Coup double pour notre test du Sony A7R III (à paraître bientôt). Le nouveau logiciel Imaging Edge, qui comprend en réalité trois modules, est disponible au téléchargement et nous venons de recevoir le boîtier à la rédaction. Voici nos premières images…

Sony Imaging EdgeLe logiciel Imaging Edge de Sony en mode édition.

L'une des nouvelles fonctionnalités du Sony A7R III est la possibilité d'activer une prise de vue en mode Pixel Shift, un mode fortement inspiré du mode éponyme présent dans certains reflex Pentax. Le principe ? Réaliser quatre vues consécutives d'un même sujet en décalant chaque vue d'un pixel afin d'obtenir toutes les informations colorées pour tous les pixels. Contrairement au mode haute définition d'Olympus qui agrège plusieurs fichiers afin de produire une image finale avec une définition supérieure, le Pixel Shift ne délivre qu'une image de 42,4 Mpx (7 952 x 5 304 px), mais avec un niveau de précision étonnant, car il n'y a plus d'interpolation des données. En outre, cela réduit le moirage et devrait également générer un bénéfice au niveau du rendu des couleurs.

Sony A7R III pixel shiftSchéma descriptif du Pixel Shift sur le Sony A7R III.

Une image à développer avec Imaging Edge

Le boîtier propose donc une nouvelle entrée dans les menus, baptisée P.d.v.multi décal. pix. Tout un programme… Les options sont limitées (ON ou OFF) et la possibilité de modifier la temporisation entre les quatre prises de vue. Notez que l'intervalle minimal entre deux vues est d'une seconde. Sur des sujets en mouvement, les effets seront sans doute visibles, nous vérifierons plus tard. Le micrologiciel de l'A7R III ne permet pas d'assembler les images pour réaliser la vue finale. Il faut – pour l'instant ? – traiter les quatre fichiers RAW avec le nouveau logiciel créé par Sony pour trier et développer vos fichiers bruts : Imaging Edge. En outre, un module Remote permet de prendre le contrôle à distance à partir d'une connexion USB (type C).

L'assemblage avec le logiciel n'est pas vraiment instantané et nécessite 5 à 8 s selon les configurations d'ordinateur. La combinaison des fichiers produit un fichier .ARQ qu'il est possible d'éditer avec l'application pour effectuer les différentes retouches. Le fichier pèse tout de même plus de 300 Mo (342 Mo pour notre scène test). Il est possible d'ouvrir ce fichier avec certains logiciels faisant fi des en-têtes, mais le résultat tient plus du surréalisme qu'autre chose !

Fichier .ARQ ouvert avec RawDigger

Mais ce qui surprend à l'ouverture de l'image, c'est la finesse du rendu des détails. La précision est réellement et grandement améliorée. Le gain est perceptible partout sur notre scène test, notamment sur le livre qui présente une couverture en tissu particulièrement délicate à restituer avec une matrice de Bayer et fonctionnement classique.

Téléchargement et comparaison

Vous pouvez télécharger les images en pleine définition, d'un côté l'image classique et de l'autre celle réalisée en Pixel Shift.

Sony A7R III : image "classique"
Sony A7R III : image Pixel Shift

Comme vous pouvez le visualiser sur les extraits 100 % ci-dessous, le gain est vraiment appréciable. Le niveau de précision est impressionnant, le moirage disparaît et globalement l'image gagne en modelé et relief.

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Sur d'autres parties de notre scène test et avec d'autres matières, le gain est plus marginal et beaucoup moins évident à mettre en valeur.

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Réservé au studio ou à l'architecture

Nous l'avons dit en introduction, le mode Pixel Shift nécessite au minimum un intervalle de 1 s entre deux vues sur quatre déclenchements. Vous pouvez faire varier ce délai de 1, 2, 3, 4, 5, 10, 15 ou 30 s. La moindre prise de vue en Pixel Shift requiert donc 4 s au minimum, ce qui limite l'utilisation de cette technique au studio pour le packshot, la reproduction d'œuvre, l'archivage ou l'architecture ; situations dans lesquelles les sujets seront immobiles. Le logiciel en version Remote (contrôle à distance via USB) propose d'ailleurs ce type de fonctionnement.

Ainsi, sur notre vue du canal Saint-Martin, il est possible de constater à la fois le gain de précision sur certaines parties de l'image, mais également les artefacts de l'assemblage avec des pixels aberrants sur les feuilles, par exemple.

Sony A7R III : image Pixel Shift
Sony A7R III : image "classique"

Vous pouvez comparer ci-dessus des extraits à 100 %.

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sony-A7R_3-pixels-shift-5sony-A7R_3-normal-5

Téléchargez Imaging Edge (gratuit) Windows/macOS.

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Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW. Ses publications