Capteur- Capteur CCD avec filtre couleur primaire, 44x33 mm, 40 Mpx (photodiode 6x6 µm). Conversion A/N sur 14 bits.
Monture- Baïonnette PENTAX 645AF2 Objectifs compatibles Baïonnettes PENTAX 645AF2, 645AF et 645A
Optique livrée- en kit avec D-FA 645 55mm f/2.8 AL [IF] SDM AW
Stabilisation- non
Antipoussière- oui
Viseur-Type Prisme de verre trapézoïdal Verre de visée Natural Bright Matte Couverture Environ 98% Grossissement Environ 0.62 x (D-FA645 55mm f/2.8 à l’infini), environ 0.85 x (FA645 75mm f/2.8 à l’infini)
Écran- 7,6 cm, 920 000 points
Mise au point- Autofocus SAFOX IX+ à détection de phase TTL, 11 points AF
Modes autofocus- AF simple et AF continu
Mesures d'exposition- Mesure TTL 77 zones. Multizone, pondérée centrale ou spot. Correction de l'exposition sur -/+ 5 IL.
Modes d'exposition- Programme, Sv, Tv, Av, TAv, M, Bulb, Synchro X, User
Vitesse d'obturation- Plan focal à contrôle électronique vertical Vitesses d’obturation Auto et manuel : de 1/4000 à 30 sec (1/3 IL ou 1/2 IL), bulb
Motorisation- 1/8000 à 30 s par incréments d'1/3 ou 1/2 IL, pose B, pose T (télécommande ML-L3, disponible en option, requise), X250
Sensibilité ISO- ISO Auto, de 200 à 1000, sensibilité étendue : de 100 à 1600 (1/3, 1/2 ou 1 IL)
Mémoire- 2 emplacements SD/SDHC
Alimentation- Batterie Lithium-ion D-LI90 rechargeable
Connexion- Prises mini-HDMI, AV compatible NTSC et PAL, USB 2.0 mini-B, Prise télécommande filaire, entrée alimentation DC, prise synchro X
Dimensions- 156 × 117 × 119 mm
Logiciels- TAX Digital Camera Utility 4 (v 4.20)
Dans la boîte- /

Caractéristiques

Pentac 645D test review

Après plusieurs années d'attente, le moyen format numérique version Pentax arrive enfin en France. Disponible au début de l'année 2011, nous avons pu essayer le 645D pendant quelques jours et notamment pendant une séance shooting beauté en studio. L'occasion de mettre à l'épreuve le viseur optique, le nouvel autofocus à 11 collimateur, la cellule d'exposition, l'ergonomie du boîtier et les 40 Mpx du capteur.

Test terrain jour 2

Pentax 645D exemple 12

Pentax nous livre depuis le début d'année 2011 sa version du moyen format numérique : le 645D.

Nous avons pu l'essayer quelques jours en extérieur en nous rendant notamment dans le quartier de La Défense dans les Hauts de Seine. Si lors de notre précédent test nous avons montré que le 645D est particulièrement à l'aise en studio, nous étions impatient de le mettre à l'épreuve du terrain, Pentax ventant les mérites de sa polyvalence et de sa tropicalisation. Une excellente occasion donc d'apprécier son ergonomie et de tester la cellule d'exposition, le capteur et l'autofocus dans des conditions de vie de tous les jours.

Pentax 645D exemple 13

Prise en main.

