Elle est une des incontournables de l’IBC 2017, à tel point qu’il est difficile de l’approcher. En effet sur le stand monumental de Sony, la Venice, nouveau fleuron de la gamme Ciné Alta est venue remplacer la vieillissante F65.

Elle n’avait que 6 ans, certes, mais semblait bien peu adaptée aux nouvelles exigences en matière de HDR, REC2020 et nouvelles résolutions de fichiers. Sony avait annoncé que sa gamme Ciné Alta, dédiée à la création cinématographique, connaîtrait quelques changements. C’est désormais chose faite.

La Venice embarque un tout nouveau capteur 6K full frame qui constitue sa principale nouveauté. La dimension est légèrement supérieure au Super 35 mm utilisé traditionnellement, mais permet de jouer encore un peu plus avec la profondeur de champ pour travailler son image dans les bokeh. Avec l’arrivée des optiques Full Frame (notamment chez Cooke, Tokina ou Sigma), ce petit gain supplémentaire n’est pas idiot. L’aboutissement des espaces HDR et des ultra-résolutions permet désormais de proposer aux réalisateurs et aux directeurs de la photographie des outils complets et très puissants pour texturer leurs images.

Ce fameux capteur permet de multiples formats allant du 6K en full-frame au Full-HD en Super 35 mm, tout en s’assurant d’une parfaite compatibilité avec les optiques anamorphiques par des rapports 4:3. Il promet en outre une dynamique de plus de 15 stops, retranscrite dans un espace BT.2020.

Comme si cela ne suffisait pas pour peaufiner l’image, la Venice se dote de 2 roues de filtres ND. Combinées, elles permettent d’atteindre 8 valeurs (1/2 à 1/256).

Pour la première fois, la caméra présente 2 montures natives. En l’occurrence, la monture PL classique se dévisse pour laisser le champ libre à la monture E, dont le tirage optique est plus faible. Malin.

Côté design, la Venice est étonnamment compacte, ce qui la rend adaptable à bon nombre de dispositifs qui vont du stabilisateur gyroscopique à la grue de tournage. Chaque façade est dotée d’un écran facilitant la manipulation à deux opérateurs. Et le dos peut accueillir des batteries classiques ou le fameux dos AXS-R7 qui déjà était proposé sur les F5 et F55. Ainsi, la Venice permet-elle d’enregistrer des fichiers Raw et X-OCN (sur l’enregistreur), XAVC-I et ProRes en HD.

La première caméra devrait être livrée aux alentours de février 2018 pour un prix de 37 000 € caméra nue. Les enregistrements full frame et anamorphique seront proposés en options payantes. On parle de 4 000 € et de 6 000 € pour un achat définitif, mais un système de location de licence devrait voir le jour.

En attendant que cette caméra haut de gamme atteigne nos salles de cinéma, certains enthousiastes pourront d’ores et déjà y voir le retour à une exigence (chère) pour une malléabilité de l’image.

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Sylvain Bérard

Photographe et étalonneur numérique pour le cinéma, amoureux du documentaire et des textures d’images. Grand utilisateur de sac à dos et de compagnie de voyages. Ses publications