CapteurCMOS ; taille : 35,9 × 24 mm. 37,09 Mpx au total pour 36,3 Mpx effectifs.
MontureNikon F (avec couplage AF et contacts AF)
Optique livrée/
StabilisationSelon les optiques
AntipoussièrePar vibration du capteur
ViseurOptique. Prisme en toit. Couverture 100 %. Grossissement 0,7x. Dégagement oculaire 17 mm. Verre de visée BriteView de type B VIII avec délimiteurs de zone AF (possibilité d'afficher un quadrillage)
FlashOui, pop-up. NG de 12. Synchro sur le premier rideau, synchro lente, synchro sur le second rideau, atténuation des yeux rouges, atténuation des yeux rouges avec synchro lente, désactivé ; synchro lente sur le second rideau, synchronisation ultra-rap
Écran8 cm (3,2 pouces). Définition : environ 1 229 000 pixels (VGA ; 640 × RVBW × 480 = 1 228 800 pixels). Type : moniteur TFT avec angle de vue d'environ 170°, couverture de l'image d'environ 100 % et réglage de la luminosité.
Mise au point- En visée optique : À détection de phase TTL par module autofocus Nikon Advanced Multi-CAM 3500FX, réglage précis, 51 points AF (avec 15 capteurs en croix ; ouverture f/8 prise en charge par 11 capteurs) et illuminateur d'assistance AF (porté
Modes autofocusAF ponctuel (AF-S), AF continu (AF-C) ; suivi de mise au point automatiquement activé si le sujet est en mouvement. Mise au point manuelle (M) : possibilité d’utiliser le télémètre électronique.
Mesures d'expositionSystème TTL avec capteur RVB d’environ 91 000 photosites. Mesure matricielle, pondérée centrale ou pondérée sur les hautes lumières : 0 à 20 IL. Mesure spot : 2 à 20 IL. Correction d'exposition -5 à 5 IL par incréments de 1/3, 1/2 ou 1 I
Modes d'expositionPSAM
Vitesse d'obturation1/8000 à 30 s par incréments de 1/3, 1/2 ou 1 IL, pose B, pose T, X250. Synchro flash au 1/250 s. Obturateur mécanique à plan focal et translation verticale, contrôlé électroniquement ; obturation électronique au premier rideau disponible quand le m
Motorisation- Avec accumulateurs EN-EL15 : environ 5 ips et 3 ips en mode silencieux. - Zone d'image DX/1,2× : jusqu'à 6 ips et 3 ips en mode silencieux. - Avec d'autres sources d'alimentation et zone d'image DX : jusqu'à 7 ips.
Sensibilité ISO64 à 12 800 ISO par incréments de 1/3, 1/2 ou 1 IL Réglable sur environ 0,3, 0,5, 0,7 ou 1 IL (équivalent à 32 ISO) en dessous de 64 ISO ou environ 0,3, 0,5, 0,7, 1 ou 2 IL (équivalent à 51 200 ISO) au-dessus de 12 800 ISO. Réglage automatique
MémoireCartes CompactFlash (CF) (Type I, compatibles UDMA), SD, SDHC (compatibles UHS-I) et SDXC (compatibles UHS-I). Chaque carte peut être utilisée comme support d’enregistrement principal ou de sauvegarde, ou pour enregistrer séparément les images NEF (
AlimentationLi-ion EN-EL15 Poignée-alimentation MB-D12 en option avec un accumulateur Li-ion Nikon EN-EL18a ou EN-EL18 (disponible séparément), un accumulateur Li-ion Nikon EN-EL15 ou huit piles AA alcalines, Ni-MH ou lithium. Un volet du logement pour accumula
ConnexionUSB 3.0, HDMI type C, entrée audio (3,5 mm), sortie audio (3,5 mm), prise accessoire (9 broches).
Dimensions146 × 123 × 81,5 mm
Poids900 g
LogicielsSuite Nikon
Dans la boîte- Protège-moniteur BM-12, - bouchon de boîtier BF-1B, - accumulateur Li-ion EN-EL15 avec cache-contacts, - chargeur d'accumulateur MH-25a (fourni avec un adaptateur de prise secteur ou un câble d'alimentation de type et de forme différen

Caractéristiques

Nikon D810 test : gestion du bruit électroniqueLe Nikon D810, un reflex au look finalement très classique.

En mai 2012, Nikon jetait un sacré pavé dans la marre en annonçant ses D800et D800E... et leur capteur pantagruélique générant des images d'un peu plus de 36 millions de pixels. Deux ans plus tard, la gamme a droit un petit ravalement. Et c'est le D810 qui vient se placer en haut de la hiérarchie, avec au menu bon nombre de petites améliorations. Reste à savoir si cette cure de jouvence fera du D810 un "must" sur lequel il est bon de se jeter ou si, à quelques semaines d'une photokina qui s'annonce prometteuse, il vaut mieux jouer la carte de la patience.

Les nouveautés

Commençons par les nouveautés. Au premier abord elles ne sautent pas aux yeux : Nikon n'a rien modifié ou presque sur l'extérieur du boîtier. Tout au plus remarquera-t-on que le bouton de contrôle de la mesure d'exposition est passé sur la gauche du boîtier et qu'il y remplace désormais la touche de bracketing. Cette dernière est déplacée à côté du logo de l'appareil, juste sous le bouton d'ouverture du flash. Enfin, sur le dos du boîtier, une touche " i " fait son apparition pour accéder rapidement à certains paramètres de prise de vue. Voilà pour les quelques modifications ergonomiques.

Les vraies nouveautés, on les trouvera dans les entrailles du D810.

Nikon D810 vue de dosDe l'extérieur, les modifications sont mineures...

En premier lieu, c'est le capteur qui a été amélioré. Si le D810 reste sur une même définition de 36,3 Mpx sans filtre passe-bas (comme le D800E), la sensibilité native est étendue vers le bas à 64 ISO et vers le haut à 12 800 ISO. En mode étendu, on ira de 32 ISO à 51 200 ISO.

En cela, le capteur est aidé par l'adoption du nouveau processeur de la marque, l'Expeed 4, que l'on trouve déjà dans le D4s annoncé récemment.

Et fort logiquement, le surcroît de puissance de cette nouvelle puce permet d'améliorer également la rafale et la vidéo. La rafale passe effectivement à 5 images par seconde en mode FX, et grimpe à 7 en réduisant en mode DX avec une batterie plus puissante que celle fournie en standard.

Quant à la vidéo, toujours pas d'enregistrement 4K à signaler, mais le HDTV 1080 du D810 passe désormais en 60p.

Nikon D810 vue de dessusFlash pop-up, griffe porte-accessoire, écran LCD de rappel : il ne manque rien.

Les autres améliorations sont plus discrètes, mais tout aussi intéressantes.

Le D810 inaugure ainsi un nouveau mode de mesure d'exposition, le "spot auto", qui détecte les plus hautes lumières d'une scène et s'adapte automatiquement (et rapidement) aux changements — un mode présenté par Nikon comme particulièrement intéressant pour les photographes de spectacles.

