CapteurCMOS 24 x 36 mm, 20,82 Mpx
MontureF
Optique livréeNA
Stabilisation/
Antipoussière-
Viseuroptique. Couverture de champ de 100%. Grossissement de 0,72x.
Flashnon
Écran8,1 cm. 2 360 000 points tactile
Mise au point153 collimateurs dont 99 croisés et 15 points sensibles jusqu'à f/8.
Modes autofocusAF, AF-S, AF-C et manuel
Mesures d'expositionCellule 180 000 points. Matricielle, pondérée centrale, spot
Modes d'expositionPSAM
Vitesse d'obturation30 à 1/8 000 s. Synchro flash 1/250 s
Motorisation12 ips avec suivi autofocus et mesure lumière. 200 vues en RAW 14 bits compression sans perte (XQD). 14 ips sans suivi AF (miroir relevé).
Sensibilité ISO50-102 400 ISO. Extensible à 3 280 000 ISO
Mémoiredouble emplacement CF ou XQD selon les modèles
AlimentationEN-EL18a
ConnexionUSB 3.0, HDMI type C, sortie casque, entrée micro stéréo, Ethernet, connecteur 10-pin, synchro flash, connecteur pour module Wi-Fi
Dimensions160 x 159 x 92 mm
Poids1 415 g (XQD version)
Logiciels/
Dans la boîte/

Caractéristiques

Nikon D5

Présentation

Annoncé en développement par Nikon le 18 novembre dernier, le D5 est officialisé en ce premier jour de CES 2016. Au programme, un autofocus revu en profondeur, un nouveau capteur très sensible, la vidéo 4K et une rafale à 12 i/s.

Un nouvel œil

Nikon a revu en profondeur les "entrailles" de son reflex professionnel en proposant un tout nouveau capteur 24x36 de 20,8 Mpx. La marque annonce avoir travaillé sur la reproduction des couleurs ainsi que la sensibilité et le traitement du bruit électronique. Et le résultat est plutôt... ébouriffant.

Si la plage de sensibilité s'étend de 100 à 102 400 ISO (presque du commun...), elle est extensible jusqu'à 3 280 000 ISO. Oui, plus de 3 millions d'ISO. Un chiffre ahurissant qui s'obtient en mode Hi 5, soit 10 IL de plus qu'en mode 3 200 ISO ! Au-delà de ce nouveau record, nous sommes en droit d'attendre une plage ISO standard de très bonne qualité. Nous sommes impatients de pouvoir juger sur pièce. Pour l'occasion, Nikon a même positionné la touche ISO sur le dessus de la poignée, en lieu et place de la touche Mode.

Nikon D5

Épaulé par un nouveau processeur de traitement des images Expeed 5, le capteur est capable d'enregistrer des images en JPEG, RAW (14 ou 12 bits avec ou sans compression) en 5 568 x 3 712 px, mRAW en 4 176 x 2 784 px et sRaw en 2 784 x 1 856 px. Le D5 dispose également d'un mode vidéo 4K Télé pour une captation en 3 840 x 2 160 px à 30, 25 ou 24p (.MOV, .H264). Attention, la durée d'enregistrement 4K (144 Mb/s) est limitée à 6 minutes, après quoi il faut relancer l'enregistrement. En vidéo, toute la plage ISO est utilisable.

En mode 4K, seule la partie centrale du capteur est utilisée pour l'enregistrement afin d'éviter les problèmes de moirage et d'aliasing. Revers de la médaille, il faudra appliquer un coefficient multiplicateur de 2,2x pour les optiques. L'enregistrement sur carte se fait en 8 bits 4.2.0 et en 8 bits 4.2.2 lorsque vous utilisez la sortie HDMI non compressée.

En mode HDTV 1080 (60/50/30/25/24p), il est possible de filmer en utilisant la totalité de la surface du capteur 24x36 ou de ne prendre en compte que la partie centrale du capteur.

Nikon D5 vidéo mode

Nouveau module AF et cadence en hausse

Le module autofocus, baptisé Multi-Cam 20K est également impressionnant avec pas moins de 153 collimateurs dont 99 en croix et 15 sensibles jusqu'à f/8. Renseignement pris, le collimateur central est sensible jusqu'à -4 IL et les collimateurs périphériques, jusqu'à -3 IL. Pour la première fois, un processeur est dédié à l'autofocus et comme sur les D3, D3s, D4 et D4s, le système de suivi autofocus est épaulé par la cellule de mesure de lumière.

reconnaissance de scène

Ce nouveau capteur dispose de 180 000 points pour déterminer la lumière, la balance des blancs, mais aussi des formes et des couleurs. Avec une telle définition, la reconnaissance des sujets et de leurs déplacements devrait être plus précise.

Nikon D5 autofocus

La surface de couverture AF est également revue à la hausse. Voilà qui devrait intéresser les photographes sportifs. Nikon rattrape également son retard en termes de cadence rafale en atteignant 12 i/s avec suivi autofocus et mesure de la lumière. Il se met au niveau du Canon 1D X et du Sony A77 Mark II. Comme le Canon, le D5 propose également un mode 14 i/s avec le miroir relevé, sans autofocus donc. Pour atteindre de telles cadences, Nikon a travaillé sur le mécanisme des miroirs avec une désynchronisation du miroir principal et du secondaire (autofocus).

Nikon D5 en deux !

Le D5 offre la possibilité de photographier jusqu’à 200 images au format NEF (RAW) ou JPEG Large lors d’une seule prise de vue en rafale avec une carte XQD. Il peut saisir par exemple l’intégralité d’un sprint sur 100 mètres sans que vous retiriez le doigt du déclencheur. Le boîtier dispose d'une mémoire tampon confortable, ainsi que de supports d'enregistrement rapides.

Deux variantes de D5 seront proposées :

  • soit avec 2 emplacements CF,

  • soit avec 2 emplacements XQD.

Ces dernières sont nettement plus rapides en écriture et en lecture.

Nikon D5 XQD ou CF

Écran tactile et communication améliorée

Le boîtier évolue également avec l'intégration (enfin !) d'un écran tactile. La dalle de 8 cm n'affiche pas moins de 2 360 000 points pour un meilleur rendu des détails. Il sera possible de faire le point en vidéo ou en mode Liveview directement sur l'écran, mais l'écran ne fera pas office de trackpad pour déplacer le collimateur AF en visée optique. Le D5 conserve le rétroéclairage de certaines commandes et les deux joysticks pour les collimateurs AF. Dommage que le joypad soit toujours aussi petit et peu pratique à utiliser.

L'écran tactile sera également très pratique pour annoter les images avant l'envoi aux agences. Le D5 se pare d'ailleurs d'une prise Ethernet plus rapide (400 Mb/s contre 175 Mb/s sur le D4) et un nouveau module Wi-Fi WT-6 est proposé en option. Lui aussi est donné comme plus performant avec un débit de 130 Mb/s contre 30 sur le précédent modèle. Le module WT-6 donne également accès aux réseaux qui nécessitent un mot de passe par un navigateur Internet.

