Après avoir redéfini certains standards dans le segment hybride avec l'A9, Sony a entrepris de mettre à jour sa gamme de modèles 24x36 en version Mark III avec l'A7R III en octobre 2017 et aujourd'hui avec l'A7 III pour la version d'entrée de gamme… qui ne l'est pas vraiment.

Sony A7 III

Fin octobre 2017, Sony marquait les esprits avec un nouvel hybride 24x36 – A7R Mark III – qui disposait seulement d'un capteur très défini à plus de 40 Mpx, mais qui proposait aussi une excellente réactivité avec un autofocus largement revu et un processeur de traitement des données qui offrait d'atteindre des rafales à 10 i/s. Plus qu'une simple mise à jour, cette version III était un véritable bond en avant. Et l'A7 III semble suivre le même chemin.

Sony A7 III
sony-A7-III-1
Amazon 2299,00 €
Fnac.com 2299,00 € Voir l'offre
Miss Numérique 2299,00 € Voir l'offre

Une ergonomie copiée-collée de l'A7R III

Pas simple de différencier de loin un A7R III et le nouveau A7 III. Vous retrouverez donc le boîtier un peu plus massif et la poignée un brin plus large pour une meilleure préhension. Le boîtier reste toutefois très compact et l'interface dense. Pour une meilleure prise en main, nous vous conseillons de tester la poignée additionnelle qui allonge légèrement le boîtier.

Sony A7 III vue capteurLe capteur est un CMOS de 24x36 mm rétroéclairé (BSI), développé spécifiquement pour l'A7 III.

Sony A7 III vue de dessusLe nouvel hybride reprend l'ergonomie de l'A7R III. Dans les prochaines versions, un petit écran LCD viendra peut-être se loger sur l'une des épaules du boîtier (en déplaçant la molette, par exemple) comme sur le Fujifilm X-H1.

Sony A7 III vue de dosPas de surprise à l'arrière du boîtier, mais une bonne nouvelle : le joystick qui permet de déplacer rapidement les collimateurs AF est également présent sur le boîtier d'entrée de gamme. En revanche, l'écran LCD, pourtant tactile, ne peut être utilisé en trackpad.

Vous retrouverez aussi les nombreuses commandes personnalisables C1/2/3/4 ainsi que la touche Fn qui permet d'accéder rapidement à un menu graphique d'options, elles aussi personnalisables. Un menu personnalisable pourra accueillir les fonctions les plus utilisées.

L'écran est toujours monté sur une double charnière pour une inclinaison vers le haut (107°) et vers le bas (41°). Il est également tactile, mais avec toujours les mêmes limitations : vous ne pourrez pas naviguer dans les menus, passer en mode lecture d'une image à l'autre d'un doigt ou zoomer en écartant deux doigts comme sur un smartphone. Pire, vous ne pourrez pas vous servir du tactile pour entrer les informations de copyright (sic), de réseau (re-sic) ou les options en vidéo pour des actions silencieuses (re-re-sic). Il faudra donc se contenter de l'écran tactile pour choisir la zone de mise au point ou zoomer en double-tapant l'écran. Bon point, l'A7 III propose deux emplacements SD, l'un compatible à la norme UHS I/II, le second à la norme UHS I uniquement.

Du côté de la connexion sans fil, pas d'innovation et l'on reste sur une puce Wi-Fi épaulée par une connexion Bluetooth (uniquement pour l'appairage) afin de transmettre les photos vers un smartphone.

Notez d'ailleurs que Sony livre sa suite logicielle pour exploiter les images du boîtier, mais aussi travailler en mode connecté avec Imaging Edge Remote. Que l'on se rassure, la version de Capture One est toujours de la partie.

Une fiche technique plutôt haut de gamme

L'A7 III intègre un nouveau capteur 24x36 CMOS Exmor R (BSI pour Back Side Illuminated ou rétroéclairé) optimisé pour la lecture des données et annoncé comme ayant une dynamique de 15 IL. Contrairement au capteur de l'A9, celui-ci n'est pas stacked, ou empilé en bon français, et n'intègre donc pas en son sein de la mémoire vive (DRAM) pour accélérer le traitement. Toutefois, il est épaulé par la nouvelle génération de processeur de traitement des données Bionz X (couplé à un autre circuit intégré) qui opère déjà dans l'A9 et l'A7R III. Malgré tout, et comme l'A7R III, l'obturateur reste figé au 1/8 000 s que l'on soit en mode mécanique ou électronique. Reste que ce dernier mode permet de déclencher de manière totalement silencieuse. Les photographes de spectacles apprécieront !

