Capteur- Cmos 24x36, 22,3 Mpx (effectifs, 23,4 Mpx au total)
Monture- EF (saug EF-S)
Optique livrée-
Stabilisation- selon les optiques
Antipoussière- oui
Viseur- optique,prisme en toit, couverture de champ 100%, grossissement 0,71x, oculaire 21 mm.
Écran- 8,1 cm, 1 040 000 points
Mise au point- TTL-CT-SIR par capteur CMOS dédié, 61 collimateurs / 41 collimateurs AF de type croisé f/4, dont 5 collimateurs de type double croisé à f/2,8. Plage AF : IL -2 à IL 18. En visée sur écran : par détection de contraste sur capteur principal.
Modes autofocus- Ai Focus, One-Shot, Servo Ai
Mesures d'exposition- TTL à pleine ouverture sur 63 zones SPC double couche. Matricielle, sport et pondérée centrale. Correction d'exposition +/- 5 IL. Bracketing d'exposition sur 2, 3, 5 ou 7 vues et +/-3 IL par paliers de 1/3 ou de 1/2. En visée sur écran : Me
Modes d'exposition- P,S,A et M
Vitesse d'obturation- 30-1/8000 s (par paliers de 1/2 ou de 1/3), pose longue. Sync flash : 1/200 s
Motorisation-
Sensibilité ISO- Auto (100 à 12.800), 100 à 25.600 (par paliers de 1/3 ou d'une valeur) Sensibilité ISO extensible à L : 50, H1 : 51.200, H2 : 102.400
Mémoire- CompactFlash Type I (compatible UDMA), cartes SD, SDHC ou SDXC
Alimentation- Batterie au lithium-ion rechargeable LP-E6
Connexion- USB 2, Mini-connecteur de sortie HDMI, sortie vidéo (PAL/NTSC), mini jack pour casque, micro externe (mini jack stéréo)
Dimensions- 152 × 116,4 × 76,4 mm
Poids- 950g
Logiciels- DDP
Dans la boîte-

Caractéristiques

Canon 5D Mark III face sans objectif

Futur remplaçant du 5D Mark II qui a marqué sont époque en démocratisant la vidéo sur reflex, le 5D Mark III arrive avec quelques évolutions censées faire oublier les lacunes du précédent modèle.

Ainsi, Canon a entièrement revu le système autofocus qui est véritablement à la traine sur le précédent boîtier. Le 5D3 se dote de la dernière génération de module AF avec pas moins de 61 collimateurs, dont 41 croisés.

Côté rafale, le reflex est capable de monter à 6 vps, ce qui devrait contenter les photographes animaliers et quelques amateurs de photos de sport.

Mais, les autres catégories de photographes ne sont pas pour autant oubliées. Ceux qui apprécient les spectacles seront comblés avec un déclenchement silencieux et une plage ISO pouvant grimper jusqu'à 102400 ISO !

Bien sûr, les modes vidéo ne sont pas oubliés avec un mode HDTV 1080 une compression intra (AVC-intra) et des algorithmes pour réduite l'aliasing, du moiré et le bruit électronique.

On regrette toujours l'absence de flash intégré ou d'un connecteur rapide de type USB 3, FireWire ou Thunderbolt.

Le 5D Mark III marquera-t-il également son temps comme l'avait fait le précédent reflex ? Réponse dans notre test.

Test terrain jour 1

Installé, à Aussois, petit village de la Vanoise, Christian Simon partage son temps entre la prise de vues animalière et des photos techniques de matériels industriels. Pour ce test terrain de trois jours, il a décidé d'emporter le nouvel EOS 5D Mark III sur les cimes, auprès des animaux sauvages, en condition de froid marqué.

Canon EOS 5D Mark III test terrain photo animalière Christian Simon

Focus Numérique : Pourquoi avoir accepté d'effectuer ce test?

Christian Simon : Je travaille depuis des années en Canon, j'utilise habituellement un EOS 7D, et je cherche un reflex plein format capable de monter dans les sensibilités élevées.
Focus Numérique : Quelle est votre procédure de test?
Christian Simon : Je suis allé photographier un bouquetin qui est encore assez bas en altitude, il recherche l’herbe tendre qui pousse à cette période de l’année. J’ai aussi photographié des paysages en contre-jour. J'ai tenté de faire la même photo à différentes sensibilités pour juger des effets de la montée en ISO sur de "vrais sujets".

Focus Numerique : Quels sont vos sentiments dans le cas du bouquetin?
Christian Simon : J’ai réalisé des gros plans de l'animal. Le manque de lumière m’empêche de déclencher en dessous de 3200 ISO. On peut exploiter les photos jusqu’à 6400 ISO. J’ai été agréablement surpris par les résultats à 12800 ISO et 25600 ISO. Les couleurs restent fidèles et la définition est assez bonne. Dans les poils on voit encore du détail. À 51200 ISO, les couleurs commencent à dériver et le bruit est bien visible.

Mais le résultat n’est pas catastrophique. À 102400 ISO, les couleurs ne sont plus fidèles et le bruit est énorme. Quand j’ai déclenché, il faisait vraiment très sombre. C’est une valeur de dépannage, à utiliser quand il fait presque nuit et face à une occasion à ne pas manquer.

[Canon 5D Mark III test terrain montée ISO

](//dtphgwb5vjcez.cloudfront.net/focus/articles/1389/canon-5d-mark-III-montee-iso-test-terrain.jpg)

Vous pouvez cliquer sur l'image ci-dessus pour afficher les clichés en pleine définition.

Focus Numérique : Une particularité sur ces deux images?

Christian Simon : Dans cet exemple (bouquetin03), la lumière est pratiquement nulle.

  • À 3200 ISO, le fichier brut du bouquetin est complètement sous exposé, j’ai pu le récupérer dans Lightroom 4, sans une montée de bruit trop importante, c’est assez impressionnant.

  • La photo du bouquetin devant les lueurs de la ville de Modane n’est pas très piquée, l’autofocus a du mal à accrocher, et je fais la photo au jugé.

Le bruit est visible. Il n’y a plus aucun détail dans l’œil du bouquetin, mais pour une photo réalisée de nuit, le résultat n’est pas mal du tout.

[Canon 5D Mark III montée ISO test review

](//dtphgwb5vjcez.cloudfront.net/focus/1389/canon-5d-mark-III-montee-iso-test-terrain-montagne.jpg)

Vous pouvez cliquer sur l'image ci-dessus pour afficher les clichés en pleine définition. ****

Focus numérique : Vous avez également réalisé des images de paysage en contre-jour, quels sont vos conclusions?

Christian Simon : Le paysage a été photographié très tard, et le manque de lumière donne un piqué moyen même à 100 ISO. Comme toujours les photos sont exploitables jusqu'à 3200 ISO voire 6400 ISO.

Pour ce genre de sujet, il faut éviter de travailler à une sensibilité plus élevée.

Focus Numérique : mêmes conclusions sur la nature morte à la fontaine?

