CapteurCCD, 53,7 x 40,3 mm, 80 Mpx soit 10 320 x 7 752 px. Conversion A/N sur 16 bits. Taille des photodiodes 5,2 µm environ.
MontureMamiya 645 AFD, Schneider Kreuznach LS, Phase One Digital
Optique livrée80mm Schneider Kreuznach LS
StabilisationNon
AntipoussièreNon
ViseurPrisme Fixe
ÉcranTactile de 6x7 cm
Mise au pointAF / Manuelle
Modes autofocusTTL par détection de phase sur 3 points
Mesures d'expositionPondérée centrale, Spot et Auto
Modes d'expositionP,A,S,M, 3 modes personnalisables
Vitesse d'obturationDe 1/4000s à 32s
Motorisation1,5 s/i
Sensibilité ISO50-800 ISO
MémoireCompactFlash
AlimentationBoîtier : 6 piles (ou accus) AA. Autonomie environ 250 vues. Dos : 1 accus NiMH 150 vues environ
ConnexionFirewire 800
Dimensions153x128x184 mm
LogicielsLeaf Capture 10,4,5 et Capture One 6.1 BD

Caractéristiques

Techni Ciné Phot , l'importateur Français de Leaf (filiale de Phase One) nous a confié le haut de gamme de la marque. Pour cette prise en main, L'Aptus II-12 est monté sur le boîtier moyen format Phase One 645DF.
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Test terrain jour 2

80 Mpx à l'épreuve de la mode

Pour notre second test terrain, nous décidons de confronter le dos à 80 Mpx à une séance de shooting mode. Rendez-vous est pris dans un loft-studio à Montreuil pour une séance shooting mode avec Quentin Caffier (nous avions déjà testé ensemble le moyen format Pentax 645D lors d'une séance photo beauté). Pour cette séance, nous avons le nouveau dos numérique Leaf à 80 Mpx Aptus II-12 avec un boîtier Mamiya 645DF et plusieurs optiques Schneider-Kreuznach (120 mm f/2,8, 55 mm f/2,8) sont à notre disposition.

Préparatifs

La séance est un édito pour le magazine Ever qui réunit un casting exceptionnel et très en vogue actuellement. Côté style, Stefania Di Paolo propose une série de tenues réalisées en papier dont certaines doivent être présentes sur le clip de la chanteuse Lady Gaga. Deux modèles de l'agence WM Agency, Aline et Nastya, vont se succéder après être passées entre les mains de Coline Roussel (maquillage) et Elsa Joli (Coiffure). Parmi elles, se glisse Fauve Hautot, dont le talent a récemment été révélé lors de l'émission "Danse Avec les Stars" où elle s'est illustrée jusqu'en demi finale en faisant danser Jean-Marie Bigard. C'est son incroyable charisme et son sens naturel du mouvement qui a poussé l'équipe à l'intégrer au casting. Un modèle qui a su insuffler de la grâce et du dynamisme aux images (mettant à l'épreuve l'autofocus et la vitesse d'obturation du boitier).

Côté lumière, la scène est éclairée par 4 sources : 2 flashes pour l'arrière, une belle softbox et un flash rasant pour le sol. Pour cette séance, Quentin travaille en mode connecté. Un système qui présente deux avantages immédiats : le dos, pour le moins énergivore, est directement alimenté par la fiche FireWire et les images sont directement visibles sur le portable afin que l'équipe puisse suivre la construction progressive des images au fur et à mesure de la séance. De plus, l'application "Studio Pilot" permet à Roc (le rédacteur en chef du magazine) de recevoir les images en temps réel sur son iPad, et ainsi de les valider. Pour l'occasion, le MacBook a été gonflé aux stéroïdes avec pas moins de 8 Go de mémoire vive pour assurer une bonne digestion des fichiers de 80 Mo.

Autofocus, rapidité et bogues...

