"ISO Auto". La fonction vise à laisser le boîtier choisir librement la sensibilité ISO à appliquer au capteur lors du déclenchement. De sorte que le photographe n'ait plus à s'occuper que de l'ouverture de son diaphragme et de sa vitesse.

Pratique sur le papier, la fonction a pourtant ses "pour" et ses "contre". De notre point de vue c'est une aide à utiliser. Sans aucun doute. Mais avec quelques précautions élémentaires. Et l'avantage numéro un de la fonction est sans aucun doute de vous éviter des flous dus à des déclenchements trop lents. Ceci se produit parfois lorsque l'on évolue dans des éclairages variables et que l'on oublie de monter la sensibilité lorsque la lumière est soudain moins intense.

Les limites de la montée en ISO

Mais attention, la pratique a ses limites. On pense souvent au bruit... c'est logique puisque c'est la conséquence la plus visible de la montée en ISO. Mais on oublie quasiment toujours la perte de dynamique engendrée par la montée en sensibilité.

ISO Auto : DxOMark dynamique des capteurs en fonction de la sensibilité ISO

Voici une courbe tout à fait classique de l'évolution de la dynamique. Elle provient de chez DxOMark et concerne le capteur de l'EOS 5D Mark III. Nous aurions pu prendre n'importe quel capteur, la courbe a toujours la même allure. Plus on pousse la sensibilité, plus la dynamique baisse. Ici, on reste au-dessus des 10 EV jusqu'à 3200 ISO. En clair, on pourra jouer sur les zones claires et sombres assez facilement jusqu'à cette sensibilité. À 6400 ISO on est à 9 EV, et à 12 800 ISO on tombe à 8 EV... il sera difficile à ce moment-là de rééquilibrer une photo, de la développer correctement. De notre point de vue c'est cette baisse de dynamique qui est le plus gros danger de l'usage de la sensibilité automatique... pas le bruit que des algorithmes récents (comme Prime chez DxO) arrivent à éliminer (ou atténuer) avec brio.

ISO Auto : menu Canon
La configuration proposée par Canon: une plage d'opération limitable et une vitesse de déclenchement personnalisable.

Ce qu'il ne faut pas faire:

Afin de préserver un maximum de qualité dans ses photos, il est préférable d'éviter les modes se sensibilité 100% automatiques qui décident d'eux-mêmes quand monter et jusqu'à où. Dans ces cas le boîtier vous fera rapidement monter au maximum de la sensibilité permise et ruinera tout aussi rapidement des clichés que l'on aurait pu mieux faire sans "aide".

ISO Auto : menu Nikon
Le menu de configuration chez Nikon: on choisit une sensibilité maximale et une vitesse de déclenchement minimale.

Par contre les automatismes limités, oui !

On se rabattra alors sur l'automatisation de la fonction, si elle peut être limitée. De nombreux boîtiers récents permettent désormais d'encadrer strictement la montée en ISO. On peut par exemple attribuer une fourchette de liberté, et limiter son capteur à des sensibilités faciles à travailler. Par exemple entre 100 et 3200 ISO. Où mettre la limite haute ? C'est une question de goût et d'habitude de travail... un réglage qui nécessite une approche plus empirique qu'académique.

ISO Auto : menu Sony
Le menu ISO Auto de Sony

Certains boîtiers permettent même d'associer la gestion automatique de la sensibilité à la vitesse du diaphragme. On peut par exemple spécifier une vitesse minimale afin d'éviter les flous; si le boîtier n'y est pas, il va monter la sensibilité pour y parvenir, dans la limite de la fourchette imposée.

Savoir quand reprendre la main

Si l'automatisme est pratique, il doit être utilisé avec raison. Dans des conditions d'éclairage que l'on maîtrise plus ou moins. Par contre, par moments, il faudra repasser en manuel. Les cas appelant au contrôle manuel sont multiples. On pensera à l'utilisation d'un trépied sur un sujet immobile, qui rend la vitesse du diaphragme secondaire. On pensera à la réalisation de filés qui implique une vitesse plus lente. On pensera enfin aux expositions longues, de nuit ou de jour, et qui là encore nécessitent des durées d'exposition plus longues. À l'inverse sur des sujets en mouvement on aura besoin d'un déclenchement plus rapide... et parfois de monter la sensibilité au-delà de ce que le boîtier envisage comme normal. La possibilité d'enregistrer plusieurs configurations de réglages pour un boîtier prend alors tout son sens : un mode pour le mode ISO Auto pour les cas courants, un mode manuel pour les lumières plus difficiles.

En résumé

En résumé, notre conseil en la matière est assez simple. Utiliser la fonction "Auto ISO", c'est oui... mais:

  • On le fait principalement pour éviter des flous de bouger dus à un diaphragme trop lent.

  • On limite son amplitude à un maximum préservant la dynamique et limitant le bruit (1600, 3200, 6400... c'est selon les capteurs et les goûts).

  • On reprend la main sur la montée dès qu'on a besoin d'une vitesse différente (expositions longues ou rapides, filés), quand on utilise un trépied, etc.