Côté AF, il était prévisible que Nikon dote le D810 du nouveau mode AF groupe introduit dans le D4s. C'est chose faite, avec une détection des contrastes jusqu'à -2 IL.

Autre nouveauté transposée du D4s, le D810 voit arriver le mode S RAW et ses NEF sur 12 bits de 9 Mpx... L'évolution était déjà assez logique dans un boîtier sportif comme le D4s (les pros ont besoin d'envoyer leurs clichés immédiatement, et le S RAW peut-être une alternative intéressante au JPEG, même si ses 4 Mpx sont sans doute un peu légers...) ; elle est sans doute plus pertinente sur le D810, les photographes n'ayant pas forcément toujours besoin d'une très très haute définition même s'ils souhaitent conserver tous les avantages des fichiers bruts... Mais alors pourquoi conserver le 12 bits uniquement ?

Nikon D810 vue de côtéPrise micro, sortie casque, sortie HDMI : le D810, même s'il fait l'impasse sur la 4K, s'oriente vraiment vers la vidéo.

De même, la chambre a été repensée et compte désormais un nouvel obturateur. Toujours donné pour 200 000 cycles, ce dernier (en alliage kevlar-fibre de carbone) est pensé pour réduire les vibrations au déclenchement (et préserver au maximum la netteté de l'image). On notera que le D810 est désormais pourvu d'une fonction permettant d'activer un premier rideau électronique, réduisant là encore les micro-vibrations. A priori, et à en juger par les photos du boîtier fournies par Nikon, le nouveau mode sera un nouveau mode Qc (silencieux) accessible via le sélecteur de cadence, sur la gauche du boîtier.

Nikon D810 capteurLe capteur du D810 : toujours 24x36, toujours 36 Mpx, plus de filtre passe-bas et une nouvelle plage de sensibilité.

Voilà pour le gros des améliorations. On pourrait y ajouter le fait que l'écran LCD passe de 921 000 points à 1 229 000 (avec réglage possible de la colorimétrie). Le boîtier n'intègre toujours ni Wi-Fi ni GPS. Par ailleurs, Nikon ne mentionne pas si le mode silencieux (mode Q) a été amélioré pour le faire rivaliser avec celui très réussi des Canon 5D MkIII, ni même si les menus ont été modernisés et s'ils intègrent enfin un ajustement précis de l'AF sur plusieurs valeurs (indispensable pour ajuster un zoom).

Bref, des nouveautés, on en a, et de très intéressantes. Mais pas autant qu'on aurait pu en attendre...

Nikon D810 cartes mémoireToujours le choix (étrange ?) d'avoir deux formats de carte dans un reflex : CF et SD.

De plus, nous l'évoquions en introduction, ce D810 arrive juste avant une édition de la photokina qui s'annonce passionnante notamment en termes de capteurs, puisque Canon semble décidé à sortir quelque chose de technologiquement nouveau. Un mouvement que l'on imagine aisément suivi par un Sony hyperactif en la matière. Bref, notre crainte est que le D810, aussi efficace soit-il, occupe les esprits pendant les mois d'été, mais qu'il soit marginalisé par les annonces de septembre. On comprend bien que Nikon soit amené à dynamiser les ventes... mais n'aurait-il pas été plus sage d'attendre un peu pour dévoiler un modèle plus en rupture avec les D800E actuels... et plus novateur ?

Prix et disponibilité

Le nouveau boîtier sera disponible le 17 juillet à un prix public d'environ 3 199 € TTC.

Nikon D810 prise en main

Caractéristiques

Test terrain jour 1

Pour ce test terrain, nous avons confié le nouveau Nikon D810 chaussé d'un 105 mm macro VR à la photographe culinaire Marie Laurange. Habituée à utiliser un Hasselblad argentique et un Sony A900 pour ses images, elle a testé en situation réelle le nouveau Nikon et nous livre ses impressions.

Focus Numérique – Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Marie Laurange – Je suis une photographe spécialisée dans le culinaire. Je suis arrivée là un peu par hasard. Je fais de la photo depuis longtemps, depuis que j'ai 15 ans. J'ai un parcours un peu original. J'ai commencé un peu en dilettante dans un club photo. À l'époque, nous ne faisions que de l'argentique. J'adorais faire du noir et blanc et passer mes journées dans le labo pour faire les tirages.

J'ai arrêté pour faire des études de finance. J'aime bien papillonner. Tout m'intéresse. Je voulais faire des langues, je voulais faire des mathématiques, je voulais faire du français. J'ai quitté mon travail dans une grande banque pour partir au Mexique, pour suivre mon mari qui était muté. C'est là-bas que j'ai repris la photo en me passionnant pour la nourriture mexicaine. J'avais envie de tout garder. Je me suis progressivement intéressée à la photo culinaire. Au début j'ai appris toute seule, en lumière naturelle.

Nikon D810 exemple 1

Après cela, je suis allée m'installer au Brésil ou j'ai assisté deux photographes spécialisés dans le culinaire. En rentrant en France, je me suis inscrite aux Gobelins en formation continue. Depuis un an maintenant, la majorité de mon travail est de la photographie culinaire.

Marie Laurange, test terrain du Nikon D810, détail recadré à 100%

C'est dur, après dix ans passés hors de France, et n'étant pas du milieu de la photo ; il faut tout recommencer : se créer un réseau, trouver des clients, etc. Aujourd'hui je vends des images pour StockFood et je réalise des images pour des restaurants.

Focus Numérique – Qu'est-ce qui te plaît dans la photographie culinaire ?

Marie Laurange – Je pense qu'il faut être fan de bouffe pour faire de la photo de bouffe. Sans ça, c'est un peu dommage. Ce que j'aime, c'est le studio. Passer des heures à bidouiller. J'ai commencé avec ce qui me tombait sous la main, à essayer de reproduire des lumières que je voyais dans les magazines. Après je me suis équipée en flashes, et je ne travaille plus qu'avec ça désormais.

Nikon D810 exemple 5

Focus Numérique – Quand es-tu es passée au numérique ?

Marie Laurange – Je suis passée au numérique quant j'étais au Mexique. Au départ, je crois que j'avais un bridge Sony qui m'a très vite bridée. J'ai ensuite acheté un reflex Sony A900 avec un objectif macro. Je voulais un vrai viseur large et confortable. À l'époque, c'était le seul appareil 24 x 36 mm abordable qui me convenait. Le problème de l'A900 est que dès que l'on commence à monter dans les ISO, il a tendance à bruiter énormément. De toute façon, je suis tout le temps au flash et à 100 ISO, donc je n'ai pas de soucis.

Nikon D810 exemple 3

J'ai un peu découvert l'utilisation du Live View avec ce Nikon D810 et j'ai vraiment trouvé cette fonction absolument géniale : pour la composition, pour l'exposition et surtout pour la mise au point que je réalise systématiquement en manuel, toute petite profondeur de champ oblige. Par contre, avec une utilisation intensive, le boîtier chauffe et la batterie fond comme neige au soleil.