Celui-ci permet à l'A7 III de pouvoir “jouer” avec une plage de sensibilités qui s'étend de 50 à 204 800 ISO en photo et 102 400 ISO en vidéo. Cela vous rappelle des souvenirs ? Effectivement, c'est aussi la plage de sensibilités ISO de l'Alpha A9 ! Nous n'avons pas pu transporter notre scène test lors de la présentation du nouveau boîtier, mais avons pu réaliser une montée ISO pour nous rendre compte du potentiel du boîtier avec une scène ordinaire. Et les résultats sont plutôt bons. Si un saut qualitatif est visible à 1 600 ISO (visualisation à 100 % sur écran), le rendu des détails reste intéressant jusqu'à 6 400, voire 12 800 ISO. La granulation reste bien contenue même jusqu'aux plus hautes sensibilités avec peu de dérives colorimétriques. Avec ses premières images, l'A7 III semble très à l'aise dans les basses lumières. Il faudra confirmer cette première impression rapidement en studio, mais tout cela est prometteur.

Vous pouvez visualiser les images ci-dessous en pleine définition en JPEG ou télécharger les fichiers bruts.

En outre, le nouvel hybride atteindrait en rafale une cadence de 10 i/s, le tout avec le suivi autofocus et une mémoire tampon qui permet de sauvegarder 177 JPEG images, 89 RAW compressés ou 40 RAW sans compression. Voilà qui place l'A7 III parmi les boîtiers les plus rapides du moment.

Autofocus de compétition

Attardons-nous justement sur le module autofocus. Les ingénieurs Sony ont reconduit le module à 693 collimateurs présent sur l'A9 et qui offre une couverture de 93 % du champ cadré ! Et tout comme l'A9, la plage de fonctionnement s'étend de -3 à 20 IL. Même modèle AF et même processeur que l'A9 : peut-on imaginer pouvoir bénéficier des mêmes performances en matière de réactivité ? Pas tout à fait, le capteur “empilé” de l'A9 demeure plus rapide pour transférer les informations, notamment celles qui sont nécessaires à l'autofocus. Nos premiers essais sur le terrain montrent toutefois une belle performance, en particulier avec le 24-70 mm f/2,8. La mise au point est rapide et le suivi autofocus plutôt pertinent.

Le système autofocus par corrélation de phase est également épaulé par la reconnaissance des visages et la détection des yeux. Celle-ci est désormais fonctionnelle en mode AF-C et permettra de réaliser le point en portrait plus facilement avec les optiques très lumineuses (merci à Yann pour le rafraîchissement de mémoire !). Toutefois, il n'est toujours pas possible de changer d'œil simplement, la mise au point étant réalisée sur l'orbite la plus proche.

Stabilisation mécanique 5 axes et 5 IL

Autre point d'amélioration, le système de stabilisation mécanique est toujours disponible sur 5 axes, mais il est annoncé par les ingénieurs de la marque avec un gain de 5 IL contre 4,5 IL sur le précédent modèle. De manière assez étonnante, l'A7 III n'hérite donc pas du modèle plus performant qui équipe l'A7R III, annoncé à 5,5 IL. En outre, il n'est toujours pas possible d'associer les stabilisations mécanique et optique pour renforcer l'efficacité comme le propose désormais Olympus ou Panasonic, la stabilisation optique prenant le pas sur la stabilisation mécanique.

système de stabilisation mécanique 5 axes 5 IL A7 IIIComme l'A9, le nouvel hybride A7 III dispose d'une stabilisation mécanique pour stabiliser le roulis, le lacet, le tangage et les déplacements verticaux et horizontaux avec un gain qui serait de 5 IL.

Mais pas de mode Pixel Shift

Contrairement à l'A7R III qui dispose d'une fonctionnalité, appelée Pixel Shift, offrant de fusionner quatre images consécutives afin d'améliorer la netteté des images, limiter le moirage et assurer un rendu plus fidèle des couleurs, l'A7 III en est dépourvu. Pourquoi ? La réponse reste évasive et il est probable que des fonctionnalités soient réservées à certains modèles pour créer un effet de gamme.

Mode vidéo complet

Le nouvel hybride apporte également de nombreuses fonctionnalités vidéo par rapport à son prédécesseur, à commencer par l'enregistrement UHD. Comme sur les autres boîtiers disposant de cette fonction, l'enregistrement s'effectue par regroupement de pixels (binning) pour une sortie en 6K et un redimensionnement en UHD. La captation en Super35 mm est aussi disponible et le nouvel hybride peut filmer en HDTV 1080 à 120 i/s pour des ralentis fluides. Vous a-t-on dit que vous disposiez également du mode Slow & Quick ? Eh bien, voici chose faite…

Le mode vidéo est complet avec la possibilité d'afficher de nombreux assistants pour la mise au point (focus peaking), l'exposition (zébras), le niveau sonore avec des vumètres (l'A7 III propose une entrée micro et une sortie casque) ou l'affichage avec des profils. Car oui, le boîtier propose l'enregistrement S-Log/S-Gamut dans les versions 2 et 3. Vous retrouverez également le profil HLG (Hybrid Log-Gamma) pour gérer un rendu HDR, l'enregistrement proxy pour faciliter le montage UHD.

L'A7 III filme en UHD aussi bien sur carte que via la sortie HDMI (sans compression) qui sait également gérer l'affichage HDR.