Christian Simon : La fontaine a été prise avec le zoom 24/105 de Canon. Les aplats commencent à apparaître à 6400 ISO. Les valeurs de 12800 ISO et 25600 ISO ne sont pas catastrophiques. Ensuite ce n’est plus exploitable.

Focus Numérique : Qu'elles sont les conclusions provisoires de ce test surement trop court pour se construire un avis définitif?
Christian Simon : Les images réalisées à 3200 et 6400 ISO sont encore largement exploitables. Au-dessus, pour le paysage il vaut mieux éviter. Pour les gros plans, on peut avoir des résultats corrects jusqu’à 12800 ISO.

  • Le bruit de déclenchement en mode silencieux est vraiment extraordinaire, je n’ai pas pu l’essayer avec des animaux très farouches, mais je suis certain qu’une biche photographiée à une quarantaine de mètres n’entendra pas le bruit.

  • J’utilise un 7D depuis 3 ans et je n’ai pas du tout été dépaysé par les menus internes. Au contraire, ils sont encore plus clairs qu'auparavant.

  • Je retrouve enfin la visée claire et précise de mes EOS1 argentiques.

  • L’autofocus est précis, avec le 500mm f/4 c’est un régal.

  • Les flous d’arrière-plan sont meilleurs (plus marqués NDLR) que ceux du 7D.

  • Je n’ai pas fait beaucoup de vidéos, mais quand la mésange se toilette, on ne voit pas de sauts entre les images.

Retrouvez le travail de Christian Simon sur www.duodescimes.com
Christian Simon en 5 dates

1981: mon premier boîtier, un Olympus OM10

1984 : mon premier affût et mes premières photos animalières de tétras lyre, un oiseau de la famille des Gallinacés

1985 : rencontre avec Pierre Toscani. Il m'a beaucoup appris sur la nature et la pratique photo.

1992 : rencontre avec ma femme, celle qui m'a permis de vendre mes photos.

2005 : sortie de notre livre "Secrets de Vanoise"

Licence Creative Commons
Test Canon EOS 5D Mark III test terrain de Christian Simon est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 non transposé.

Prise en main

Le Canon 5D Mark II souffrait d'une qualité de fabrication en retrait par rapport à la concurrence et notamment le Nikon D700 et même le petit frère, le 7D offre une meilleure prise en mains. Canon s'est d'ailleurs inspiré de ce dernier pour redessiner le boîtier du 5D Mark III.

Ergonomie

Au premier abord, les différences entre le 5D Mk II et Mk III semblent minimes, pourtant, il suffit de prendre en mains le nouveau boîtier pour apprécier le niveau de finition nettement supérieure par rapport à son prédécesseur. La poignée est mieux dessinée, le revêtement beaucoup plus agréable et si le Mark II était déjà considéré comme tout temps, les ingénieurs Canon nous assurent que le niveau de protection du Mark III est amélioré.

La disposition des commandes sur le dessus de l'appareil change peu et vous retrouverez le barillet pour le choix du mode d'exposition sur l'épaule gauche qui permet de sélectionner rapidement le mode P,S,AM, les modes personnalisés (C1, C2 et C3), le mode Bulb (B) et un mode automatique A+ qui peut toujours dépanner. Vous noterez toutefois la présence d'une commande de déverrouillage au centre du barillet. Autre nouveauté par rapport au Mk II, la présence d'un levier pour la mise sous tension de l'appareil. Personnellement, je continue à préférer le système avec une couronne autour du déclencheur qui permet de mettre l'appareil sous tension avec une seule main.

Sur l'autre épaule, la répartition des touches est identique et vous disposez d'une rangée de 4 commandes le long de l'écran LCD qui donnent accès à 2 fonctions chacune. Une touche personnalisable M-fn fait également son apparition entre le déclencheur et le molette avant. Par défaut, cette commande est dédiée à la sélection du mode pour les collimateurs AF.
Canon EOS 5D Mark III dessus

Le dos de l'appareil évolue plus notablement avec un basculeur photo/vidéo pour la visée directe sur écran et une touche Q (Quick) pour accéder au résumé des options de prise de vue sur l'écran arrière. Nous retrouvons toujours la grande et très agréable roue codeuse ainsi qu'un joystick. Notez que la roue codeuse est sensible à la pression, ce qui permet d'effectuer certains réglages de manière silencieuse. Les vidéastes seront particulièrement sensibles à cette possibilité.

Sur la gauche, vous trouverez désormais en haut une touche menu et info. La loupe, habituellement accessible via les touches mémorisation d'exposition et choix du collimateur AF, est désormais accessible via une seule commande associée à la molette. Une commande pour noter les images fait également son apparition et le bouton pour le style d'image regroupe désormais en plus le mode HDR et exposition multiple.

Pas de détecteur de présence pour éteindre l'écran par exemple.

Canon EOS 5D Mark III dos

Canon se décide enfin à déplacer le testeur de profondeur de champ pour être utilisé par la main droite (la main gauche soutenant l'optique).

Canon 5D Mark III face sans objectif

Menus

Canon a toujours proposé une interface claire et relativement intuitive sur ses reflex et le 5D Mark III ne déroge pas à la règle avec une série d'onglets regroupant les principales options et désormais une partie réservée aux réglages de l'autofocus. De même, toutes les options pour la vidéo sont regroupées dans des menus spécifiques une fois l'appareil en mode vidéo. Si les deux univers photo / vidéo se côtoient, ils n'interfèrent pas. Un choix plutôt judicieux. Les réglages les moins utilisés trouvent également leur place dans un onglet spécifique (C.Fn : Custom Fonction) et vous pouvez naturellement créer votre propre menu avec les options que vous utilisez le plus souvent. En outre une aide contextuelle est souvent disponible pour donner des explications sur les différentes options.

Canon 5D Mark III menus

À gauche, l'interface graphique du Q-uick Menu. À droite, un onglet AF regroupe tous les réglages pour personnaliser le système autofocus.

La touche Q permet d'accéder au Quick Menu qui récapitule les principaux réglages pour la prise de vue. Il suffit alors de sélectionner les options à l'aide du joystick pour ensuite faire varier les valeurs à l'aide de la roue codeuse ou de la molette avant : simple, pratique et rapide. En l'absence d'écran monté sur rotule, il est regrettable que Canon ne propose pas une rotation des menus et des images lorsque l'appareil est en mode portrait.

En mode lecture, le 5D Mark III propose toutes les options habituelles (lecture, zoom, données sur la prise de vue, développement du fichier raw, protection des images, recadrage, correction des couleurs, notation...), mais vous pouvez désormais afficher deux vues côte à côte. Une option est qui apparue il y a quelques années sur les reflex Olympus (mais qui ne retrouve étonnamment pas sur les Pen ou les OM-D) et qui reste très pratique pour comparer des images et faire un editing rapide. Dommage qu'il ne soit pas possible de synchroniser le grossissement sur les deux images pour une comparaison encore plus rapide.

