Corentin Folhen fait partie des 44 photographes européens sélectionnés pour Circulation(s) 2017. La 7e édition du festival prend ses aises au 104 de Paris du 21 janvier au 5 mars et sera repris en écho au printemps dans la capitale des volcans, Clermont-Ferrand. Pour l'heure, Corentin expose Lumane Casimir (Morne-à-Cabris), l'une de ses séries sur Haïti. Nous l'avons questionné sur ses images surréalistes d'un village sorti de terres arides, en 2012, loin de toute infrastructure, aujourd'hui toujours inhabité ou quasi.

Focus Numérique - Il y a une image tirée de votre série qui montre une scène complètement inattendue dans un tel décor, c'est celle d'un cheval (pas très vaillant) passant devant des immeubles tout juste construits...

Corentin Fohlen – Ah, cette photo date de mon premier retour à Haïti. Elle a été faite dans un village qui s'appelle Morne-à-Cabris, qui signifie "montagnes des chèvres". Ce village a été fabriqué de toute pièce, à une vingtaine de kilomètres de Port-au-Prince, pour reloger les personnes sans maison depuis le tremblement de terre de 2010... mais même 4 années après la construction, personne n'y habite ou quasi ! Le projet est sorti de terre comme ça, sans aucune préparation... sans infrastructure. Pour moi, l'histoire de ce village montre parfaitement la problématique qui résume ce pays : la corruption et la façon de mener les projets de développement.

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Nadia Ali Belhadj

Journaliste rédactrice. N'aime rien tant que de faire des interviews de photographes car les trouve gentils. Se fout de la technique comme de sa première pomme. Complètement soumise à Vivian Maier. Ses publications