Caractéristiques

Nikon D80Le valeureux mais vieillissant Nikon D70 (annoncé au début de l’année 2004) n’avait subit qu’un léger lifting avec la sortie du D70s en avril 2005. Il aura fallu attendre la rentrée 2006 pour enfin découvrir le nouveau visage du successeur. Dans un premier temps, les plus impatients ont sans doute été déçus par le D80, appareil a priori assez banal et pour 1299 euros avec le nouveau AF-S 18-135 mm f/3,5-5,6, finalement assez cher. En terme d’innovations, Nikon n’a jamais revendiqué un statut de précurseur. La force de la marque japonaise a toujours été de produire des boîtiers de qualité en privilégiant les technologies qu’elle maîtrise parfaitement et le plaisir de photographier. Le D80 est le digne représentant de cette « philosophie ».

Si vous retrouvez bien un capteur décamégapixels, vous ne découvrirez donc (malheureusement) aucun système antipoussière sur le boîtier et encore moins de système de stabilisation mécanique ou numérique. La fiche technique du D80 ne semble pas très gaillarde face à uneconcurrence très mordante qui propose des appareils à la fois moins chers, bardés de nouveautés technologiques et disposant également d’un capteur à 10 millions de pixels.

Pourtant, une fois l’appareil en main, la « magie Nikon » opère et séduit immédiatement le photographe. Explications.

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Capteur CCD Sony 10,2 mégapixels, taille : 23,6 x 15,8 mm
Définition max 3872 x 2592 pixels
Objectif Monture F Nikon, kit 18-135 mm f/3,5-5,6
Stabilisation Non
Antipoussière Non
Obturateur Bulb, 30 s à 1/4000 s
Viseur Pentaprisme, couverture à 95%, grossissement 0,94x, verre de visée BriteView de type II
Autofocus Manuel, TTL par corrélation de phase sur 11 points (MultiCam 1000)
Mesure de la lumière Matricielle sur 420 segments
Correction d’exposition +/-2 Il par incrément de 0,5 ou 0,3 IL
Sensibilité 100, 125, 160, 200, 250, 320, 400, 500, 640, 800, 1000, 1250, 1600 ISO + Hi+1/3, Hi+2/3 et Hi+1
Flash intégré NG 13 à 100 ISO 50 mm, synchro 1/200 s
Ecran LCD 6,35 cm, 230 000 pixels
Format d’enregistrement JPEG, RAW, RAW+JPEG
Support d’enregistrement SD
Connexion USB 2, vidéo, télécommande
Alimentation Batterie Nikon EN-EL3e
Poids Avec carte et batterie et 18-55mm : 1050 g
Dimensions Avec 18-135 mm : 14 x 10.6 x 15.2 cm

Tout en gardant un abord grand public (interface simplifiée), le D80 dispose de certaines caractéristiques directement héritées du boîtier semi-professionnel D200 : autofocus MultiCam 1000 rapide et précis, pentaprisme avec un grossissement à 0.94x, module d’exposition 3D couleur II.

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Prise en main

Nikon D80Si le D80 est le successeur du D70, c’est avec le D50 de la marque que ce premier a le plus de similitudes. Selon nos mesures, les proportions du D80 et du D50 sont quasiment identiques et donc largement inférieures à celles du D70. Le châssis métallique est sans doute similaire et seul le moulage plastique (polycarbonate) de la coque est légèrement différent. La poignée est, par exemple, un tout petit peu plus courte. Ce rétrécissement n’est guère préjudiciable et l’appareil tient parfaitement en main. Toutefois, on est effectivement loin de la prise en main plus « sérieuse » du D70, mais le gabarit plus ramassé du D80 est également plus maniable tout en restant confortable. Le revêtement est également très agréable et ressemble à s’y méprendre à celui qui équipe déjà le D70. L’impression globale de fiabilité et de robustesse est renforcée par le poids de l’appareil. Avec plus d’un kilo (1050 g) avec le 18-135 mm vissé, le D80 présente un rapport masse/volume qui inspire confiance.

Les Nikon D80 et D50 sont bâtis sur les mêmes châssis. Leurs dimensions sont quasiment équivalentes.

