Lors de la présentation du reflex D800, le capteur 24x36 à 36,3 millions de pixels a laissé plus d'un photographe songeur et l'annonce d'une déclinaison "défiltrée" (sans filtre passe-bas) n'a qu'augmenter la confusion. La version défiltrée devrait permettre de profiter pleinement de l'importante défintion du capteur. Pourquoi Nikon propose-t-il alors deux versions de son reflex ? Du moiré sera-t-il vraiment visible ? C'est à ces questions que nous allons tenter de répondre en revenant sur la notion de moiré.

Aliasing

Ce sous-titre va être contesté, va faire grincer des dents, me faire vouer aux gémonies par certains au vu des résolutions optiques utilisées. Ce texte n’affirme pas. Ce n’est pas un sujet que je domine, et la littérature m’a très peu éclairé, car elle ignore superbement le problème !… Mon texte pose la problématique, situe les valeurs. Ce n’est pas une vérité révélée, mais une interprétation qui colle à la réalité.

J’ouvre une boîte de Pandore…

En photographie numérique, 3 types d’aliasing sont à considérer :

● L’aliasing stricto sensu (auquel on n’associe aucun qualificatif) qui affecte des obliques et des courbes de l’image par un crénelage. Classiquement il est dû à une fréquence = nombre des pixels, insuffisante. Au besoin il peut être partiellement corrigé par interpolation de pixels = algorithme de lissage des contours.

● L’aliasing de chrominance (qui sera évoqué plus loin, § « Retour des couleurs ») est dû à l’interférence entre la fréquence = pas des pixels, et la fréquence d’un motif répétitif d’un objet (classiquement prise de vue d’un tissu Prince de Galles).

● L’aliasing de luminance (notre sujet), lui, résulte du sous-échantillonnage des fréquences les plus élevées de l’image provenant de l’objectif, par la fréquence trop proche de la maille du capteur.

Cet aliasing de luminance n’apparaît que si la taille des pixels est supérieure à 6 x 6 µm.

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