Marie Laurange, test terrain du Nikon D810, tomate, détail recadré à 100%

Focus Numérique – Avais-tu déjà utilisé un Nikon auparavant ?

Marie Laurange – Non, c'est une première pour moi. Ce n'est pas simple, les menus ! Il m'a fallu 20 minutes pour prendre mes marques et faire mes réglages, autrement dit : tout désactiver. Je travaille exclusivement en 100 % manuel. Au final, la prise en main a été assez facile.

Focus Numérique – Que penses-tu du capteur de 36 millions de pixels ?

Marie Laurange – Je pense que se serait le grand maximum pour moi. Le poids des fichiers en TIF est vraiment très important et je n'ai pas besoin d'une telle définition pour l'utilisation finale de mes images. Mes clients se moquent de savoir avec quel appareil ou quelle définition je travaille : ce qui les intéresse, c'est le résultat final. Pour ce qui est de l'aspect sans filtre passe-bas, je rencontre très rarement des problèmes de moiré dans la photo culinaire. Pour ce qui est des détails, c'est vrai que c'est impressionnant. J'ai trouvé très intéressant la fonction sRAW qui permet de limiter la définition et donc d'ajuster le poids de fichier et le niveau de finesse des détails à l'usage final des images.

Retrouvez le travail de Marie Laurange sur son site

Prise en main

Il y a maintenant deux ans, Nikon proposait donc les D800/D800E, premiers reflex 24x36 équipés de capteurs à 36,3 Mpx, remplacés aujourd'hui par le D810, qui ne propose qu'une version du capteur sans filtre (réellement sans filtre) passe-bas.

Au niveau de la prise en main, les changements sont assez minimes et Nikon ne prend aucun risque de ce côté. Un Nikoniste sera donc en terrain connu, les autres devront s'y faire.

Nikon D810 face sans objectif

Parmi les petits changements, nous avons apprécié le nouveau design de la poignée. Un peu plus creusée, elle permet une préhension plus confortable. Le boîtier présente toujours une finition à l'épreuve des intempéries avec des joints au niveau du logement batterie et de la trappe d'accès aux cartes mémoire. Pour la baïonnette, il faudra bien veiller à utiliser des optiques équipées de joints d'étanchéité.

À l'avant, sur le côté de la monture, vous trouverez deux touches personnalisables (par défaut, l'une correspond au testeur de profondeur de champ) ; elles permettent par exemple de basculer rapidement d'un mode JPEG à RAW ou d'utiliser les facteurs de recadrage : 1,2x ou 1,5x (DX). Vous pouvez également demander à accéder directement au menu personnalisé pour avoir un choix plus important.

Vous disposez également d'une lampe d'assistance autofocus (blanche), mais aussi d'une commande pour le correcteur d'exposition du flash ainsi que le bracketing.

Comme les précédents modèles, le D810 dispose d'un flash pop-up (NG 12 en mètre et à 100 ISO) afin d'éclairer une scène ou de déboucher un contre-jour. Il permet en outre de déclencher à distance et sans fil des flashes distants compatibles.

Cette nouvelle commande libère une option sur le barillet en trèfle. Ainsi, une touche pour le choix du mode de mesure d'exposition est désormais disponible (une roue crantée autour de la commande AE-L/AF-L remplissait cette fonction sur les D800/D800E).

Enfin, alors que le D800 ne proposait qu'un micro monophonique, le D810 dispose de deux entrées à l'avant pour une captation sonore en stéréo. Nikon D810 test review vue de dessus

Au dos de l'appareil, le changement le plus visible est le retour de la vitre de protection sur l'écran LCD. Elle avait disparu sur les deux précédents modèles et son retour est heureux, car ce simple accessoire protège efficacement l'écran des rayures et parfois même de la casse. Vous noterez également l'apparition de la touche i qui permet d'accéder au menu de retouche en mode lecture et au menu rapide en mode prise de vue.

Nikon D810 test review vue de dos

L'écran LCD évolue notablement avec un surcroît de pixels : 1 230 000 points, contre 921 000 sur le D800. Toutefois, la définition reste identique, les pixels supplémentaires (la dalle comporte 4 sous-pixels dont des blancs) servant uniquement à augmenter le contraste de l'affichage. Résultat : en plein soleil, l'écran se révèle nettement plus lisible. On regrette toutefois l'absence d'un modèle monté sur rotule (et pourquoi pas tactile...).

Bruit au déclenchement

En redessinant la cage reflex ainsi que l'obturateur mécanique, les ingénieurs de Nikon ont également travaillé sur le bruit au déclenchement. Les reflex Nikon sont réputés bruyants, avec un claquement assez sec du miroir. Le D810 est nettement plus silencieux, que l'on soit en mode classique ou en mode Quiet.

Un mode "premier rideau électronique" est également disponible, mais celui-ci est plus utile pour limiter les vibrations lors d'une prise de vue à temps de pose long que pour limiter le bruit. Nous attendons pour cela un obturateur complètement électronique (en plus du mécanique). Vous pouvez cliquer sur l'image ci-dessous pour entendre le son du déclenchement du D810 (avec un 35 mm) en mode classique, puis en mode silencieux (Quiet). De même avec le Canon 5D Mark III équipé d'un 24-105 mm.

Nikon D810 bruit déclenchement Nikon D810 + 35 mm.

Canon 5D Mark III bruit déclenchement avec 24-105 Canon 5D Mark III + 24-105 mm

Logiciels

La suite de logiciels Nikon — qui comprend Nikon Transfert (pour gérer le téléchargement des images sur un ordinateur avec certaines options : copie de sauvegarde, insertion de données IPTC, de mots clés ou des informations sur le copyright), Movie Creator, Short Movie Creator pour réaliser un montage vidéo et ViewNX 2 — est toujours disponible.

Le changement de logiciel chez Nikon est assez notable pour les fichiers bruts : exit CaptureNX2. Il faudra désormais compter sur CaptureNX-D, déclinaison pour Nikon du logiciel Silkypix déjà utilisé par Pentax ou Panasonic.

Cette décision intervient après le rachat par Google de NikSoftware en septembre 2012. Adieu donc les U-Point de CaptureNX. Ce dernier était certes payant et cher, mais il présentait une singularité par rapport à la concurrence. Aujourd'hui, avec NX-D, Nikon propose enfin un logiciel pour exploiter correctement ses fichiers bruts, mais l'interface "à la Silkypix" n'est pas la plus moderne qui soit.

Nikon D810 test logiciel Capture NX-D

Cependant, avec un peu d'entraînement, il possible de traiter correctement ses images, le logiciel proposant la plupart des réglages courants.

Par défaut, Nikon ne livre pas de solution pour travailler en mode connecté. Il faudra donc dépenser 200 € supplémentaires pour "s'offrir" Nikon Camera Control Pro 2 ou utiliser un logiciel capable d'une telle fonctionnalité, comme Capture One Pro.