Les objectifs

Nikon D80Le D80 est disponible en deux versions. La première comprend un boîtier accompagné d’un DX AF-S 18-70 mm f/3.5-5.6
que nous connaissons déjà depuis le lancement du D70. Ce zoom est d’excellente qualité, il est doté d’une motorisation
ultrasonique (SWM) et d’une très belle fabrication. Cette optique permettra de profiter pleinement des capacités du
capteur à 10 millions de pixels du D80. L’autre zoom peut paraître encore plus alléchant par sa plage focale plus
importante. En effet, le second kit est constitué d’un DX AF-S 18-135 mm f/3.5-5.6 encore plus polyvalent (équivalent
à un 27-202.5 mm en 24 x 36). Nikon marque encore ici quelques points face à la concurrence qui ne propose au mieux
que des modèles équivalents au 17-70 mm et plus généralement des plages focales plus restreintes à l’image du 18-55 mm
de Canon. La fabrication est peut-être un cran en dessous du 18-70 mm, tout en restant plus que correcte. La qualité
des images est également très satisfaisante, même si comme nous le constaterons plus loin en étudiant
les images, la distorsion est assez marquée. La gamme des objectifs Nikon Nikkor est très large et le D80 est compatible
avec 45 objectifs AF de la marque dont 8 DX (uniquement numérique). Bien sûr, vous pouvez également utiliser les objectifs
des marques Tamron ou Sigma qui proposent des alternatives moins onéreuses et souvent très performantes.

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Interface

Nikon D80La mise en route du D80 s’effectue traditionnellement en faisant tourner la couronne placée autour du déclencheur. Un emplacement assez judicieux, puisqu’il permet d’être immédiatement prêt pour déclencher. Notez que cette couronne commande également l’éclairage du petit écran LCD afin d’effectuer quelques réglages dans l’obscurité. Le D80 est très prompt à l’allumage et disponible pratiquement immédiatement. Il faut moins d’une demi-seconde (0.3 s) avant de pouvoir déclencher, ce qui est très appréciable. Le réveil du mode veille est également quasiment instantané.

Interface

Comparé au D50, l’arrière du D80 semble ne pas avoir changé. Si vous observez plus attentivement, vous vous apercevrez toutefois que si la disposition des touches n’a pas été modifiée, les affectations, elles, sont différentes. Ainsi, la touche « poubelle » initialement située en bas à droite migre totalement à l’opposé (haut gauche) et remplace la commande du moteur d’entraînement. Le bouton « OK » de validation trouve donc un tout nouvel emplacement isolé du reste des commandes au centre du boîtier. Sur le côte, les touches WB (White Balance) et ISO sont simplement inversées. On notera surtout l’apparition des deux touches «+» et «-» du zoom qui apportent un indéniable confort d’utilisation. Pour le reste, Nikon propose un classicisme rassurant : 2 molettes de réglage (l’une à l’avant de la poignée et l’autre facilement accessible par le pouce à l’arrière) pour modifier l’ouverture et la vitesse en mode M. Détail qui peut avoir de l’importance pour certains, vous pouvez assigner la vitesse d’obturation ou l’ouverture à la molette de votre choix. Le barillet de sélection du mode d’exposition et des programmes résultats est toujours situé à gauche de l’appareil. Ici, peu de nouveauté, vous retrouverez les modes P,A,S,M et tout automatique vert accompagné des désormais habituels modes programmes Portrait, Paysage, Macro, Sport, Paysage de nuit et Portrait de nuit. Le côté droit du D80 est largement occupé par l’écran LCD monochrome de contrôle. Beaucoup plus imposant que celui du D50, il est toutefois bien inférieur à celui présent sur le D200, mais il comporte un nombre impressionnant d’informations qu’il serait ici assez fastidieux d’énumérer. Toutefois, il convient de préciser que certaines options manquent encore à l’appel ou sont beaucoup trop imprécises. Ainsi, la sensibilité n’est toujours pas affichée de manière constante sur l’écran. Il faut pour cela activer la fonction par une autre touche. Si la correction d’exposition est bien indiquée par le symbole +/-, vous n’avez aucune indication sur sa valeur. Il est vraiment dommage que ces informations assez importantes en photographie numérique soient ignorées.

Vous retrouverez regroupés intelligemment sur le haut de la poignée les 4 paramètres les plus couramment utilisés (mesure de la lumière, correction d’exposition, mode AF et moteur d’entraînement). Il ne manque que la sensibilité pour être véritablement complet. Les deux boutons AF et Drive (moteur d’entraînement) sont toutefois placés trop proche du flan de l’appareil et leur activation par le pouce ou par l’index n’est vraiment pas aisée et oblige à une contorsion. Un placement plus à l’arrière, pour une activation avec le pouce aurait été sans doute plus pratique. Le flan gauche de l’appareil dispose également de certaines commandes dont le flash et le bracketing. Ce dernier permet de modifier la séquence de prise de vue de 3 vues (inchangée, négative et positive) à 2 vues (inchangée + positive ou inchangé + négative). Le réglage concerné par le bracketing doit être sélectionné dans le menu dans lequel vous pouvez opter pour l’exposition, l’exposition et le flash et la balance des blancs. Quant à l’écran, il s’est magnifiquement étendu pour atteindre la taille respectable de 6.35 cm de diagonale et une définition de 230 000 pixels. Des caractéristiques devenues un standard sur les autres reflex décamégapixels.