Autonomie améliorée

Nous avons souvent reproché aux hybrides Sony leur autonomie très (trop) limitée. Depuis l'A9 et l'apparition de la nouvelle batterie NP-FZ1000, les progrès dans ce domaine sont considérables. L'A7 III est logiquement – et comme l'A7R III – équipé de cette batterie qui permettrait environ 610 déclenchements avec le viseur électronique et 710 vues avec l'écran LCD. On est très loin des 350 vues de l'A7 II en visée écran ! Le nouvel hybride se permet même de faire mieux que son aîné qui flanche au-delà de 650 vues. Lors de nos essais, et malgré le froid dit “sibérien”, nous n'avons pas épuisé la batterie malgré les 500 déclenchements et les quelques secondes de vidéo en UHD et en HDTV 1080.

L'A7 III est équipé d'un port USB Type-C qui permet à la fois de transférer les données, mais également de recharger la batterie.

Que reste-t-il à l'A7R III ?

L'A7 III présente donc une fiche technique plutôt impressionnante, héritière à la fois de l'A9 et de l'A7R III. De manière assez rapide et exception faite de son capteur plus précis, on peut même s'interroger sur les avantages de l'A7R III par rapport au nouveau venu. Les différences sont moins immédiatement visibles, mais parfois importantes comme le viseur électronique plus précis et plus fluide. Cela dit, il faut bien avouer que les différences pourront paraître assez légères aux yeux de certains.

C'est bien la visée, avec la définition du capteur, qui fait essentiellement la différence avec l'A7R III. Elle est moins précise, un peu moins spacieuse et n'est pas tout à fait fluide sur des mouvements rapides. En outre, en basses lumières, des saccades sont également visibles à l'occasion.

A7 III A7R III
Capteur 24,2 Mpx 42,4 Mpx
ISO 50-204 800 50-102 400
Points AF 693 399
Mémoire tampon 177 JPEG 76 JPEG
Viseur 2,36 millions de points 3,69 millions de points
Rafraîchissement 60 i/s 60-120 i/s
LCD 922 000 points 1 440 000 points
Obturateur 200 000 cycles 500 000 cycles
Prise synchro flash Non Oui
Pixel Shift Non Oui
Stabilisation 5 IL 5,5 IL
Batterie 610 (viseur) 530 (viseur)

Prix et disponibilité

L'A7 III sera disponible au mois d'avril au tarif conseillé de 2 300 € en boîtier nu et de 2 500 € en kit avec le 28-70 mm f/3,5-5,6 OSS.

Premières images

Vous trouverez ci-dessous une sélection d'images réalisées lors de notre prise en main de l'A7 III. Comme d'habitude, vous pouvez visualiser les images JPEG en pleine définition ou télécharger les fichiers bruts.

DSC00100
DSC00205
DSC00269
DSC00429
DSC00471
DSC00238
DSC00439
DSC00159
DSC00470
DSC00445

Notre premier avis

Pour un modèle 24x36 positionné en entrée de gamme, Sony n'a pas trop revu à la baisse les spécifications techniques de ce boîtier, se permettant même de proposer des fonctionnalités plus abouties que sur l'A7R III, telles que le module autofocus. L'A7 III apparaît comme un boîtier équilibré qui pourra satisfaire de nombreux photographes à la recherche d'un boîtier polyvalent (photo, vidéo) et raisonnable d'un point de vue tarifaire. Moins spécialisé que les A7S II, A9 ou A7R III, le nouvel hybride vise un spectre de clientèle plus large.

On pourra toujours reprocher le manque d'innovation du côté du tactile ou les menus un peu trop complexes, mais l'A7 III s'est montré sous son meilleur jour lors de cette rapide prise en main. Positionné un peu plus cher que ces concurrents directs chez Canon (EOS 6D Mark II) et Nikon (D750), nous avons hâte de le confronter à ces deux reflex.

Test - 21/08/2017
Canon EOS 6D Mark II
Amazon Marketplace 1874,00 €
Fnac.com 1900,00 € Voir l'offre
Materiel.net 1949,00 € Voir l'offre
Miss Numérique 1949,00 € Voir l'offre
Digixo 1949,00 € Voir l'offre
Boulanger 1990,00 € Voir l'offre
Digixo 1999,00 € Voir l'offre
LDLC 2078,95 € Voir l'offre
Digixo 4129,00 € Voir l'offre
Voir plus d'offres
Test - 12/09/2014
Nikon D750
Fnac.com 1805,00 €
LDLC 1859,95 € Voir l'offre
Darty.com 1899,00 € Voir l'offre
Rue du Commerce 1899,00 € Voir l'offre
Boulanger 1899,00 € Voir l'offre
Miss Numérique 1899,00 € Voir l'offre
Digixo 1899,00 € Voir l'offre
Amazon Marketplace 2194,81 € Voir l'offre
Amazon 2207,92 € Voir l'offre
Materiel.net 2690,00 € Voir l'offre
Cdiscount 9999,00 € Voir l'offre
Voir plus d'offres

Lire aussi…

[Événements] CP+ 2018

Source : Sony France

Renaud Labracherie
Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW. Ses publications