Nikon D5 dos

Enfin, le D5 reconduit la batterie du D4, à savoir l'EN-EL18a (2 000 mAh), mais le nouveau reflex s'annonce moins gourmand en énergie puisque l'autonomie est annoncée à 3 780 déclenchements, soit un gain de l'ordre de 40 % !

Disponibilité et prix

Le Nikon D5 sera disponible à partir du mois de mars 2016 à 7 000 €. Un tarif largement en hausse, puisque le D4 était proposé à sa sortie à 5 800 €.

Notre premier avis

Difficile de se prononcer sur le D5 sans avoir pu essayer les nouveautés sur le terrain, mais il faut bien avouer que le reflex apporte un lot conséquent de nouveautés qui replace Nikon dans la course après un D4s en demi-teinte. Avec ce nouveau module autofocus (153 points), la sensibilité record à 3 280 000 ISO, l'enregistrement vidéo 4K, le D5 prend l'avantage sur le Canon 1DX. Mais attention, Canon n'a pas dit son dernier mot et une évolution de son modèle professionnel est sans doute à prévoir dans les mois à venir en prévision des JO. Un beau duel en perspective.

Caractéristiques

Test terrain jour 1

Pour tester les différents aspects du Nikon D5, nous avons demandé au photographe sportif Yonathan Kellerman de pendre en main le nouveau reflex professionnel lors d'une journée de shooting. Un temps trop court pour rentrer en profondeur dans les arcanes du boîtier, les premiers ressentis d'un utilisateur de D4 sont toujours intéressants.

Yonathan KellermanCrédit pour les photos : Yonathan Kellerman.

Focus Numérique : Peux-tu te présenter et nous dire avec quel matériel tu travailles habituellement ?

Yonathan Kellerman : Je suis d'origine canadienne et je suis arrivé en France il y a 5 ans pour développer le côté sportif de mon activité de photographe. La France offre une bien plus grande variété de sport que le Canada. Je suis également réalisateur de films documentaires très accès sur le sport et l'identité. Je me suis équipé en Nikon avec un D4 et un D810. Je voulais du matériel aussi bien à l'aise en photo qu'en vidéo. J'étais déjà équipé d'un reflex pro pour la photographie sportive (rafale rapide) et je voulais que ce matériel puisse me servir pour mes documentaires avec ce rendu cinématographique avec lequel j'ai tout appris.

Focus Numérique : Ce sont tes premiers boîtiers ?

Yonathan Kellerman : j'avais un D700 qui était parfait pour la photographie sportive avec une bonne rafale, mais il n'avait pas de fonction vidéo. Le D810 avait la fonction vidéo désirée, mais n'était pas assez rapide en rafale pour le sport. Le D4 s'est alors imposé de lui-même, car j'étais déjà bien équipé au niveau des optiques. Toutefois, je savais que le D4 ne serait qu'un boîtier de transition, car sa définition n'est pas suffisante pour tous les travaux et notamment des tirages en grand format pour des expositions. Inversement, le D810 propose une définition trop importante pour la photographie sportive : les ordinateurs ne suivent pas et les fichiers sont beaucoup trop "lourds". Un capteur à 20 Mpx me semble être le meilleur compromis. Le D5 est donc le bienvenu !!

Focus Numérique : Tu as pu passer un peu de temps (pas assez je sais) avec le D5. Quels sont tes premiers sentiments ?

Yonathan Kellerman : J'avais une commande intéressante pour Décathlon pour photographier des employés à la fois pour des portraits posés et en action dans leur activité sportive. Il me fallait donc un boîtier polyvalent avec de la définition pour les portraits et une bonne réactivité pour la photo d'action. Le D5 était à mon sens un boîtier très adapté, car les photos seront au final tirées dans des formats de plus de 2 m. Je voulais voir la différence entre les 16 et 20 Mpx. Je me suis senti toute de suite très à l'aise avec ce nouveau boîtier. Il y a quelques changements ergonomiques qui obligent à modifier sa manière de travailler, mais le D5 est un savant mélange entre le D800 pour le trèfle à gauche et au D4 pour le reste. J'ai noté qu'on pouvait maintenant choisir la cadence rafale directement à l'aide d'une touche à l'arrière du boîtier, c'est plutôt intéressant. Il y a la touche ISO aussi qui est désormais à côté du déclencheur. Pourquoi pas; ça ne pas plus gêné que ça.

Nikon D5 exemple 20

Focus Numérique : Le D5 grimpe à 12 ips voir 14 ips sans suivi AF. Est-ce un vrai critère de choix pour toi ?

Yonathan Kellerman : Absolument ! Je photographie surtout de l'athlétisme et je m'oriente vers le sport de combat et je vois que les mouvements des sportifs sont très rapides. Un saut par exemple ne dure qu'une fraction de seconde c'est-à-dire 3 à 6 images pas plus. Le mouvement n'est finalement pas si bien décomposé. Avoir toujours plus d'images dans une rafale est donc important oui. Toutes les images sont différentes et plus le choix est grand mieux c'est. Je suis donc preneur des 12 ips et j'ai même essayé à 14 ips dans suivi autofocus, c'est tout à fait intéressant. Mais il y a mieux encore : la vidéo. J'ai réalisé de très courts films en UHD. J'ai donc des rafales à 30 ips en 8 Mpx, ce qui peut être suffisant parfois pour de la presse ou une publication sur Internet. Ce côté-là est très intéressant en tout cas, car on double la cadence ! Attention, l'image est compressée, nous n'avons pas la même qualité d'image qu'en 20 Mpx.

Focus Numérique : Côté autofocus, le module est tout nouveau avec pas moins de 153 collimateurs. Est-ce que ça change quelque chose pour toi ?

Yonathan Kellerman : S'il y a bien une fonctionnalité sur laquelle je ne m'attarde pas, c'est bien l'autofocus. Le nombre de collimateurs m'importe peu, car je veux avoir la maitrise sur la mise au point. Je suis donc, comme beaucoup de mes collègues, dans le mode le plus simple à savoir un seul collimateur. Le problème des suivis 3D par exemple, ce sont les mouvements des collimateurs en permanence. Au final, on ne sait jamais lequel sera activé lors du déclenchement. Quand je fais un filé par exemple, je veux mon collimateur sur le visage du sportif, pas ailleurs. Du coup, c'est un seul collimateur ou parfois avec les points d'assistance. Par contre, je veux un collimateur très sensible. Je n'ai pas noté de réelle différence à ce niveau par rapport au D4. Le D5 fonctionne vraiment et je n'ai pas eu de souci de ce côté-là.

Nikon D5 exemple 21

Focus Numérique : L'autre point important du D5, c'est la sensibilité ISO. Tu penses quoi du 3 millions d'ISO ?

