Si shooter avec son téléphone est chose aisée pour de nombreux utilisateurs de smartphones — moi la première —, faire un travail photographique méritant d’être partagé n’est pas le lot de chacun. L’océan d’images que nous offre la toile chaque jour peut nous donner le tournis. Alors dans ce flux incessant, des séries tout d’abord confidentielles se voient relayées et partagées, au grand étonnement de leur créateur, surpris de cet enthousiasme.
C’est le cas de Jean-Fabien Leclanche et de son regard photographique sur ce petit "bout du monde" de l’Est parisien qu’est Montreuil.

Enseignant à la Sorbonne, spécialiste des nouveaux médias et fort d'une pratique journalistique de 20 ans, les mots semblent être de prime abord le mode de narration privilégié de Jean-Fabien. C’est en posant ses valises à Montreuil, son smartphone toujours en poche et les yeux aux aguets, que sa curiosité aiguisée pour l’autre prend forme sous un autre mode opératoire : la photographie.

crédit photo : Jean-Fabien Leclanche

Plutôt que d'essayer d'imiter la qualité d'un reflex numérique, qu’il utilise par ailleurs pour d’autres projets, il embrasse l'ordinaire de la vie réelle dans les rues montreuilloises avec la prise de vue intuitive qu'offre ce type d’appareil. Il capture ainsi des moments vulnérables, fragments d’instantané et de spontanéité, au hasard des rues de ce petit monde bien vivant, loin des chaussées bien lisses de certaines avenues parisiennes. La banlieue souvent marginalisée et mal-aimée retrouve ici toute son aura. Montreuil aux mille visages devient, à travers l’objectif de Jean-Fabien, la scène du " théâtre de la vie", dont les acteurs sont les passants, les habitants, les commerçants. Des portraits comme des fenêtres ouvertes sur ces anonymes ou figures locales qui constituent la diversité et la richesse de cette ville.

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