Son décollage à bord du vaisseau Soyouz en novembre 2016 pour rejoindre la Station spatiale internationale a fait l’actualité. Depuis, l’astronaute français Thomas Pesquet fait beaucoup parler de lui depuis son compte Flickr ou son mur Facebook, sur lesquels il publie de nombreuses photos et parle du matériel dont il dispose à bord.

L'astronaute Thomas Pesquet jonglant avec des caméras en impesanteur à bord de l'ISS, Photo Thomas Pesquet« On pourrait croire qu’il est plus simple de jongler ici que sur Terre… sauf que rien ne tombe, donc c’est juste impossible… ! » Credits : ESA/NASA

Il est à peine croyable que, dans la Station spatiale internationale placée en orbite à une distance maintenue de 350 à 400 km de la terre, les astronautes disposent de tout l’équipement pour alimenter presque en direct leurs comptes sur les réseaux sociaux. C’est pourtant bien ce que fait le Français Thomas Pesquet depuis le 20 novembre 2016, en partageant avec le monde entier son expérience extraordinaire. Face aux milliers d’abonnés et aux très nombreuses questions qu’il a reçu sur le matériel embarqué à bord et ses conditions d’utilisation, il s’est dernièrement attaché à dévoiler quelques photos de l’envers du décor — le matériel ainsi que son stockage — et quelques spécificités de la prise de vue aérienne à longue distance.

Autoportrait de l'astronaute Thomas Pesquet en sortie depuis l'ISS, Photo Thomas Pesquet« Le selfie de l’espace, passage obligé ! À part ça je vous assure, c’est un sentiment inoubliable d’être son propre vaisseau spatial ! » Credits : ESA/NASA

Pour commencer, il y a beaucoup d’appareils à bord de la Station spatiale et surtout on a un observatoire privilégié à disposition : la Cupola et sa vue sans égale sur la Terre. Les week-ends, on a le temps de photographier la planète et on s’aide pour cela d’un logiciel de navigation. Il connaît notre position et nous indique à quelle heure exacte il nous faut regarder par le hublot pour ne pas manquer notre cible. On peut prédire le moment exact où la Station va survoler tel ou tel lieu (Paris, par exemple) et il n’y a alors plus qu’à espérer que le beau temps soit au rendez-vous : on ne voit rien sans un ciel dégagé.

Thomas Pesquet, astronaute.

Vue spatiale de Dieppe prise depuis l'ISS, Photo Thomas Pesquet« Cette photo représente beaucoup pour moi : Dieppe, la ville où j’ai grandi ! C’est toujours un plaisir de la survoler depuis l’espace et ça m’évoque beaucoup de souvenirs, notamment du lycée. D’ailleurs on devine ce dernier sur le cliché, juché sur les falaises qui surplombent la plage ! » Credits : ESA/NASA

Le stock de matériel photo à bord de l'ISS, Photo Thomas Pesquet, à bord de l'ISS« Notre 'coin appareils photo', dans le LAB : c’est là qu’on garde les appareils dont on ne se sert pas, les batteries chargées, les flashs et tous les objectifs spécialisés (macro pour les objets très proches, fish-eye, ceux réservés aux sorties dans l’espace, etc.). » Credits : ESA/NASA

Nos appareils photo sont des Nikon D4S et on peut choisir différents objectifs, entre le 8 mm (pour photographier l’intérieur de petits modules) au 800 mm et son téléconvertisseur 1,4. C’est le plus puissant et mon arme de prédilection ces derniers temps. La Station vole tellement vite [NDLR : à 27 600 km/h !] qu’il n’y a pas beaucoup de temps à chaque passage pour dégainer l’appareil photo et il faut également compenser le déplacement de l’ISS pour obtenir une image nette. Une fois ces subtilités maîtrisées, il y a de quoi être créatif : time-lapse, photo de nuit, etc.

Thomas Pesquet, astronaute.

Stock matériel photo du segment russe à bord de l'ISS, Photo Thomas Pesquet« Le segment russe de la Station regorge d’appareils photo ! Il offre également de super hublots au nadir (= à visée verticale). À droite vous pouvez voir notre logiciel de navigation sur l’écran d’un ordinateur. » Credits : ESA/NASA

Une véritable collection de Nikon D4S (bien que les photos de Thomas Pesquet sur Flickr soient légendées D4) et des objectifs par dizaines : la station spatiale internationale est sacrément bien équipée. Sur les photos de l’astronaute français, on peut voir des Sigma 300-800 mm et 50-500 mm, ainsi qu’une collection d’objectifs Nikon allant du fisheye 16 mm au super-téléobjectif en passant par le 200-400 mm, le 17-35 mm f/2,8, le 70-200 mm, le 28 mm f/1,4 et une série de téléconvertisseurs et de flashs. Il faut dire que si Thomas Pesquet semble bien s’amuser à publier des photos de la terre vue du ciel et de la vie à bord de la station, sa mission est importante et la quantité d’appareils à bord est certainement pensée pour se prémunir d’un panne ou d’un incident qui empêcherait les membre de l’équipage de documenter leurs expériences.

Vue spatiale de la Jordanie depuis l'ISS, Photo Thomas Pesquet« Le désert parsemé de champs irrigués en Jordanie. » Credits : ESA/NASa

Ce qui est le plus marquant dans les photos dévoilées par Thomas Pesquet, c’est le rangement du matériel… On a presque l’impression que tout est entassé sans soin ! Il faut dire que l’impesanteur de la station internationale change un peu la donne, comme le montre la photo des appareils accrochés par un élastique dans le Node-1.

Matériel photo à bord de l'ISS, Photo Thomas Pesquet« Voici quelques uns des gros objectifs dont on se sert soit dans la Cupola, soit dans le segment russe. Du coup, on les range… à mi-chemin de ces deux modules, dans le Node-1. Le 800 mm x1.4 et le 50-500 mm sont géniaux pour tout ce qui touche à l’observation de la Terre. » Credits : ESA/NASA

Toutes les photos de Thomas Pesquet sont visibles sur son compte Facebook ou sur son compte Flickr où vous pourrez en plus consulter les données Exif des images.

Vue spatiale de nuit d'une partie de l'Italie et de la France (région de Turin, Milan et Lyon) depuis l'ISS, Photo Thomas Pesquet« Quand la nuit tombe, la lumière de la lune se reflète sur les montagnes enneigées et vient danser avec l’éclat des villes. Un des plus beaux spectacles nocturnes qu’il m’ait été donné de voir ! Ici Milan, Turin et… Lyon ;) » Credits : ESA/NASA

Vue spatiale de la Nouvelle-Calédonie depuis l'ISS, Photo Thomas Pesquet« La Nouvelle-Calédonie sera une des premières régions du monde à fêter 2017 ! 10 heures d’avance sur Paris ;) » Credits : ESA/NASA

Source : Flickr / thom_astro

Pascale Brites

Journaliste technique, elle renforce l'équipe de rédaction en publiant des actualités et des articles pratiques. Ses publications 

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