Il est vraiment dommage que Nikon ne livre pas une solution complète avec ses boîtiers pour traiter ses images ou utiliser toutes les fonctionnalités en mode connecté. On rêve d'un partenariat avec Phase One (Capture One) ou Adobe (Lightroom) pour faciliter le travail des professionnels.

Alimentation, stockage

Le Nikon D810 fonctionne à l'aide de la batterie EN-EL15 déjà présente dans le D7100 et le D800. Nikon indique une autonomie de 900 vues par charge. Le boîtier propose une page d'information sur l'écran LCD affichant le pourcentage de charge, le nombre de clichés réalisés ainsi que l'état d'usure de la batterie (0 à 4).

Nikon D810 test review chargeur

Lors de nos tests, la batterie nous a permis de réaliser un peu plus de 850 clichés et environ 10 minutes de vidéo. Pour améliorer l'autonomie du boîtier, il est possible d'acheter en option la poignée d'alimentation MB-D12 (compatible avec le D800) ; vous pouvez utiliser 8 piles de type AA standard ou une batterie EN-EL15 supplémentaire. Vous pouvez également utiliser la batterie EN-EL18 (identique à celle du D4) pour améliorer l'autonomie et augmenter la cadence rafale en mode DX (qui passe alors à 7 ips).

La poignée d'alimentation comporte un déclencheur, un sélecteur multi-directionnel et des boutons d'activation AF pour utiliser l'appareil photo en position verticale, ainsi que des molettes de commande principale et secondaire.

Nikon MB-D12

La poignée d’alimentation MB-D12 pour Nikon D810.

Le chargeur de la batterie EN-EL15 est par contre assez avare en information. Vous n'avez qu'un seul indicateur de charge ("en charge" et "charge terminée"). Le modèle livré avec les reflex haut de gamme Canon est mieux loti, avec des indicateurs correspondant à 0, 25, 50, 75 et 100 % de charge.

Carte mémoire

Pour le stockage des images et des vidéos, Nikon a fait le choix étrange de proposer 2 emplacements dans des formats différents : SD / CF.

Sur ce point les avis divergent. Pour ma part, je trouve l'obligation de jongler avec deux formats de cartes différents pour le moins pénible. D'autres apprécieront de pouvoir enregistrer les vidéos sur un format de carte et les photos sur un autre. Heureusement, les deux slots répondent aux dernières normes en vigueur : UHS-I pour le format SD et UDMA pour l'emplacement CF. Bon point, l'emplacement SD permet l'utilisation des cartes Eye-Fi (Wi-Fi) et de contourner ainsi l'absence de puce intégrée.

Vous pouvez utiliser les deux emplacements en mode débordement (dès qu'une carte est pleine, la suivante prend le relais), en mode sauvegarde (le contenu de l'une est copié sur l'autre) ou en mode sélection : JPEG d'un côté, RAW de l'autre, ou vidéo séparée des photos. Dommage que Nikon n'ait pas pensé à proposer une option pour sauvegarder à la fois des RAW en pleine définition et des "petits" RAW (S RAW). La séparation des formats aurait pu faciliter le travail de certains professionnels.

Nikon D810 review avis test cartes mémoire

Connexions

Le D810 dispose d'une connectique assez complète avec :

  • une prise USB 3.0,
  • une sortie casque au format mini-jack 3,5 mm,
  • une entrée micro stéréo au format mini-jack 3,5 mm,
  • une prise pour la synchro flash,
  • une sortie mini HDMI type C non compressée (voir partie mode vidéo),
  • une prise 10 broches pour connecter une télécommande ou un GPS.

Pour être exhaustif, il manque une connexion Wi-Fi et une puce GPS intégrée. Sur la prochaine version peut-être ?

Nikon D810 test review connexions

Flash

Le Nikon D810 intègre un flash pop-up de NG 12 (100 ISO). Celui-ci prend en charge plusieurs modes : synchro sur le premier rideau, synchro lente, synchro sur le second rideau, atténuation des yeux rouges, atténuation des yeux rouges avec synchro lente, synchro lente sur le second rideau, synchronisation ultra-rapide auto FP.

Nikon D810 flash pop-up

Le flash intégré permet également de piloter des flashes distants sans fil compatibles avec le CLS (Creative Lighting System) de Nikon. Vous pouvez piloter plusieurs flashes répartis en 2 groupes et imposer certains réglages à partir du boîtier, comme le mode de fonctionnement (manuel, TTL) et la correction (+/-3 IL).

Visée, autofocus

Visée optique et autofocus

Nikon reconduit le bon viseur du D800 dans le D810. Celui-ci offre une visée claire et précise (100 % du champ couvert). Le viseur dispose d'une couche LCD qui permet d'afficher des informations en surimpression comme le quadrillage, les collimateurs AF actifs ou des niveaux électroniques.

Nikon D810 information visée optique

Le Nikon D810 dispose du module autofocus Nikon Advanced Multi-CAM 3500FX déjà présent dans le D4S (même processeur). La plage de sensibilité s'étend de -2 à +19 IL.

Le module est épaulé par un nouveau capteur 91 000 points RVB (qui sert aussi à l'exposition). Il permet à la fois la reconnaissance des visages en visée optique et le suivi d'un sujet en mouvement. Il comporte 51 collimateurs, dont 15 en croix jusqu'à f/5,6. Il se réduit à 9 points croisés sur 15 points jusqu’à f/8. Comme sur le D4S, vous pouvez désormais utiliser des groupes de collimateurs et ainsi déplacer une large surface de recherche du point, ce qui se révèle souvent pratique pour suivre manuellement un sujet en déplacement.

Nikon D810 modes af

Globalement, le suivi 3D et le mode auto (reconnaissance des visages) fonctionnent vraiment bien et tant que le sujet se trouve sur la zone AF (qui reste assez étroite par rapport au cadre visé), le module détecte assez bien les mouvements. Le module AF du D810 est impressionnant et pertinent dans des ambiances lumineuses délicates.

Visée sur écran et autofocus

En mode visée écran, il est possible d'afficher différentes informations comme un niveau électronique, un histogramme d'exposition ou un quadrillage d'aide à la composition. On peut également simuler l'exposition et le rendu des images (balance des blancs, saturation des couleurs...).

Nikon D810 visée sur écranNikon D810 niveau électroniqiue

Pour vous aider dans la mise au point manuelle, il est possible d'activer une loupe qui permet de grossir jusqu'à 23 fois la vue.

Le D810 propose également de scinder la visée directe sur l'écran lors de la prise de vue, afin de visualiser deux parties distinctes de l'image... mais pas à la lecture. Or de fait, nous verrions l'intérêt de cette fonctionnalité en mode lecture pour comparer rapidement deux images, mais son intérêt en visée directe nous échappe quelque peu.

Nikon D810 vue scindéeNikon D810 vue scindée

La mise au point automatique gagne également en réactivité, mais reste toutefois assez lente par rapport à la mise au point par corrélation de phase. Notez que l'autofocus peut être permanent (AF-F pour Full Time), un mode très pratique en vidéo par exemple.