Canon 5D Mark III comparaison images en mode lecture

Qualité de l'écran LCD

Le 5D Mark III est équipé d'un nouvel écran LCD de 8,1 cm affichant 1 036 800 points soit un affichage de 720x480 pixels avec un ratio d'image en 3:2 identique à celui des images. Les clichés occupent donc tout l'espace de l'écran contrairement au format 4:3 que l'on trouve sur la majorité des reflex. En visée directe, la surface d'affichage est également plus large et au final, l'image est plus détaillée. Le boîtier offre un grossissement de 5x ou 10x en visée directe soit un rapport supérieur au rapport 1:1 (1 pixel pour 1 pixel). L'affichage est précis et très fluide quelles que soient les conditions lumineuses, ce qui se révèle très agréable à l'usage.

Le rendu colorimétrique est en outre exemplaire avec un gamma calé à 2,2 sur toutes les valeurs de luminosité, une température des couleurs à 6500 K et un delta E94 à 1,7 !! Un excellent score donc. Seul le taux de contraste à 540:1 est un peu faible, mais la différence avec d'autres modèles plus contrastés ne saute pas aux yeux.
Canon 5D Mark III qualité de l'écran test review avis

À gauche, température des couleurs en fonction de la luminosité. À droite, mesure du gamma en fonction de la luminosité.

Canon EOS 5D Mark III test review écran

Le Delta E94 moyen est de 1,7. Le rendu colorimétrique de l'écran LCD du Canon EOS 5D Mark III peut être considéré comme fidèle.

Déclenchement silencieux

Une des évolutions les plus remarquables du 5D Mark III est sans doute le mode déclenchement silencieux. Dans ce dernier mode, les mouvements du miroir sont amortis et le bruit est beaucoup plus feutré. Le résultat est impressionnant et même sur les courbes de notre enregistrement sonore, la différence saute aux yeux. Le 5D3 sera donc un allier de choix pour la photographe à la recherche de discrétion comme pour la photo de rue ou plus particulièrement pour les spectacles.

[Canon 5D Mark III son déclenchement normal et silencieux

](//dtphgwb5vjcez.cloudfront.net/focus/articles/1389/canon-5d-mark3-son-declenchement.mp3)

Vous pouvez écouter le son du déclenchement du 5D Mark III en mode normal (simple et rafale) et silencieux (simple et rafale) en cliquant sur la vignette.

Logiciels

Le Canon EOS 5D Mark III est livré avec une impressionnante suite de logiciels pour traiter ses fichiers. Avec le reflex, DPP (Digital Photo Professionnal) est livré en version 3.11 pour prendre en compte les nouveaux formats Raw (le format raw n'est pas ouvert chez Canon) CR2. Cette solution comprend de nombreux utilitaires (la liste est valable uniquement pour l'environnement Windows) :

  • un logiciel pour transmettre les fichiers par liaison WiFi : WFT Utility

  • un logiciel pour piloter votre appareil à distance (dans un studio par exemple) : EOS Remote

  • un logiciel pour créer ses propres styles d'images : Style Editor

  • un explorateur de fichiers. Il sert également pour l'organisation des images, le tri et l'impression : ZoomBrowser

  • un logiciel complet pour développer ses fichiers raw : Digital Photo Professional

  • un logiciel pour créer des vues panoramiques : photoStich

  • un logiciel pour protéger ses images : Original Data Security. Le logiciel permet de savoir si une image a été retouchée depuis la prise de vue et permet de crypter les données importantes.

Canon 600d test review eos utility

EOS Utility permet de piloter le 5D Mark III en mode connecté avec une visualisation directe sur un écran d'ordinateur.

Ainsi, il est possible de piloter l'EOS 600D à distance tout en déportant l'affiche de la visée directe, sur l'écran d'un ordinateur : idéal pour un travail en studio. Le logiciel EOS Utility permet de sécuriser ses images, de configurer le transmetteur WiFi ou de piloter le reflex à distance. En mode remote, il est désormais possible d'utiliser à la fois le mode autofocus par contraste ou le système AF classique. Vous pouvez également mettre en action la loupe pour vérifier le point de netteté. Vous donc pleinement piloter à distance votre appareil.

canon 600d test review logiciels

ZoomBrowser (PC) et ImageBrowser (Mac) sont des applications très riches qui permettent de traiter, imprimer, trier des images. La version Windows est beaucoup plus complète que la version Macintosh.

Pour les raw

Bon point, Canon livre une solution complète et efficace pour le traitement des fichiers Raw (Digital Photo Professional). Outre les options classiques de dérawtisation, le logiciel offre également le traitement des aberrations chromatiques et des distorsions des optiques. La nouvelle version est numérotée 3.11.26

canon 5D Mark III test review logiciels

Canon DPP, un outil gratuit pour développer ses fichiers bruts.

L'une des nouveautés la plus attendu reste sans doute la correction de l'horizon. Si le logiciel présente une interface un peu "vieillote" avec de multiple fenêtres et quelques lacunes (toujours pas de retouche locale par exemple...), DPP reste une solution puissante pour traiter et optimiser les images. En outre, il est totalement gratuit et propose des profils de corrections pour les optiques Canon ou permet de gérer plus finement le rendu HDR.

Alimentation, stockage

L'EOS 5D Mark III est livré avec la batterie LP-E6 identique à celle qui équipe déjà le 5D Mark II. Le constructeur annonce avoir amélioré l'autonomie de l'appareil avec pas moins de 900 vues à la norme CIPA (50% au flash). Lors de nos tests dans des conditions réelles d'utilisation, nous avons atteint plus de 1000 déclenchements avec environ 10 minutes de vidéo. Pour améliorer l'autonomie du reflex, vous pouvez utiliser le grip d'alimentation. Là, mauvaise surprise, il s'agit d'un nouveau modèle : BG-E11. Le 5D Mark III n'est évidemment pas compatible avec le modèle précédent (BG-E6). La poignée permet de loger deux batteries LP-E6 ou d'utiliser des piles au format AA en cas d'urgence. Elle possède également un contrôleur (joystick) et un rappel de commandes (AF, mémorisation d'exposition, choix collimateurs et déclencheur).

Canon 5D Mark III test review grip bg-e11

La poignée d'alimentation BG-E11 la seule compatible avec le 5D Mark III.

Le reflex est livré un chargeur de batterie LC-E6E qui dispose de différents témoins de charge (0, 50, 75 et 100%).
Canon 5D Mark III test review chargeur de batterie

Emplacements cartes mémoire

Le 5D Mark III dispose de deux emplacements pour des cartes mémoires au format SD et CF. De manière assez étonnante, le reflex supporte parfaitement la dernière norme de transfert UDMA 7 pour les cartes Compact Flash, mais ne prend pas en compte la norme UHS-I pour les cartes SD. L'emplacement SD permet l'utilisation des cartes Eye-Fi (Wi-Fi) et de contourner ainsi l'absence de puce intégrée. Le choix de deux formats de cartes différents est discutable : certains apprécient d'autres rechignent à utiliser des formats différents. Il est possible de configurer les deux emplacements pour fonctionner en mode débordement (dès qu'une carte est pleine, l'autre est utilisé), en mode séparé (vous pouvez enregistrer des formats différents des images sur les deux cartes) ou en mode duplication (pour faire une sauvegarde des images). Malheureusement, il n'est pas possible de spécifier une carte pour l'enregistrement des fichiers vidéo.