Yonathan Kellerman : J'ai réalisé quelques tests à 10 000, 20 000, 51 000 et 3 millions d'ISO. Comme tu as pu le voir, cette dernière sensibilité ISO est inexploitable, en tout cas pour moi. Peut-être qu'il faut exposer différemment pour de telles sensibilités, mais sinon je ne comprends pas bien l'intérêt. Par contre, j'ai noté une réelle avancée au niveau de la gestion du bruit électronique. Par exemple, je trouve que les images à 20 000 ISO sont vraiment correctes et utilisables. J'ai même poussé au-delà et je trouve le bruit pas trop "moche". Pour de la presse ou du Web, je pourrais même utiliser des sensibilités supérieures.

Par rapport au D4 ou je m'arrête à 8 000 ISO, on gagne un bon diaph.

Focus Numérique : Mais finalement, c'est intéressant pour toi de grimper autant dans les tours ?

Yonathan Kellerman : Aujourd'hui, les grands stades sont bien éclairés et souvent on a de bonnes vitesses à 8 000 / 10 000 ISO. Mais en salle ou dans les petits stades, pouvoir photographier à 12 000 voire 20 000 ISO c'est toujours un confort important. Donc oui, c'est un grain appréciable.

Nikon D5 exemple 16
Nikon D5 exemple 17
Nikon D5 exemple 15
**Focus Numérique** : Et l'autonomie ?

Yonathan Kellerman : Je n’ai rien à reprocher au D5. J'ai passé ma journée de shooting loin du chargeur ! J'ai pourtant fait beaucoup de rafales et de la vidéo. C'est au moins aussi performant que le D4 et de ce point de vue là, c'est vraiment très bon.

Focus Numérique : Tu parlais de vidéo. Que penses-tu du D5 dans ce domaine.

Yonathan Kellerman : J'ai des besoins assez simples en vidéo et le D5 répond très bien à mes demandes. Par exemple, je fais rarement des plans ou j'ai besoin d'autofocus. Je fais tous mes réglages à la main que ce soit pour l'exposition ou le point. C'est sans doute lié à ma formation cinéma. Il manque pourtant une fonction sur le D5 : le ralenti. Il faudrait vraiment que ce type de boîtier puisse filmer en 1080 à 120 images par seconde ou plus ! C'est pour moi une vraie lacune.

Focus Numérique : Et le format UHD ?

Yonathan Kellerman : Là aussi c'est très intéressant pour la réalisation de documentaires pour lesquels les budgets sont toujours très serrés. Je m'explique. En UHD, on peut filmer et zoomer dans l'image. On peut donc recadrer avec une seule prise. Une seule prise, c'est une seule caméra et un seul opérateur. Un vrai gain financier. J'utilise le format UDH uniquement pour ça, car pour l'instant ce n'est pas pertinent pour la diffusion. Aujourd'hui, il n'y a pratiquement aucune chaîne de télévision qui diffuse en UHD. Le format 1080 est déjà rare, la plupart des documentaires sont diffusés en 720. Mais en termes de post production, le format UHD offre une belle latitude de travail.

Prise en main

Après un D4S au succès mitigé, Nikon revient avec un D5 nettement plus engagé dans la course avec le Canon 1D X II. Le boîtier évolue petitement, mais de manière intéressante. Il ne faut pas trop bousculer les habitudes des photographes professionnels qui n'ont pas toujours le temps ou l'opportunité de se former aux nouvelles fonctionnalités.

~~Nikon D5, test review, vue de face sans objectif~~
Le nouveau porte-étendard de Nikon : le D5 !

Prise en main

Châssis

Le D5 est un vrai char d'assaut ! Sur cette gamme de produits professionnels, les boîtiers sont fabriqués pour durer avec un châssis en métal (alliage de magnésium) et une finition à l'épreuve des intempéries. Ainsi, vous trouverez des joints d'étanchéité sur la trappe des cartes mémoire, mais également au niveau de la batterie. Au niveau de la baïonnette, il faudrait compter sur des optiques là aussi équipées de joints pour éviter les infiltrations de poussières ou d'eau. Toutes les commandes (boutons, molettes, joystick) sont également dotées de joints pour éviter les intrusions.

Sur l'avant du reflex, vous trouverez désormais 3 commandes le long de la baïonnette qu'il est possible de paramétrer avec pas moins de 26 fonctions. Ainsi, vous pouvez activer le tester de profondeur de champ, la motorisation silencieuse du diaphragme (une pour le +, une autre pour le -) intéressante pour la vidéo, le mode RAW, le passage rapide à 14 ips (sans mouvement du miroir), le quadrillage dans le viseur, changement de modes / zones AF...

~~Reflex Nikon D5, test review, motorisation boîtier~~
Une nouvelle commande apparaît sur le D5 à l'avant du boîtier : Pv, Fn1 et Fn2.

Dessus du boîtier

Toujours pas de flash sur les modèles professionnels. C'est un signe distinctif. C'est toujours étonnant quand on sait que l'argument avancé par les marques est la fragilité. Difficile à recevoir, renforcer cette partie d'un reflex n'est sans doute pas très compliqué.

Les habitués au D3/D3S/D4/D4S noteront immédiatement les changements opérés par le constructeur. La tour de contrôle, sur l'épaule gauche, reçoit désormais la commande pour le choix du mode d'exposition en plus de bracketing et du mode de mesure de la lumière. La touche Mode, auparavant placée sur l'épaule droite, est désormais remplacée par la touche ISO. Il faudra donc dorénavant opérer le changement PASM avec les deux mains. On entend déjà certains râler...

En dessous du trèfle de sélection, une couronne verrouillée, permet de choisir la motorisation. Sur l'épaule droite, trône toujours l'écran LCD de rappel, le déclencheur, la bague de mise sous tension et 3 commandes : enregistrement vidéo, correcteur d'exposition et ISO donc. Un choix qui pourra étonner, la sensibilité ISO du D5 n'étant pas un point faible du boîtier, il tout à fait envisageable de laisser cette fonctionnalité sur automatique. Nous regrettons juste le manque d'options dans le réglage ISO justement (définition d'une plage ISO avec les bornes minimales / maximales).

Reflex nikon D5 test review, vue de dessus

La bague de mise sous pension permet également d'enclencher l'éclairage des écrans LCD (épaule et dos), mais également de rétroéclairer certaines touches (enfin !! Comme le proposait l'Olympus E620 en 2009...). Une excellente idée, mais pas assez aboutie à notre goût de nombreuses commandes ne disposant pas encore d'une petite lumière.

Reflex Nikon D5 commandes rétroéclairées test review

Dos

Le dos du D5 reçoit également quelques aménagements. Une commande Fn3 fait son apparition dans la rangée à gauche de l'écran et l'ancienne touche info est renvoyée sous le petit écran LCD de rappel à la place du bouton d'annotation vocale (il faudra désormais appuyer sur la touche i et lancer l'enregistrement audio).

Reflex Nikon D5 test review, vue de dos

Pour le reste, peu de changements. Sous l'écran LCD, l'accès aux ISO est remplacé par une commande pour définir la cadence (haute) du mode rafale. Vous retrouverez également les très pratiques joysticks pour déplacer les collimateurs AF ou naviguer dans les options.

