C’est chez lui, en Alsace, que nous rencontrons Éric Baccega en compagnie de son épouse Anne-Laure. Depuis son premier appareil en 1979, il a sillonné la planète pour photographier ce que la nature a de plus précieux. En 1997, il vend son entreprise de reprographie pour faire ce qu’il aime, ce qu’il veut. Ni attaches, ni commandes, vivre et être… Une mythique quête de liberté et de grands espaces pour celui qui ne se sent à sa place nulle part, sinon à être toujours ailleurs, d’un autre ailleurs comme il se plaît à le dire. Sont nés neuf livres et de nombreuses publications dans la presse française et internationale. Éric Baccega photographie beaucoup la nature, mais il se définit plutôt comme un photographe de voyage. Nous lui proposons de nous livrer ses coups de cœur… Son regard s’illumine : sans hésitation aucune, il sait déjà lesquels.

Avant toute chose, la photo n’est pour moi qu’un prétexte pour partir et revenir, rencontrer, échanger, partager, découvrir, apprendre… Ma place n’étant à mes yeux nulle part, la photo est ce prétexte à être ailleurs. Je suis attaché à raconter une histoire, avec la lumière. Je suis un saltimbanque iconoclaste.

Éric Baccega

© Eric Baccega

Le delta de l’Okavango vu du ciel, pourquoi ?

Parce que pour moi, c’est un des derniers sanctuaires où j’ai l’impression d’être dans une vraie vie sauvage, loin du tourisme de masse, un lieu unique. Le delta de l’Okavango est le seul fleuve qui ne se jette pas dans la mer.

© Eric Baccega

Quelles ont été les conditions de prise de vue de cette image très graphique ?

Les Nenets ne sont jamais perdus dans l’immensité blanche. C’est fascinant, y compris quand on ne voit même plus l’horizon. Je voulais aller à la rencontre d’un peuple nomade qui vit dans un environnement aussi hostile que grandiose. Partager leur vie, loin de notre société occidentale et consumériste. Cette photo nous a demandé une journée entière de travail pour obtenir le résultat que je souhaitais. Les Nenets sont menacés par la sédentarisation et par l’industrie pétrolière.

© Eric Baccega

Vous avez réalisé une série de portraits chez les Himbas. Comment vous y êtes-vous pris ?

Elle s’appelle Kakurukazé. Après plusieurs jours passés chez les Himbas, en Namibie, une complicité s’est établie. Je leur ai proposé une séance de portraits devant un fond noir. J’adore faire des portraits. Avec cette méthode, ils sont volontaires et ils me donnent ce qu’ils veulent bien.

© Eric Baccega

Impossible d’évoquer votre travail sans vos ours. Vous sentez-vous beaucoup d’affinités avec eux ?

En 1997, je deviens photographe professionnel et je vais faire une rencontre déterminante avec les ours. Je me prends alors de passion pour les plantigrades ; d’abord ceux d‘Alaska, mais aussi l’ours à lunettes, l’ours à collier, l’ours noir et le panda… J'ai consacré huit voyages pour l’ours polaire, onze pour le grizzli et trois autres en Chine pour le panda. Quatre de mes livres sont consacrés aux ours.

© Eric Baccega

Voici une exception faite à la vie sauvage. Qu’en avez-vous retiré ?

C'est notre photo préférée avec Anne-Laure – elle l’a d'ailleurs installée sur son écran d’accueil… Le sujet a été publié dans Paris Match, le Figaro Magazine, VSD et à l’étranger. J’ai suivi l’arrivée des pandas et la naissance du panda au zoo de Beauval pour qui je travaille régulièrement. La France entière a suivi et partagé ces moments de joie, puis de tristesse quand le premier est mort. Un vrai grand moment, au-delà de mon métier de photographe, partagé avec l’équipe du zoo. Yun Meng, le petit panda, sera visible à partir du 13 janvier dans la loge intérieure de sa maman Huan Huan.

D’autres rêves à réaliser encore ?

Ô oui, plein, et avec Anne-Laure ! L’Antarctique d’abord, et puis le Kamtchatka, le Pantanal, l’île de Tristan da Cunha, l’île de Pâques, mais aussi Sumatra…

Quel matériel utilisez-vous ?

Je travaille avec des boîtiers Nikon depuis plus de trente ans. Actuellement, je possède deux boîtiers Nikon D5, plus un boîtier Nikon D500 pour bénéficier d'un APS et un Nikon D800E pour le paysage. Je suis aussi équipé d'objectifs du 14 mm au 800 mm.

© Eric Baccega


L'actualité d'Éric Baccega
Exposition : Festival Latitudes animales à Drancy, du 24 février au 18 mars 2018
Le Printemps de la photographie à Romorantin-Lanthenay, du 19 au 27 mai 2018

Le site Internet d'Éric Baccega

Laurence Guillain
Laurence Guillain

Iconographe et Journaliste, tombée dans le bain de révélateur toute petite, elle ne respire qu’avec sa ration quotidienne d’images. Elle les dévore des yeux, les déguste avec appétit. Ses publications