Direction le New Jersey pour tester en conditions réelles, à l'occasion d'un match de soccer opposant l'équipe de New York à celle de Dallas, le tout nouveau 400 mm f/2,8 Sony, premier super téléobjectif disponible en monture E. Cet objectif enfin officialisé sera disponible très prochainement (septembre) au prix de 12 000 € !

Sony FE 400 mm f/28 GM OSS
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Prise en main du Sony 400 mm f/2,8

La première fois que nous avons entendu parler de cette optique, c'était à l'occasion du dernier CP+ (salon de la photo japonais) au mois de février. Sony avait installé sur son stand et sous cloche un premier prototype mystérieux de cet objectif. Depuis ce moment, plus de son ni d'images, si ce n'est quelques suspicions de tests terrain à l'occasion des derniers Jeux olympiques d'hiver.

Présentation

Ce nouveau 400 mm est composé de 23 lentilles réparties en 17 groupes incluant 1 verre en fluorite et 3 verres ED. L'objectif dispose d'une ouverture maximale de f/2,8 assurée par un diaphragme à 11 lamelles. L'optique est évidemment équipée d'une stabilisation optique qui fonctionnera de pair avec la stabilisation mécanique embarquée dans certains hybrides Sony. La mise au point est assurée par deux nouveaux moteurs linéaires XD (eXtreme Dynamic) très réactifs, rapides et précis. Le système autofocus bénéficie d'algorithmes dédiés à la maximisation des performances. L'objectif est naturellement tropicalisé et basé sur un corps en magnésium et un pare-soleil en carbone. Il est compatible avec les deux convertisseurs de focale 1,4x et 2x. Son poids est de 2,9 kg et ses mensurations sont de 36 cm de long et 16 cm de diamètre.

Prise en main

Prise en main du Sony 400 mm f/2,8

La bête est impressionnante et reprend les codes déjà posés sur le 100-400 mm. On retrouve donc la finition blanche, non sans rappeler les super téléobjectifs Canon. De notre point de vue, Sony aurait mieux fait d'opter pour le noir. L'objectif est livré par ailleurs dans une belle valise rigide qui prendra place en cabine au besoin.

La qualité de fabrication est irréprochable. Évidemment, cet objectif est paré pour un usage terrain et les pires conditions de prise de vue. Quant aux protections, on observe une conception globale résistante à l'intrusion de poussières et d'humidité (nombreux joints d'étanchéité), le tout assorti d'un revêtement spécial sur la lentille frontale.

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C'est un beau bébé… Comptez pas moins de 2,9 kg sur la balance pour une longueur totale (sans pare-soleil) de 36 cm et un diamètre de 16 cm. Autant vous expliquer illico qu'associé à un boîtier du calibre d'un A7/9, c'est totalement disproportionné. L'usage d'un grip est fortement conseillé afin de rééquilibrer tant bien que mal l'ensemble et l'emploi d'un monopode saura limiter vos tendinites. Sony a décidé de placer la majorité des éléments optiques vers l'arrière, ce qui permet de positionner le centre de gravité vers ce même arrière. Un réel plus pour un usage à main levée. Il est naturellement équipé d'un support de fixation trépied qui a l'avantage d'être rotatif avec des positions clipsables à 180° et 90°. La fluidité de la rotation est d'ailleurs excellente.

À titre d'information, comparons les mensurations de cet objectif avec celles de modèles équivalents chez Canon et Nikon. La version Sony est plus légère d'environ 1 kg. Quant aux dimensions, c'est du pareil au même !

Poids Longueur Diamètre
Sony FE 400 mm f/2,8 GM OSS 2,895 kg 35,9 cm 15,8 cm
Canon EF 400 mm f/2,8 L IS USM II 3,850 kg 34,3 cm 16,3 cm
Nikon AF-S Nikkor 400 mm f/2,8E FL VR 3,8 kg 35,8 cm 16 cm
Prise en main du Sony 400 mm f/2,8

Cet objectif est un véritable tableau de bord à lui seul. Sur le côté, on observe pas moins de 7 interrupteurs permettant de paramétrer la stabilisation optique (3 modes), l'autofocus (activation, DMF et limitateur de plage), les modes de fonctionnement de la bague programmable (3 au total) et divers réglages (signal sonore, touche SET). Dans la partie la plus postérieure de l'objectif, on retrouve un porte-filtre/gélatine qui permet de monter différents types de filtres avec un diamètre raisonnable à l'intérieur de l'objectif.

Entre les deux bagues de réglage, Sony a disposé trois boutons programmables que l'on peut asservir, par exemple, au déverrouillage de la mise au point. La stabilisation optique peut être activée sur un ou deux axes et il est possible de contraindre la plage de mise au point entre 3 m et l'infini.

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La bague de mise au point manuelle est très large et extrêmement agréable à utiliser. La fluidité est parfaite et on dispose de deux repères de butée aux extrémités. Pas d'indicateur de distance de mise au point dynamique, en revanche. Au-dessus de la bague se trouve une fine bague de fonction sur laquelle on peut attribuer l'option de bascule du format 24x36 mm au format APS-C : très pratique. Enfin, encore au-dessus, on déniche une “fausse” bague de réglage agrémentée de quatre boutons personnalisables.