De nombreuses commandes sont personnalisables et notamment les boutons Fn1/2/3, AF-On, bracketing, enregistrement vidéo ainsi que le joystick. Ainsi, vous pouvez attribuer à ces derniers la possibilité de passer d'un jeu de configuration du boîtier (4 disponibles A/B/C/D) à un autre très rapidement.

Nikon D5 menus de personnalisationExemple de personnalisation des commandes du D5.

Enfin, une touche i fait son apparition et permet d'accéder rapidement à certains réglages. Dommage que ce menu ne soit pas personnalisable. Dans une prochaine mise à jour ?

Reflex Nuikon D5, test review, vue de côté

Visée

Viseur optique

Nikon fait évoluer son viseur avec un grossissement plus important par rapport au D4S. Avec un grossissement de 0,72x, le D5 est un peu plus confortable que le 0,7x du précédent modèle. Étonnamment, on reste en retrait par rapport au 1D X Mark II : 0,76x. La différence est notable sans être rédhibitoire.

Pour le reste, il s'agit toujours d'un prisme en toit dont la précision de cadrage est de 100% par rapport au champ couvert.

Reflex Nikon D5, test review, viseur optique

Comme les précédents modèles, une dalle LCD permet d'afficher de nombreuses informations en surimpression de la visée optique comme une grille d'aide à la composition, les collimateurs AF sélectionnés, niveau électronique...

Visée sur écran

Ici, le changement est nettement plus important et visible. L'ancienne dalle 921 000 points est remplacée par un écran capable d'afficher 2 359 000 points soit une définition XGA (1 024 x 768 px) dans un ratio 4/3 (un bandeau noir permet d'afficher des informations sans grignoter sur la visée). La visée est précise et la visualisation très agréable.

Cerise sur le gâteau, l'écran LCD est également tactile ! Alléluia ! C'est une première sur un reflex pro de la marque. Il ne reste plus qu'à implémenter une rotule et tout sera parfait. L'écran tactile n'est pas parfait et ne fonctionne qu'en mode visée sur écran ou en vidéo. Impossible par exemple de déplacer des collimateurs AF en visée optique en déplaçant le pouce. Il n'est pas possible de naviguer dans les menus ou, comme le propose Canon sur certains de ses reflex, de paramétrer rapidement le reflex à partir du menu rapide (menu info chez Nikon). Il est toutefois possible de saisir des données (informations de Copyright, accès réseau) avec un clavier tactile. Quel bonheur. Il y a encore des progrès à faire, mais c'est très encourageant.

En mode lecture, l'écran tactile apporte également un vrai confort d'utilisation pour zoomer et se déplacer dans les images.

Mise au point, rafale et suivi de sujet

Autofocus visée optique

C'est l'une des pièces maîtresses du D5 : le module AF Multi-Cam 20K. Il propose 153 collimateurs dont 99 en croix et 15 sensibles jusqu'à f/8. Attention, sur les 153 points, seuls 55 sont sélectionnables. En fait, c'est plutôt une bonne nouvelle. En effet, traverser la zone AF aurait été sans doute trop fastidieux et trop long avec 153 "vrais" collimateurs. Les collimateurs en "extra" viennent épauler, par maillage plus dense, le module pour le suivi d'un sujet sur toute la surface couverte.

~~Module AF Multi-Cam 20K Nikon D5~~
Seuls les carrés sont sélectionnables, les points sont les collimateurs d'assistance.

C'est surtout la plage de sensibilité qui est impressionnante. En effet, le module AF fonctionne de -4 IL à 20 IL. Attention là encore : seul le collimateur AF central est sensible à -4IL. Les autres points dispose d'une plage de fonctionnement de -3 à +20IL ce qui est déjà remarquable.

Le Nikon D5 propose les 2 modes autofocus classiques : Simple, Continu. Dans ce dernier mode, vous disposez de nombreux réglages pour faire varier le nombre de collimateurs utilisés, la zone autofocus ou le regroupement de collimateurs pour faciliter le suivi manuel.

Le mode Lock-On (verrouillage d'un sujet) dispose désormais d'options pour spécifier la réactivité de changement et le comportement du sujet (aléatoire ou stable).

Nikon D5 réglage autofocus lock-on

Le D5 ne propose pas de petite lampe d'assistance AF.

Sur le terrain, l'autofocus s'est montré très réactif et précis. En basse lumière, le collimateur central plus sensible apporte un vrai confort.

Nous avons également mis le mode suivi AF à l'épreuve en réalisant quelques séries d'images en mode rafale rapide (environ 12 i/s) en activant la priorité à la mise au point.

Pour notre test, nous avons positionné le reflex au 1/10000 s, f/4, ISO auto, rafale rapide et suivi de sujet avec priorité à la mise au point. De son côté, Dorian avance sur sa trottinette assez rapidement. Les résultats sont bons et si quelques images manquent un peu de piqué, le suivi de sujet fait parfaitement son travail. Sur la rafale qui compte environ 30 images, aucune ne montre une perte du sujet pendant toute la séquence.

~~Reflex Nikon D5, test review, rafale de suivi d'un sujet en mouvement~~
Malgré un petit problème de front focus qui sera résolu avec le micro ajustement automatique du D5, le reflex assure un excellent suivi du sujet.

Autofocus en visée sur écran

Malheureusement Nikon se cantonne toujours à un système autofocus par détection de contraste en visée écran. Si les progrès sont notables à chaque nouvelle génération de boîtier, ce système de mise au point reste assez lent. Très pratique en studio pour du pack shot, il s'avère très difficile à exploiter sur un sujet mouvant (cf. mode vidéo). La recherche s'avère encore trop hésitante avec des effets de "pompage" parfois très présent. Toutefois, la reconnaissance des visages ou la possibilité de verrouiller un sujet permettent au D5 d'être pertinent dans certaines circonstances.

Un point important est la possibilité de réaliser un ajustement précis de l'autofocus (visée optique) à l'aide de la mise au point sur écran. En effet, dans ce mode, le point est réalisé sur le capteur principal et il n'y a donc pas de problème de front / back focus. Un mode automatique permet au D5 de mesure l'écart entre la mise au point optique et électronique afin de compenser les éventuels écarts. Voilà qui est bien vu et permettra de gagner un temps précieux pour étalonner les optiques.

