement (RAW + JPEG), il faut donc "patienter" quelques instants pour le transfert des données. La mémoire tampon permet de déclencher rapidement, mais les menus sont "bloqués" le temps de l'écriture sur la carte. Après une rafale, cela peut monopoliser l'appareil pendant de précieuses et longues secondes.

En résumé, la rafale est rapide, mais la mémoire tampon est trop lente, et il faudrait pouvoir utiliser des cartes mémoire UHS-II.

Qualité des images
Photo & vidéo

Bruit électronique

Le Sony A99 II est équipé d'un capteur 24x36 de plus de 42 Mpx. Ce capteur est déjà connu puisqu'il équipe déjà le boîtier hybride A7R II. Il s'agit d'un modèle dit rétroéclairé ou BSI (Back Side Illuminated en anglais).

Ce système de capteur, qui date de 2008, est d'abord apparu en petit format sur les compacts, car il peut collecter plus de lumière. Il s'est généralisé sur de plus grands modèles (1") avec le Sony RX100 Mark II (2013), pour être enfin adapté au 24x36 avec l'A7R II. Notez qu'il n'existe pas de modèle APS-C BSI chez Sony ; pour l'instant, seul Samsung propose cette technologie sur un capteur de 28 Mpx au format APS-C, sur le NX1.

Les photodiodes font environ 4,5 µm de côté.

Les JPEG

Comme pratiquement tous les boîtiers équipés d'un capteur 24x36, les images visualisées sur écran à 100 % sont excellentes de 50 à 800 ISO ; même à 1 600 ISO, le grain est difficilement perceptible et il faut examiner les aplats à la loupe pour deviner les premières granulations. Cette plage est donc parfaitement exploitable, ce qui offre déjà une belle polyvalence. Il sera possible de grimper à 1 600, voire 3 200 ISO sans trop d'arrière-pensées. Vous noterez déjà quelques effets de lissages sur les aplats colorés, mais cela reste parfaitement acceptable et les fins détails sont préservés.

6 400 ISO marque un véritable palier. Le grain devient plus facilement visible dans les zones sombres et les aplats colorés. Les plus fins détails sont dilués et l'exposition se fait globalement plus sombre ; l'image présente donc une dynamique moindre.
Les valeurs supérieures de sensibilités sont plus compliquées à gérer, mais la haute définition des images permet de les retravailler avec plus de facilité. Vous pourrez donc aisément redimensionner vos clichés pour ajuster le ratio taille d'image / niveau de détail. Ce traitement pourra être opéré à 12 800 voire 25 600 ISO, les sensibilités dites natives du boîtier.
Les valeurs les plus élevées sont intéressantes (car elles ont le mérite d'exister !), mais nécessiteront un travail plus poussé — par exemple un passage en monochrome ; le moutonnement n'est pas très esthétique.

Oscilloscope

Sous l'œil plus impartial de notre oscilloscope, les fichiers JPEG donnent peu ou prou les mêmes résultats. Le bruit — donc les oscillations — est peu visible jusqu'à 3 200 ISO et devient plus sensible au-delà de 6 400 ISO.

Sony A99 II test review bruit électronique

RAW vs JPEG

Il est intéressant de développer les fichiers bruts du Sony A99 II avec différents moteurs comme celui d'Adobe Lightroom ou Capture One Pro (livré avec le boîtier). Les logiciels sont utilisés avec des réglages par défaut. Capture One Pro délivre des images encore plus douces que les JPEG de l'A99 II. De son côté, Lightroom développe des fichiers beaucoup moins lissés. Le grain est nettement plus visible, mais les détails sont également plus présents. En outre, la granulation apparaît de manière plus fine et moins marquée que sur les JPEG.

sony-a99-II-detail-LR-6400ISOsony-a99-II-detail-CO-6400ISO

Et dans la vraie vie

sony-a99-II-exemple6
sony-a99-II-exemple7
sony-a99-II-exemple10
sony-a99-II-exemple8

Exposition et latitude de travail

La cellule du Sony A99 II semble plutôt juste dans la plupart des situations de lumière. La correction d'exposition permet de jouer sur +/-5 IL, ce qui s'avère assez confortable. Vous disposez naturellement d'un mode bracketing d'exposition, mais aussi d'une série d'options pour retravailler le rendu des basses lumières directement sur les JPEG : le DRO (pour Dynamic Range Optimizer). Celui-ci permet selon les réglages de relever le niveau de détail dans les zones sombres. Vous avez également à disposition un mode HDR qui combine 3 images.