Si au premier abord on peut penser que le 645D est un boîtier lourd et encombrant, c'est omettre de le comparer aux autres moyens formats. En effet, si le poids et l'encombrement sont plus élevés qu'un reflex de type pro muni de son grip, le 645D se pilote comme tel. De nombreuses touches et de raccourcis parsèment la face arrière et il est possible de changer quasiment tous les paramètres sans avoir à rentrer dans le menu. Celui-ci ne servant finalement qu'à configurer l'appareil, il n'est pas nécessaire d'avoir à y retourner pendant les prises de vues. Ainsi, il est possible de jouer avec la sensibilité, la balance des blancs, le type de rendu d'image par exemple en pressant simplement la touche adéquate. Le 645D tient bien en mains. Chaque touche, chaque commande tombent parfaitement sous les doigts et ceux qui utilisent déjà un reflex Pentax ne seront pas déroutés par leur organisation. Le 645D est muni de deux emplacements SD (choix étonnant de la part de Pentax pour un boîtier de ce type et finalement pénalisant, mais nous verront pourquoi un peu plus loin) il est possible d'attribuer un type d'enregistrement d'image à chacun d'eux : JPeg, raw ou JPeg + raw. Ces derniers sont d'ailleurs enregistrables en format DNG, ce qui les rend compatibles avec la plupart des logiciels de développement.

Pentax 645D exemple 14

Outre une ergonomie adaptée à toutes les situations, Pentax a voulu tropicaliser son moyen format. Un choix unique pour ce genre de boîtier, mais qui finalement le rend définitivement à l'aise en toute situation. Aucun ne remord donc à réaliser des images par temps humide ou même sous la pluie. Nous avons donc pu profiter de quelques lumières intéressantes grâce au ciel parfois chargé et aux quelques pluies qui ont humidifié notre journée. Enfin en ce qui concerne le viseur nous reprendrons mots pour mots l'expression d'un de nos amis photographes : « C'est large comme ma fenêtre de salon ! »

Évidemment l'expression est exagérée, mais nous ne nous restreindrons pas quant au formidable sentiment de clarté et de luminosité qui se dégage lorsque l'on met l’œil dans le viseur. La couverture n'est malheureusement « que » de 98%, mais il est particulièrement agréable et confortable de travailler avec. Pentax n'avait d'ailleurs pas le choix, car pour l'instant ni le Live View ni le mode de travail connecté branché à un ordinateur ne sont disponibles. Ce dernier pourrait être implémenté via un firmware, mais le Live View reste pour l'instant désespérément absent. En tout cas, le viseur optique permet sans problème de bénéficier d'un confort de cadrage et de lecture de la scène que peu d'appareil photo, réflex ou moyen format proposent.

Pentax 645D exemple 15

Exposition

Pentax a équipé son 645D d'un capteur CCD avec filtre couleur primaire de 40 Mpx, conversion analogique sur 14 bits et d'une cellule d'exposition TTL sur 77 zones. Sur le terrain la fiabilité de la mesure de lumière est étonnante. Nous n'avons pas eu à recourir à la compensation d'exposition à part dans un ou deux cas rares et pour peu que l'exposition adéquate soit mémorisée il était facile de composer notre cadrage sans trop se soucier de l'exposition. À noter ici que nous n'avons pas utilisé les fonctions HDR et rehaussement des ombres, car celles-ci ne sont pas disponible dans le mode Raw. Néanmoins le capteur fournit une impressionnante dynamique tant dans les hautes que les basses lumières et l'information est présente sur une large gamme du spectre. Encore une fois, cependant, un aspect troublant se révèle lors de notre test terrain. En plein jour et notamment avec les reflets du soleil sur les vitres des immeubles de La Défense nous aurions eu besoin soit d'une très haute vitesse d'obturation soit de tricher en réglant la sensibilité du film à 50iso. Or ni cette valeur n'existe comme sur un 5DmkII ni le 1/8000s comme sur la plupart des réflex pro. Un aspect d'autant plus dommageable que les optiques fournies sont lumineuses et qu'il est encore plus agréable de jouer avec les grandes ouvertures pour faire ressortir les douceurs de transition flou-net d'un si grand capteur. Mais les fichiers bruts numériques (Raw) de plus de 50 Mo permettent aisément de récupérer de la matière tant que les blancs ne sont pas cramés et les noirs enterrés .