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Menus

Nikon D80Protégé par un panneau amovible en plastique, l’écran LCD du D80 est somme toute assez classique. D’une diagonale de 6,35 cm, il présente une définition de 230 000 pixels. La qualité d’affichage est remarquable et les angles de vision assez larges. Sur son nouveau boîtier, Nikon reconduit ses menus traditionnels mais malheureusement ceux-ci ne sont pas vraiment intuitifs. Le nombre d’options étant assez élevé, la navigation par onglets semble être incontournable. Toutefois, la segmentation des paramètres n’est pas vraiment évidente. Le premier menu "Prise de vue" devrait logiquement contenir les paramètres relatifs à la prise de vue (autofocus, système flash, mesure de la lumière…). Or il permet d’accéder aux réglages du rendu des images (optimisation des images) qui, eux, auraient plus leur place dans le menu "Réglages personnalisés". Concernant le rendu des images, Nikon est loin de rivaliser avec les Styles d’image proposés par Canon sur son 400D.

Bien sûr, il est possible de jouer sur les valeurs de netteté et de saturation, mais vous ne pourrez pas modifier facilement les teintes des images. Pour cela, vous devrez activer le mode "Personnalisé" qui offre beaucoup plus de latitude. La mise en œuvre est également moins souple que chez Canon. Sur le 400D par exemple, vous pouvez utiliser différents styles d’image (portrait, paysage) personnalisables par une simple pression à l’arrière du boîtier. Le Nikon D80, lui, n’offre qu’un seul style personnalisé qu’il faudra laborieusement modifier via le menu pour s’adapter aux différentes situations. Sur l’ergonomie des menus, Nikon devrait sans doute s’inspirer de la concurrence comme l’excellent système de sélection à l’écran que propose Olympus à la fois sur le E-500 ou le E-400. Pour l’instant, Nikon se contente de proposer une option de personnalisation des menus qui permet de réorganiser les commandes selon ses besoins. C’est certes pratique, mais cela nécessite un investissement en temps. La fonction d’aide est toujours présente et se propose d’illuminer vos connaissances sur les différentes options proposées. Le D80 dispose à la fois d’un histogramme d’exposition et de 3 histogrammes RVB pour mieux juger de la saturation des couleurs. Le menu Retouche s’étoffe de quelques nouveautés. L’avantage du menu est d’appliquer des modifications sur une prise de vue déjà réalisée tout en créant un nouveau fichier. Vous retrouverez donc les désormais classiques D-Lighting pour rehausser les valeurs dans les zones trop denses et la correction des yeux rouges. Un menu filtre propose deux options : Skylight et filtre chaud. Vous pouvez également modifier la teinte générale d’une image à l’aide d’un filtre coloré. Nikon propose également une fonction de recadrage. Malgré l’intérêt qu’elle peut représenter, elle est frappée d’une sérieuse lacune qui la rend pratiquement inutilisable. En effet, le recadrage redimensionne la photo en 2560 x 1920 et donc dans des proportions 4/3 alors que l’image initiale est au format 2/3. Même remarque pour la fonction mini-photo qui impose un format 4/3 aux images. Le D80 intègre également une fonction de diaporama avec de nombreuses transitions (zooms et musique) pour une diffusion soit sur l’appareil soit sur un écran de télévision via la prise idoine.

Balance des blancs

Dans ce domaine, le D80 ne présente pas d’innovation. Vous retrouverez donc la balance des blancs automatique et
six pré-réglages : incandescent, fluorescent, lumière du jour, flash, nuageux et ombré. Il est également possible
d’effectuer une balance des blancs manuelle et de modifier la température des couleurs entre 2500 K et 9900 K. Ce
dernier mode est assez frustre, puisqu’il s’agit uniquement de choisir la température dans une liste sans pour autant
pouvoir vérifier le résultat directement sur une image.