Canon 5D Mark III emplacements cartes mémoire

Connexions

Côté connectique, le 5D Mark III joue le classicisme avec :

  • une entrée micro stéréo mini-jack (3,5 mm)

  • une prise synchro flash

  • une connexion pour une télécommande filaire

  • une sortie casque

  • une sortie USB 2

  • une sortie HDMI

Le premier regret se porte sur la connexion USB qui ne prend pas en compte la dernière norme USB 3. En outre, la prise USB se détache trop facilement et nous aurions préféré en supplément une prise sécurisée pour travailler plus tranquillement en mode connecté (prise propriétaire ou RJ45 par exemple). Pour le mode vidéo, il est dommage que Canon ne propose pas de sortie HDMI non compressée (Canon doit gérer également une gamme de caméras cinéma...) comme le propose le Nikon D800. Le 5D Mark III ne propose pas de transmetteur intégré pour gérer les flashes distants sans fil comme le propose le 7D. La raison ? D'après Canon la fabrication tout temps du boîtier... Le reflex ne propose pas non plus de puce Wi-Fi pour transmettre les images sur un ordinateur sans fil. Pour cela, il faudra s'équiper de l'onéreux (presque 600 euros...) et imposant module WFT-E7 (qui certes intègre une batterie LP-E6)

Canon EOS 5D Mark III cotés

Flash

Certains le demandaient depuis longtemps et malheureusement ce ne sera pas pour cette édition Mark III : le nouveau reflex 24x36 n'intègre pas de flash pop-up contrairement au Nikon D800. Les raisons ? Elles ne sont pas franchement claires. Canon parle de fragilité et de point de faiblesse pour assurer la construction tout temps. Mais le D800 montre que ces raisons n'en sont pas vraiment.

À défaut d'un flash, toujours pratique pour déboucher un contre-jour, nous aurions apprécié la présence d'un transmetteur infrarouge (comme le 7D) ou mieux encore radio (comme le nouveau ST-E3) pour piloter des flashes distants sans fil. Malheureusement, il n'en est rien. Il faudra donc s'équiper de différents accessoires pour utiliser des flashes sans fil.

Notez qu'avec le 5D Mark III, Canon a dévoilé un nouveau flash Speedlite 600EX-RT qui est radio commandable.

Canon Speedlite 600EX-RT et radio transmetteur ST-E3

Le nouveau flash Speedlite 600EX-RT et le module radio ST-E3.

Notez que le 5D Mark III ne peut pas déclencher en synchro deuxième rideau avec des flashes de studio (via la prise synchro X). Cette lacune s'est révélée lors de la séance photo réalisée avec Quentin Caffier. Quentin qui travaille habituellement avec un 5D Mark II espérait bien que Canon pallie ce manque (nous avons fait un test avec un D700 et la synchro 2e rideau fonctionne parfaitement) sur la nouvelle mouture. Il n'en est rien.

Visée, autofocus

Le 5D Mark III évolue notablement au niveau de la visée et reçoit un viseur optique 100% pour des cadrages précis (98% sur le Mark II) qui dispose d'un affichage d'information par surimpression (collimateurs AF, quadrillage d'aide à la composition). Le verre de visée n'est pas interchangeable (stigmomètre par exemple).

Canon 5D Mark III test review affichage viseur

Les différents affichages dans le viseur.

Visée directe

Comme sur le 7D, le 5D Mark III dispose d'un levier (avec un bouton au centre) pour passer rapidement d'une visée optique à une visée sur écran. Le levier permet de basculer du mode photo au mode vidéo. L'affichage est fluide, couvre naturellement 100% du champ et il est possible de simuler directement l'exposition à l'écran. Vous pouvez également la possibilité d'afficher les grilles d'aide à la composition, un histogramme d'exposition et un niveau électronique.

En mode liveview, il est possible d'activer un autofocus par détection de contraste. Celui-ci s'avère toutefois assez lent (même s'il est plus rapide que sur le Mark II), très sec et finalement peu utilisable en dehors d'un packshot. Vous pouvez découvrir le mode AF sur la vidéo ci-dessous réalisée avec un 50 mm f/1,8 non USM (l'autofocus en vidéo est identique).

Autofocus visée optique

Naturellement, l'un des points forts du 5D Mark III reste l'arrivée d'un véritable module autofocus évolué et performant. Canon a vu les choses en grand en reprenant le module 61 points (41 collimateurs croisés et 5 en double croix. Cf. présentation du 1D X pour plus de détails sur les collimateurs) du reflex haut de gamme EOS1D X. Une mise à jour importante par rapport au seulement 9 points du précédent modèle ! Le système est complet et limite complexe. Canon propose d'ailleurs une notice de plus de 40 pages pour expliquer tous les détails du module.

Sur le papier, le module AF de Canon est le plus complet du moment avec 61 points dont 41 en croix et 5 en double croix. Mais attention, ces chiffres varient en fonction de la luminosité des optiques et des modèles. Ainsi, les 5 points en double croix ne sont actifs qu'avec certaines optique à f/2,8 ou plus lumineuses. A f/4, 5 en double croix ne fonctionnent plus et il faudra se «contenter» des 41 collimateurs en croix. À f/5,6 seuls les 21 collimateurs centraux en croix sont actifs, les 20 restant sur les 61 points sont linéaires. Avec certaines optiques le nombre total de collimateurs se réduit à 33.

Avec une ouverture à f/8, l'autofocus ne fonctionne simplement pas. Ainsi, les optiques f/4 utilisées avec un doubleur 2x ne disposeront pas d'autofocus.
Canon 5D Mark III schéma module AF à f/4

Répartition des collimateurs AF à f/4.

Canon 5D Mark III schéma module AF f/5,6

Répartition des collimateurs AF à f/5,6.

Entre le 5D Mk3 et le 1D X le module autofocus est identique, mais son fonctionnement est différent, car le 1D X possède un capteur 100 000 pixels (cellule d'exposition 252 zones) qui vient épauler le système AF en proposant à la fois une reconnaissance des visages et des couleurs.

Lors de nos différents tests, nous avons apprécié la réactivité du nouveau module. En basse lumière, il est beaucoup plus efficace que l'antique module 9 points du 5D Mark II. Sur ce plan, le nouveau reflex se montre beaucoup plus réactif et bien plus agréable à utiliser dans la plupart des situations.

Nous sommes toutefois un peu déçus par «l'intelligence» embarquée pour le suivi AF. Les paramètres sont nombreux et trouver les bons réglages demande de nombreux essais. Nous avons essayé l'autofocus en salle de sport (badminton) et malgré plusieurs essais avec différents paramètres, l'autofocus décrochait régulièrement se focalisant d'un sujet à un autre alors que nous demandions expressément qu'il reste bloqué sur un joueur. Une fois de plus, l'autofocus se montre d'un niveau largement supérieur à celui du Mark II, mais il montrera ses limites avec certains sujets mobiles. Sur ce plan, le 1D-X sera sans doute beaucoup plus efficace l'autofocus étant épaulé par le capteur de mesure de luminosité.