Par ailleurs, plusieurs modes complémentaires sont disponibles, notamment la reconnaissance des visages et le suivi d'un objet.

Reconnaissance visage visée écran Nikon D810suivi AF point précis Nikon D810

Précision, colorimétrie

Le D810 est le premier reflex 24x36 Nikon à ne plus posséder de filtre passe-bas — le D800E disposant au contraire de deux filtres, le second annulant l'effet du premier.

Schéma de fonctionnement des filtres passe-bas sur les Nikon D800 et D800E

Nous étions impatients de vérifier l'impact de la suppression totale et réelle du filtre passe-bas sur le D810. Nous avons donc équipé un D800E et un D810 d'une optique Tamron 24-70 mm f/2,8 VC pour un comparatif en studio.

Les JPEG

Il est déjà intéressant de noter que les deux appareils, disposant des mêmes réglages et de la même optique, n'exposent absolument pas de la même façon, le D800E ayant tendance à surexposer par rapport au D810. Et la différence n'est pas négligeable : elle atteint pratiquement 1 IL en mesures chiffrées, même si visuellement nous sommes plus proche de 2/3 d'IL ! Surprenant.

Nikon D800E / D810 comparaison exposition 100 ISO, f/5,6 et 1/10s pour les deux boîtiers : D810 à gauche et D800E à droite.

Pour notre comparaison, nous choisirons des fichiers dont les expositions sont assez proches (1/10 s pour le D810 et 1/6 s pour le D800E). Au niveau de la précision de l'image par défaut, le D810 s'avère plus précis. La différence est subtile mais présente, notamment au niveau de la texture du livre : le relief de la matière est plus perceptible.

Nikon D810 / D800E comparaison précision Extrait à 100 % des images.

Télécharger les fichiers JPEG (D800E / D810)

Dans la vie réelle, la différence de précision est encore plus difficile à mettre en évidence, mais vous noterez toutefois une vraie différence de rendu (colorimétrie, contraste). Pour cette scène, nous avons laissé les appareils en mode A f/8 avec le Tamron 24-70 mm f/2,8.

Extraits à 100 % des images.

Télécharger les fichiers JPEG (D800E / D810)

Globalement cependant, la différence de précision entre un D800E et un D810 est souvent difficile à mettre en évidence ; on ne pourra pas réellement discriminer les appareils sur ce plan.

Les fichiers bruts

Pour le développement des fichiers NEF, nous avons utilisé la dernière version de DxO Optics Pro 9 qui prend en charge à la fois l'optique Tamron 24-70 mm f/2,8 et les données du D810. Les résultats montrent là encore que la différence de piqué entre les deux boîtiers est assez ténue.

Gestion du bruit électronique

Pour notre test, nous reprenons le protocole habituel : la scène est éclairée sous 200 lux et le Nikon D810 est positionné en mode M avec le couple 1/4 s et f/5,6 pour une valeur ISO de 100. Le reflex est pour l'occasion équipé du 35 mm f/1,8. Nous faisons ensuite varier la sensibilité ISO ainsi que la vitesse d'obturation. Les images sont visibles à 100 % et vous pouvez télécharger les fichiers bruts (NEF).

Le Nikon D810 est un reflex plein format (24x36) n'alignant pas moins de 36,3 millions de photodiodes effectives dont la taille est approximativement de 4,9 µm.

différentes tailles capteurs

Les JPEG

Le Nikon D810 offre une plage de sensibilité allant de 100 à 12 800 ISO en mode classique, mais qu'il est possible d'étendre de 32 à 51 200 ISO.

Nikon a toujours eu un excellent savoir-faire dans la gestion du bruit électronique sur sa gamme reflex. Le D810 offre de très belles images de 32 à 400 ISO avec un bruit invisible. Il faut pousser à 800 ISO pour entr'apercevoir un fin moutonnement (bruit de luminance) sur les aplats colorés, et il faut vraiment regarder les images sur écran en mode pixel peeper à 100 % (voire plus) pour discerner un léger grain.

À 1 600 ISO, le grain se fait déjà plus visible, notamment sur les aplats gris. Rien de dramatique cependant, les images conservent un excellent rendu des détails, comme vous pouvez le vérifier sur le billet de banque. L'image est seulement un peu plus douce. Vous pourrez facilement grimper à 3 200 ISO sans craindre de longues soirées à débruiter les images. Là encore, le moutonnement se manifeste plus volontiers, mais il ne faut pas oublier que vous observez les images à 100 % sur écran, ce qui est en fait rare pour des fichiers de 36,3 Mpx.

À 6 400 ISO, un grain fin mais légèrement coloré fait son apparition. On atteint donc ici un premier palier. Pour cette valeur ISO, les logiciels de développement de fichiers bruts devraient logiquement donner de meilleurs résultats, mais il faudra patienter un peu.

Le bruit augmente naturellement avec la limite des 12 800 ISO du Nikon D810. Globalement, cette valeur est encore exploitable pour des tirages de taille raisonnable (20 x 30 cm) ou avec un post-traitement. On ne peut pas en dire autant des valeurs supérieures (mode étendu). Le bruit est particulièrement présent et disgracieux. Ces valeurs seront à employer avec parcimonie donc.

Comparaison à tirage équivalent

Nous avons confronté le Nikon D810 à un reflex 24x36 Canon (le 5D Mark III), le Sigma DP2 Quattro à la définition équivalente (selon les calculs) et un moyen format disposant d'un dos CMOS à 50 Mpx.

Nous comparons naturellement les boîtiers à "tirage équivalent". Nous avons "normalisé" les images pour un tirage 40 x 60 cm en 180 dpi, soit une définition de 12 Mpx environ. Les images sont réalisées à 3 200 ISO avec ci-dessous des détails à 100 %.

Attention, les boîtiers ne sont pas équipés d'optiques équivalentes, le piqué initial n'est donc pas le même. Il faut essayer de comparer uniquement le niveau de bruit électronique... Pas si simple.

À ce petit jeu, les deux boîtiers proposant une définition supérieure à 30 Mpx dominent la course. Le dos PhaseOne est d'ailleurs remarquable à 3 200 ISO et n'a rien à envier aux reflex Canon ou Nikon dans le domaine du bruit électronique. Le grain est tellement fin qu'il devient imperceptible pour des tirages classiques.

Nikon D810 comparaison à tirage équivalent pour bruit électronique à 3200 ISO

Oscilloscope

Passons les images du Nikon D810 sous l'œil implacable de l'oscilloscope. Les résultats corroborent ce que nous avions identifié sur notre scène. L'oscilloscope est assez plat jusqu'à 800 ISO et les différents paliers sont francs. À 6 400 ISO, le bruit électronique vient brouiller les valeurs denses de notre charte : les détails sont perdus et les transitions s'estompent. Le phénomène s'amplifie à 12 800 ISO avec un moutonnement qui vient gommer les contrastes.