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Logiciels

Le reflex Nikon est livré avec un seul logiciel complet PictureProject 1.5 qui permet à la fois de classer et de visualiser ses images. Les fichiers Raw du D80 seront automatiquement développés selon les données enregistrées dans les Exifs. Vous ne pourrez donc pas travailler correctement vos Nef. Pour cela, vous devrez investir quelques 149 euros supplémentaires pour acquérir le nouveau Capture NX (Windows et Mac OS, optimisé pour la plateforme Intel). Sachant que ce logiciel est avant tout optimisé pour traiter les fichiers issus de boîtier Nikon, il est fort regrettable que Nikon oblige ses utilisateurs à débourser une telle somme juste pour exploiter les images réalisées avec un reflex de la marque. C’est d’autant plus dommage que PictureProject reste assez limité notamment dans les notations IPTC ou tout simplement dans les corrections des distorsions propres aux objectifs Nikon. Toutefois, si vous travaillez en Raw (nef), l’achat de Capture NX semble incontournable tant le logiciel est performant pour améliorer la qualité des images. La nouvelle fonction "U-point" permet un contrôle très précis de la retouche et un gain de temps certain. Capture NX n’est pas pour autant exempt de défauts, le plus important étant sans doute l’absence d’outil tampon pour éliminer les petits défauts. Pour cela, vous devrez utiliser encore un autre logiciel.

Nion Capture NX

Pour tirer le maximum de ses fichiers Raw, il est presque indispensable d’acquérir Capture NX. A 149 euros, l’achat n’est pas anodin. Vous pouvez également jeter un coup d’œil à DxO, Adobe Lightroom, Apple Aperture ou Bibble pour développer vos images. Attention, Capture NX nécessite un ordinateur assez puissant.

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Alimentation, stockage

Nikon D80Avec la sortie du D50, Nikon a clairement choisi le camp de la carte mémoire au format SD sur sa gamme de reflex grand public. Une orientation renforcée par le D80 qui utilise également le format SD contrairement au D200 resté fidèle à la Compact Flash. Les possesseurs de D70 ou D70s qui voudraient passer au nouveau décamégapixels seront donc obligés de renouveler leur stock de cartes mémoire. Si Nikon avait pu prétendre à une transition plus douce en intégrant également un lecteur CF, ce parti pris a au moins l’avantage d’accélérer la migration.

Adieu cartes Compact Flash ! Sans cartes SD, point de salut. À noter que le D80 est compatible avec la norme SDHC qui permettra d’utiliser les prochaines cartes mémoire de 32 Go !!

La nouvelle batterie EN-EL3e limite la compatibilité au seul D200

Bonne nouvelle. Contrairement au Nikon D70, le D80 peut être équipé d’un grip d’alimentation MB-D80.

Alimentation

La politique de Nikon est assez étonnante. Même si la nouvelle EN-EL3e ressemble à s’y méprendre aux batteries du D50 et D70, ce nouveau modèle est en fait incompatible avec les anciens. Impossible donc d’utiliser ses anciennes batteries avec le D80 et seuls les possesseurs de D200 pourront échanger facilement leurs batteries. En effet, une nouvelle puce intégrée permet de détecter l’authenticité de la batterie. Un procédé qui limite également la production de batteries par des sociétés tierces. Un problème qui ne serait pas trop grave si Nikon arrivait à produire suffisamment d’accumulateurs. Car la batterie est souvent introuvable dans le commerce et une fois de plus c’est le consommateur qui est victime des protections.

Quoi qu’il en soit, la durée de vie de la batterie est excellente et l’on dépasse facilement le millier de clichés avec une seule charge. En outre, les indications sur l’état de la batterie sont beaucoup plus précises. Le chargeur du D80 est relativement discret et délivre des accumulateurs pleins en moins de deux heures.

Pour les voyages loin de toute source d’électricité, n’oubliez pas le grip d’alimentation (le D70 n’en était pas équipé) MB-D80 qui peut accueillir soit deux EN-EL3e soit six batteries/piles au format AA. Ce grip dispose également de deux molettes, d’un déclencheur et d’une commande de mémorisation AE-L/AF-L pour une utilisation plus confortable en position verticale.