Performances

Globalement, le 5D Mark III est un boîtier réactif et plutôt agréable à utiliser. La mise sous tension est rapide et nous pourrons juste pointer une latence au déclenchement trop longue (presque 0,1 s) en mode classique. La cadence rafale tient ses promesses avec un peu plus de 6 vps, mais il faudrait utiliser des cartes rapides pour tenir ces cadences sur plus de 10 vues.

action temps cadence commentaires
Mise sous tension (temps nécessaire pour obtenir la première image sans mise au point) 0,46 s / moyen
Latence au déclenchement 0,09 s / médiocre
Latence au déclenchement mode silencieux 0,15 s / médiocre
Temps entre 2 images
(Raw)
/ / /
Autofocus lumière
(50 mm f/1,8 II à 1 m de la cible)
0,46 s / bien
Autofocus pénombre (3 lux)(50 mm f/1,8 II à 1 m de la cible) 0,76 s / bien
Autofocus par contraste
(visée directe)
1,8 s s moyen
Rafale JPeg / 6,5 i/s Bien. Nombre de vues selon capacité et rapidité de la carte.
Rafale Raw / 6,5 i/s Bien. Nombre de vues selon capacité et rapidité de la carte.

Précision, colorimétrie

Pour notre test de précision, nous avons utilisé le 50 mm f/1,8. Nos mesures de MTF sont réalisées avec DxO Analyzer sur les fichiers JPeg. Au centre et à f/5,6, le couple 5D Mark III et optique est capable de distinguer 80 paires de lignes par millimètre, ce qui est un excellent. Logiquement, le 5D Mark III fait légèrement mieux que le Mark II qui atteint plus de 76 pl/mm. Des mesures qui permettent également de vérifier que le 50 mm f/1,8 II est capable de résoudre la définition du capteur à 22,3 Mpx. Vous noterez également l'accentuation des fichiers avec une courbe au-dessus de 100%

Canon 5D Mark III mesure MTF 50 mm f/1,8 à f/5,6

Canon 5D Mark III mesures MTF en fonction de l'ouverture avec 50 mm f/1,8

Balance des blancs

Sous un éclairage de type lumière du jour (notre labo est calé à 5400 K), le Canon 5D Mark III donne de bons résultats au niveau de la balance des blancs (Delta E <3). Le rendu des couleurs (style d'image standard) est assez saturé notamment dans les rouges.

Canon 5D Mark III test review rendu couleur 5400 K mesure DxO

Sous un éclairage tungstène (le plus courant en intérieur : ici, des lampes halogènes dont la température de couleur est d'environ 3000 K comme l'indique notre mesure ci-dessous), la balance des blancs automatique n'est pas très fiable et les couleurs de notre mire Gretag «tirent» vers le rouge orangé. Sur la gamme de gris, le Delta ab grimpe à plus de 20 !

température de couleur lampe halogene salle photo

Mesure éclairage halogène studio

Canon 5D Mark III test review balance des blancs 3000 K

Canon 5D Mark III test review balance des blancs 3000 K mesures DxO

En basculant en balance des blancs préréglée tungstène (la scène est toujours sous 3000 K), le 5D Mark III tente d'équilibrer l'image et le résultat est plutôt convaincant et les patch retrouvent des couleurs plus réalistes.

Gestion du bruit électronique

Pour notre traditionnelle montée ISO, nous avons équipé le Canon 5D Mark III d'un 50 mm f/1,8. Le boîtier est positionné en mode M pour un couple vitesse diaphragme de départ de 1/4 s, f/5,6 avec une sensibilité positionnée à 100 ISO. La scène est éclairée sous 200 lux. Comme d'habitude, vous pouvez visualiser les images en pleine définition et télécharger les fichiers bruts (CR2).

Les JPeg

La Canon 5D Mark III expose plutôt «dense» avec des noirs très sombres par rapport aux autres reflex, ce qui a pour effet de «masquer» un peu le moutonnement dans les basses sensibilités.

Classiquement, le bruit électronique passe totalement inaperçu sur une plage ISO de 50 à 400 ISO pour un affichage 100% sur écran. Entre 400 et 800 ISO, il est déjà possible de discerner quelques marbrures violettes dans les zones les plus denses à 100% sur écran. Un phénomène récurrent avec les capteurs Canon (7D, 550D, 600D...), mais qui ne sera visible que dans certaines conditions et notamment les photos de nuit. Globalement, le moutonnement est bien contenu et le lissage des détails peu visible. Le 5D Mark III se comporte remarquablement bien à 1600 et 3200 ISO avec des images détaillées et un moutonnement très fin. Un premier saut qualitatif est visible à 6400 ISO. Le grain devient subitement un peu plus grossier, mais les détails sont encore bien présents et la dynamique est encore très intéressante. Un lissage plus prononcé vient gommer les plus fins détails à 12800 ISO, une sensibilisé pour le moins élevée. Les progrès des capteurs 24x36 sont vraiment impressionnants dans ce domaine.

Un second palier est franchi à 25600 ISO avec un grain beaucoup plus visible et très légèrement coloré. Pour un tirage 20x30, cette sensibilité ISO est encore facilement exploitable, ce qui est une belle performance. Les deux paliers supplémentaires sont plus problématiques avec des dégradations plus prononcées : dynamique en forte baisse, grain coloré et marbrures violettes, lissage important...À 102400 ISO, le rendu tiendra plus de la peinture pointilliste que de la photographie, elle a toutefois l'intérêt d'exister.

Au final, le 5D Mark III surprend agréablement avec une excellente gestion du bruit électronique et une plage 50-6400 ISO remarquable. Vous pouvez même vous aventurer, à 12800 voire 25600 ISO sans trop de craintes selon la destination des images (web, impression grand format, recadrage...). Seules les valeurs ISO extrêmes seront à utiliser avec parcimonie.

[Pixum partenaire de Focus Numérique pour l'évaluation de la qualité des images

](http://www.pixum.fr/)Pour l'observation de la qualité des images en format 30x45 cm, nous réalisons [des tirages photo chez notre partenaire **Pixum**](http://www.pixum.fr/). Cela nous permet de comparer facilement les appareils à 3200 ISO et à la plus haute sensibilité.

Vous pouvez également comparer les clichés du Canon 5D Mark III avec les images du Nikon D800, principal concurrent sur ce créneau. La définition plus importante du Nikon D800 permet-elle de rivaliser avec son concurrent ? Les JPeg du Nikon sont très doux contrairement à ceux du Canon 5D Mark III et si à 3200 ISO les images sont très proches (sur le plan de la gestion du bruit électronique), le nouveau Canon semble prendre un léger avantage à 12800 ISO (les images sont rapportées à un tirage 20x30 cm) avec un grain un «chouia» plus fin et un rendu plus dynamique.

