Le flash de reportage fait peur à nombre d’entre vous en raison de sa lumière dure, de son intensité parfois trop forte et de son éclair dirigé face au sujet. Mais lorsque la lumière du jour est trop faible ou qu’elle vient dans la mauvaise direction, il est pourtant d’un grand secours. Nous allons voir dans cet article pratique que quelques astuces et quelques accessoires suffisent bien souvent à modeler l'éclair d'un flash cobra pour réaliser un portrait, et ce, pour un coût très raisonnable.

Les flashs intégrés des appareils photo sont généralement trop petits et trop proches de l’objectif pour offrir un éclairage de qualité. On préférera donc s’en passer, à moins qu’ils ne servent en fill-in à déboucher légèrement des ombres ou à compenser un contrejour. Mais lorsque la lumière ambiante est trop faible et que l’on souhaite composer un éclairage à l’aide d’un flash, il est nécessaire de se tourner vers un flash cobra, plus large, plus puissant et qui possède surtout la faculté d’être dirigé dans différentes directions.

On pourra dans un premier temps se contenter de placer son flash sur le sabot de son appareil et se servir d’un plafond ou d’un mur blanc pour réfléchir la lumière, afin que le faisceau du flash soit plus large et plus diffus.

flash cobra sigma EF630

Flash Sigma EF-630

Si la pièce est trop grande ou le sujet, trop éloigné d’une paroi, on pourra également utiliser la petite carte blanche que les constructeurs placent la plupart du temps dans la tête du flash. En dirigeant le flash à la verticale et en sortant la carte, on va alors refléter une partie de la lumière dont le faisceau sera plus large et permettra d’obtenir des ombres moins marquées.

portrait au flash

portrait au flash

On peut voir entre ces deux images la différence d’éclairage entre un flash cobra pointé en direct sur le sujet et son utilisation de manière indirecte avec un réflecteur blanc intégré à sa tête.

Pour contrôler avec plus de précision la qualité de lumière et la direction de son flash, on pourra également employer plusieurs accessoires et désolidariser le flash du sabot de l’appareil.

Pour les besoins de cet article, nous avons tout d’abord souhaité déporter légèrement notre flash à l’aide d’une barrette fixée à l’appareil. Nous avons utilisé la barrette de support pliable Phocusline vendue 35,64 € par MMF-Pro. Elle présente l’avantage d’être réglable en hauteur et d’autoriser le déplacement du flash sur le côté pour éviter un éclairage frontal. La prise en main reste agréable, puisque l’ensemble est fixé à l’appareil et qu’il n’est pas nécessaire d'avoir un assistant. En revanche, le flash étant placé à distance de la griffe porte-accessoire de l’appareil, il est nécessaire de disposer d’un système de déclenchement à distance.

barret flash

À ce moment, disposer d’un appareil équipé d’un flash intégré est un véritable atout, car l'appareil permet dans bien des cas de piloter un flash externe à distance. On parle alors de flash maître, capable de piloter un ou plusieurs flash(s) esclave(s). C’est le cas pour la totalité des reflex Nikon, équipés de flashs intégrés, et d'un certain nombre de reflex Canon, comme l’EOS 7D Mark II, le 80D ou le 760D pour ne citer qu’eux.

Si votre système ne permet pas de piloter un flash à distance, vous pourrez toujours vous tourner vers des émetteurs-récepteurs autonomes qui viendront se placer sur la griffe de l’appareil et sous le sabot du flash. Nous avons déjà eu l’occasion de tester les modèles Phottix Odin II TTL ou Cactus V6, vendus 200 € l’émetteur et 150 € le récepteur, pour le premier, et 60 € l’unité qui sert à la fois d’émetteur et de récepteur pour le second.

Cette fois, notre choix s’est porté sur les X1-C de Godox pour Canon dont le prix s’élève à 109,90 € l’ensemble.

emetteur recepteur godox

Ces systèmes radio permettent de piloter jusqu’à 6 groupes de flashs sur 32 canaux, sont compatibles avec le mode de synchronisation haute vitesse HSS et permettent d’effectuer les réglages du flash depuis l’émetteur placé sur le boîtier.

Étant donné la faible distance entre le flash et l’appareil, nous aurions également pu opter pour une connexion filaire, mais elle nous aurait limité pour la suite de nos essais ; c’est pourquoi nous avons préféré un système radio.

portrait au flash

En déportant notre flash sur le côté, nous avons pu déplacer l’ombre portée sur le côté de notre sujet et créer un léger relief sur le visage. En revanche, on voit toujours les défauts du flash qui, utilisé nu, va alors produire une lumière dure, risquer des brillances sur le visage et prendre une part prédominante sur la scène.