Un autre point intéressant est qu'il est possible de lier la mesure spot avec le collimateur AF. Attention toutefois, lors de nos essais, cela fonctionne bien en mode AF-S, bien moins en mode AF-C, mode dans lequel la mesure semble être effectuée au moment du verrouillage AF.

Le capteur de Sony dispose d'une belle latitude de travail. Pour vérifier la latitude d'exposition d'un point de vue "artistique", nous avons photographié notre scène test sur une plage de +/-5 IL et corrigé les fichiers bruts .ARW avec Adobe Lightroom afin d'obtenir une exposition similaire.

Dans les hautes lumières, il est possible de récupérer assez facilement jusqu'à +3 IL. Même à +3 IL, il est possible de recouvrir quelques détails.
Pour les sous-expositions, il sera possible de remonter les valeurs jusqu'à -3, voire -4 IL sans faire remonter trop de bruit.

Au final, le petit reflex propose une latitude de travail de -4 à +3 IL, soit une plage de 8 IL très confortable.

Sony A99 II test review latitude surexpositionSony A99 II test review latitude sousexposition

Vidéo

Le Sony A99 II est capable de filmer en UHD (3 840 x 2 160 px), mais pas en 4K sur carte en XAVC-S. Il intègre également le format XAVC-S pour l'enregistrement HDTV 1080. Les formats plus classiques AVCHD et MP4 sont gérés.

Formats d'enregistrement

Formats en PAL
XAVC-S 4K (H.264) : 4K télé (3840 x 2160 px) 25p (100 Mbps ou 60 Mbps)
XAVC-S (H.264) : HDTV 1080 50p (5s0 Mbps) et 25p (50 Mbps) // 720p 100p (50 Mbps),
AVCHD (H.264) : HDTV 1080 50i (24, 17 Mbps) / 50p (28 Mbps) / 25p (24, 17 Mbps)
MP4 (H.264) : 1920 x 1080 50p (28 Mbps), 25p (16 Mbps) et 720p 30 ips (6 Mbps)

Il est possible de filmer à la norme NTSC, mais cela requiert la réinitialisation complète du boîtier. Cette manipulation monopolise l'appareil pendant au moins 5 secondes et nécessite surtout le formatage de la carte mémoire !

En mode NTSC, la cadence d'enregistrement change et vous pouvez accéder au mode "cinéma" avec le 24p.

** Formats NTSC**
XAVC-S 4K (H.264) : 4K télé (3840 x 2160 px) 30/24p (100 Mbps ou 60 Mbps)
XAVC-S (H.264) : HDTV 1080 60/30p (50 Mbps) et 24p (50 Mbps) / 720p 120p (50 Mbps)
AVCHD : HDTV 1080 60i (24, 17 Mbps) / 60p (28 Mbps) / 24p (24, 17 Mbps)
MP4 : 1920 x 1080 px 60p (28 Mpbs), 30p (16 Mbps) et 720p 30 ips (6 Mbps)

Il est possible de filmer sur une plage de sensibilités allant de 50 à 25 600 ISO. L'A99 II dispose désormais de modes pour réaliser des ralentis (4x) et des accélérés (50x) plus facilement S&Q (Slow & Quick).

Précision et rolling shutter

Pour filmer, le boîtier de Sony peut utiliser soit l'intégralité du capteur, soit une portion au format Super35 mm.

Le mode Super35 mm ne prend ainsi en compte que le centre du capteur (format proche de l'APS-C avec un facteur multiplicateur de 1,5x environ), d'une définition native de 5 168 x 2 912 px. Dans ce cas, toutes les lignes sont alors lues et la vidéo en 3 840 x 2 160 px est obtenue par recombinaison des données. En 24x36, les pixels sont regroupés (pixel binning) pour réaliser l'enregistrer UHD ou 1080.

