Une artiste à plusieurs voix. Voici ce qui se dégage de l'œuvre de Magali Lambert qui, même si elle place la photographie au centre de sa création, convoque l'écriture, le volume (selon son expression), le dessin pour donner vie à son imaginaire. C'est avec une disponibilité déconcertante qu'elle a bien voulu éclairer le chemin que nous avons souhaité faire avec elle. Le temps de quelques questions.

Vos titres sont souvent pleins de mystère. Votre dernière série montre une alternance de photos noir & blanc de paysages, de lieux forestiers, avec des images couleur de restes d'animaux qui viennent d'être tués par des chasseurs et sont photographiés comme des portraits. Son titre ne fait pas exception : Celui qui dit l'ombre... d'où provient-il ?

Magali Lambert – C'est un titre qui vient de Parle encore, une poésie de Paul Celan publiée dans le recueil La Rose de personne et qui a été traduit (de l'allemand, NDLR) de cette façon. Une autre traduction possible est Dit vrai, qui parle d'ombre. Pour ma série, le titre est venu en cours de travail... il y a un rapport complètement inconscient entre le titre et la série... je ne cherche pas vraiment d'explication claire ! Mais ce poème dit en somme qu’on ne peut pas parler de la lumière sans parler de l’ombre, et il me semble que c’est ce que je fais dans mon travail…

Exposition Magali LambertVue de l'exposition "Celui qui dit l'ombre" de Magali Lambert dans le cadre du festival La Photographie Marseille, à l’espace Photo Rétine, 2016. Photo Magali Lambert

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Nadia Ali Belhadj

Journaliste rédactrice. N'aime rien tant que de faire des interviews de photographes car les trouve gentils. Se fout de la technique comme de sa première pomme. Complètement soumise à Vivian Maier. Ses publications