Offrir une optimisation automatique des images qui s'adapte aux goûts de son utilisateur : le rêve ? C’est en tout cas ce que souhaite faire le logiciel Photolemur sorti le mois dernier.

Pour beaucoup d’entre vous, passer des heures derrière un écran d’ordinateur n’est absolument pas un plaisir. Vous avez bien remarqué que la capture d’image au format RAW permet de rattraper d’éventuelles dérives en postproduction, mais vous constatez également que vous y passez un temps fou. C’est pour répondre à ce type d’utilisateurs, soucieux d’obtenir des clichés correctement équilibrés mais pressés d’en finir avec l’étape de la retouche, qu’a été créé Photolemur, un logiciel disponible exclusivement pour l’univers macOS.

 Photolemur comble l'écart entre ce que voient nos yeux et ce que capturent nos appareils photo. Photolemur ne modifie pas la réalité mais la rend aussi éclatante, belle et naturelle qu’elle l’est réellement.

Extrait du manifeste de Photolemur.

Interface dépouillée

Photolemur présente très peu d'outils, mais autorise le traitement par lots ; les différentes images concernées apparaissent au bas de la fenête.

La première chose qui frappe une fois le logiciel installé, c’est son interface plus que minimaliste. Un bouton pour charger des images en haut à gauche, une fonction qui permet de zoomer à 100 % de la taille des pixels ou d’ajuster à la taille de la fenêtre, la gestion de l’aperçu avant/après, un outil de recadrage et un curseur permettant de faire varier le rendu d’un résultat "réaliste" à une version plus "éclatante" : voici toutes les fonctionnalités offertes par Photolemur.

Grâce à sa technologie d’analyse d’image, le logiciel applique des corrections automatiques de densité, de contraste, de saturation et d’accentuation aux images afin de les rendre plus lumineuses et plus attractives. Il serait à même de reconnaître les différents types de prises de vue pour appliquer des corrections différenciées en fonction du sujet — un portrait, d’un paysage ou une prise de vue macro... — et en fonction des zones de l’image — la correction appliquée au ciel est différente de celle du feuillage ou de la peau, par exemple.

Photolemur possède un outil de recadrage

Prise en main intuitive

En poussant le curseur au maximum à droite, le résultat prétendument éclatant n'a plus rien de photographique.

Pour sa lancer, il suffit de glisser son image dans le logiciel ou d’utiliser la fonction d’importation. Photolemur peut réaliser un traitement par lot sur un total de 40 images maximum. Le logiciel applique alors des corrections automatiques qu’il est possible de moduler en basculant le curseur en bas de la fenêtre vers la gauche, pour un rendu plus proche de l’original, ou vers la droite pour un effet plus prononcé.

Le logiciel accepte aussi bien les fichiers JPEG que les RAW provenant de plus de 800 appareils, si l’on en croit les chiffres annoncés par la société. Nous ne les avons pas tous essayés, mais nous avons importé plusieurs images CR2 réalisées avec notre Canon EOS 5D Mark III pour nous faire une idée des résultats.

Résultats décevants

Globalement, il faut avouer que nous avons été assez déçus. Tout d’abord, le logiciel est assez lent et il nous a fallu attendre plusieurs secondes pour voir notre image apparaître. De plus, la correction n’est calculée que sur la zone apparente de l’image, ce qui implique un nouveau temps d’attente, même court, à chaque fois que l’on se déplace dans l’image ou que l’on déplace la frontière entre la vue avant et après. Mais si le résultat avait été à la hauteur de nos attentes, nous aurions pu composer avec.

On peut voir sur la partie corrigée à droite une montée de bruit particulièrement inesthétique dans une zone qu'il était inutile de réhausser.

Cependant, toutes les images que nous avons traitées ont présenté des contrastes trop forts, une diminution de la densité globale qui conduit à la disparition des valeurs de noirs et à la perte d’information dans les hautes lumières, des saturations excessives, particulièrement dans les verts et les bleus, et une accentuation trop prononcée entraînant l’apparition d’effets de bords disgracieux. Au final, on voit une montée de bruit importante dans les ombres et une absence d’exploitation des possibilités offertes par la grande plage dynamiques des fichiers RAW.

Une fausse bonne idée ?

En théorie, la grande force de Photolemur, c’est de se baser sur des algorithmes d’intelligence artificielle pour mémoriser les préférences de son utilisateur et proposer, au fur et à mesure de son usage, des résultats plus proches de ses goûts personnels. Mais les corrections applicables aux images étant réduites à un simple curseur, difficile de s’approcher d’un résultat acceptable, y compris de manière manuelle.

Dans l’état actuel des choses, Photolemur ne nous semble donc pas du tout à la hauteur et il semble assez évident que les exemples présentés par la société ne sont pas représentatifs de la réalité avec un cliché de départ "normal", tant il s’est montré impossible de notre côté d’obtenir des résultats acceptables.

Nous remarquons cependant que sur son site Internet, la société fait état de plusieurs projets de mises à jour. Elles ajouteront une correction du bruit, la retouche automatique de visage (en espérant qu’elle puisse être désactivée !) et un outil pour redresser la ligne d’horizon. Peut-être cela vaudra-t-il le coup de refaire un tour sur le logiciel une fois ces améliorations apportées, mais il est certain que la version actuelle ne nous a pas donné confiance.

Les personnes qui cherchent des options de correction automatique les trouvent généralement sur les logiciels plus perfectionnés. Libre alors à chacun de les employer ou de les adapter grâce à une série de réglages plus fins. C’est à notre avis une solution de meilleure qualité et pas beaucoup plus chronophage quand on tient compte du temps de traitement de Photolemur.

Pour ceux qui voudraient se faire leur propre opinion sur le logiciel, il est disponible sur le site de Photelemur au tarif de 29 $. Une version PC est en préparation.

Source : Photolemur

Pascale Brites

Journaliste technique, elle renforce l'équipe de rédaction en publiant des actualités et des articles pratiques. Ses publications