Aglaé Bory fait partie des 160 photographes qui prennent la relève, de ceux qui donnent leur regard d'aujourd'hui en écho à certaines missions mythiques comme celle de la Datar en 1984. Leurs images sont à voir jusqu'au 4 février 2018 sur les cimaises de la BNF dans Paysages français, une aventure photographique. Dans l'ambiance sonore d'une aérogare, Aglaé a bien voulu répondre à nos questions sur cette relation si spéciale qui la lie aux paysages en général et à ceux de son enfance en Alsace.

Votre travail Au loin nos paysages – quel magnifique titre ! – a été sélectionné pour Paysages français que l'on peut voir en ce moment à la BNF. Pouvez-vous nous dire quelle a été votre intention au départ de ce projet ?

Ces photos ont été prises dans ma région natale, en Alsace entre Colmar et Mulhouse. Cela faisait longtemps que je voulais travailler là-bas, mais ce n'est pas un projet autobiographique pour autant. En fait, il faut regarder la série dans sa globalité. C'est une série de paysages entrecoupés de portraits de jeunes gens, le plus souvent des jeunes filles. Vous verrez alors une ligne d'horizon qui se détache. Ce que j'ai voulu donner à voir, c'est le rapport émotionnel que l'on peut avoir avec les paysages qui nous entourent, les émotions qui sont enfouies dans les paysages.

© Aglaé Bory

Quelle a été votre démarche précisément ? Comment entreprendre de photographier des paysages de son enfance ?

Quand j'ai commencé ce projet, j'ai écrit une note d'intention à l'adresse du collectif auquel j'appartiens (France(s) Territoire liquide) mais elle était très intellectuelle. J'ai révisé mon intention en cours. Et notamment, quand j'ai compris que contrairement à ce qui se fait généralement avec les paysages, je devais plutôt photographier en vertical… En effet, je me suis rendu compte que cette verticalité faisait écho à la posture humaine. Ça m'a beaucoup éclairée.

Nadia Ali Belhadj

Journaliste rédactrice. N'aime rien tant que de faire des interviews de photographes car les trouve gentils. Se fout de la technique comme de sa première pomme. Complètement soumise à Vivian Maier. Ses publications