Exposition, RAW

Exposition

Le reflex propose enfin un vrai bracketing d'exposition qui permet d'aligner jusqu'à 7 vues pour réaliser des clichés en vue d'une exposition HDR. On est loin des 3 vues autorisées sur le Mark II. En outre, le boîtier propose également un mode HDR sur 1,2 ou 3 IL. Vous ne pouvez conserver les différentes vues (raw ou JPeg) pour réaliser le fichier HDR avec un logiciel plus performant, le 5D Mark III produisant un fichier JPeg final avec différents rendus (naturel, artistique standard, artistique relief...).

Canon 5D Mark III mode HDR

Le 5D Mark III propose également le mode priorité hautes lumières qui permet de conserver des détails dans les valeurs élevées. Dans ce mode, la sensibilité ISO minimale passe à 200 ISO et le gain est vraiment léger, mais perceptible dans certaines conditions.

Les fichiers bruts

Pour évaluer le potentiel des fichiers bruts du Canon 5D Mark III, nous analyserons les résultats obtenus par DxOMark. Les résultats observés sur les fichiers JPeg sont-il proches des données enregistrées dans les .CR2 ? Nous en profiterons pour comparer les résultats du 5D Mark III avec le D800 qui propose 36 Mpx.

Sensibilité ISO

Assez classiquement, Canon sous-estime légèrement la sensibilité ISO du boîtier et en mode étendu, la valeur 50 est une extrapolation logicielle de la valeur 100 ISO.
Canon 5D Mark III mesure sensibilité ISO par DxO Mark

Rapport signal / bruit (SNR)

Avec le nouveau capteur Cmos 22 Mpx, le Mark III fait-il mieux que le précédent modèle ? Globalement et sur toute la plage de sensibilité ISO, le nouvel imageur se montre plus performant. La différence est visible, mais l'évolution reste toutefois mesurée. Par rapport au Nikon D800 (36 Mpx), le 5D Mark III fait jeu égal : les deux courbes sont pratiquement superposées.

Canon 5D Mark III et Nikon D800 comparaison des mesures DxOMark pour le rapport signa/bruit

Toutefois un examen plus approfondi des mesures DxOMark met en évidence une gestion du bruit plus problématique dans les zones sombres. Le problème est récurrent avec les capteurs Cmos Canon et le Mark III n'échappe malheureusement pas au phénomène. Sur les JPeg, cela se traduit par des zones violettes perceptibles dans les zones denses et dès les plus basses sensibilités. Sur ce plan, le nouveau Nikon D800 fait bien mieux.

Canon 5D Mark III full SNR DxoMark

Dynamique

Sur le plan de la dynamique, le 5D Mark III présente une courbe similaire à la version II jusqu'à 1600 ISO. Au-delà, le nouveau reflex prend l'avantage sur son aîné et manière importante dans les plus hautes sensibilités, jusqu'à 1 IL à 6400 et 12 800 ISO. Le Nikon D800 propose une dynamique largement supérieure aux boîtiers Canon jusqu'à 400 voire 800 ISO (presque 2,5 IL à 100 ISO...), mais les deux nouveaux boîtiers se rapprochent au-delà.
Canon 5D Mark III dynamique mesure DxOMark comparaison

Au final, les fichiers CR2 de Canon ont un bon potentiel (le meilleur chez Canon tous boîtiers confondus), mais ils restent un cran en dessous des NEF du Nikon D800 notamment en dynamique dans les basses sensibilités et en gestion du bruit électronique dans les noirs.

Mode vidéo

Si le Mark III est un reflex avant tout pensé pour la photographie, il est également très attendu par les cinéastes qui attendent beaucoup des possibilités du nouveau modèle.

Nouveau codec

L'une des principales nouveautés du 5D Mk3 est la possibilité d'enregistrer les vidéos dans un format AVC Intra, sans compression inter image : les images sont compressées individuellement et vous n'avez pas besoin de décompresser un groupe d'images (GOP) pour accéder à toutes les images d'un clip. Il s'agit du mode ALL-I qui vient en complément du mode «classique» IPB.

Naturellement, en mode ALL-I, les fichiers sont beaucoup plus volumineux. Sur notre scène fixe (mire USAF 1951) 30 secondes de vidéo «pèsent» :

  • ALL-I : 262 Mo

  • IPB : 117 Mo.

Le 5D Mk3 n'est plus limité à 12 minutes d'enregistrement, mais vous pouvez désormais filmer pendant 30 minutes (ce qui représente environ 18 Go de données). En mode IPB, le débit semble limité à 30 Mbps, mais celui peut facilement grimper à 40, voir 50 Mbps en mode ALL-I. Sur ce point, le Mark III est largement supérieur au Nikon D800 dont le débit ne dépasse pas 24 Mbps. Toutefois, nous aurions apprécié le passage sur un codage 10 bits et pourquoi pas le passage au format 2K cinéma (2048x1152 pixels), le format 4K étant finalement réservé au 1D C.

Dans les différents modes vidéo, Canon a également oublié la possibilité de filmer dans un format APS-C avec un recadrage dans le capteur. Un mode 1 pixel pour 1 pixel, comme le propose le Nikon D4 aurait été également le bienvenu pour assurer une excellente qualité d'image avec un facteur multiplicateur de 3.

Nikon D800 sans objectif
| Canon 5D Mark III face sans objectif |

| Menu : 1920x1080, 25 vps
fichier : .MOV (MPeg-4)
format : AVC, H.264, profil High 4.0
Image de référence : 2
profondeur des couleurs : 8 bits
sous échantillonnage couleur : 4:2:0
CABAC : oui
cadre : 24x36 ou APS-C
prise micro : oui, stéréo, minijack
sortie casque : oui
HDMI non compressée : oui | Menu : 1920x1080, 25 vps, IPB
fichier : .MOV (MPeg-4)
format : AVC, H.264, profil High 4.1
image de référence : 2
profondeur des couleurs : 8 bits
sous échantillonnage couleur : 4:2:0
CABAC : non
cadre : 24x36
Menu : 1920x1080, 25 vps, ALL-I (pas de GOP, AVC Intra)
fichier : .MOV (MPeg-4)
format : AVC, H.264, profil High 5.1
image de référence : 1
profondeur des couleurs : 8 bits
sous échantillonnage couleur : 4:2:0
prise micro : oui, stéréo, minijack
sortie casque : oui
HDMI non compressée : non |

Si le 5D Mark III propose des cadences d'enregistrement à 24, 25 ou 30 vps, nous regrettons que la marque n'ait pas proposé un mode 50/60 vps en HDTV 1080 afin de pouvoir réaliser des ralentis très fluides (le Sony Alpha 77 propose un tel mode). Pour obtenir ces cadences, vous devrez impérativement basculer en mode HDTV 720.

Qualité des images

Canon 5D Mark III 1080 ALL-I 5 vps

Canon 5D Mark III détail scène HDTV 1080 / 25 vps ALL-I.

Nikon D800 HDTV 1080 25 vps 100 iso

Nikon D800 détail scène HDTV 1080 25 vps.

Canon C300 détail scène USAF

Canon C300 EOS Cinema détail scène HDTV 1080.

