Trois ans après le début de la commercialisation de la DxO One – et alors que la société DxO Labs fait face à des difficultés financières –, nous nous sommes interrogés sur le potentiel bénéfice en matière de qualité d'image que pourrait toujours présenter ce module photo externe par rapport aux plus récents smartphones.

Nous ne reviendrons pas ici sur la prise en main de cet appareil hors-norme, seulement sur les performances de son capteur 1” et de son optique 32 mm (équivalent 24x36) f/1,8 face à des terminaux qui répugnent à intégrer des dispositifs photo aussi imposants, mais préfèrent jouer sur la surenchère de modules et le développement d'algorithmes de traitement d'image abreuvés d'intelligence artificielle.

Test - 04/09/2015
DxO One
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Qualité d'image

Protocole de test

En plus d'une montée en sensibilité en conditions d'éclairage simulant la lumière du jour (éclairement lumineux de 250 lux et température de couleur de 6 500 K), nous avons testé les capacités photographiques du terminal en situation de faible luminosité (éclairement lumineux de 3 lux et température de couleur de 3 200 K).

Gestion du bruit électronique

La DxO One est équipée du même imageur que le compact expert Sony RX100 Mark III ; un capteur CMOS d'une définition de 20,4 Mpx (5 540 x 3 688 px) au format 2/3 et d'une taille de 1”. Chaque photosite mesure donc environ 3 µm, soit une taille sensiblement plus élevée que ce que proposent les capteurs de la plupart des smartphones. La plage de sensibilités autorisée par la One s'étend nativement de 100 à 12 800 ISO, mais peut être étirée jusqu'à 51 200 ISO.

test Samsung Galaxy Note 8Tailles relatives des différents formats de capteurs.

La montée en sensibilité de la DxO One présente une dégradation progressive de l'image. Si le fichier JPEG obtenu à 100 ISO présente un bon niveau de détails, la perte d'informations est sensible dès 200 ISO et nous semble dommageable à partir de 400 ISO. Cette sensibilité reste toutefois utilisable, tout comme le palier suivant (800 ISO), à condition de ne pas effectuer de recadrage trop prononcé. La réduction du bruit numérique appliquée par DxO à 1 600 et 3 200 ISO est efficace, mais empiète beaucoup trop sur la retranscription des informations à notre goût. Le bruit fait néanmoins une entrée fracassante à 6 400 ISO et augmente progressivement jusqu'à 51 200 ISO, au point de rendre l'image illisible.

Traitement d'image

Contrairement à la quasi-totalité des constructeurs de smartphones photo, DxO n'applique pas un traitement d'image différent en fonction du mode de prise de vue sélectionné (automatique ou manuel). Il est en revanche intéressant de noter que les fichiers JPEG capturés à l'aide de la One se voient automatiquement appliquer une correction des déformations qui réduit sensiblement le cadre de la photo finale par rapport à celui perçu par le photographe durant la prise de vue. Attention donc : si vous souhaitez capturer l'intégralité d'une scène, mieux vaut prévoir une marge de sécurité. Vous pouvez apprécier la taille de cette marge en téléchargeant les fichiers JPEG et RAW ci-dessous.

On remarque également que le traitement des images de la DxO One se montre plus discret que celui de la plupart des smartphones photo. Les détails sont ainsi peu accentués et le rendu colorimétrique se révèle relativement neutre – même en situation de faible luminosité.

JPEG vs RAW vs SuperRAW

Dès ses premiers jours, la DxO One promettait de faire mieux que le RAW grâce à un format au nom explicite de SuperRAW. Si l'appareil permet d'enregistrer de classiques fichiers DNG, il autorise de plus la capture de quatre images RAW consécutives de façon à les fusionner pour créer un fichier SuperRAW d'un poids minimum de 80 Mo. Le traitement d'image appliqué par DxO permettrait alors d'associer une réduction du bruit spatiale à une réduction du bruit temporelle, le tout de façon à améliorer la qualité d'image. Nous avons dès lors décidé d'opposer d'une part des fichiers JPEG issus de la DxO à leurs équivalents RAW exportés en JPEG avec Lightroom, et d'autre part ces mêmes fichiers RAW à leurs équivalents SuperRAW (également exportés en JPEG).

Lumière du jour

Comme dans le cas d'appareils photo plus classiques, on remarque que les fichiers issus de Lightroom plutôt que directement du boîtier présentent un niveau de bruit plus élevé, mais aussi une bien meilleure retranscription des détails. Nous recommandons donc l'emploi de ces derniers. Il n'y a en revanche aucune différence perceptible entre les fichiers RAW et SuperRAW, une fois ceux-ci exportés en JPEG.

DxO One – JPEG 320 ISODxO One – RAW 320 ISO
DxO One – RAW 320 ISODxO One – SuperRAW 320

Basse luminosité

On découvre des différences de traitement encore plus prononcées entre JPEG et RAW lorsque la DxO One se trouve en situation de faible luminosité. Si les fichiers RAW exportés avec Lightroom présentent toujours une meilleure retranscription des détails, le bruit numérique est alors extrêmement visible et la perte d'informations colorimétriques est conséquente. Une fois encore, aucune différence n'est perceptible entre fichiers RAW et SuperRAW, une fois ceux-ci exportés en JPEG.