Mise au point manuelle

En visée optique, le D5 dispose d'un télémètre qui affiche un point lorsque le point est bon. Il indique également dans quel sens faire la mise au point. De quoi faciliter l'utilisation d'optiques manuelles. En visée sur écran, vous pouvez agrandir la visée à l'aide d'une loupe afin de faciliter la mise au point. Toutefois, vous perdez totalement le contexte de la scène. Vous ne pouvez pas afficher de focus peaking (surlignage des zones nettes à l'aide de pixels colorés).

~~~~Autonomie, mémoire

Alimentation

Nikon frappe fort par rapport à son concurrent. Les chiffres CIPA annoncent pas moins de 3 780 (!!) déclenchements. Un chiffre très étonnant que nous n'avons pas réussi à reproduire. Avec une charge de batterie, nous avons toutefois facilement atteint plus de 2 000 vues avec quelques minutes de vidéo ce qui reste très très bon. Pour info, le Canon 1D X Mark II annonce 1 200 vues et le D4S était annoncé à 3 000 vues.

Reflex Nikon D5, test review, batterie

Derrière la solide trappe à double ouverture (il faut relever un levier et le tourner), vous trouverez une nouvelle batterie Li-Ion EN-EL18a de 10,8 V pour 2 5000 mAh, soit 27 Wh. Il s'agit de la même batterie que celle du D4S.

Cartes mémoire

Après voir laisser le choix aux photographes entre le format CF et XQD sur la précédente génération, Nikon tranche radicalement avec le D5 : ce sera XQD. Au niveau de l'Europe, seule la version avec les nouvelles cartes est disponible (la version CF sera vraiment confidentielle). Il sera toujours possible de faire un changement contre deux emplacements CF, mais cela imposera un retour SAV avec au final une addition salée.

Le futur s'écrira donc sur des cartes XQD. Si cela oblige a racheter un stock de cartes mémoire (qui sont actuellement un peu chères), vous n'aurez plus à jongler entre différents lecteurs de cartes pour votre flux de production. Les cartes XQD s'avèrent dans tous les cas plus rapides en lecture et en écriture que les cartes CD. Pour la vidéo UHD, ce format s'avère bien plus adapté. En outre, l'absence de picos de connexion rend l'utilisation de ces cartes bien plus fiable.

Le plus regrettable dans l'histoire, c'est que les deux géants de la photo reflex ne se soient pas entendus sur un format unique, Canon ayant opté pour le format CFast. Aujourd'hui, ce format semble avoir la préférence du marché photo/vidéo des acteurs du secteur ayant déjà franchi le pas (PhaseOne, Hasselblad...) alors que Nikon est encore seul à utiliser le format XQD.

~~Reflex Nikon D5, test review, logement cartes mémoire~~

Connectique

Le D5 de Nikon dispose d'une connectique impressionnante avec :

sur le flanc gauche

  • une prise USB 3

  • connecteur pour périphérique externe (module Wi-Fi WT-5 / WT-6)

  • une sortie casque mini-jack 3,5 mm

  • une entrée micro stéréo mini-jack 3,5 mm

  • une prise Ethernet

  • une sortie HDMI

À l'avant

  • une prise synchro flash

  • une prise pour télécommande filaire (10 broches)

~~Reflex Nuikon D5, test review, vue de côté~~

Aussi impressionnante soit-elle, cette connectique n'est pas complète. En effet, Nikon n'a pas réussi à placer une puce Wi-Fi (il faut utiliser un adaptateur certes sans doute plus puissant), une puce NFC pour appairer rapidement un smartphone ou une tablette, ni de puce GPS pour géolocaliser les images. Les connectiques modernes brillent par leur absence.

Bruit au déclenchement

Le D5 n'est pas un reflex particulièrement discret. Il propose toutefois deux modes intéressants pour réduire l'impact sonore.

Le mode Quiet (Q) permet de rabaisser le miroir qu'au moment ou le doigt n'enfonce plus le déclencheur. Ainsi, vous pouvez déclencher (avec bruit) puis camoufler le reflex au moment de faire redescendre le miroir.

Une autre option, totalement silencieuse elle, est envisageable. En visée sur écran, vous pouvez utiliser un obturateur électronique qui permet de capturer des images dans le plus grand silence. Ce mode est toutefois assez lent et ne permet pas de déclencher rapidement une salve de photographie.

Gestion du bruit électronique

Pour notre test, la scène est éclairée sous environ 250 lux. Notre appareil étalon est le Canon 5D Mark III qui, pour un gris neutre 18 %, requiert le couple f/5,6 - 1/8 s à une sensibilité de 200 ISO. Le Nikon D5 est également calé pour exposer correctement un gris 18 % avec une sensibilité de 200 ISO et une ouverture de f/5,6.

Nous faisons alors varier la vitesse et la sensibilité ISO. Les images sont visibles à 100 % (JPEG) et vous pouvez télécharger les fichiers bruts (.NEF). Le boîtier est configuré par défaut, notamment pour ce qui est de rédaction du bruit électronique.

Les JPEG

Le Nikon D5 est équipé d'un tout nouveau capteur 24x36 de 20,8 Mpx (images brute en 5 584 x 3 728 px) avec une taille de photodiode de 6,5 µm. Ce modèle établit donc un nouveau record pour un reflex avec une plage de sensibilité qui s'étend de 50 à 3 276 800 ISO ! Attention, en mode "classique", le D5 dispose d'une plage entre 100 et 102 400 ISO. Au-delà, il s'agit d'une extension Hi (1 à 5).

Nikon dépasse donc largement la plage ISO du D4S "limité" à 409 600 ISO en mode étendu.

Tailles des différents capteurs
Comparaison des tailles (agrandies 4x) de différents capteurs.

Alors, comment se comporte le nouveau champion de la haute sensibilité ? entre 50 et 1 600 ISO, les images sont exemptes de bruit électronique, les couleurs sont vives et les plus fins détails parfaitement rendus. À 3 200 ISO et à 100% sur écrans, les plus perspicaces noteront les premiers effets de lissage. Sur le billet de banque ou la carte IGN, les plus petits détails sont légèrement estompés. Le D5 peut être poussé à 6 400 sans la moindre hésitation. Certes les détails sont dilués par le traitement du bruit électronique, mais là encore, les images présentent une très belle tenue : les couleurs sont encore denses, les bordures sont nettes et la dynamique permet encore de distinguer des détails dans les zones denses (ventilateur, voiture et appareil photo)

Un pas est franchi à 12 800 ISO. Le grain devient plus présent, mais il reste peu coloré. Le traitement est donc un peu plus lourd et la dynamique diminue d'un cran. C'est à partir de cette sensibilité ISO que le texte de la page noire & blanche n'est plus clairement lisible à partir du deuxième paragraphe en partant du haut.