Nikon D810 test review, bruit électronique, 100 ISO grisNikon D810 - 100 ISO. | Nikon D810  test review bruit électronique, 100 ISO oscilloscope | | Nikon D810 test review, bruit électronique, 800 ISO grisNikon D810 - 800 ISO. | Nikon D810  test review bruit électronique, 800 ISO oscilloscope | | Nikon D810 test review, bruit électronique, 6400 ISO grisNikon D810 - 6 400 ISO. | Nikon D810  test review bruit électronique, 6400 ISO oscilloscope | | Nikon D810 test review, bruit électronique, 12800 ISO grisNikon D810 - 12 800 ISO. | Nikon D810  test review bruit électronique, 12800 ISO oscilloscope |

Les fichiers bruts

Nous mesurons également le bruit de fond du capteur en reconduisant le protocole de test précédent, mais dans le noir complet avec un bouchon sur l'objectif.

Le graphique ci-dessous représente la déviation standard (donc le bruit) pour les différents pixels colorés : rouges, verts, bleus, et verts. Pour simplifier les résultats, nous n'affichons ici les résultats que pour une des séries des pixels verts. Vous noterez le niveau très faible de bruit à 32 à 400 ISO. La courbe s'infléchit à partir de 6 400 ISO, valeur à laquelle le bruit devient problématique sur les fichiers JPEG également.

Nikon D810 bruit électronique fichiers bruts NEF

Exposition, RAW

Le Nikon D810 propose un nouveau mode d'exposition qui pondère les hautes lumières, un genre de mode à priorité haute lumière que l'on retrouve déjà sur certains boîtiers et notamment les Olympus depuis de nombreuses années. Ici, l'appareil analyse la scène et effectue une pondération sur les hautes lumières visibles. Ce mode est particulièrement efficace sur les sujets clairs qui se détachent bien sur un fond très sombre : une mariée par exemple, ou encore un artiste durant un concert ou un spectacle. Les quelques essais que nous avons réalisés montrent que ce mode donne de bons résultats dans ces conditions.

Le D810 propose un bracketing d'exposition sur 9 vues (pas de 0,5 ou 1 IL), ce qui est assez confortable. Il offre également un intervallomètre ainsi qu'une fonction pour réaliser de petits films accélérés à partir de photos.

Latitude d'exposition

Le capteur du D810 encaisse correctement les sous- ou surexpositions. Toutefois, lors d'un bracketing d'exposition sur +/-4 IL, nous n'avons pas pu restaurer les hautes lumières jusqu'à +2 IL avec DxO Optics Pro 9 : les hautes lumières sont déjà écrêtées et il est impossible de recouvrer tous les détails. Dans les basses lumières et à 64 ISO, il est beaucoup plus facile de les récupérer sans faire monter le bruit, et ce, jusqu'à -4 IL. On est dans un cas assez classique, le D810 ne présentant pas de résultats extraordinaires.

Nikon D810 latitude d'exposition Fichiers développés à l'aide de DxO Optics Pro 9.

Dynamique

Le D810 ne change pas particulièrement la donne au niveau de la dynamique du capteur. On notera juste qu'à 64 ISO, DxOMark mesure 14,76 IL, un record. Pour le reste, la courbe est pratiquement identique à celle du D800E, voire inférieure dans les bas ISO. Mais c'est sans doute le capteur offrant l'une des meilleures dynamiques du moment. Nikon D810

Mode vidéo

Les D800 et D800E furent vraiment les premiers reflex de Nikon à tenter de contrecarrer l'hégémonie du Canon 5D Mark II (et Mark III) sur le terrain de la vidéo (rappelons que Nikon fut le premier constructeur à implémenter la vidéo sur le D90).

Pour filmer avec un capteur 24x36, vous avez désormais un choix important avec le Nikon D810, le Canon EOS 5D Mark III et le récent Sony A7S

Sony A7s

Nikon D810 test : gestion du bruit électronique

Canon 5D Mark III face sans objectif

Nikon D810 Canon 5D Mark III Sony A7S
HDTV 1080 60p HDTV 1080 25p HDTV 1080 60p
(possibilité d'enregistrer en 4K Télé en 25p à l'aide d'un enregistreur numérique externe)
.MOV .MOV .MP4
40 Mbps 40 Mbps 50 Mbps
profondeur des couleur sur 8 bits profondeur des couleur sur 8 bits profondeur des couleur sur 8 bits
sortie HDMI non compressée sortie HDMI non compressée sortie HDMI non compressée
entrée micro / sortie casque entrée micro / sortie casque entrée micro / sortie casque
écran fixe écran fixe écran fixe
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Tout comme ses prédécesseurs, le Nikon D810 dispose d'une interface pour la captation sonore avec à la fois une entrée micro (mini-jack 3,5 mm) et une indispensable sortie casque pour le contrôle qualité. Naturellement, la sortie HDMI non compressée est également reconduite, ce qui permet de connecter un enregistreur externe pour une qualité vidéo supérieure (débit plus important) ou une retransmission en direct. Malheureusement et contrairement à certains boîtiers actuels, le D810 n'a pas la possibilité d'enregistrer les vidéos en 4K (télé, ciné).

Formats vidéo

Le Nikon D810 enregistre en PAL ou NTSC en transparence en proposant des cadences d'enregistrement en images pleines à 60 (59,940), 50, 30 (29,97), 25 et 24 (23,976) ips en HDTV 1080.

En HDTV 720, seules les cadences 60/50 ips sont disponibles. Le reflex enregistre des fichiers .MOV (MPeg-4) avec différents profils et débits.

En qualité High, les débits mesurés sont les suivants (pour une scène classique) :

  • 1080 60p : 36,5 Mbps, High@4.2
  • 1080 50p : 32 Mbps, High@4.2
  • 1080 30p : 20 Mbps, high@4.1
  • 1080 25p : 20 Mbps, high@4.1
  • 1080 24p : 20 Mbps, high@4.1

Dans tous les formats, la compression utilise les algorithmes CABAC et 2 images de référence. En qualité normale (HDTV 1080, 50p), le débit semble limité à 20 Mbps. Les autres paramètres de compression restent identiques. La sortie HDMI n'est pas compressée et vous pouvez enregistrer la vidéo (toujours en 4:2:0, 8 bits) sur un modèle externe avec des débits plus importants.

À noter : le D810 offre toutefois un débit largement supérieur aux 24 Mbps imposés sur le D800. Mais il aurait été intéressant de proposer un codec plus récent et plus efficace, similaire au XAVC-S de Sony, et ainsi capable de grimper à 50 Mbps ou des cadences plus rapides (120, 240 ips) afin de pouvoir réaliser facilement des ralentis fluides.