Pentax 645D exemple 16
Pentax 645D exemple 17

Autofocus

Le 645D est muni de l'autofocus SAFOX IX+ par détecteur de phase, le même qui équipe le Pentax K-5. La mise au point est véloce, accrocheuse et fiable. Nous n'avons pas eu de mauvaise surprise, mais nous reconnaissons que les sujets étaient pour la plupart faciles, car fixes. De plus, les 11 collimateurs se trouvent finalement un peu justes pour cette taille de capteur et sont regroupés au centre. La rapidité de mise au point permet une prise de vue instantanée et chose rare avec un moyen format il est presque possible de shooter des scènes de rue sur le vif. Encore une fois le 645D se trouve très à l'aise en extérieur et ne se différencie pas particulièrement de l'utilisation d'un réflex pro. Évidemment nous ne parlons pas de reportage d'action ni même d'image de sport, mais pour un paysagiste ou un photographe aimant prendre quelques images à la volée....l'AF ne constitue pas un obstacle.

Pentax 645D exemple 18
Pentax 645D exemple 19

Pourtant un point particulièrement agaçant entache ce tableau si idyllique : la lenteur d'enregistrement des images ! Déjà révélé lors de notre précédent test en studio, ici rien ne change. Même en désactivant la prévisualisation des images (que les images soient enregistrées en Raw ou en JPeg) il faut parfois patienter jusqu'à 10 secondes pour pouvoir la lire … Nous avions pourtant une carte Transcend 32 Go class 10, certes pas la plus rapide du marché, mais pas la plus lente non plus. Nous ne pouvons que regretter de ne pas disposer de slot pour carte CF car ce sont les seules qui présentent pour l'instant les meilleurs débits en écriture/lecture. Et le 645D n'est pas compatible avec les dernières cartes SDXC ce qui n'améliore pas les choses. Espérons qu'une mise à jour réglera ce problème. Néanmoins une fois l'image affichée nous pouvons profiter du remarquable écran arrière de 7,6cm. Ses 920,000 points offrent non seulement un contraste étonnant (2200:1), mais surtout une colorimétrie et une finesse particulièrement agréable. ( DeltaE 1,7 / Gamma 2,2 et TC 6500k). Aucun ralentissement ne vient gêner la lecture lorsque l'on zoome dans l'image afin de vérifier la netteté ou les détails de notre sujet. De la même façon, la navigation dans les menus se fait instantanément et rapidement.

Qualité des images

Avec une telle définition, il est tentant de regarder systématiquement ses images à 100% afin d'observer des détails que même l’œil humain ne serait discerner, mais c'est oublier un peu vite le rendu naturel global des images. En effet l'un des points les plus positifs du 645D est d'offrir un modelé, une colorimétrie et un rendu des matières que peu de boîtiers proposent, ou alors a des tarifs encore plus stratosphériques. Les JPeg sont déjà de très bonne facture et le raw permet encore plus de marge lors de la post-production. Le moiré est quasiment absent et les détails parfaitement lisibles (échelles, échafaudage, jointures de vitre, mais aussi cils, cheveux, barbes, etc.).

À 100% les textures ressortent avec finesse et précision. Les transitions entre les zones de netteté et de flous se font en douceur, dans la pure tradition du Moyen Format et les sujets présentent un rendu, un relief quasiment palpable.

Pentax 645D exemple 20

Avec 40 millions de pixels, le capteur du 645D présente une densité de pixels au cm2 voisine de celle d'un capteur APS-C de 10 Mpx. De quoi respirer donc, mais le traitement du bruit, quoique qualitatif dans les basses sensibilités montre ses limites au-delà de 800 ISO. Sensibilité largement exploitable cependant. Voir un tout petit peu plus pour qui shoote en raw et aime le grain. Capable de monter jusqu'à 1600 ISO le bruit de chrominance devient alors vraiment gênant et présente quelques aplats colorés disgracieux. C'est pourtant bien mieux que la plupart des moyens formats du marché ! Entre 100 et 200 ISO l'image a de quoi enthousiasmer ceux qui par tradition se refusent à monter en sensibilité. Le rendu est définitivement excellent. Seule ombre au tableau, nous notons des traces d'aberrations chromatiques assez disgracieuses quelques soient les optiques employées. Le phénomène est plus visible avec le 55 mm f/2,8. Pentax devrait se pencher sur le problème et sortir un firmware qui règlerait cela. En raw et en passant par la dernière version de DxO le problème s'amenuise en grande partie.