Si vous ne disposez pas d’accessoires pour diffuser cet éclairage, vous pouvez jouer sur la correction d’exposition du flash pour minimiser son importance dans l’exposition globale de la scène. Ce réglage se fait directement depuis l’appareil en imposant une sous-exposition de 2/3 ou 1 IL sur le flash. L’exposition générale de l’image n’en souffrira pas et le fond sera un peu plus présent.

flash avec boite

Afin d’adoucir cette lumière, nous avons installé sur la tête du flash une petite boîte à lumière. Il en existe chez de nombreux fabricants et, pour ce tutoriel, nous avons utilisé le kit Pocket Box Educational de Wescott qui se compose de 3 boîtes : une ronde de 21 cm, plus deux rectangulaires de 15 x 17 cm et 20 x 30 cm. Elles sont vendues 73,92 € par MMF-Pro avec une housse de transport et un DVD de tutoriel.

La photo réalisée ci-dessous a été faite avec la boîte ronde de 21 cm, vendue moins de 30 € seule. On constate tout de suite sur l’image combien la boîte à lumière permet de produire un éclairage plus diffus, de limiter les brillances sur le visage et de créer une ombre moins marquée avec des contours plus progressifs.

portrait au flash cobra

Plus on va utiliser une boîte de grande dimension, plus ce phénomène sera prononcé et plus le faisceau lumineux sera large. En revanche, une grande boîte pourra devenir gênante pour les manipulations. On préférera donc monter une petite boîte sur un flash monté sur le sabot de l’appareil, et une plus grande boîte sur un flash déporté.

Dans un premier temps, nous avons choisi d’attacher le flash à une barrette pour être totalement libres de nos mouvements, mais dans le cas d’un portrait, quand on peut choisir le cadre de sa prise de vue et disposer de l’attention du sujet quelques instants, il est également possible de positionner le flash sur un pied afin de le déplacer librement et l’éloigner un peu du sujet. On peut alors se servir du flash de reportage comme d’un flash de studio qu’on va déclencher à distance avec les émetteurs-récepteurs sus-cités ou avec le flash intégré de son appareil.

Pour la suite de nos essais, nous avons tout d’abord conservé la boîte à lumière, mais ses petites dimensions engendraient une lumière relativement dirigée sur le sujet. Nous avons donc placé le flash sur un pied et ouvert un parapluie pour travailler avec une lumière réfléchie et un modeleur de grande dimension.

flash cobra et parapluie

Nous avons utilisé le kit StrobisTravel de Phocusline vendu 99 € par MMF-Pro, qui se compose d’un pied léger de hauteur réglable, d’une rotule avec sabot flash et support parapluie, ainsi que d’un parapluie blanc de 109 cm de diamètre. Des kits équivalents existent aussi chez Kaiser, Phottix ou Lastolite, et il est bien évidemment possible d’acheter chaque élément séparément.

portrait au flash cobra avec parapluie

En utilisant un parapluie de grande dimension, nous avons pu étendre le champ de couverture de notre flash qui baigne alors de lumière la totalité de notre scène. Son utilisation par réflexion permet de créer une lumière douce. Les ombres portées sont plus progressives et les brillances, moins marquées sur le visage.

Pour notre séance de prise de vue, nous ne disposions que d’un tout petit espace, coincé entre un miroir et une vitre. Il nous était par conséquent assez difficile de positionner notre flash n’importe où, son reflet apparaissant rapidement dans le miroir. Malgré cela, nous avons pu monter un éclairage dans un espace très restreint et produire un portrait sous une lumière contrôlée.

Avec quelques accessoires et pour un investissement total de moins de 200 €, nous avons donc été en mesure de monter un mini studio avec seulement un seul flash. Et pour tous ceux que le flash inquiète par ses réglages, pensez qu’avec la technologie d’exposition TTL, il n’est presque pas nécessaire d’effectuer la moindre correction : la perte de lumière engendrée par l’usage de modeleurs de flash est prise en compte dans le calcul de puissance nécessaire pour une exposition correcte. Pour un résultat optimal, nous avons seulement parfois joué de la correction d’exposition au flash.

Dans un prochain tutoriel, nous aborderons le portrait avec plusieurs flashs cobras pour vous montrer que ces technologies permettent dans certaines situations de se passer de flashs de studio tout en profitant d’une lumière contrôlée.

Merci à MMF-Pro pour le prêt des accessoires qui ont servi à réaliser les images de cet article.

Pascale Brites

Journaliste technique, elle renforce l'équipe de rédaction en publiant des actualités et des articles pratiques. Ses publications 

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