Après plusieurs dizaines d'années de domination exercée par les fabricants d'éclairage photo originaires d'Europe, ceux-ci doivent aujourd'hui faire face à une concurrence acharnée en provenance des pays d'Asie, notamment de la Chine. Le flash A1 constitue en quelque sorte la réponse de Profoto face aux difficultés du secteur. De façon à séduire un large public, il profite des technologies déjà implantées sur les derniers produits de la marque (système AirTTL, synchronisation haute vitesse), tout en allant plus loin dans la logique de compacité et de simplicité d'utilisation. Nous avons eu l'occasion de prendre ce flash en main et de rencontrer Johan Wiberg, l'homme à l'origine du produit.

prise en main du flash Profoto A1Johan Wiberg, chef de produit Profoto A1.

L’idée à l’origine du A1 était de répondre à une demande récurrente des utilisateurs de produits Profoto : compléter notre gamme d’un système d’éclairage pouvant être utilisé sur la griffe porte-flash d’un appareil photo. Après de nombreux entretiens avec des photographes, une idée très claire est apparue, qui consistait à donner naissance à un produit surpassant les flashs cobra existants en matière de qualité de lumière, de rapidité et de facilité d’utilisation. Tout cela dans le but que les photographes puissent se concentrer sur le processus créatif.

Johan Wiberg, chef de produit Profoto A1

Profoto A1
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"Le plus petit flash de studio au monde"

N'en déplaise à Profoto qui aime appeler l'A1 “le plus petit flash de studio au monde”, c'est bien à un flash cobra que s'apparente au premier coup d'œil le nouveau-né de la firme suédoise. Malgré des lignes qui lui sont propres, son gabarit correspond d'ailleurs peu ou prou à la norme établie : 165 x 108 x 75 mm pour un poids de 560 g (avec batterie). Comme un flash cobra, il se dote de plus d'un sabot en métal avec levier de verrouillage permettant la fixation sur la griffe porte-accessoire d'un appareil, mais également d'un écran dorsal et d'une tête rotative.

Profoto A1 prise en main

De forme circulaire, cette dernière permet néanmoins à l'A1 de se distinguer d'un flash cobra classique ; esthétiquement, dans un premier temps, mais aussi et surtout grâce à un faisceau dont la forme diffère de celui produit par une tête rectangulaire. Profoto justifie ce choix à l'aide d'une explication simple : une tête rectangulaire serait conçue pour fonctionner sur un axe parallèle à l'axe optique et ainsi produire un faisceau correspondant au cadre de l'image, tandis qu'une tête circulaire, comme celles dont s'équipent les flashs de studio, serait plus adaptée à l'utilisation d'une source de lumière en déporté. Aboutissement d'une longue série de prototypes, la conception de la tête de l'A1 autoriserait donc, toujours selon la marque, un éclairage uniforme et qualitatif.

Profoto A1 prise en main

Toujours dans le but de se rapprocher de la capacité à sculpter la lumière dont disposent les imposants flashs de studio, Profoto a aussi doté la tête de l'A1 d'une monture magnétique autorisant le montage de modeleurs de lumière, d'une bague permettant de régler la largeur du faisceau de lumière, ainsi que d'une lampe pilote led. Concernant cette dernière, notons que Johan Wiberg, chef de produit Profoto A1, a promis une future mise à jour firmware (micrologicielle) qui permettra aux vidéastes d'utiliser la lampe led en continu, sans risque de scintillement.

Qualité de fabrication et technologies embarquées

Autre caractéristique rare pour un flash cobra, le Profoto A1 dispose d'une batterie rechargeable et remplaçable qui trouve sa place sur la partie avant du corps du flash. Profitons-en pour saluer la qualité de fabrication de l'A1 : la solidité du plastique servant à sa conception inspire confiance et les points de jonction des différentes pièces ne comportent aucun jeu. Quant aux connectiques, si la présence d'un port micro-USB autorise de futures mises à jour, nous déplorons l'absence de prise jack 3,5 mm – qui interdit donc l'utilisation d'un câble synchro.

Profoto A1 prise en main
Profoto A1 prise en main
Profoto A1 prise en main

C'est au dos du flash que l'on trouve le large écran qui permet d'accéder aux fonctionnalités avancées de l'A1. Centrée autour de l'utilisation d'une roue codeuse, l'interface relativement simple et intuitive autorise notamment le choix entre synchronisation au premier ou au deuxième rideau, l'activation de la synchronisation haute vitesse (technologie HSS), ou encore le paramétrage de la puissance de 76 W (sur 9 diaphragmes par incréments de 1/10 IL). Remarquons que, contrairement à la grande majorité des marques de flashs, Profoto préfère ne pas communiquer le nombre guide de son nouveau produit. Sachez que nous ne manquerons pas de le mesurer pas nous-mêmes.

Nous ne communiquons pas le nombre guide de l’A1, car nous ne souhaitons pas nous aventurer sur cette voie… Nous préférons utiliser un autre langage, celui de l’expérience utilisateur. La lumière procurée par l’A1 étant suffisante dans la plupart des cas, ce qui nous importe tient davantage de la qualité de la lumière et des possibilités créatrices. Et si un photographe a besoin d’une puissance importante, nous l’invitons à regarder du côté du B1 et du B2.

Johan Wiberg, chef de produit Profoto A1

Profoto A1 prise en main
Profoto A1 prise en main

Système AirTTL, mises à jour et futurs produits

Rappelons de plus que l'A1 peut, au choix, contrôler d'autres flashs de la marque ou être lui-même déclenché à l'aide d'une télécommande Air Remote ou d'un autre flash A1. Il est de plus compatible avec le système AirTTL : il peut ainsi être utilisé en mode TTL avec les appareils Canon ou Nikon (suivant le modèle de flash choisi), fixé sur la griffe porte-flash ou en déporté. Notons cependant qu'au moment de notre prise en main, l'utilisation du flash avec de récents boîtiers Nikon (comme le D850) souffrait de quelques problèmes de compatibilité.

La raison des problèmes de compatibilité avec certains appareils s'explique par l'absence de partenariat avec Nikon et Canon. Chaque fois qu’une de ces marques commercialise un nouveau boîtier, nous devons donc l’acquérir par nous-mêmes, étudier son fonctionnement et, dans certains cas, adapter le firmware de nos produits. Une parfaite compatibilité avec certains modèles d’appareils peut donc prendre du temps, mais nous travaillons de façon continue pour corriger tout type de dysfonctionnement et ajouter de nouvelles fonctionnalités, telles que la possibilité d’utiliser la lampe pilote en continu, sans scintillement.

Johan Wiberg, chef de produit Profoto A1

Enfin, interrogé sur l'avenir et sur la réponse que Profoto pourrait apporter à un concurrent chinois ayant également nommé son dernier produit "A1", Johan Wiberg ne cache pas l'intérêt de la marque suédoise pour le marché de la mobilité.

De plus en plus de personnes utilisent leur smartphone dans le cadre d’une pratique photographique, et la qualité des appareils photo qu’ils intègrent augmente de jour en jour. J’estime que nous devons procurer une lumière de qualité à tout type d’image, peu importe le type d’appareil avec lequel elle a été capturée. De très bons photographes utilisent des terminaux mobiles et ils ont également besoin de lumière.

Johan Wiberg, chef de produit Profoto A1

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Paul Nicoué

Rédacteur polymorphe. Chantre occasionnel de la photophonie, grand chambellan des accessoires photo et chevalier de l’ordre du degré Kelvin. Ses publications 

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