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Flash

Nikon D80La mesure de la lumière est également le domaine de prédilection de Nikon. Sur le D80, nous retrouvons les algorithmes de mesure matricielle "couleur 3D II", également présent sur les boîtiers professionnels de la marque. Sur le D80, les algorithmes se basent sur la mesure d’un capteur à 420 segments (pour mémoire, le D70 comportait une cellule à 1005 segments de mesure). En mode matricielle, l’analyse de la scène prend en compte de nombreux paramètres comme la couleur (une exclusivité Nikon), la luminosité générale de la scène, ainsi que le contraste. Si l’objectif le permet (un objectif AF D est nécessaire), l’algorithme prend également en compte le collimateur AF sélectionné, la distance du sujet ainsi que la focale utilisée. Tous ces éléments sont alors analysés et comparés à une banque de données riche de 30 000 cas représentatifs afin d’adapter au mieux le couple vitesse / diaphragme. Le D80 dispose également de modes moins automatiques comme la mesure pondérée centrale (le système pondère alors 75% de la mesure sur un cercle de 6, 8 ou 10 mm de diamètre par rapport au centre de l’image). Quant à la mesure spot, elle pondère 100% de la mesure sur un cercle de 3.5 mm de diamètre situé autour du collimateur AF actif. Si le D70 avait une nette tendance à la sous exposition, le D80 dispose d’une mesure de la lumière beaucoup plus fidèle.

Nikon D80Le Flash

Le SB-600 est un flash « cobra » externe abordable qui peut être piloté à distance par le flash intégré au D80.

Le flash intégré du D80 a un nombre guide de 13 à 100 ISO et se déploie automatiquement en cas de besoin (pop-up) ou manuellement. Le système i-TTL de Nikon est disponible sur tous les reflex numériques de la marque. Rappelons que ce système permet une meilleure exposition du sujet principal et de l’arrière-plan. Les pré-éclairs pilotes (utilisés pour la mesure d’exposition) sont émis avant le relèvement du miroir pour être directement analysés par la cellule matricielle à 420 segments. Toutes ces opérations sont très rapides et les deux pré-éclairs (pour le sujet principal et pour l’arrière plan) sont pratiquement imperceptibles et sont généralement confondus avec l’éclair définitif du flash. En mesure matricielle, les algorithmes tiennent également comptent de la distance de mise au point pour une appréciation plus juste de l’exposition. L’obturateur mécanique du D80 permet une synchro flash au 1/200 s. Pour les fill-in à contre-jour, il faudra opter pour le mode flash stroboscopique (FP) qui permet de déclencher au flash jusqu’au 1/4000 s. La correction de la puissance du flash s’effectue de -3 à +1 par paliers de 1/3 IL. Le flash intégré fonctionne selon 6 modes de prise de vue : forcé, désactivé, réduction des yeux rouge, réduction des yeux et synchro lente, synchronisation sur le second rideau. Le système CLS (Creative Lighting System) d’éclairage créatif de Nikon permet de piloter à distance et sans fil, différents flashs (ou groupes de flashs) à partir du flash intégré au boîtier. Il est donc possible avec quelques flashs externes de créer des éclairages très sophistiqués. C’est un véritable atout pour monter un petit studio léger et rapide à mettre en place.

Mode rafale

Annoncée à 3 images / seconde sur environ 100 vues, la vitesse rafale devait être équivalente à celle du Canon 400D. Nos tests montrent effectivement une rafale à 3 images / s sur 13 vues (JPEG fin), le rythme tombant à 2.5 images / s au-delà. Le nombre de vue semble limité à la taille de la carte mémoire. En mode Raw (Nef), la rafale est toujours à 3 images / s sur 6 vues. Sur ce point, le Canon EOS 400D est donc plus résistant et présente une cadence identique sur davantage de vues à la fois en mode JPeg et Raw. Comme pour le 400D de Canon, une rafale plus rapide sur moins de vues serait plus appréciable, notamment pour la photo sportive.

En mode Raw, sur les 6 premières images, la cadence moteur atteint 3 images / s. Avec le système autofocus continu, il est très facile de suivre un sujet en déplacement.

Nikon D80 et 18-135 1/640 mm f/5

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Visée, autofocus

Le dégagement oculaire du viseur est très agréable et permet aux porteurs de lunette de viser correctement. Il dispose en outre d’un correcteur de dioptrie.

Le système autofocus se répartit en 11 zones disposées en forme de losange.