Sur notre mire de test, l'image Super35 UHD est d'ailleurs bien plus précise que celle réalisée en 24x36, et elle présente moins de moirage. De manière assez étonnante, c'est l'inverse quand on filme en 1080 : L'image 24x36 est alors plus précise.

Sony A99 II test review comparaison 1080

En outre, les effets de rolling shutter sont plus marqués en Super35 qu'en mode 24x36.

Assistants

Le boîtier de Sony propose de nombreux assistants pour vous épauler lors de vos enregistrements :

– des zébras (70 / 75 / 80 / 85 / 90 / 95 / 100 / 100+) ;
– une loupe lorsqu'on met au point manuellement ;
– peaking level / color ;
– enregistrement du TimeCode : REC RUN ou FREE RUN ;
– Dual Video REC (enregistrement simultané en XAVC-S et MP4 movie, ou en AVCHD et en MP4, pour utilisation de PROXY plus légers à monter) ;
– marqueurs 4:3 / 13:9 / 14:9 / 15:9 / 1.66:1 / 1.85:1 / 2.35:1.

Profils et HDMI

La sortie HDMI du Sony A99 II n'est pas compressée ; vous pouvez capturer les vidéos en 4K 4:2:2 et 10 bits sur un enregistreur externe.

Le SLT reprend naturellement les différents profils colorimétriques déjà présents sur la gamme hybride de Sony comme l'A7S II ou l'A7 II. Les gammas, matriçages ainsi que tous les autres réglages vidéo peuvent être paramétrés dans les Picture Profiles, comme sur les caméscopes semi-pros de la marque (pour plus de détail, vous pouvez vous reporter à notre article "RAW, Log et REC709"). Vous pourrez donc exploiter au mieux les capacités du capteur avec, en contrepartie, un temps de post-traitement important.

Notez que ces profils sont toujours cachés derrière d'obscurs noms (PP1, PP2, PP3...) : voilà qui n'est guère pratique pour passer de l'un à l'autre sans consulter leurs caractéristiques.

Autofocus

Comme les précédents modèles SLT (A77 II et A99), le système autofocus en vidéo s'accompagne d'une sérieuse limitation. En effet, la mise au point automatique n'est disponible que dans le mode P et bloque l'ouverture à f/3,5. Impossible d'utiliser les autres modes avec un autofocus : la mise au point manuelle est requise. Cette limitation technique, déjà ancienne, n'est donc pas levée sur l'A99 II. Dommage, car cela limite fortement l'intérêt du boîtier en vidéo. En mode P, l'autofocus fonctionne correctement, mais reste en dessous de nos attentes. La plupart des boîtiers hybrides, y compris ceux de Sony, sont globalement plus rapides. À noter, la reconnaissance des visages peut épauler efficacement la recherche du point.

Exemples

sony-a99-II-exemple11
sony-a99-II-exemple9
sony-a99-II-exemple5
sony-a99-II-exemple3
sony-a99-II-exemple2
sony-a99-II-exemple1

Nos conclusions
Verdict

L'annonce à la photokina 2016 d'un nouveau boîtier 24x36 en monture A en a surpris plus d'un. Sony donne un véritable signal : non, la monture A n'est pas morte, en voici la preuve. Le Sony A99 II est un imposant boîtier dans tous les sens du terme. Il est volumineux, plutôt lourd une fois équipé d'une belle optique, il arbore un viseur électronique spacieux et l'un des capteurs les plus définis du moment (42,4 Mpx), stabilisé. En outre, le boîtier est capable d'aligner 12 i/s en pleine définition. Voilà de quoi impressionner.

La qualité d'image est au rendez-vous avec une belle gestion du bruit électronique jusqu'à 6 400 ISO et une dynamique très intéressante. L'autofocus est rapide et précis, mais manque un peu de punch dans le suivi d'un sujet en mouvement.
Côté vidéo, l'A99 II offre une vidéo UHD de qualité, mais là encore l'autofocus fait défaut en dehors du mode P. Un problème récurrent sur les SLT.