L'ambiance est créée à l'aide de deux fumigènes qui viennent "ouater" les modèles dans de larges volutes. Une ambiance "fumeuse" qui vient compliquer sérieusement le travail du système de mise au point. Pourtant, sur la plupart des clichés, c'est en mode autofocus (un seul collimateur) que travaille Quentin. Lorsque l'atmosphère est trop dense, il passe en mode manuel. Le viseur est large et précis et il est assez facile de travailler en mise au point manuelle, même si, avec un moyen format, et en travaillant entre f/8 et f/11, la profondeur de champ est assez courte. Une petite loupe au centre de la visée permet d'affiner précisément le point. Pour corser les choses, la séance avec Fauve est assez dynamique, la danseuse effectuant de nombreux sauts. Même dans ces conditions, l'AF du 645DF Mamiya a donné dans l'ensemble de bons résultats. De manière assez étonnante, il n'est pas recommandé d'utiliser une carte mémoire (Compact Flash) lorsque le dos est utilisé en mode connecté. Impossible donc d'avoir une copie de sauvegarde des fichiers sur une carte en plus des images transférées sur l'ordinateur. Dommage.

leaf Aptus II-12 test review image pleine définition
Fumée, modèle en mouvement : rien n'a été épargné au couple Leaf Aptus II-12 et Mamiya 645DF.

Quentin enchaine les clichés avec une bonne cadence, même si l'on reste à moins d'une image par seconde, la mémoire tampon est assez importante pour "encaisser" environ 8 clichés d'affilés. Au-delà, l'appareil bloque. C'est parfois un peu juste lorsque le modèle est sur une bonne série, mais la connectique FireWire 800 permet de transférer rapidement les images pour libérer le boîtier. Toutefois, en travaillant en mode connecté, ses limitations sont difficiles à accepter, surtout quand les fichiers ne font "que" 80 Mo (compression sans perte du format brut).

La poursuite de la séance révèle d'autres problèmes et notamment une autonomie (du boîtier, le dos est alimenté par la prise FireWire) assez limitée. Malgré la présence de deux batteries, la poignée qui officie également comme déclencheur à distance des flashes n'assure qu'environ 200 vues. Des blocages intempestifs viennent alors perturber les prises de vue. Il faut impérativement débrancher le FireWIre, voire relancer Capture One Pro 6. De nouvelles batteries viennent résoudre ce problème. Toutefois, lors de ces plantages, aucun des réglages du boîtier n’est conservé, ce qui entraîne quelques clichés franchement ratés.

Les prises FireWire ne sont pas sécurisées non plus (elles s'arrachent assez facilement), un bon coup de gaffeur est indispensable.

Ergonomie

Quentin effectue tous les réglages du dos à partir de Capture One (Phase One) et ne s'occupe pratiquement pas de l'interface graphique accessible via l'écran LCD tactile de l'Aptus II-12. L'écran est de mauvaise qualité et ne permet d'apprécier ni la colorimétrie, ni l'exposition des clichés. Sur le studio, tout le monde se concentre autour du MacBook pour visualiser les images et commenter les prises de vue. Il serait plus facile de présenter le travail au mannequin sur l'écran arrière, mais c'est chose impossible, la définition n'étant pas suffisante pour apprécier les images.

Contrairement au 645D de Pentax, le Mamiya propose finalement peu de réglage sur le boîtier et n'est vraiment pas fait pour photographier dans la rue, c'est clairement un boîtier de studio qui sera sans doute un peu moins polyvalent. L'Aptus II-12 utilise des cartes mémoire Compact Flash plus répandues dans le milieu des photographes pro (et au passage beaucoup plus rapides) que les cartes SD du Pentax.

Qualité des images

Bien sûr, le plus important sur un dos 80 Mpx, ce sont les 80 Mpx, ou du moins, la qualité de ces 80 Mpx. Sur les premières images, nous sommes naturellement impressionnés par la quantité de détails sur les images. Les optiques tiennent le coup et les photos sont bien piquées. Passez d'un 5D Mark II à un dos 80 Mpx, c'est vraiment le jour et la nuit en terme de précision.

Le CCD du dos possède également une excellente dynamique et il est possible de retrouver beaucoup d'éléments dans les zones sur ou sous-exposées dans dénaturer le reste de l'image. L'enregistrement des nuances sur 16 bits semble sur certains clichés apporter plus de modelé et de nuances. Une amélioration qualitative surtout visible avec les volutes de fumée.

Revers de la médaille, les 80 Mpx ne pardonnent rien et la post-production des images est importante. Il faut une bonne machine, rapide, dotée de disques durs rapides et de pas mal de mémoire vive. En travaillant les détails (défauts de la peau notamment), Quentin découvre de petits artéfacts dans les zones denses. Difficile de déterminer l'origine exacte du problème (compression sans perte, développement du fichier brut...).