Pour découvrir l’une des bottes secrètes de Nikon, il suffit de glisser un œil dans le viseur. C’est presque un miracle sur cette gamme de produit. Le viseur est (enfin) large et lumineux. Les caractéristiques ne sont pas extraordinaires et, avec un grossissement de 0.94x et une couverture de 95% du champ aussi bien horizontal que vertical, ce viseur est somme toute assez classique. Pourtant, comparé aux Sony Alpha 100 et Canon EOS 400D, c’est une véritable fenêtre sur le monde qui s’offre à vous dans le viseur du D80. Le pentaprisme offre également une très bonne visibilité avec un viseur à la fois clair et précis (BriteView). Si vous avez déjà essayé le Nikon D200, vous retrouverez exactement les mêmes (bonnes) sensations, puisqu’il s’agit du même viseur. Un vrai régal lorsque vous quittez le nouveau reflex de Canon. Les bonnes surprises ne s’arrêtent pas là. Depuis le D70, Nikon permet la surimpression de nombreuses informations et notamment du quadrillage de visée à la demande grâce à une couche LCD, une exclusivité Nikon. Le D80 prévient le photographe de l’absence de carte, du niveau de batterie et du fonctionnement éventuel du mode noir & blanc. Le bandeau d’informations situé en bas du viseur est également très complet avec toutefois quelques lacunes comme l’absence d’indication de la sensibilité et de la balance de blancs.

Autofocus

Deuxième atout du D80, le système autofocus n’est autre que le MultiCam 1000 qui équipe déjà le D200. Il dispose de 11 collimateurs microgravés disposés en forme de losange qui couvrent une large surface du viseur. Les 10 collimateurs périphériques sont linéaires alors que le segment AF central est en croix. Ce dernier est donc plus réactif aussi bien sur des sujets horizontaux que verticaux. Le MultiCam 100 offre d’excellentes performances même dans des conditions lumineuses délicates.

Le module AF du D80 offre de nombreuses options. Vous pouvez opter entre 3 modes AF : AF-S (Single, pour une mise au point unique sur un sujet immobile), AF-C (Continu, le module effectue le point sur un sujet en mouvement tant que le déclencheur est appuyé à mi-course) et enfin AF-A (Automatique, qui agit comme un AF-S tant que le sujet est immobile et bascule en AF-C dès le moindre mouvement). Nikon utilise un algorithme de mise au point prédictif assez performant qui analyse en continu les mouvements du sujet et permet d’anticiper la mise au point au déclenchement. Le mode de zone AF est également paramétrable. Le mode sélectif permet de choisir le collimateur (via le pad multidirectionnel) qui devra être utilisé pour effectuer le point, le mode dynamique permet d’élargir la mise au point aux autres collimateurs si le sujet venait à bouger. Enfin, en mode automatique, c’est l’appareil qui estime le meilleur collimateur afin d’effectuer la mise au point.

Parmi les nouveautés présentes sur le D80, vous noterez l’apparition d’une zone AF centrale étendue couvrant une plage plus importante. Enfin, les algorithmes de pilotage des moteurs AF de l’objectif ont été également améliorés. Le module AF est soutenu par une lampe d’assistance qui illumine la scène afin de faciliter le point. Cette lumière blanche est certes assez perturbante, elle est néanmoins beaucoup plus discrète que les éclairs de flash utilisés par l’E-400 d’Olympus ou par le 400D de Canon.

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Précision, colorimétrie

Si la présence d’un meilleur viseur, d’un meilleur autofocus, d’un meilleur traitement du bruit électronique ne parvient pas à décider un possesseur de D70 a évoluer vers un D80, il sera peut-être séduit par le capteur à 10 millions de pixels. Celui-ci offre une définition de 3872 x 2592 pixels contre 3008 x 2000 pixels pour le D70. Au final, les clichés du D80 sont plus grands et présentent plus de détails. Bien sûr, l’augmentation du nombre de pixels permet également de recadrer les images plus facilement et avec moins de perte.

  • 1/125 s, f/5.6, ISO 200. Nikon D70 - 18-135 mm
  • 1/80 s, f4, ISO 200. Nikon D80 - 18-135 mm

On aperçoit facilement les limites du capteur à 6 millions de pixels. Les détails sont moins nombreux notamment sur l’écorce de la plante à droite.

Zoom DX AF-S 18-135 mm f/3,5-5,6

Si le DX AF-S 18-70 mm est maintenant bien connu et reconnu pour ses qualités optiques, le DX AF-S 18-135, lui, est une nouveauté. Ce zoom est vraiment intéressant par sa plage focale assez étendue. De ce point de vue, Nikon est vraiment en avance sur son principal concurrent qui ne livre son 400D qu’avec un très court 18-55 mm. Il faut se tourner vers d’autres fabricants comme Sigma ou Tamron pour avoir une offre équivalente. Nos premiers essais montrent que l’optique se comporte plutôt bien. Confronté au 18-55 mm de Canon, le zoom de Nikon délivre des images plus contrastées et affiche un meilleur piqué.