Enfin, notre plus grande déception tient sans doute à l'absence d'enregistrement au format 4K (télé, ciné) ; nous aurions également apprécié une plus grande diversité dans les formats. Ainsi, comme la plupart des reflex, le D810 ne propose pas l'enregistrement au format 2K spécifique au cinéma numérique (2048 x 1080 px). Au niveau de la compression, il n'y a toujours aucune option pour la compression intra image (AVC-Intra avec compression spatiale) qui compresse toutes les images de manière indépendante (pas de GOP, pas de compression temporelle).

Bon point malgré tout, le D810 permet de filmer en format FX (24x36) ou DX (APS-C) par un simple recadrage dans le capteur. Nous avions noté une perte de qualité notable sur le D800 et le D600. Avec le D810, le problème semble en partie résolu.

Par contre, la possibilité de filmer en 1920 x 1080 en 1 pour 1 (la zone de capture faisant réellement 1920 x 1080 pixels sans sous-échantillonnage), disponible sur le D4, n'est pas présente sur le D810. Certes, avec le D4 et son capteur de 16 Mpx, le facteur multiplicateur n'était que de 2,7x, alors qu'il atteint 4x avec le capteur surpixelisé du D810.

Assistance

Bonne nouvelle, le D810 intègre un zébra pour faciliter l'exposition. Le hic ? Il n'y a aucune indication de valeur et celle-ci n'est pas réglable (70 %, 90 %...). De surcroît, Nikon a totalement omis d'intégrer un système de focus peaking : pourquoi, mais enfin pourquoi ? Alors que la mise au point est justement la difficulté principale avec un 24x36 ? Bref. Si le D810 va dans la bonne direction, le chemin est encore long...

Précision

Ci-dessous, nous vous présentons différents extraits à 100 % (600 x 300 px) de vidéos tournées avec le D810 et un 35 mm f/1,8 (100 ISO à f/4 pour la prise de vue). L'image est très flatteuse et le piqué, impressionnant. Nous avons également ajouté pour comparaison un extrait réalisé avec le 5D Mark III, et le précision est supérieure.

Nikon D810

Canon 5D Mark III 1080 25p

Il est intéressant de noter que Nikon n'a que partiellement résolu le problème de qualité lors du recadrage en mode DX. Nous avions noté ce problème sur le D800 et le D600. Ici, l'extrait montre clairement des progrès, mais il est flagrant que l'image reste également moins piquée.

Nikon D810 vidéo crop DX

Nikon D600 test vidéo. Mode HDTV 1080 DX

Bruit électronique et hautes sensibilités

Outre la profondeur de champ réduite, l'intérêt d'un gros capteur en vidéo est la possibilité de grimper plus facilement en sensibilité ISO. Nous avons confronté le Nikon D810 au Canon 5D Mark III dans les mêmes conditions de lumière. Vous pouvez visualiser le résultat dans la vidéo ci-dessous.

Jusqu'à 1 600 ISO, les deux appareils délivrent des images assez similaires, mais dans les hautes sensibilités 6 400 / 12 800 ISO, le Canon prend nettement l'avantage, avec des clips beaucoup plus propres et un fourmillement nettement moins visible. Notez toutefois que le 5D Mark III sous-expose notablement la scène.

Rendu, dynamique

Pour améliorer la dynamique en postproduction, Nikon propose également un nouveau style d'image (Picture Control) FL (Flat) — ou uniforme en bon français. Comme son nom l'indique, il s'agit d'un style très neutre qui permet d'enregistrer à la fois dans les hautes et les basses lumières, mais qui nécessite un traitement sur ordinateur pour recouvrer un contraste plus naturel.

Au moment ou Sony propose un S-Log pour son A7S, on regrette que Nikon n'ait pas eu la même idée en proposant un gamma pour le retouche en postproduction.

Autofocus

La mise au point autofocus est toujours problématique sur les reflex et encore plus chez Nikon, qui ne propose ni système de corrélation de phase sur le capteur, ni de module spécifique de détection de constraste (type Micro 4/3) et encore moins d'optique à motorisation pas à pas. Au final, le D810 présente toujours un autofocus pas tâtonnements assez bruyant et lent. On préféra largement la mise au point manuelle et l'on revient toujours au même problème : pourquoi ne pas intégrer un système de focus peaking pour la faciliter ?

Rolling shutter

Le Nikon D810 est sujet au rolling shutter lors des déplacements rapides du boîtier notamment à 25p. Une augmentation de la cadence permet de limiter les effets. Notez que le D810 est un peu moins sensible que son concurrent direct, le Canon 5D Mark III.

Au final, en vidéo, le D810 nous laisse encore sur notre faim. La firme indique cependant vouloir rattraper son retard dans ce domaine. Si les avancées sont réelles et bienvenues, Nikon ne va pas encore assez loin et devrait proposer des fonctionnalités vraiment innovantes (un firmware de type Magic Lantern par exemple). Nous attendions la 4K, mais celle-ci n'est pas au rendez-vous, le format RAW non plus. Bref. Dans la mesure où Nikon ne fabrique par ailleurs pas de caméscopes, nous serions ravis de voir la firme prendre plus d'ampleur.

Verdict

Nikon D810 test review recommande

Disons le sans ambages, le D810 de Nikon est le reflex le plus agréable et le plus polyvalent à utiliser actuellement au catalogue.

Au premier abord, on pourrait croire qu'il s'agit d'une mise à jour mineure du D800, mais au final, les changements sont assez importants, même si le boîtier reste sur un capteur 24x36 à 36 Mpx.

Ainsi la prise en main est plus agréable, avec une poignée mieux dessinée et une ergonomie revue ; par contre, nous attendons toujours que Nikon propose un écran orientable (et pourquoi pas tactile) sur un modèle professionnel.

On regrettera également que Nikon ne fasse pas évoluer ses menus, qui restent assez fastidieux, et ne propose pas de nouvelle interface.

Vous apprécierez toutefois le niveau très élevé de personnalisation du boîtier.

La réduction du bruit au déclenchement était également très attendue, voilà qui est fait.

La finition à l'épreuve des intempéries est toujours là et le viseur, toujours aussi qualitatif (assez large, claire et confortable).

L'introduction d'un petit format RAW pour un capteur de 36 Mpx est également une bonne nouvelle : nous la réclamions depuis l'introduction du D800 ! Malheureusement, si l'idée est bonne, le résultat n'est pas encore assez abouti : il n'existe qu'un seul format à 9 Mpx (4 fois plus petit que l'image originale) et il n'est pas possible d'enregistrer à la fois une image RAW et RAW S. Un format intermédiaire à 18 Mpx aurait également été bienvenu.

En vidéo, nous avons apprécié les nouvelles fonctionnalités, notamment la possibilité de filmer en 60/50/30/25 et 24 ips, les zébras et l'entrée stéréo. Pourtant, nous restons sur notre faim avec l'absence de focus peaking, la limitation au HDTV 1080 (pas de 4K/2K) et à certains codecs de compression, tout en continuant à déplorer l'absence d'écran orientable.