Alors au final, que penser du Sony A99 II ? Pas simple d'avoir un avis tranché sur ce boîtier. D'un côté, Sony propose une belle mise à jour de son reflex haut de gamme 24x36 doté d'une technologie de miroir fixe semi-transparent singulière et efficace (rafale à 12 i/s). Le boîtier dispose des dernières innovations déjà apparues sur la gamme hybride avec le capteur 24x36 à plus de 42 Mpx, le module autofocus à corrélation de phase intégré (399 points), le mode vidéo 1080 / UHD en 24x36 ou Super35. L'autofocus gagne en efficacité en mode AF-S, mais reste moins performant que ceux de reflex classiques sportifs comme le Nikon D5 ou le Canon 1D X Mark II.

D'un autre côté, l'A99 II manque de réelles innovations. Nous l'avons signalé, la plupart des nouveautés apportées par le boîtier existent déjà sur d'autres modèles. Seule la rafale à 12 i/s est vraiment différenciante. Le viseur électronique est certes plus vaste, mais sa définition reste identique et son manque de fluidité est toujours à déplorer. En vidéo, l'autofocus n'est toujours pas actif dans les modes A,S et M et le passage par un enregistreur externe est incontournable pour l'enregistrement 4:2:2.

Nous aurions aimé en outre une véritable protection contre les intempéries, un écran tactile (enfin apparu sur l'A6500...), une stabilisation mécanique plus efficace et travaillant de concert avec la stabilisation optique, une mémoire tampon plus rapide et un lecteur de carte à la dernière norme UHS-II.

Enfin, que penser de la gamme optique A de Sony ? Certes, elle est compatible avec les optiques Minolta FA, mais Sony est désormais tiraillé entre 4 gammes : APS-C et 24x36 en monture A et APS-C / 24x36 en monture E. Difficile de mener une politique efficace sur 4 fronts simultanément. Les grands classiques comme le 24-70 mm, 70-200 mm et 16-35 mm sont bien là, mais depuis 2013, à peine 6 optiques ont été annoncées. Seuls les modèles 24x36 semblent avoir une bonne cote d'amour auprès de Sony, mais surtout en monture E (FE).

Face à la concurrence

Nikon D810

Les Nikon D800 / D810 ont longtemps été les reflex 24x36 les plus précis. Aujourd'hui, le Canon 5Ds R et le Sony A99 II relèguent le Nikon à la troisième place du podium. Toutefois, le D810 conserve quelques avantages comme un écran LCD plus large, un viseur optique, une autonomie largement supérieure ou encore un flash pop-up intégré. En outre, il se montre globalement plus réactif que le SLT de Sony, aussi bien à la mise sous tension que pour le suivi autofocus.
De son côté, le Sony A99 II apporte une rafale largement plus rapide (12 i/s contre 5), une stabilisation mécanique qui fonctionne avec toutes les optiques, un système autofocus plus complet (399 points contre 51), une plage de sensibilité ISO un peu plus large, un viseur électronique large et plus précis en basse lumière et un mode vidéo, même s'il est limité en autofous, largement plus riche et bardé d'assistants.

D810
Priceminister 2065,00 €
Fnac.com marketplace 3099,99 € Voir l'offre
Fnac.com 3189,99 € Voir l'offre
Miss Numérique 3199,00 € Voir l'offre
Fnac.com 4189,96 € Voir l'offre
Canon 5D Mark IV

Le Canon 5D Mark IV est plus à jour côté vidéo et, avec son capteur doté de la technologie Dual Pixel AF, il s'avère finalement bien plus performant que le Sony A99 II, bien que ce dernier dispose toutefois de profils de rendus et d'assistants (focus peaking, zébras...) très pratiques en vidéo. Le 5D Mk IV marque quelques points avec son écran tactile (mais totalement fixe...), son autonomie largement supérieure et son viseur optique. Comme chez Nikon, le parc d'optiques Canon est également largement plus large.
Côté Sony, on conserve des atouts comme la stabilisation mécanique 5 axes, la cadence rafale à 12 i/s, l'écran LCD orientable et une définition légèrement supérieure. En outre, la visée électronique peut avoir quelques avantages selon son utilisation.