  • Nikon D80 et 18-135 mm f/5
  • Canon 400D et 18-55 mm f/5.6
  • Détail à 100% Nikon D80 avec 18-135mm
  • Détail à 100% Canon 400D avec 18-55 mm

Comparée au 18-70 mm, la nouvelle optique n’est pas ridicule, loin de là. Les deux images sont assez proches et parfois, le 18-135 mm s’offre même le luxe d’un meilleur contraste.

  • ![](/articles/3/Nikon D80 avec un 18-135 mm.jpg)Nikon D80 avec un 18-135 mm
  • ![](/articles/3/Nikon D80 avec un 18-70 mm.jpg)Nikon D80 avec un 18-70 mm
  • Détail à 100% D80 avec 18-135 mm
  • Détail à 100% D80 avec 18-70 mm

Toutefois, le 18-135 mm présente une belle distorsion en grand-angle et en télé. Le problème est connu de Nikon puisque cette distorsion peut être aisément corrigée avec Nikon Capture. Toutefois, avec PictureProject, cette manipulation est impossible.

Ces photos permettent également de mettre en évidence la présence d’aberration chromatique le long des grilles en grand-angle. Ce défaut optique est toutefois relativement contenu. Les aberrations chromatiques se caractérisent par des liserés rouges et verts de part et d’autre de la grille.

  • Aberrations chromatiques
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Gestion du bruit électronique

L’intégration de plus de 10 millions de pixels sur une surface toujours aussi réduite (23.6 x 15.8 mm) pouvait laisser envisager le pire. Force est de constater que les algorithmes de traitement du bruit électronique et les capteurs ont fait d’importants progrès. Non seulement les reflex actuels s’aventurent dans des sensibilités rarement explorées (3200 ISO), mais les images produites sont globalement de bien meilleure qualité. Les images du D80 sont parfaitement exploitables jusqu’à 800 ISO. Au-delà, le grain est présent, mais assez contenu. Le D80 possède un mode de sensibilité baptisé Hi qui permet d’atteindre 3200 ISO par paliers de 1/3 d’IL

Nikon D80

Nikon D80

Jusqu’à 400 ISO, les images sont très propres avec une granulation très faible. 800 ISO marque toutefois les limites du capteur. Au-delà de cette sensibilité, la granulation se fait plus importante. Vous remarquerez toutefois que le bruit chromatique (pixels colorés) est vraiment bien maîtrisé et seul le moutonnement, caractéristique du bruit de luminance, reste réellement perceptible. Les progrès réalisés par Nikon sont considérables. À titre de comparaison, voici les mêmes clichés réalisés avec un D70.

Nikon D70

Les résultats sont sans appel. Même avec des photosites plus grands (le D80 « entasse » 10 millions de pixels, contre 6 pour le D70 sur la même surface de capteur), le D70 affiche des images beaucoup plus bruitées. Au passage, vous noterez la sous-exposition caractéristique du D70 par rapport au D80. Pour plus de confort, Nikon propose une montée en sensibilité par 1/3 d’IL. Ces résultats sont très encourageants et prometteurs pour les années à venir. Ces bons résultats sont également importants, car les optiques livrées en kit sont malheureusement assez peu lumineuses (f/3.5) et vous devrez souvent recourir à des valeurs assez élevées de sensibilité.

Vous pouvez également comparer la montée en bruit sur le D80 avec les images prises sur notre banc d’essai.

Nikon D80

Difficile de résister à la tentation de mesurer les performances du D80 face à l’éternel rival Canon EOS 400D.

Dans le traitement du bruit numérique, les résultats obtenus par Canon forcent le respect. Comme le D80, les images sont exploitables jusqu’à 800 ISO sans retouche. Au-delà, le grain est présent. En comparant les deux images, il semble que le cliché du 400D soit légèrement plus propre que celui du Nikon D80. Dans tous les cas, la différence ne sera visible que sur un tirage de très grande taille ou sur un sévère recadrage.

Avec un logiciel de traitement du bruit numérique et avec une perte (légère) de détail, il est possible d’atténuer encore le moutonnement. Ci-dessous, les résultats obtenus avec DxO sur des fichiers JPEG.

DxO ne réduit pas vraiment le moutonnement présent sur les JPEG. Le logiciel interne au D80 travaille déjà très bien.