Pentax 645D exemple 21

Optiques

Nous avons eu à notre disposition 3 optiques : le 55 mm f/2,8 SDM, un 25 mm f/4 SDM et un plus classique 150 mm f/2,8 FA

Avec le 55 mm Pentax propose un cadrage naturel. La finition est soignée et la fabrication de haut niveau. La baïonnette est en métal et des joints de tropicalisation protègent l'objectif de l'humidité et de la poussière. L'ouverture du diaphragme se pilote via les molettes du boîtier et la mise au point est rapide et silencieuse grâce à la motorisation SDM. Le piqué est excellent au centre dés la pleine ouverture. Les angles sont un peu mous et évoluent peu jusqu'à f/8. À partir de f/11 l'optique est au maximum de son rendement et est excellente sur l'ensemble du champ. Notez que nous parlons ici d'analyse image à 100%, car ramener à un tirage A3+ ou même A2 il est très difficile pour l'oeil de discerner une perte de piqué. L'image sera excellente sur l'ensemble du champ dés f/4. La faiblesse principale concerne les aberrations chromatiques assez visibles sur des zones fortement contrastés et à pleine ouverture.

Pentax 645D exemple 22

Le 25 mm f/4 présente une finition tout aussi soignée que le 55 mm. Des joints d'étanchéité protègent l'objectif, un traitement de surface multicouche évite l'apparition de flares et la motorisation Silent Drive Motor permet une mise au point rapide et silencieuse. Ce 25 mm se comporte à peu près comme un 20 mm sur un capteur 24x36 et se destine principalement au paysagiste. Encore une raison supplémentaire d'emporter son 645D hors du studio. Le piqué est tout simplement excellent dés la pleine ouverture au centre pour se dégrader en allant vers les bords. Mais à f/8, le rendu des détails devient...tranchant ! Le vignettage lui, n'est pas excessif à f/4 et disparaît dés que l'on ferme le diaphragme d'un ou deux crans. Particularité de ce 25mm f/4 SDM, en raison d'une lentille frontale fortement bombée, l'adjonction de filtre se fait par une trappe placée au centre de l'objectif. Le diamètre est alors de 40 mm.

Le 25mm permet de jouer avec les perspectives et offre un piqué remarquable.

Enfin pour clore notre panoplie nous avions un plus ancien 150 mm f2,8 AF. Celui-ci se comporte peu ou prou comme un petit téléobjectif de 100mm et convient parfaitement au portrait. Il peut être aussi utilisé à des fins de composition un peu plus graphique. Si les angles et les bords sont mous à f/2,8 le centre est encore une fois excellent et l'homogénéité globale se trouve à f/5,6...jusqu'à f/11. Notez qu'à la pleine ouverture, la gestion de la profondeur de champ commence à être plus délicate à gérer et que des aberrations chromatiques assez visibles assombrissent un tableau presque parfait. Autre point, nous n'avons noté aucun problème de compatibilité avec l'autofocus et si ce dernier est un peu plus bruyant que les optiques ** SDM il n'en est pas beaucoup moins rapide.

Avec le 150 mm f/2,8 il est possible de proposer des compositions de paysages plus serrées tant le piqué est élevé.