5D Mark IV
Priceminister 2984,22 €
Fnac.com marketplace 3133,98 € Voir l'offre
Amazon 3777,00 € Voir l'offre
Digit-photo.com 3799,00 € Voir l'offre
Miss Numérique 3799,00 € Voir l'offre
Fnac.com 3800,00 € Voir l'offre
Darty.com 3999,00 € Voir l'offre
Boulanger.com 3999,00 € Voir l'offre
Ebay.fr 4570,00 € Voir l'offre
Voir plus d'offres
Pentax K1

Le Pentax K-1 est un concurrent bien moins onéreux et la différence de prix en sa faveur — plus de 1 500 € — permet de s'offrir quelques belles optiques. Comme le Sony, le reflex Pentax K-1 dispose d'une stabilisation mécanique et d'un écran orientable non tactile. Il propose une finition à l'épreuve des intempéries et un viseur optique. Son autonomie est supérieure et il intègre une puce GPS.
De son côté, le Sony A99 II dispose d'un autofocus nettement plus complet et plus efficace, et assure une rafale à 12 i/s contre à peine 4,4 i/s chez Pentax. Côté vidéo, le Sony est aussi également largement devant.

K1
Boulanger.com 2199,00 €
Amazon 2299,00 € Voir l'offre
Darty.com 2299,00 € Voir l'offre
Boulanger.com 2299,00 € Voir l'offre
Miss Numérique 2299,00 € Voir l'offre
Digixo 2299,00 € Voir l'offre
LDLC 2299,95 € Voir l'offre
Fnac.com 2299,99 € Voir l'offre
Boulanger.com 2305,91 € Voir l'offre
Boulanger.com 2798,00 € Voir l'offre
Voir plus d'offres
+
  • Bonne gestion du bruit électronique jusqu'à 6 400 ISO
  • Stabilisation mécanique intégrée qui fonctionne avec toutes les optiques, même celles qui profitent d'une stabilisation optique
  • Très bonne qualité d'image globale
  • JPEG assez doux, mais très détaillés (selon les optiques utilisées) qui facilitent le travail en postproduction
  • Boîtier facilement personnalisable
  • Porte-accessoire multifonction : XLR, micro externe, torche...
  • Mesure d'exposition spot lié au point AF
  • Système autofocus sophistiqué et fonctionnel
  • Mode vidéo de qualité en 1080 / UHD
  • Écran articulé
  • Boîtier imposant et lourd
  • Écran LCD non tactile
  • Temps de mise sous tension plus lent qu'un reflex classique
  • Le suivi autofocus pourrait être plus précis (les D5 / 1DX-II font mieux)
  • Autonomie en retrait par rapport à un reflex "classique"
  • Pas de mode totalement silencieux par obturation électronique
  • Pas d'autofocus en vidéo en dehors du mode P (f/3,5)
  • Ne prend pas en charge le format de carte mémoire UHS-II
  • Le joystick n'est pas très pratique pour valider une option
  • Optiques pour monture A lourdes et chères
  • Pas de recharge par USB
  • Pas de flash intégré
  • Pas de format RAW en définition réduite
  • Format RAW propriétaire
En résumé

Non, la monture A n'est pas morte et Sony, avec l'Alpha 99 II, en fait une belle démonstration ! La technologie SLT s'affine et vient jouer les trouble-fêtes dans un trio bien établi, sans toutefois réussir à s'imposer. Il reste deux points à considérer : la visée électronique, qui reste problématique pour bon nombre de photographes malgré des avantages indéniables, et la gamme optique A, onéreuse et moins complète que ce que proposent Canon ou Nikon.

A99 II
Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW. Ses publications 

Les prix
Sony A99 II
Digit-photo.com 3599,00 €
Miss Numérique 3599,00 € Voir l'offre
Contenu sponsorisé