Le bruit "monte" graduellement et logiquement jusqu'à 102 400 ISO qui est la sensibilité maximale officielle avant de basculer dans les modes étendus. Le grain devient plus grossier et les trames de moutonnement sont visibles. Les marbrures violettes sont également plus présentes sur les aplats denses. Une fois de plus, l'observation se fait ici à 100% sur écran. Pour la presse et des formats "pas trop grands", la plage ISO, jusqu'à 51 200 ISO, est exploitable notamment avec un peu de retouche et un passage en noir & blanc. On gagne 1 IL par rapport au D4S. À 102 400 ISO, le D5 est vraiment en difficulté avec un lissage important et une dégradation sensible de l'image.

Au-delà et dans la zone Hi, les résultats sont naturellement à nuancer. Le bruit n'est vraiment pas beau et le moutonnement faire perdre à l'image tout son éclat. Dans certaines situations, les images à 204 800 et 409 600 ISO pourront être exploitées, à 819 200 ISO, les dégradations franchissent un nouveau cap avec des marbrures violettes violentes. Les sensibilités supérieures sont là pour le record : les détails sont réduits à leurs plus simples expressions ou sont totalement...absents. Le cliché est là, mais l'on peine à reconnaître la scène.

Mais l'image existe et avec des traitements spécifiques, il est sans doute possible d'exploiter ces clichés pour des applications particulières (surveillance, détection...).

Comparaison à tirage équivalent

Nous comparons naturellement les boîtiers à "tirage équivalent". Nous avons "normalisé" les images pour un tirage 40 x 60 cm en 180 dpi, soit une définition de 12 Mpx environ. Les images sont réalisées à 12 800 ISO avec ci-dessous des détails à 100 %.

Attention, les boîtiers ne sont pas équipés d'optiques équivalentes, le piqué initial n'est donc pas le même. Il faut essayer de comparer uniquement le niveau de bruit électronique... Pas si simple.

Nous avons choisi de confronter le Nikon D5 à quelques boîtiers emblématiques actuels :

Habituellement, nous organisons une confrontation à 6 400 ISO pour les capteurs 24x36, mais la plage ISO démesurée du D5 nous a poussé à augmenter d'un IL notre comparaison. Nous sommes donc à 12 800 ISO. Le D5 est encore à l'aise à cette sensibilité et surclasse facilement son frère aîné, le D4S. Il est également devant le Canon 1 DX (il faudra naturellement confronter le Mark II dès qu'il sera disponible) avec un rendu un peu moins granuleux et des marbrures violettes moins visibles. Enfin, il surclasse également le Sony AS7 II qui dispose pourtant de photodiodes plus grands.

Au final, le D5 domine la course à la sensibilité ISO aussi bien dans la catégorie reflex qu'hybride, mais il faut bien admettre que les différences en sont pas si importantes et que le gain, dans les hautes sensibilités est visible, mais pas flagrant.

Nikon D5 - 12 800 ISONikon D4S - 12 800 ISO
Sony A7S II - 12 800 ISONikon D4S - 12 800 ISO

Oscilloscope

Passons certaines images obtenues avec le Nikon D5 sous l'œil de l'oscilloscope pour un avis plus "mathématique".

Les graphiques du logiciel confirment notre impression. Le D5 est remarquable jusqu'à 25 600 ISO avec un bruit modéré et une bonne restitution des valeurs. À 3 276 800 ISO, l'image est trop brouillée par le bruit et l'oscilloscope perd la tête. Cette sensibilité ne sera que rarement utilisée et il faudra surtout l'associé à un traitement spécifique pour l'exploiter dans certaines conditions.

thead thead
Nikon D5 test review bruit électronique sur gris 100 ISONikon D5 – 100 ISO Nikon D5 test review bruit gamme gris graphique 100 ISO
Nikon D5 test review bruit électronique sur gris 3200 ISONikon D5 – 3 200 ISO Nikon D5 test review bruit gamme gris graphique 3200 ISO
Nikon D5 test review gamme gris à 12 800 ISONikon D5 - 12 800 ISO Nikon D5 test review bruit gamme gris graphique 12800 ISO
Nikon D5 test review bruit gamme gris 6400 ISONikon D5 – 25 600 ISO Nikon D5 test review bruit gamme gris graphique 25 600 ISO
Nikon D5 test review bruit gamme gris 51 200 ISONikon D5 – 51 200 ISO Nikon D5 test review bruit gamme gris graphique 12800 ISO
Nikon D5 test review bruit gamme gris 3 276 800Nikon D5 – 3 276 800 ISO Nikon D5 test review bruit gamme gris graphique 3 276 800 ISO

Exposition, RAW

Modes et corrections d'exposition

Le D5 de Nikon dispose d'une nouvelle cellule d'exposition qui réalise des mesures à l'aide d'un capteur RVB de 180 000 points (91 000 auparavant sur le D4S). Sa plage de fonctionnement est également plus large -3 à 20 IL. Évaluer la justesse d'une cellule d'exposition n'est pas simple, mais globalement, le D5 s'est bien comporté. Vous retrouverez les modes classiques de mesure : matricielle, pondérée centrale et spot. Le D5 propose, comme certains autres reflex de la marque, une mesure spot pondérée sur les hautes lumières. Dans ce dernier cas, le reflex accorde plus d'importance aux hautes lumières. Un mode très intéressant pour la photographie de spectacle par exemple ou la photographie de mariage.

Nikon D750 différentes mesures d'exposition
(De gauche à droite et de haut en bas) : matricielle, pondérée hautes lumières, pondérée centrale et spot.

Le D5 dispose d'un correcteur d'exposition sur ±5 IL. Côté bracketing, le D5 propose jusqu'à 9 vues par 1 IL. Ce qui en fait un bon choix pour les expositions multiples de type HDR. Comme tous les Nikon, le D5 peut également corriger les ombres trop marquées avec le D-Lighting actif.

Latitude d'exposition

Pour vérifier la latitude d'exposition d'un point de vue "artistique", nous avons photographié notre scène test sur une plage de +/-5 IL et corrigé les fichiers bruts avec le logiciel Adobe Lightroom.

La correction s'effectue via le curseur exposition et nous ne "jouons" pas avec le recouvrement des hautes lumières ou des tons sombres.

Les fichiers bruts permettent de récupérer facilement une surexposition de 1IL. Il sera possible de recouvrer des informations dans les hautes lumières jusqu'à +2,6IL, mais à +3 IL, des informations sont définitivement perdues. C'est toutefois un excellent score ! Le reflex pro de Nikon est toutefois en retrait par rapport au Sony A7R II qui permet de recouvrer des informations jusqu'à +3IL

reflex Nikon D5 test review latitude surexposition traw

Les fichiers bruts contiennent plus d'informations dans les valeurs sombres, il est donc plus facile de retrouver des détails dans les zones "bouchées" avec les logiciels de développement. Le D5 est très à l'aise jusqu'à -2 voire -3 IL, mais au-delà, le grain vient dénaturer les images et la balance des blancs devient douteuse.

reflex Nikon D5 test review latitude sous exposition
Au final, le D5 de Nikon présente une latitude d'exposition de -3IL à +2,6IL soit 6,6IL ce qui très correct pour un capteur 24x36 sans être exceptionnel. En comparaison, les fichiers RAW du A7R II de Sony atteignent 8IL de latitude d'exposition.

Mode vidéo

Formats vidéo