Conclusion

Pour conclure, il est tout simplement très difficile de rendre le 645D a son propriétaire. Si ce dernier présente de nombreux défauts tels que l'absence de Live View, un temps d’enregistrement trop long , une vitesse d'obturation limitée au 1/4000s seulement, une absence de stabilisateur et une couverture d'AF trop petite, tout ce que l'on peut attendre d'un appareil moyen format numérique et même plus est là.

Notez aussi que la batterie est particulièrement endurante et qu'elle est identique à celle des K-5, K-7. La grande force du 645D est d'être finalement polyvalent et à l'aise sur différents terrains. Ses 40 millions de pixels satisferont les photographes de studio tout comme les paysagistes les plus exigeants surtout que les optiques sont à la hauteur du capteur. Quoique lourd, mais c'est finalement attendu, son ergonomie le rend facilement manipulable et il est très difficile de se passer de la souplesse de son bruit au déclenchement une fois en main. Quant au viseur son champ de vision est large et lumineux. Enfin, et c'est selon nous le plus important, la qualité d'image est superlative. Le modelé, le rendu des couleurs et des matières, les douceurs de transitions entre zone de netteté et flou font de chaque image réussie l'envie d'en tirer des agrandissements. Alors, reste la question du prix. Un prix très élevé dans le monde des utilisateurs de réflex APS-C et 24x36, mais en réalité très concurrentiel dans celui des moyens formats numériques. Difficile dans ces cas-là de ne pas le recommander aussi pour une utilisation à l'extérieure ! Décidément Pentax a frappé très fort avec ce 645D et nous ne pouvons que souhaiter ardemment qu'une mise à jour règle les quelques points négatifs soulignés ou..qui sait, sors carrément une nouvelle mouture améliorée...ce qui ferait sensiblement baisser le prix de cette première version ?!

Vous pouvez trouver des portraits et une galerie d'images réalisées avec le Pentax 645D dans la partie conclusion.

Gestion du bruit électronique

Pour cette première analyse du bruit électronique, nous nous servirons des données délivrées par notre partenaire DxO Labs pour leur site DxO Mark. Vous pouvez également vérifier la qualité des images ci-dessous en cliquant sur les vignettes pour un affichage en pleine définition ou télécharger les fichiers bruts (DNG). Attention, ces derniers sont plutôt du genre...massif. À 1600 ISO, le DNG font plus de 75 Mo....Heureux les détenteurs d'un abonnement à la fibre optique !

Les premières images sont impressionnantes de détails au centre notamment (le nouveau 55 mm est étonnamment faible dans les bords et le 150 mm f/2,8 est nettement plus alléchant) et rares sont les clichés sur lesquels il est possible de voir la texture du livre. La gestion du bruit électronique est remarquable pour un boîtier moyen format. Le CCD de Kodak délivre une bonne qualité d'image jusqu'à 400 ISO et le grain est bien maîtrisé jusqu'à 1600 ISO. Au final, toute la plage de sensibilité (100 - 1000 ISO en standard et jusqu'à 1600 ISO en mode étendu) est utilisable. Une performance rare pour être souligné. Le Pentax 645D sera donc aussi bien à l'aide en studio avec un éclairage maîtrisé qu'en reportage dans des conditions lumineuses plus délicates.

Dans un premier temps, nous nous intéresserons au bruit électronique au niveau des fichiers bruts. Sur ce plan, le nouveau moyen format (MF) Pentax 645D, qui est équipé d'un capteur Kodak de 40 Mpx déjà utilisé sur d'autres modèles MF est plutôt remarquable. Si l'on compare la montée ISO du 645D face aux deux reflex labellisés "studio" que sont les Nikon D3x et Canon 1Ds Mark III, le boîtier délivre des fichiers pratiquement identiques au niveau du bruit électronique. Cette comparaison a d'autant plus de sens que les photodiodes sont, pour les 3 boîtiers, d'une taille pratiquement identique.