Canon annonce également avoir amélioré le rendu des images en limitant les effets de rolling shutter, aliasing et de moiré. Effectivement le rolling shutter est moins présent, mais parfois visible et le moiré est également moins prononcé, mais lui aussi est encore visible, notamment sur notre mire USAF. Notez que le rendu des images Canon est beaucoup plus doux que celui du D800. Le Mark III reste toutefois assez loin de la précision de la Canon EOS Cinema C300 qui devient une référence pour le HDTV 1080.

Gestion du bruit électronique

Nous vous proposons de comparer la gestion du bruit électronique en vidéo entre le Nikon D800 et le Canon 5D Mark III. Nous n'avons pas reçu les deux boîtiers en même temps, nous n'avons donc pas pu tourner la scène simultanément. Toutefois, les deux scènes ont été réalisées dans le même pièce, sous le même éclairage (60 lux environ). Le Nikon était équipé d'un 35 mm f/1,4 alors que le Canon d'un 50 mm f/1,8. L'exposition n'est donc pas tout à fait identique au départ (100 ISO, ouverture maximale) et varie tout au long de la vidéo (nous fermons d'un cran pour chaque valeur ISO supplémentaire afin de conserver une exposition correcte). Il est d'ailleurs intéressant de noter que malgré la différence minime d'ouverture (f/1,4 contre f/1,8), le Canon 5D Mark III est beaucoup plus sombre au départ. Vous pouvez comparer le fourmillement et le rendu des zones denses entre les deux boîtiers.

Montée ISO D800 / 5D Mark III.

Pas d'autofocus continu, pas de firmware vidéo

Sur le plan de l'ergonomie, le 5D Mark III arrive avec quelques nouveautés comme la possibilité de réaliser des réglages (ouverture, ISO...) pendant le filmage de manière silencieux grâce à la commande tactile située sur la roue codeuse. Toutefois, il manque toujours de nombreux assistants pour faciliter la prise de vue. L'autofocus par contraste reste lent, hésitant et ne fonctionne pas de manière continue. En outre, il aurait été bien vu d'associer un mode peaking (détourage visuel des zones de netteté) ou des zébras pour faciliter les tournages. Il faudra donc attendre le développement des firmwares alternatifs comme Magic Lantern pour accéder à ces options très pratiques, voire indispensables en vidéo.

Pas de sortie HDMI non compressée, mais...

Contrairement au D800, le 5D Mark III ne dispose pas d'une connexion HDMI non compressée pour un enregistrement externe. Toutefois, les «hackeurs» de Magic Lantern sont en train de développer un nouveau firmware qui serait capable de rendre la sortie HDMI actuelle...non compressée. Une affaire à suivre donc.

Exemples de photos

Petite balade sur les bords du canal Saint-Martin (Paris X) en fin de journée pour profiter des dernières heures de soleil avec le 5D Mark III équipé d'un simple 50 mm f/1,8. Premier stop chez un fleuriste pour capter les nuances d'un bouquet floral. La scène est à la fois claire et sombre et au final, certaines zones sont légèrement surexposées. Un petit tour dans un outil de développement des fichiers bruts permettra de corriger l'exposition sans souci.

Canon 5D Mark III exemple 1

Autre scène mélangeant hautes lumières et ombres. Sur cet exemple, le T-Shirt est très légèrement «brûlé». Là non rien de bien dramatique. Le 5D Mark III propose même d'utiliser le mode priorité Haute Lumière pour préserver les détails dans les valeurs hautes.

Canon 5D Mark III exemple 2

Dernier exemple avec un contre-jour. L'exposition n'est pas évidente, mais le rendu est à l'image de ce que je cherchais. Malgré un contraste élevé, le capteur ne montre pas de signe d'éblouissement.

Canon 5D Mark III exemple 3

Passage en mode nuit, toujours équipé d'un 50 mm f/1,8. Premier arrêt devant une ancienne caserne de pompier. Le lampadaire offre un éclairage ponctuel un peu fort (vous noterez quelques traces de flare...). Le 5D Mark III est calé à 25600 ISO. Nous l'avons vu dans notre studio, le 5D Mark III propose une gestion plutôt fine du bruit électronique. Des résultats que nous retrouvons sur notre scène nocturne avec un assez bon rendu des détails (bois, pierre) et un moutonnement plutôt agréable. Le ciel est un peu plus compliqué avec des marbrures assez visibles.
Canon 5D Mark III exemple 4

Nous arrivons à l'opéra Garnier. La cellule donne une exposition plutôt correcte avec une façade bien éclairée. Le boîtier fonctionne à 6400 ISO et le résultat est impeccable : peu de bruit, encore beaucoup de détail et ciel bien dense.
Canon 5D Mark III exemple 5

Quelques détails de l'opéra toujours au 50 mm à diverses sensibilités. Le 5D Mark IIII se sort plutôt bien de cet exercice. Toutefois à 25600 ISO, le boîtier montre ses limites. Si on perçoit encore quelques détails, le ciel comporte des marbrures. On évitera de trop tirer sur les pixels pour une impression en grand format par exemple.

Canon 5D Mark III exemple 6
Canon 5D Mark III exemple 7
Canon 5D Mark III exemple 8

Cette image a été prise à 102400 ISO (la lecture des exif donne 65535 ISO...). Selon les conditions lumineuses, la scène et la destination de la photographie (Web, presse papier...) cette sensibilité extrême peut s'avérer exploitable.

Canon 5D Mark III exemple 9

Cette image capturée gare de l'Est est tout à fait acceptable dans ce format. En affichant le cliché à 100% on note toutefois qu'elle manque de détails.

Canon 5D Mark III exemple 10

Suivent deux portraits réalisés au 50 et 100 mm en lumière naturelle.

Canon 5D Mark III exemple 12
Canon 5D Mark III exemple 13

Un flash au 3e et voici un studio improvisé pour quelques portraits des membres de notre rédaction : Pierre (téléviseur) et Fatiha (graphiste).Notez que le rendu colorimétrique varie sur les deux derniers clichés. Le deuxième utilise une balance des blancs auto, alors que pour le troisième, c'est la balance des blancs flash qui est utilisée.

Canon 5D Mark III exemple 14
Canon 5D Mark III exemple 15
Canon 5D Mark III exemple 16

Terminons la galerie avec une série de macro d'un bouquet de fleurs séchées.

Canon 5D Mark III exemple 17
Canon 5D Mark III exemple 18
Canon 5D Mark III exemple 19

Licence Creative Commons
Test Canon EOS 5D Mark III de Renaud Labracherie est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 non transposé.

Verdict

Canon 5D Mark III test review recommandé

Le 5D Mark III est-il le nouveau cru tant attendu ? En un mot : oui ! Avec cette nouvelle mouture, Canon pallie les principales lacunes du précédent modèle : vous trouverez enfin un vrai autofocus performant et complet (à la limite du complexe), un viseur 100% avec surimpression d'information, une rafale à 6 vps et un mode déclenchement silencieux qui pourrait à lui seul décider le photographe de spectacle.

