Quelques jours après l’annonce de la Canon EOS C200, la famille Panasonic est heureuse de vous annoncer l’arrivée d’EVA1. Environ 20 cm, 1,2 kg, elle est la réponse maison de Panasonic à un segment encore monopolisé par les Sony FS7 et FS5.

Il y a très précisément 6 ans, Canon dévoilait sa C300 au design curieux. À mi-chemin entre le caméscope et l’appareil photo, le boîtier fut pionnier dans ce secteur aujourd’hui en plein boom. Sony FS7 et FS5, Canon C100 et C200, Arri Alexa Mini, RED Scarlet, Blackmagic Ursa Mini et Ursa Mini Pro, les vidéastes semblent de plus en plus désireux d’un compromis entre la légèreté d’un boîtier photo et les possibilités d’une caméra à grand capteur. Sur ce segment, Panasonic traînait un peu la patte, probablement assis sur le beau succès du GH4 et du GH5 et la belle performance de la Varicam LT. EVA1, la petite nouvelle de chez Panasonic, vient désormais réparer cet impair.

Capteur Super35 mm et 4K 4:2:2 10 bits

La Panasonic AU-EVA1 Cinema Camera — son nom complet — présente un joli capteur Super35 mm CMOS 5,7K à partir duquel est composé un enregistrement 4K, UHD, 2K, Full HD et même 720p. Qui peut le plus peut le moins : le surplus d’informations offert par la surdéfinition du capteur permet de créer une image plus précise, tant en netteté qu'en colorimétrie.

Si les codecs sont encore à déterminer, la caméra pourra enregistrer un signal 10 bits 4:2:2 All-I jusqu’à 400 Mb/s. Côté résolution et cadences d’image, elle permet un enregistrement 4K jusqu’à 60 i/s et grimpe jusqu’à 240 i/s en 2K/HD ! Par l’intermédiaire d’une mise à jour ultérieure, l’EVA1 pourra même sortir un signal 5,7K RAW. Le fabricant Atomos a d’ores et déjà confirmé que ce signal serait pleinement géré par son Shogun Inferno et que ce dernier serait aussi à même d’enregistrer un signal 4K RAW en Cinema DNG et un signal 2K/240 ips en ProRes ou DNxHR.

Les possibilités d’enregistrement de l’EVA1 sont pour le moment énormes. L’enregistrement s’effectue sur des cartes SD (la caméra dispose de deux emplacements). Les débits de l’EVA1 sont conséquents pour un tel support, mais cela permet de créer une passerelle pour les utilisateurs du GH5 avec le reste de la gamme. Avec une sortie non compressée HDMI et 6G-SDI, l’EVA1 est assurément le chaînon manquant entre la gamme Varicam et la gamme Lumix.

Un goût de Varicam pour les utilisateurs de GH5

À ce titre, le capteur reprend la double sensibilité native inaugurée avec la Varicam. Afin de pallier l’apparition de bruit pour les tournages en très basses lumières, celle-ci permet de commuter le capteur en haute sensibilité afin d’exposer sur une base saine. N’ayez plus peur d’éclairer à la bougie : c’est désormais possible. Sur la Varicam, cette seconde sensibilité native était fixée à 5 000 ISO ; pour l’EVA1, il se peut qu’elle soit légèrement inférieure, mais rien n’est confirmé pour le moment. À noter que tout comme sur les Varicam, le filtre IR de la caméra peut être retiré afin de bénéficier de ces longueurs d’onde spéciales et gagner légèrement en sensibilité en nocturne.

Panasonic met un point d’honneur à garantir la cohérence de sa gamme Cinéma. Alors que faire correspondre plusieurs caméras de gammes différentes peut s’avérer un véritable défi, l’EVA1 bénéficie de la colorimétrie Varicam et embarque notamment le V-log et le V-Gamut, un espace plus large que le REC.2020. Aussi la caméra sera à la fois une parfaite caméra B pour une Varicam ou une Varicam LT… ou bien une parfaite caméra A pour un GH5. L’utilisation du 10 bits sur l’intégralité d’une gamme aussi large est tout aussi inédite que bienvenue.

Cette petite caméra au poids plume (1,2 kg !) ne mesure que 6,5’’ (≈16,5 cm) et dispose d’une poignée amovible. Si elle en a sous le capot, le moins que l’on puisse dire, c’est que sa conception répond bien à une demande ergonomique. Avec la multiplication des petites grues, des stabilisateurs gyroscopiques et des drones, l’EVA1 s’adapte parfaitement à toutes sortes d’applications.

Côté monture, Panasonic a fait le choix d’une compatibilité Canon EF. Un choix logique. Pour couvrir un capteur Super35 mm Panasonic n’avait le choix qu’entre les montures EF et PL, la monture Sony E appartenant à son concurrent direct. Les optiques PL demeurent encore assez onéreuses et les optiques EF sont largement utilisées par les adeptes du GH5 et des bagues Metabones. La gestion électronique de ces objectifs est pleinement assurée, y compris au niveau de la stabilisation interne des objectifs  IS. À celle-ci s’adjoint une stabilisation électronique multi-axes qui viendra compenser tous vos tremblements lors de vos mouvements à la main.

Une concurrente sérieuse à la FS7 pour moins de 8 000 €

L’EVA1, la fameuse caméra mystère du NAB2017, réussit à elle seule là où la C200 laisse plus dubitatif : proposer une alternative crédible au monopole insolent de la FS7. Véritable chaînon manquant de l’écosystème Varicam/GH, la réponse est, du moins sur le papier, véritablement enthousiasmante. Si l’EVA1 n’est pas aussi polyvalente qu’une FS7 en matière d’adaptabilité optique (le tirage optique des montures EF ne permet pas d’adapter des montures PL), elle conserve de très beaux atouts, à commencer par une véritable science colorimétrique au service d’un arsenal de possibilités d’enregistrement, ainsi qu’un capteur à double sensibilité très performant.

Placée à moins de 8 000 €, l’EVA1 devrait être disponible à la fin de l’année et aidera sans aucun doute à soutenir l’adoption de la gamme Varicam, encore beaucoup trop méconnue.

Source : Découvrez l'EVA1 sur le site officiel de Panasonic

Sylvain Bérard

Photographe et étalonneur numérique pour le cinéma, amoureux du documentaire et des textures d’images. Grand utilisateur de sac à dos et de compagnie de voyages. Ses publications 

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