DxO One – JPEG 6 400 ISO (basse luminosité)DxO One – RAW 6 400 ISO (basse luminosité)
DxO One – RAW 6 400 ISO (basse luminosité)DxO One – SuperRAW 6 400 ISO(basse luminosité)

La DxO One face à la concurrence

Pour comparer la qualité d'image de la One à celle des photophones du moment, nous avons décidé de confronter le module externe DxO au Huawei P20 Pro et au Samsung Galaxy S9+, terminaux sortis en 2018 et faisant partie de notre guide d'achat des meilleurs smartphones photo. Pour faciliter la comparaison, nous avons redimensionné les images capturées pour un tirage 40 x 60 cm en 180 dpi, soit une définition de 12 Mpx environ.

Face au Huawei P20 Pro

Test - 05/04
Huawei P20 Pro
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Lumière du jour

Quand les conditions lumineuses sont favorables, la DxO One et le Huawei P20 Pro délivrent des fichiers JPEG bien différents. Certainement plus séduisantes lorsqu'elles sont observées sur l'écran d'un smartphone, les images issues du P20 Pro semblent vouloir camoufler leur manque de détails par une accentuation outrancière du micro-contraste. Si le piqué délivré par les deux dispositifs semble à peu près équivalent en RAW, les aberrations chromatiques et effets de moiré provoqués par le smartphone Huawei sont nombreux.

DxO One – JPEG 320 ISOHuawei P20 Pro – JPEG 200 ISO
DxO One – RAW 320 ISOHuawei P20 Pro – RAW 200 ISO

Basse luminosité

Il est quelque peu difficile de départager les deux appareils en situation de faible luminosité tant les fichiers JPEG résultants sont… mauvais. Ceux issus de la DxO présentent cependant un niveau de détails très légèrement supérieur ainsi que des dérives colorimétriques de moindre importance. On retrouve le même comportement en RAW, exception faite que le bruit électronique est cette fois-ci très présent.

DxO One – JPEG 6 400 ISO (basse luminosité)Huawei P20 Pro – JPEG 3 200 ISO (basse luminosité)
DxO One – RAW 6 400 ISO (basse luminosité)Huawei P20 Pro – RAW 3 200 ISO (basse luminosité)

Face au Samsung Galaxy S9+

Test - 23/03
Samsung Galaxy S9+
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Lumière du jour

En JPEG, notre constat est à peu près le même pour le Samsung Galaxy S9+ que pour le terminal Huawei : l'accentuation du micro-contraste est très prononcée, mais le niveau de détails retranscrits est inférieur à celui proposé par la DxO One. En RAW, c'est la présence trop importante de bruit numérique qui nuit au Galaxy S9+.

DxO One – JPEG 320 ISOSamsung Galaxy S9+ – JPEG 250 ISO
DxO One – RAW 320 ISOSamsung Galaxy S9+ – RAW 250 ISO

Basse luminosité

Lorsque la luminosité est faible, les fichiers JPEG de la DxO One parviennent une fois de plus à retranscrire un niveau de détails légèrement supérieur au Galaxy S9+, mais la réduction du bruit appliquée par le boîtier empêche la lecture des plus fins détails. EN JPEG comme en RAW, on apprécie la neutralité de la balance des blancs de la One – du moins par rapport au smartphone Samsung –, mais l'on déplore une importante perte d'informations colorimétriques. Les fichiers RAW capturés par les deux appareils subissent aussi un niveau de bruit électronique extrêmement important.

DxO One – JPEG 6 400 ISO (basse luminosité)Samsung Galaxy S9+ – JPEG 800 ISO (basse luminosité)
DxO One – RAW 6 400 ISO (basse luminosité)Samsung Galaxy S9+ – RAW 800 ISO (basse luminosité)

Conclusion

Au final, si l'écart s'est quelque peu réduit entre la qualité d'image de la DxO One et celle des smartphones photo, l'étrange module externe de DxO conserve une longueur d'avance. Son capteur 1” n'est certes pas capable de miracles lorsque la lumière vient à manquer, mais il est apte à délivrer des fichiers RAW détaillés aux plus faibles sensibilités. Les photos capturées par les meilleurs smartphones photo du moment sont pour leur part notamment marquées par un traitement logiciel trop prononcé en JPEG et une présence de bruit numérique trop importante en RAW.

Bien que l'intégration d'un capteur 1” à un smartphone – ou à un objet les côtoyant – constitue toujours, selon nous, une idée intéressante, il convient de ne pas se leurrer concernant les défauts et manques d'un module externe tel que la DxO One. Peu pratique à utiliser dans des conditions réelles, celle-ci souffre d'une prise en main délicate, ne propose qu'une unique focale dépourvue de stabilisation optique et dispose d'options vidéo décevantes. Avouons également que le succès des différentes tentatives de commercialisation de modules photo externes a toujours été extrêmement limité, ce qui laisse aujourd'hui le champ libre à une stratégie de démultiplication des modules photo aux arguments marketing plus porteurs.

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Paul Nicoué
Paul Nicoué

Rédacteur polymorphe. Chantre occasionnel de la photophonie, grand chambellan des accessoires photo et chevalier de l’ordre du degré Kelvin. Ses publications