Pentax 645D test review bruit électronique

Le Pentax 645D se paie même le luxe d'être plus performant sur toute sa plage de sensibilité (100-1600 ISO), que les deux reflex, pourtant des références dans ce domaine. Pour enfoncer le clou, le Pentax, qui offre une définition pratiquement 2 fois supérieure est certes plus cher que le Canon 1Ds Mark III, mais assez proche finalement du Nikon D3x.

Toutefois, les deux capteurs 24x36 se montrent plus performants concernant la dynamique des images.

Pentax 645D dynamique comparaison Nikon D3x et Canon 1Ds Mark III

Les mesures DxO montrent ici clairement la faiblesse du capteur Kodak face aux deux CMOS plein format. Dès 200 ISO, le 645D passe en dessous des deux autres boîtiers et le reste sur toute la plage ISO. Le Nikon D3x affiche sa supériorité, notamment en basse sensibilité.

Bien sûr, il est également intéressant de comparer le MF Pentax 645D avec d'autres moyen format équivalent comme le Phase One P40+ et l'Hasselblad H3D39. Ces deux boîtiers disposent également d'un capteur d'environ 40 Mpx et les tailles des photosites sont relativement proches (de 5,93 à 6,76 µm).

Pentax 645D gestion du bruit électronique face au PhaseOne P40+ et Hasselblad H3D39

Face à ces concurrents directs, le 645D fait également bonne figure puisqu'il surclasse les deux boîtiers sur toute sa plage de sensibilité ISO. Sur la dynamique des images, le MF Pentax présente également de meilleurs résultats sur les basses sensibilités et fait jeu égal à partir de 800 ISO.

Pentax 645D dynamique comparaison Phase One P40+ et Hasselblad H3D39

Nous terminerons en comparant le 645D avec le modèle haut de gamme chez Phase One, le P65+ et le H3DII 50 d'Hasselblad, ces deux derniers dos offrent une définition supérieure avec respectivement 60 et 50 Mpx.

Pentax 645D bruit électronique comparaison Hasselblad H3DII 50 et Phase One P65+

Sur la gestion du bruit électronique, le 645D est assez semblable aux deux rivaux. Il est toutefois intéressant de noter que le MF Pentax n'offre pas une sensibilité à 50 ISO comme les deux autres dos. Une sensibilité minimale intéressante à plusieurs titres. Elle offre un rapport signal / bruit bien meilleur et en studio, cette sensibilité est souvent utilisée avec un éclairage flash. À la plus basse sensibilité, le Phase One P65+ atteint 48 dB contre presque 44 dB pour le 645D de Pentax. Il est important de noter également une grande différence : celle du prix. Les deux boîtiers à 50 et 60 Mpx étant largement plus cher que le MF de Pentax.

Exemples de photos

Pentax 645D exemple 1
Pentax 645D exemple 2
Pentax 645D exemple 3
Pentax 645D exemple 4
Pentax 645D exemple 5
Pentax 645D exemple 6
Pentax 645D exemple 7
Pentax 645D exemple 8
Pentax 645D exemple 9
Pentax 645D exemple 10
Pentax 645D exemple 11
Pentax 645D exemple 23
Pentax 645D exemple 24
Pentax 645D exemple 25
Pentax 645D exemple 26
Pentax 645D exemple 27
Pentax 645D exemple 28

Verdict

Pentax 645D recommandé

À la prise en mains du 645D de Pentax, difficile ne pas être séduit par ce moyen format atypique, il faut bien l'avouer. Testé en studio, lieu de prédilection des moyens formats, le 645D est également taillé pour l'extérieur. Lors de notre séance photo, le 645D s'est magnifiquement bien comporté : la facilité de prise en mains, les nombreux raccourcis, le superbe viseur et l'autofocus performant participent à une utilisation sans heurt dans des conditions lumineuses maîtrisées. Le rendu des images est à la hauteur des attentes : la dynamique est impressionnante et le rendu des matières et des détails remarquable. Bien sûr, il y a quelques points d'achoppement et notamment la lenteur d'écriture des images sur les cartes SD. Pourquoi n'avoir pas intégré au moins un emplacement CF en plus du format SD sachant que le boîtier n'est pas (encore ?) compatible avec les cartes SDXC plus rapides ? La difficulté de travailler en mode connecté (pas de FireWire, pas de logiciel compatible pour l'instant) peut également s'avérer un frein pour son utilisation en studio pour la photographie de nature morte ou de packshot.