La qualité d'image est presque irréprochable avec une définition record, une très belle plage dynamique et une gestion du bruit électronique remarquable. Que demander de plus. Le D810 devrait satisfaire un large panel de photographe du portraitiste en studio aux chasseurs d'images en pleine nature. La cadence rafale à 5 ips devrait également contenter la plupart des photographes, même ceux qui apprécient l'action. L'absence de filtre passe-bas permet de délivrer des images d'une extrême finesse, mais il faudra absolument s'équiper d'optiques de qualité pour tirer un réel profit de cette définition importante. Entre le D800E et le D810, les différences de précision sont à peine visibles. Notez bien que cette belle définition impose d'autres contraintes : le moindre mouvement du photographe est perceptible. Si sur un capteur 12 Mpx de petits décalages étaient invisibles, le D810 (tout comme les D800/D800E) est beaucoup moins tolérant. Il ne faut pas hésiter à photographier à des vitesses importantes pour limiter le flou de bougé.

Au niveau de l'autofocus, les apports sont moindres vis-à-vis des D800/D800E. Le module est précis, même en faible lumière, et l'option de collimateurs groupés peut avoir ses adeptes. Nous regrettons cependant que le module AF par détection de contraste soit toujours aussi indigent.

Au final, le D810 est le reflex 24x36 le plus abouti et le plus agréable du moment. Il reçoit aisément son recommandé.

Face à la concurrence

Nikon D80 test review

Nikon D800E

Si les deux boîtiers étaient au même prix, il n'y aurait aucune hésitation possible : le D810 est le meilleur choix.

Malheureusement ou heureusement, il n'en est pas ainsi et actuellement, un D800E se négocie aux environs de 2 800 €. Il existe donc un différentiel d'environ 400 € sur du matériel neuf et la différence peut facilement grimper à plus de 800 €. Une belle somme qui permettrait par exemple d'acheter une ou plusieurs optiques complémentaires. Bientôt, il ne sera plus possible de dénicher un D800E neuf et seules des "secondes mains" seront proposées. Au final, le D810 offre avant tout une rafale plus rapide, un déclenchement plus silencieux, un mode AF groupé intéressant ainsi qu'un mode d'exposition à priorité haute lumière. Pour le reste (piqué, dynamique), les deux boîtiers sont à égalité.

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Canon 5D Mark III test review

Canon 5D Mark III

L'affrontement avec le 5D Mark III est tout aussi inévitable que peu intéressant finalement.

Les photographes à la recherche de très haute définition opteront obligatoirement pour un D810, pour les autres, le parc optique déjà (et chèrement) acquis fera sans doute le reste.

Pour un premier achat, plusieurs questions peuvent se poser. Oui, le D810 propose une définition supérieure et un piqué "éblouissant". Mais, pour en profiter, il faudra s'équiper d'optiques de qualité, donc onéreuses. Le poids des fichiers peut également se révéler difficile à gérer (75 Mo pour un fichier brut...) pour le tri, la retouche, la sauvegarde et l'archivage. Côté vidéo, le D810 se rapproche du maître et le dépasse sur certains points, notamment un choix de cadences d'enregistrement plus large (60/50/30/25/24 ips). Le 5D Mark III dépasse le D810 d'une courte tête au niveau de la rafale (6 contre 5 ips), mais Nikon reprend la main avec un autofocus plus sensible en basse lumière et un mode groupé plutôt pratique.

Sony Store 2099,00 €

Sony A7 test review

Sony A7R

En termes de définition, le seul concurrent du D810 (hormis les moyens formats) est le Sony A7R qui n'est pas un reflex...

Ce COI (compact à objectif interchangeable) est, de fait, plus compact et plus léger (465 contre 980 g). Il est également bien moins cher, ce qui permet d'envisager l'achat d'optiques supplémentaires.

Parmi les petits "plus", on retiendra aussi la connexion Wi-Fi épaulée par une puce NFC.

L'une des principales différences se situe au niveau de la visée : le Sony A7R propose un viseur électronique. La visée est précise (dalle Oled 2,36 millions de points), mais reste un peu moins confortable que celle du reflex de Nikon. Notez que le Sony dispose d'un écran LCD orientable, bien pratique pour les cadrages décalés.

Le D810 prend l'avantage côté autofocus. Le système à corrélation de phase est plus réactif, en particulier en basse lumière et sur des sujets peu contrastés, et dispose de nombreuses options. Il est largement devant également au niveau de la rafale (avec suivi AF). Les amateurs de photo d'action s'orienteront donc de préférence vers le reflex.

En revanche, en vidéo ou visée sur écran, l'A7R l'emporte haut la main.

Le D810 a encore quelques avantages plaidant en sa faveur, comme un flash intégré et sa meilleure autonomie, assurée par sa batterie. Enfin, le parc optique est nettement plus complet chez Nikon que chez Sony.

+
  • Excellente restitution des détails : 36 Mpx et absence de filtre passe-bas.
  • Enregistrement vidéo 1080 à 60/50/30/25 et 24p.
  • Niveau électronique sur 2 axes visible dans le viseur ou sur l'écran.
  • Déclenchement beaucoup moins bruyant que le D800/D800E.
  • Possibilité de brancher un micro stéréo et un casque.
  • Sortie HDMI non compressée pour connecter un enregistreur externe.
  • Autofocus sensible en basse lumière. Groupes de collimateurs pour un suivi de sujet plus rapide.
  • Excellente gestion du bruit électronique jusqu'à 3200, voire 6400 ISO.
  • Très bonne prise en mains. Fabrication de haute volée.
  • Viseur optique 100% avec information en surimpression.
  • Flash intégré pour déboucher les ombres ou piloter des flashes distants sans fil (synchro au 1/250 s).
  • Fonctions d'exposition : HDR, intervallomètre, time-lapse, bracketing 9 vues...
  • Reconnaissance des visages en visée optique (toujours pratique).
  • Possibilité de photographier (et filmer) en mode DX (1,5x).
  • Connexion USB 3.0.
  • Vitre de protection de l'écran LCD.
  • Écran toujours non orientable et non tactile.
  • Pas de possibilité d'enregistrer en même temps des RAW et des S RAW.
  • Pas d'indication de niveau sur les zébras en vidéo.
  • Toujours pas d'assistance pour la mise au point en vidéo (focus peaking).
  • Autofocus par détection de contraste (vidéo, visée écran) encore trop lente.
  • Couverture AF un peu étroite en mode 24x36.
  • Pas de module GPS ou Wi-Fi intégré. Pas de connexion sécurisée pour le mode connecté.
  • Sortie HDMI en 8 bits seulement.
  • L'interface graphique ne s'adapte pas à l'orientation du boîtier.
  • Deux formats de cartes différents (SD et CF).
  • Toujours pas de logiciel gratuit pour photographier en mode connecté (200 € supplémentaires).
  • Joypad trop petit et un peu mou
  • Format raw (.NEF) propriétaire
Les prix
Nikon D810
Priceminister 2059,90 €
Miss Numérique 3199,00 € Voir l'offre
Fnac.com 3199,99 € Voir l'offre
Fnac.com 4189,79 € Voir l'offre
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