Sur le terrain

Pour ce premier test, nous avons utilisé le vaisseau amiral de Sony en matière de boîtier orienté vitesse : l'A9. Notre modèle était équipé de la dernière version du firmware que Sony vient d'officialiser en parallèle avec le lancement du 400 mm ! Pour vous donner une petite idée des performances possibles en matière d'autofocus et de rafale de l'A9 : 20 i/s, 1/32 000 s (obturation électronique), 693 points autofocus (détection de phase).

Pari réussi pour Sony qui propose une évolution majeure de sa gamme de boîtiers hybrides à capteur 24x36. Plus rapide, plus endurant, plus simple à utiliser, l'A9 n'a rien à envier aux ténors sportifs du moment chez Canon ou Nikon, si ce n'est un historique et un support technique professionnel bien plus développés. Ceci étant, là encore, les choses peuvent changer.

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Notre accréditation, délivrée spécialement pour l'occasion, nous donne accès à presque tous les endroits du stade, principalement les tribunes et les bords du terrain. Votre serviteur est équipé d'un joli gilet rouge et d'un monopode ! L'auteur de ces lignes n'étant pas un spécialiste de la photo de sport professionnel, il devra donc faire avec son savoir-faire, les retours d'expériences que de nombreux photographes de sport lui ont fait au cours de ces dernières années. Et, bien sûr, l'instinct…

Nous décidons donc de sélectionner un mode rafale lent, une gestion de la sensibilité ISO automatique et un autofocus continu plage large avec suivi du sujet. Pour l'exposition, nous optons entre une mode priorité à la vitesse au 1/500 s et un mode priorité à l'ouverture à f/2,8.

Prise en main du Sony 400 mm f/2,8

Sur les bords du terrain, aux côtés des différents journalistes mondiaux venus tester l'optique, les photographes professionnels officiels venus couvrir le match… Autant vous dire que nous ne sommes pas passés inaperçus et avons beaucoup intrigué ces professionnels qui travaillent exclusivement et depuis toujours avec des solutions Canon et Nikon.

Les premières sensations sont surprenantes. L'appareil est redoutable en terme de rapidité de mise au point et les premières images faites (lors des phases d'échauffement) sont très prometteuses. L'utilisation de la rafale en vitesse maximale est totalement superflue. Au moindre effleurement du déclencheur, l'appareil prend une série de 20-30 images qu'il faudra trier et éditer en post-production. Pour nous, ce n'est pas un problème… nous ne sommes pas pressés par le temps. Mais pour un photographe professionnel qui doit envoyer en temps réel ses images en agence, c'est un enfer, d'autant plus qu'il est à l'heure actuelle impossible de transférer des fichiers depuis un A9 tout en continuant à réaliser de nouvelles images. On oublie donc assez rapidement les 20 i/s.

Le match commence, et avec lui, les conditions sérieuses ! La reconnaissance et le suivi du sujet de l'A9 sont assez impressionnants, bien que dans certaines situations, ils passent à côté. On peut faire confiance à l'appareil et se concentrer sur le cadrage, l'aspect le plus ardu en photo de sport. Il faut savoir lire le jeu et anticiper les mouvements. Au 400 mm, on cadre relativement serré et il faut donc être précis pour suivre le jeu. Beaucoup de photographes sportifs travaillent avec les deux yeux ouverts : l'un pour le cadrage, l'autre pour avoir une idée de ce qui se passe autour de la zone d'intérêt. Avec un hybride et un viseur électronique, cette pratique est plus difficile.

La possibilité de basculer en cadrage APS-C d'une simple action de mollette sur l'objectif est d'une efficacité absolue. De loin, on peut simuler en un temps record un 600 mm. On perd certes en définition, mais on garde tous les automatismes proposés par l'appareil. C'est comme si on avait intégré à l'optique un convertisseur 1,5x qui a l'avantage d'être actionné instantanément et de conserver l'ouverture maximale (contrairement à ce que l'on peut trouver sur le 200-400 mm Canon ou 180-400 mm Nikon : action mécanique et perte d'un diaphragme).

Un 400 mm est également un outil redoutable pour du portrait. La longue focale, associée à l'ouverture f/2,8, assure une très faible profondeur de champ et un très bel effet “pop-up” de son sujet particulièrement bien dégagé de son arrière-plan noyé dans un beau flou diffus. Depuis le terrain, on peut aussi s'offrir de beaux portraits de spectateurs.

RAW/JPEG HD

Vous avez la possibilité de télécharger l'ensemble des premières images terrain réalisées à l'occasion de ce match en haute définition et en RAW et JPEG.

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Arthur Azoulay
Arthur Azoulay

Spécialiste des optiques et rédacteur en chef adjoint de Focus Numérique. La photo est pour lui une obsession. Ses publications