Un artéfact dans l'oeil.

Sur un cliché de 80 Mpx, c'est un infime détail, mais nous avons le droit d'être exigeant surtout avec un dos à 30 000 euros.

SI la qualité des images à 100 ISO est superbe, la gestion des "hautes" sensibilités reste problématique. Et lorsque l'on parle de hautes sensibilités avec un dos numérique, nous sommes sur une plage de 200-400 ISO !

Avec les modèles en mouvement, il est tentant de grimper en vitesse pour figer les déplacements. Les obturateurs centraux permettent des vitesses de synchro élevées (1/1500 s). Il faut donc travailler avec des éclairs de flash rapides et donc pousser un peu la sensibilité ISO. Malheureusement, dès 200 ISO, le grain est visible et il n'est guère raisonnable pour Quentin, de pousser le capteur plus loin.

leaf Aptus II-12 test review image pleine définitionVous pouvez cliquer sur l'image pour télécharger l'image en pleine définition.

Remerciements

Focus Numérique tient particulièrement à remercier Roc Chaliand du magazine Ever (www.lemagazineever.com) pour l'autorisation d'effectuer un reportage pendant la séance photo. Tous les clichés de l'édito sont visibles sur le site du magazine.

Nous remercions également :

Photographe : Quentin Caffier

Assistant : William Soulet-Lacalmontie & Arnaud Mallabrera

Maquillage : Coline Roussel

Coiffure : Elsa Joli

Style : Stefania Di Paolo

Verdict

Leaf Aptus II-12 test review

L'Aptus II-12, est avant tout un capteur pour les pros. Ça tombe bien, seuls ceux qui facturent peuvent se le payer.

Pour le reste, il a besoin de beaucoup de lumière pour exprimer son potentiel extraordinaire à 50 ou 100 ISO. On le réservera donc à la prise de vue en studio avec un éclairage totalement maîtrisé et loin des aléas d'un reportage sur le terrain sans une équipe de techniciens. Mais gageons que les 80 Mpx seront réservés à la reproduction d'œuvres ou du packshot de luxe.

Un autre problème reste naturellement les optiques. Malgré une taille de photodiodes encore importante, ce capteur est plus exigeant que les autres modèles moins définis. Les optiques doivent être calculées pour le numérique afin d'exploiter toute la définition des 80 Mpx. En production, nous remercierons donc les ingénieurs de traiter au choix les optiques ou de fournir des profils pour une correction automatique des images. Le photographe n'a pas de temps à perdre à retoucher un à un les clichés pour corriger les aberrations chromatiques ou la distorsion.

Enfin, l'autofocus est le dernier écueil à l'utilisation de ce dos. La mise au point doit être ajustée avec précision et/ou retoucher manuellement, car avec un tel niveau de définition, aucune erreur n'est pardonnée. Un AF plus performant que celui du Phase One 645 (plus de zone d'analyse) ou un dépoli et viseur plus précis sont indispensables.

Pour les photographes à la recherche de la définition maximale, l'Aptus II-12 est donc, pour l'instant, la solution idéale (et unique). Nous attendons avec impatience le modèle Phase One IQ180 qui intègre le même capteur 80 Mpx, mais qui dispose de certaines technologies "maison" comme le Sensor+ qui permet de grimper en sensibilité (3200 ISO) au prix d'une réduction par 4 de la définition. Avec un capteur 80 Mpx, cela prend un autre sens...

+
  • Définition record de 80 Mpx utile dans certains cas
  • Le 80 mm Schneider Kreuznach encore vaillant même avec un 80 Mpx
  • Logiciel
  • Le moins cher des capteurs 80 Mpx
  • Intéret de la version AptusII-12 R à capteur rotatif sur les moyens formats - 6x6 minimum
  • Dos compatible avec toutes les marques (sauf hasselblad H3D et H4D)
  • Mode viséee sur écran indigent
  • Nécessite une mise au point précise et parfois une retouche manuelle
  • Autonomie du dos limitée (100 vues)
  • La batterie du dos qui rend le boîtier incompatible avec certains trépied
  • Gestion du bruit électronique médiocre au dessus de 200 ISO
  • Viseur prisme fixe et imprécis sur le 645DF
Les prix
Hasselblad EOS 500D
EOS 500D
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