Avec la seule annonce de l'appareil hybride Pen E-PL9, Olympus n'est certainement pas la marque qui a le plus fait parler d'elle lors du CP+ 2018. L'occasion n'en était pas moins bonne pour rencontrer Toshiyuki Terada, directeur général de la division Image du groupe. Nous l'avons interrogé sur les choix passés et les orientations futures d'Olympus.

Le stand d'Olympus au CP+ 2018.

On reproche souvent aux appareils Olympus une interface logicielle trop compliquée et des boîtiers chargés en boutons. Pouvons-nous imaginer un boîtier plus simple d'utilisation et plus épuré, qui se concentrerait sur les commandes réellement essentielles à la pratique de la photographie ?

Il me semble que si les menus de nos appareils paraissent compliqués, c’est avant tout à cause des nombreuses possibilités de personnalisation que nous offrons aux photographes professionnels et aux amateurs confirmés. Ces derniers aiment en effet disposer du maximum de boutons personnalisables possible. Nous entendons cependant clairement la demande du marché pour des menus plus simples et faisons le nécessaire pour les rendre plus intuitifs. Il est néanmoins important pour les utilisateurs de produits Olympus que nos choix ergonomiques conservent une certaine cohérence dans le temps. La solution à cette problématique se trouve donc à mi-chemin entre la demande du marché et celle de nos utilisateurs.

Olympus utilise un capteur à corrélation de phase depuis la commercialisation de l’OM-D E-M1 en 2013. Il nous semble pourtant que ce capteur a très peu évolué depuis, notamment en ce qui concerne le nombre de collimateurs. Ce dernier aspect constitue-t-il toujours un axe de recherche chez Olympus ?

D’un point de vue technique, il est bien entendu possible d’améliorer cet aspect. Nous pensons cependant que les performances d’un système autofocus ne se limitent pas au nombre de collimateurs. Ce que nous estimons le plus important à l’heure actuelle est l’amélioration de l’algorithme dont dépendent les performances de la mise au point automatique en continu. Ajoutons que l’OM-D E-M1 Mark II a récemment vu son firmware passer en version 2.0, ce qui offre désormais la possibilité de sélectionner une zone de mise au point plus précise. J’espère sincèrement que les utilisateurs de cet appareil apprécient les nouvelles fonctionnalités de cette récente mise à jour.

Toshiyuki Terada, directeur général de la division Image d'Olympus.

Que pensez-vous de l’idée de créer un boîtier destiné à la captation vidéo, tel que le Panasonic GH5 ou le récent Fujifilm X-H1 ? En tant que constructeur, Olympus a-t-il sa place dans le monde de la vidéo et du cinéma ?

Nous estimons que nous sommes un constructeur davantage orienté vers la photographie que vers la vidéo. Nous avons en effet plus d’expérience et de légitimité dans le premier domaine. Nous n’avons donc aucune intention de créer un appareil dédié à la vidéo, mais nous sommes bien conscients que les photographes apprécient le fait de pouvoir capturer des vidéos de haute qualité avec l'équipement qui leur sert de façon plus régulière dans le cadre d'un usage photo. C’est la raison pour laquelle nous incluons des fonctionnalités vidéo à nos boîtiers, telles que la capacité à filmer en UHD.

Que vous inspirent les initiatives de Sony et Panasonic (avec la gamme A7S et le boîtier GH5s) consistant à développer des produits qui utilisent un capteur de faible définition de manière à obtenir de meilleures performances lors de la montée en sensibilité ISO en situation de faible luminosité ?

Dans le champ de la photographie, la possibilité d’obtenir de bons résultats avec de hautes sensibilités est évidemment une demande très prégnante. Il me semble cependant qu'utiliser une faible définition pour maximiser la taille physique des pixels profite essentiellement aux capteurs 24x36. Je ne pense pas qu’à l’heure actuelle il soit propice d’emprunter ce chemin avec les capteurs d’appareils Micro 4/3. Si Panasonic prend cette voie pour son très bon potentiel en vidéo – et cela a du sens –, une définition de 10 Mpx me semble insuffisante pour la capture d’images fixes.

Entre autres curiosités, Olympus présentait des éditions très spéciales de l'OM-D E-M1 Mark II et du Pen-F.Entre autres curiosités, Olympus présentait des éditions très spéciales de l'OM-D E-M1 Mark II et du Pen-F.
Au premier plan : Olympus OM-D E-M5 en bois et OM-D E-M5 Mark II artificiellement vieilli.Au premier plan : Olympus OM-D E-M5 en bois et OM-D E-M5 Mark II artificiellement vieilli.

En matière de design, Olympus s'est inspiré ces dernières années des anciens appareils Pen et des OM-D. Parmi les références mythiques de la marque, il ne reste donc plus que les télémétriques XA du designer Yoshihisa Maitani. Peut-on imaginer un XA numérique avec une visée hybride optique/électronique comme celle des Fujifilm X100 et X-Pro ?

Comme vous le savez, nous avons déjà à notre catalogue les gammes Pen et OM-D en ce qui concerne les appareils hybrides, mais également la série Tough pour les appareils compacts. Nous concentrons donc actuellement nos efforts sur ces appareils pour continuer à les faire évoluer, mais si nous nous rendons compte dans le futur que la demande pour de nouveaux boîtiers prend de l’importance, peut-être que d’ici deux ou trois ans – le temps que nos appareils existants atteignent une nouvelle étape en maturité –, nous déciderons alors de la direction à prendre. Peut-être pourrions-nous aller vers plus de compacité, ou alors vers une offre plus haut de gamme. Je ne sais pas encore… mais j’ai bien entendu cette demande du marché français !

Le développement de l’intelligence artificielle semble être une tendance forte dans les perspectives d'évolution des appareils photo. Que pensez-vous de ce nouveau type de technologie et comment pensez-vous qu’Olympus pourrait le mettre à profit ?

J'estime que les constructeurs photo ont tout intérêt à développer ce type de technologie. L’évolution des algorithmes peut en effet être adaptée à la mesure de l’exposition, aux performances de la mise au point automatique et à bien d’autres fonctionnalités. Tôt ou tard, l'intelligence artificielle investira le marché de la photographie.

La rédaction
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