Le Nikon D5 est, avec le D500, le premier reflex de la marque à filmer en UHD (3 840 x 2 160 px). De quoi susciter notre intérêt. Attention, ce format n'est accessible que pendant 3 minutes en continu. Voilà qui gâche sérieusement le plaisir et coupe toute velléité de Nikon dans le domaine de la vidéo UHD ! Une erreur que serait en train de corriger Nikon qui proposerait rapidement une mise à jour firmware pour débloquer le reflex de cette limitation et le rendre équivalent au D500 de la marque.

  • Formats en PAL/NTSC
  • 3 840 x 2 160 px : 30, 25, 24p

1920 × 1080 px : 59,94, 50, 29,97, 25, 23,976p

1920 × 1080 px : 59,94, 50, 29,97, 25, 23,976p (avec recadrage au pixel)

Il est possible d'enregistrer les vidéos soit au format FX (24x36) soit DX (APS-C). Le format recadrage permet d'utiliser uniquement une zone en 1 920 x 1 080 sur le capteur afin d'éviter tous les problèmes d'échantillonnage. En UDH, le recadrage est également natif et seule la zone en 3 840 x 2 160 px est utilisée.

reflex nikon d5 cadres vidéo

À la lecture de la fiche technique, il manque une fonctionnalité : la possibilité de filmer en mode HFR (High Frame Rate) pour des ralentis fluides. Si le système est capable "d'avaler" de la vidéo UDH, le D5 devrait digérer assez facilement une cadence à 120 ips en HDTV 1080. Il intéressant de noter le Canon 1DX II propose ce format d'enregistrement.

Nous regrettons que le D5 ne soit pas plus orienté cinéma avec possibilité d'enregistrer en 4K (4096 x 2 160 px) et 2K (2 048 x 1080 px). De manière assez étonnante, le Canon 1D X Mark II enregistre quant à lui uniquement en 4K : 4 096 X 2 160 px et ne propose pas de format UHD pourtant bien plus commun.

La sortie HDMI n'est pas compressée et vous pouvez relier un enregistreur externe pour ne pas être limité par les capacités de stockage des cartes XQD / CF. Vous pouvez également limiter la compression des vidéos et bénéficier d'assistants comme le focus peaking.

L'avantage du format UHD est qu'il permet d'extraire une image en 8 Mpx à partir d'une séquence à 30 ips.

Nikon D5 extrait image d'une vidéo
Extrait d'une vidéo UHD. Cliquez pour télécharger la version en pleine définition 8 Mpx.

Modes d'exposition

Les PSAM sont utilisables en vidéo, mais seul le mode M donne accès à la sensibilité ISO. Pour les autres modes, la sensibilité est réglée automatiquement. En mode A, vous pouvez jouer sur l'ouverture pendant l'enregistrement et, comble du bonheur, il est possible d'activer le diaphragme de manière silencieuse en personnalisant les commandes.

Au niveau de la sensibilité ISO, le D5 est capable de filmer jusqu'à 3 millions d'ISO comme en photo. De quoi filmer dans le noir presque complet.

Assistants

Le D5 dispose de quelques assistants pour vous aider pour l'exposition de vos vidéos. Vous pouvez afficher un histogramme, ainsi que des zébras. Malheureusement, il n'est pas possible de définir le niveau et la documentation ne précise pas la valeur par défaut (nous pouvons espérer 70%).

Pour la captation sonore, vous disposez d'une sortie casque et de vu-mètres afin de contrôler le niveau sonore pendant l'enregistrement.

Toujours pas de focus peaking dans le D5, mais il est possible de relier un moniteur externe sur la prise HDMI pour bénéficier de cette assistant de mise au point. Avant l'enregistrement, il est possible d'activer une loupe afin de vérifier le point. Vous pouvez bien entendu utiliser le système autofocus du Nikon D5 (AF-F Full time), mais celui-ci n'est pas très rapide et vous noterez des effets de pompage importants.

Précision

Le D5 délivre une belle qualité d'image en HDTV 1080 25p (high) 24x36. Le moirage est toutefois bien visible et vous noterez quelques artéfacts au niveau de la gradation 9. En mode recadrage, l'image est effectivement un peu plus précise, mais les artéfacts sont une fois de plus bien visible.

Nikon D5 1920x1080 recadrafe

Le D5 se positionne un cran au dessus du 80D de Canon par exemple avec une image plus précise.

~~Canon 80D test review mode vidéo extrait 1080~~

Le mode DX (APS-C) est décevant : l'image est peu détaillée, voire floue. A proscrire. Ce qui est étonnant c'est que le problème n'est pas nouveau et nous l'avions déjà noté sur les D800 et D600. Minimisé sur le D810, il reste très visible sur le D5.

Nikon D5 HDTV 1080 en mode DX

Naturellement, c'est le mode UHD redimensionné en 1080 qui reste le plus précis et le plus agréable. L'image est très précise avec une accentuation assez douce. On surclasse, avec ce procédé, les caméscopes ou caméras HDTV 1080 comme la Canon C300.

Nikon D5 UHD / 1080 mire

Canon C300

Autofocus

En vidéo, et notamment en UHD, la mise au point est un élément important voire crucial. Le reflex professionnel de Nikon ne propose malheureusement qu'un système par détection de contraste. Celui-ci s'avère à la fois trop lent et trop hésitant (effet de pompage) pour etre utilisé en production sur un reportage. Il faut toutefois reconnaitre que le système est beaucoup plus réactif que sur les précédents modèles. Le mode Lock-On qui permet de verrouiller une cible suit le sujet avec une bonne pertinence, mais le temps de mise a point est rédhibitoire.

Sur une personne en train de se déplacer normalement vers l'opérateur, le système AF est en permanence en retard sur le sujet, même avec la reconnaissance des visages.

Conclusion vidéo

Une fois de plus, nous ne comprenons pas vraiment la stratégie de Nikon en vidéo. Alors que son concurrent direct doit préserver une gamme de caméscopes et de caméras de cinéma, Nikon devrait tout miser sur son reflex professionnel pour pénétrer le marché de la vidéo professionnelle. Au final, le D5 ne semble pas totalement aboutit. Certes il dispose de l'enregistrement vidéo UHD, mais limité à 3 minutes ! (une mise à jour du firmware pourrait étendre la durée de captation). Nous aurions aimé plus d'assistants pour la mise au point (loupe pendant l'enregistrement, focus peaking), la possibilité d'utiliser des courbes Log, d'enregistrer en RAW (le Hasselblad H6D 100c en est bien capable...), d'enregistrer en MJPEG et proposer différents formats 4K et UHD. Le problème le plus sérieux reste à notre avis le système autofocus beaucoup trop lent, qui rend le filmage trop aléatoire. Nous apprécions toutefois la possibilité de connecter un micro, un casque et de disposer d'une sortie HDMI non compressée pour connecter des accesoires.

Exemple sans compression

Saut athlétique (UHD / 160 Mo)

Saut épée (UHD / 178 Mo)

Soirée basse lumière (HDTV 1080 / 62 Mo)

Exemples de photos

Nikon D5 exemple 1
Nikon D5 exemple 2
Nikon D5 exemple 3
Nikon D5 exemple 4