DxO gagne un peu de matière, mais au prix d’un temps de traitement qu’il est bon de prendre en compte si vous voulez traiter une importante série de fichiers. Avec des fichiers Raw, DxO obtient parfois de meilleurs résultats. Cependant, dans la plupart des cas, c’est avec le traitement interne au D80 du bruit numérique que les résultats sont les meilleurs. Pour bien mesurer l’ampleur du travail accompli par le D80, consultez le fichier Raw ci-dessous.

La réduction du bruit numérique en mode JPEG peut être modulée sur 3 niveaux : bas, normal, élevé.

Le mode "Low" n’apporte pas beaucoup de changement et le bruit électronique est toujours bien présent sur le cliché. En mode "Normal" (par défaut), le bruit est nettement diminué surtout au niveau des pixels colorés aberrants. Les détails sont toujours visibles. Sur "High" la réduction du bruit est effectivement encore plus importante, mais le lissage vient également gommer les détails. Pour une utilisation à 3200 ISO, le mode "Normal" reste toutefois acceptable. Pour sauver un cliché, le "High" est également une solution, pour conserver une ambiance sans trop sacrifier les détails.

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Exposition, RAW

Le zoom permet une distance de mise au point de 45 cm. Le 18-135 mm ne se situe clairement pas comme un objectif macro, toutefois en jouant avec le zoom, il est possible d’obtenir des plans assez rapprochés.

  • Mise au point à 458 cm en télé

Exposition

Sur le D70, la mesure matricielle avait une nette tendance à sous-exposer les images. Un choix délibéré qui permet au boîtier de ne pas « brûler » trop rapidement les hautes lumières. Malgré un capteur moins généreux (420 photosites contre 1005 sur le D70), la cellule du D80 expose beaucoup plus justement.

  • 1/125 s, f/5,6, ISO 110, mesure matricielle
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Exemples de photos


1/100 s, f/5, ISO 200


1/400 s, f/10, ISO 3200

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1/80 s, f/4,5, ISO 200 |
1/30 s, f/3.5, ISO 1600 |


1/80 s, f/3.3, ISO 1600, correction expo +0.7


1/400 s, f/10, ISO 100


1/160 s, f/5, ISO 640

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Verdict

Nikon D80Le Nikon D80 n’apporte sans doute pas les avancées technologiques dont rêvaient certains nikonistes. Pas de stabilisateur (vente d’objectifs stabilisés VR oblige) et surtout pas de système antipoussière que pouvaient espérer le photographe confronté tous les jours avec les poussières.

Pourtant, équipé d’un kit de nettoyage « manuel », le photographe trouvera avec le D80 des sensations qu’il avait pu oublier avec les autres boîtiers grand public, en commençant par un vrai plaisir à la visée. La bonne ergonomie du boîtier, son viseur large et clair, l’autofocus vif et précis et la bonne qualité générale des images constituent des atouts qui permettent au D80 de faire au moins jeu égal avec ses concurrents voire de dépasser le 400D de Canon et même le tout nouveau Alpha 100 de Sony.

Certes le Nikon D80 n’est pas aussi bon pour le traitement du bruit numérique que le Canon 400D. Certes le D80 n’a pas de stabilisateur mécanique comme le Sony Alpha 100. Cependant, ce Nikon apparaît néanmoins comme un reflex bien équilibré, facile et surtout très agréable à utiliser. Une belle synthèse entre le D70 trop limité techniquement et le D200 trop complexe à mettre en œuvre pour un débutant.

Si Nikon a brillamment relevé les défis du 400D et de l’Alpha, reste à affronter l’étonnant Pentax K10D, le minuscule Olympus E-400 et le très singulier Sigma SD14.

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+
  • Rotation automatique des images
  • Viseur large (0.94x) et clair
  • Affichage du quadrillage de visée
  • Belle fabrication et bonne ergonomie du boîtier (2 molettes de réglage)
  • Rendu global des images très satisfaisant
  • Ecran LCD de bonne qualité
  • Système Autofocus très performant
  • Excellente gestion du bruit numérique jusqu’à 800 ISO
  • Réglage de la sensibilité par 1/3 d’IL
  • Grip optionnel pour augmenter l’autonomie de l’appareil
  • Bonne autonomie de la batterie
  • Protection de l’écran LCD
  • Zoom 18-135 mm polyvalent et performant
  • Pas de logiciel de dérawtisation livré
  • Pas de système antipoussière sur le capteur
  • Pas de système de stabilisation intégré au boîtier
  • Forte déformation du 18-135 mm en grand-angle
  • Pas de Styles d’image à la Canon
  • Pas d’information sur la sensibilité ou la balance des blancs dans le viseur
  • Ergonomie des menus à revoir
Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW.

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