Le Pentax 645D est également très à l'aise en extérieur avec une excellente gestion du bruit électronique jusqu'à 1600 ISO et une fabrication de haute volée. Le Pentax 645D présente donc un rapport qualité/prix très alléchant pour qui souhaite s'initier en "douceur" au moyen format numérique ou pour le photographe qui voudrait faire revivre son parc d'optique 645N. À 10 000 euros nu, le 645D est l'un des moyens formats les moins chers du marché. Certes, les optiques optimisées pour le numérique ne sont pas légion et pour l'instant, seul le 55 mm f/2,8 WR est disponible. Pentax promet néanmoins d'autres modèles pour 2011. Les anciennes optiques Pentax 645N (argentique) sont compatibles et se négocient à un tarif bien plus intéressant que les optiques Zeiss, Mamiya ou Hasselblad de la concurrence. Un photographe pourra donc se constituer un vrai système moyen format numérique à un prix des plus attractifs.

Reste au 645D à trouver sa place. En effet, avec sa carrure tout-temps, le moyen format s'attaque frontalement aux reflex 24x36 Canon et Nikon pour le reportage. Pentax ne semble, par ailleurs, pas vraiment encline à sortir un 35 mm dans les mois à venir. C'est donc au 645D d'affronter des reflex plus rapides et plus polyvalents, mais plus chiches en terme de définition. En face, le 645D tente de s'introduire dans les studios pour concurrencer les autres moyens formats. Le principal attrait est sans doute tarifaire, mais pas seulement. Le 645D est un vrai concentré des technologies Pentax avec un vrai autofocus, une cellule d'exposition complète, un antipoussière, une interface agréable et personnalisable, un bel écran LCD 920 000 points...Des arguments dont la concurrence directe ne peut se targuer. Toutefois, avec un dos inamovible et une définition de 40 Mpx "seulement", le 645D se coupe également des marchés de la reproduction d'œuvre d'art ou les 50, 60 et désormais 80 Mpx sont appréciés, voire nécessaires.

Le Pentax 645D sera commercialisé dans une dizaine de points de vente en France et Pentax met actuellement en place un service pro pour ce produit afin d'assurer une maintenance et le prêt de produit en cas de problème.

+
  • Excellente qualité de fabrication (finition tout temps)
  • Viseur extraordinaire, large, précis et lumineux
  • Excellente gestion du bruit électronique jusqu'à 1600 ISO
  • Sortie HDMI pour vérifier les images sur un téléviseur HDTV 1080
  • Présence d'un niveau électronique
  • Pléthore de réglages et interface graphique séduisante
  • Autofocus rapide et précis même sans optique SDM
  • Ecran LCD de qualité : bon contraste et fidélité des couleurs
  • Autonomie de la batterie étonnament longue
  • Batterie classique (la même qui équipe la série K-5, K-7...)
  • Boîtier assez compact et pas trop lourd
  • Pas de gestion des cartes SDXC !
  • Pentax 55 mm f/2,8 WR un peu décevant (bords très mous)
  • Interface dense qui peut démoraliser
  • Pas de connection FireWire, USB 3 pour travailler en mode connecté, ni de logiciel
  • Couverture de l'autofocus un peu étroite
  • Enregistrement des images assez lent même sur des cartes SDHC rapides
  • Gamme d'optiques spécifiquement développée pour le moyen format numérique inexistante
Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW. Ses publications 

Les prix
Pentax 645D
Il n'y a actuellement aucune offre.
Contenus sponsorisés