Nikon D5 exemple 5
Nikon D5 exemple 6
Nikon D5 exemple 7
Nikon D5 exemple 8
Nikon D5 exemple 9
Nikon D5 exemple 10
Nikon D5 exemple 11
Nikon D5 exemple 12
Nikon D5 exemple 13
Nikon D5 exemple 14
Nikon D5 exemple 15
Nikon D5 exemple 16
Nikon D5 exemple 17

Verdict

reflex nikon test review d5 recommandé

Le Nikon D5 est un impressionnant boitier photographique. Sur cette gamme de reflex, il est difficile de ne pas le recommander. Utiliser un D5 est toujours un grand moment : la visée est superbe, la réactivité toujours présente, la qualité d'image impressionnante dans les hautes sensibilités, la prise en main est excellente (mais c'est vraiment lourd...), le reflex est personnalisable, il filme en UHD... Certes, il n'évolue guère sur son ergonomie et sa prise en main, mais il dispose de nouveautés intéressantes par rapport à la précédente version à commencer par le système autofocus (visée optique).

Autofocus revu

Le nouveau module Multi-Cam 20K impressionne avec ces 153 collimateurs, dont 55 sélectionnables. Sur le terrain, le suivi AF fonctionne à merveille avec l'ensemble des points AF et sur des sujets plus complexes, il conviendra de réduire le champ des possibles en utilisant le mode groupé. Nous n'avons pas noté de différence entre les deux modes de suivi (aléatoire / stable). Si par défaut les collimateurs sont à peine assez éclairés quand ils sont sélectionnés dans le viseur, il est possible de régler leur intensité dans les menus. Bien vu ! Le module est également très sensible (jusqu'à -4 IL), mais attention, uniquement sur le collimateur central. Les autres points adjacents étant limité à -3 IL, ce qui est déjà confortable. Une fois de plus, le D5 s'est bien comporté sur le terrain.

ISO en hausse

Plus de 3 millions d'ISO ! Le chiffre donne naturellement le tournis, mais également... la nausée. À 3 276 800 ISO, l'image n'est qu'une bouillie de pixels. Mais elle existe et certains usages requièrent cette sensibilité. Pour le photographe "classique", le D5 reste une formidable machine à photographier dans les ambiances lumineuses compliquées avec de belles images à 12 800 voire 25 600 ISO. Un vrai régal et une belle réussite de la part de Nikon.

Choix discutable pour les cartes et le mode vidéo

Avec la vidéo UHD/4K, les supports d'enregistrement doivent évoluer. Nikon, qui auparavant offrait le choix entre XQD et CF, a franchi une nouvelle étape en proposant deux versions de son boitier avec soit 2 cartes CF soit 2 cartes XQD. Une solution que trouvons plus logique, les photographes se décidant pour le D5 n'ayant plus à jongler entre différents formats de cartes (nouvelles cartes, nouveaux lecteurs...). Le choix est certes plus radical, mais sans doute plus confortable au final. Le choix du format XQD est toutefois plus discutable. En effet, pour l'instant seul Nikon fait cavalier seul sur ce format. Même Sony, pourtant partenaire du développement du standard ne l'utilise pas dans ces propres caméras vidéo. Pire. Sandisk, lui aussi à l'origine du format, n'en propose toujours pas dans son catalogue ! S'il est un peu trop tot pour enterrer le format XQD, force est de constater que "la sauce" ne semble pas prendre. Le D5 changera-t-il la donne. Réponse dans les prochains mois. Côté vidéo, Nikon a fait un choix plus qu'étrange : limiter le temps d'enregistrement UHD à 3 minutes. Autant dire que la marque tue toute velléité de filmer dans l’œuf. Une mise à jour serait en développement pour pallier ce problème. Reste que l'autofocus en visée sur écran / vidéo reste un peu lent pour une utilisation professionnelle. Si les progrès sont indéniables, le D5 reste en retrait par rapport aux concurrents de chez Canon qui utilisent le fameux Dual Pixel AF.

Rafale : course perdue contre son concurrent

L'autre point attendu est naturellement la rafale. Sur ce point, le D5 rattrape son concurrent...précédent qui était à 12 ips avec le suivi autofocus. Aujourd'hui, le boîtier de Nikon se retrouve une fois de plus distancer par le 1D X Mark II qui pilonne lui à 14 ips avec le suivi autofocus et jusqu'à 16 sans miroir. 2 images me direz-vous. Oui, mais deux images différentes pour de la photo d'action, 2 images qui peuvent parfois faire la différence.

Prix en hausse

Alors que la précédente génération de reflex professionnels flirtait avec les 6 000 €, le nouveau D5 franchit un cap en s'approchant dangereusement des 7 000 € ! Le plus étonnant reste sans doute la différence de prix entre les deux fers de lance que sont le Nikon D5 et le Canon EOS 1D X Mark II. Sur le simple exemple de la Fnac (bon peu de professionnels iront s'équiper à la Fnac...), la différence est de 700 €. Une différence de prix difficile à justifier et qui permettrait d'acheter une belle optique supplémentaire.

Test - 18/04/2016
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Face à la concurrence

Sans avoir pu tester le Canon 1D X Mark II en profondeur à la rédaction, il est encore trop tôt pour se prononcer. Pour l'instant, nous vous invitons à consulter notre comparatif de... fiches techniques, en attendant que nous puissions organiser un duel entre les deux "monstres" sur le terrain. Cette année, nous lorgnons du côté de la moto. À suivre très prochainement donc.

+
  • Très bonne gestion du bruit électronique jusqu'à 12 800 ISO. 25 600 ISO utilisable
  • Système autofocus complet et performant en suivi AF avec Lock-On
  • 153 points autofocus pour suivre un sujet
  • Sensibilité autofocus jusqu'à -4 IL collimateur central
  • Rafale à 12 ips avec suivi AF
  • Mode vidéo UHD qui permet d'extraire des images 8 Mpx à 30 ips
  • Bonne dynamique du capteur
  • Ecran LCD tactile enfin !
  • Sotie HDMI non compressée et compatible UHD
  • Excellente autonomie de la batterie
  • Rétroéclairage de certaines commandes
  • Calibrage autofocus automatique (correction front / back focus)
  • Déclenchement totalement silencieux possible en visée sur écran
  • Carte XQD plus fiables notamment en l'absence de picots de connexion.
  • Vidéo UHD pendant 3 minutes seulement
  • Pas de prise en compte du scintillement des lumières (stades, gymnase) comme le propose Canon
  • 12 ips avec autofocus contre 14 pour le Canon 1DX II
  • 14 contre 16 ips sans autofocus pour le 1D XII
  • Toujours pas d'écran LCD orientable
  • L'écran tactile n'est pas totalement exploité
  • Pas de mode vidéo cinéma : 4K, 2K
  • Pas de GPS intégré, pas de puce Wi-Fi ou NFC
  • Viseur optique moins large que le Canon 1D X Mark II
  • Tarif plus élevé que le concurrent
Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW.

Les prix
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