N'oublions pas une fabrication de haute volée avec une tropicalisation renforcée, un tout nouveau système de mesure, un bracketing d'exposition digne de ce nom, deux emplacements pour des cartes mémoire, une entrée micro pour la vidéo et un écran remarquable. Avec un capteur 24x36 à 22 millions de pixels délivrant de superbes images jusqu'à 6400 voire 12800 ISO (il est possible de monter jusqu'à 102400 ISO...), le 5D Mark III est un des reflex les plus équilibrés du moment. Bien sûr, il n'est pas exempt de défauts (cf. la liste des points négatifs est encore assez longue), mais hormis l'absence de flash intégré, il s'agit le plus souvent de petits détails.

Le mode vidéo s'améliore également, mais les avancées sont plus modestes. Bien sûr nous apprécions le mode ALL-I (compression intra) avec un débit de données important, l'entrée micro ou les touches sensitives silencieuses, mais le mode vidéo souffre toujours de sérieuses lacunes comme un véritable AF rapide, souple et permanent, une sortie HDMI non compressée, une compression sur 10 bits pour faciliter le travail en post production, un mode 50/60 vps pour les ralentis, une aide à la mise au point (peaking) ou à l'exposition (zebra, oscilloscope). En vidéo, nous aurions également apprécié un écran monté sur rotule pour faciliter le cadrage. Enfin, un mode 1 pixel pour 1 pixel aurait été un plus. Pour aller plus loin, pourquoi ne pas proposer l'enregistrer 2K cinéma ?

Au final, j'ai passé d'excellents moments avec le 5D Mark III qui s'avère être une belle évolution du boîtier 24x36 de Canon. Le Mk3 s'est montré facile à utiliser, réactif, polyvalent, confortable et délivrant une superbe qualité d'image. Que demander de plus ? Il reçoit sans hésiter un recommandé.

Face à la concurrence

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| Nikon D80 test review | [tab_prix2(,,,507,id_ln,,,)] |

Dans le segment reflex 24x36 semi-pro, la concurrence se résume à un modèle : le Nikon D800. Si les boîtiers sont assez proches l'un de l'autre sur certaines caractéristiques (viseur 100%, visée sur écran, capteur 24x36, double emplacement pour cartes mémoire, mode vidéo HDTV 1080...), les orientations choisies par les deux marques sont radicalement différentes. En effet, si le Mark III propose une définition «classique» d'environ 20 Mpx, le Nikon D800 tente de s’immiscer dans le domaine des moyens formats avec un capteur à 36 Mpx soit pratiquement 50% de pixels pour un prix moindre. Un argument de «taille» donc qui vient en complément de quelques avantages sur le modèle Canon avec par exemple une cellule de mesure plus perfectionnée qui vient épauler le système autofocus, la présence d'un flash intégré capable de piloter des flashes distants sans fil ou la possibilité de photographier dans un format DX (APS-C). En outre, le D800 propose une sortie HDMI non compressée pour la vidéo ainsi qu'une sortie USB 3 pour le téléchargement des images.

De son côté, le 5D Mark III propose une interface graphique et des menus mieux pensés (le mode Q Menu est un régal), une rafale à 6 vps (il faut passer en mode DX 18 Mpx avec une poignée d'alimentation pour atteindre cette rafale avec un D800), un plus grand nombre de collimateurs pour le module AF et une plage de sensibilité ISO plus large. Côté vidéo, les choix divergent également avec la sortie HDMI non compressée chez Nikon et le mode ALL-I chez Canon. Chacun a ses avantages et ses inconvénients, mais ces deux boîtiers sont avant tout destinés à la prise de vue d'images fixes et il manque encore beaucoup de fonctionnalités (assistance AF, exposition, écran orientable...) pour remplacer de véritables caméras.

Reste bien sûr l'épineuse question de la qualité des images. La meilleure définition du capteur du D800 est un atout réel et les images sont réellement détaillées et se rapprochent de ce que l'on obtient avec un capteur moyen format de 40 Mpx. Mais cette définition a quelques revers notamment un poids de fichier conséquent et un sensibilité plus importante aux petits défauts : il faut utiliser des optiques de qualité et le moindre bougé (autofocus, photographe). La gestion du bruit électronique est également différente, le D800 produisant des images plus détaillées, mais avec un grain plus visible. Dans les basses sensibilités, le D800 offre également un rendu plus «naturel». Le 5D Mark III offre une meilleure gestion du bruit dans les hautes sensibilités, mais en rapportant les images dans un format identique, la haute définition du D800 joue en sa faveur. Le traitement du bruit électronique est un peu plus prononcé chez Canon avec un lissage plus visible et un bruit dans les zones foncées plus prononcé. Au final et sur les JPeg, il est difficile de trancher définitivement entre les deux boîtiers, certains photographes privilégiant tel ou tel rendu.

+
  • Déclenchement en mode silencieux vraiment...silencieux
  • Superbe écran LCD : fluide, précis et fidèle
  • Zone AF large (61 points, 41 croisés) et confortable. Autofocus performant en basse lumière.
  • Excellente gestion du bruit électronique jusqu'à 6400 ISO. 12800 et 25600 ISO exploitable
  • Rafale à 6 vps. Bonne autonomie de la batterie
  • Excellent viseur 100%, lumineux avec quadrillage
  • Option de bracketing amélioré jsuqu'à 7 vues possibles
  • Mode HDR auto (3 vues)
  • Fonction Q Menu bien pensée
  • Interface graphique plaisante et menus clairs
  • Qualité des vidéos (ALL-I, moiré limité, bruit électronique bien contenu)
  • Entrée micro et sortie casque
  • Réglages silencieux en vidéo (commande tactile)
  • Livré avec un suite complète de logiciels. Mode face à face en lecture
  • Très bonne prise en mains, qualité de fabrication, tropicalisation
  • Deux emplacements pour les cartes mémoire
  • Pas de flash pour un fill-in ou piloter des flashes distants sans fil (pas de transmetteur intégré non plus)
  • Commande de mise sous tension à gauche, nécessite de prendre l'appareil à deux mains
  • Pas d'autofocus à f/8. Les possibilités AF peuvent rebuter certains photographes
  • Latence au déclenchement trop long
  • Pas de GPS intégré. Pas de connexion USB 3, pas de module WiFi intégré et pas de connexion sécurisée pour le mode connecté
  • Autofocus par détection de contraste (vidéo, visée su écran) toujours trop lent et ponctuel
  • Pas d'écran monté sur rotule
  • Pas de connexion HDMI non compressée
  • Pas de module pour la vidéo : zébra, peaking, oscilloscope
  • pas de mode 1 pixel :1 pixels en vidéo ou de crop format APS-C. Pas de mode 10 bits
  • Pas d'intervalomètre
  • Deux formats de cartes différents (SD et CF). Pas de support SD UHS-I
  • Format Raw .CR2 propriétaire
  • Pas de retournement automatique des mensu en portrait
  • même batterie / nouveau grip non compatible avec Mark II
Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW. Ses publications 

Les prix
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