«Chère Clara,

C'était il y a trois ans et pourtant il me semble qu'une éternité est passée sous les ponts. Nous avions fait connaissance lors d'une lecture de portfolio dans un lieu parisien consacré à la photographie aujourd'hui disparu.

Depuis, vous, votre travail avez suivi votre chemin et vous vous arrêtez – jusqu'au 20 novembre – sur les cymaises de la galerie 1492 pour la deuxième édition de Photo Saint-Germain. Quand je vous ai proposé une interview pour notre rubrique Portfolio, vous avez accepté tout de suite. Quand il a fallu contourner les pannes d'internet, de Wi-Fi, ou d'un célèbre logiciel de communication par vidéo et que seul l'échange de mails pouvait pallier la distance qui nous sépare, vous avez dit oui. Quand je vous ai proposé de transformer ces échanges en une sorte de correspondance, vous étiez encore une fois partante. Vous qui incluez avec une telle poésie les mots dans votre travail photographique (j'allais écrire dans votre appareil photographique), il me semblait logique de vous donner la parole par l'écriture ! Car quand on se penche sur votre travail il paraît évident les/vos mots entrent à plein dans votre univers... À commencer par les titres de vos séries (Sous les yeux que quelques minutes épuisent, Le Dos des arbres, au lieu d'effacer en vrac les choses fragiles, Arrête avec ta lumière ta photographie ça m'aveugle, NDLR) ... comment naissent-ils ? Par exemple, le titre Hypernuit, il y avait deux soleils montre comment vous faites cogner les significations les unes contre les autres et insufflent cette poésie qui vous est si particulière. Sa première image paraît extraite d'un album de la fin du 19e, mais il n'en est rien naturellement.

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Nadia Ali Belhadj

Journaliste rédactrice. N'aime rien tant que de faire des interviews de photographes car les trouve gentils. Se fout de la technique comme de sa première pomme. Complètement soumise à Vivian Maier. Ses publications 

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