Jusqu’au 23 avril au Musée de l’Homme à Paris, l’exposition Mapuche, Voyage en terre Lafkenche propose un voyage au Chili à la rencontre du peuple Mapuche. Elle mêle ethnographie, ethnobotanique et photographie avec la spécificité de ne présenter que des images réalisées selon le procédé au collodion humide.

Ana Millaleo - Collodion humide sur plaque de verre. © Ritual Inhabitual

Interroger les relations entre l’Homme et la Nature est l'une des principales activités du collectif d’artistes Ritual Unhabitual et du Musée de l’Homme qui ont travaillé conjointement à la réalisation de cette exposition. C’est donc assez naturellement que leurs recherches se sont tournées vers le peuple Mapuche installé au Chili depuis des siècles, connu pour avoir résisté aux conquistadors espagnols en 1536 et dont le nom signifie "les gens de la terre". Aujourd’hui privés de 90 % de leur territoire, ces anciens chasseurs-cueilleurs et pêcheurs se concentrent dans le sud du Chili et dans la ville de Santiago, où ils ont dû adapter leurs pratiques et leurs coutumes. C’est tout cela que raconte l’exposition, à travers un volet consacré à la botanique et la constitution d’un herbier de référence qui illustre "la diversité des formes végétales existantes dans la région, mais aussi la diversité d’usages associés à ces plantes", et un volet consacré aux portraits d’hommes et de femmes Mapuche.

Lobelia tupa - Tabaco del diablo - Collodion humide sur plaque de verre. ©Ritual Inhabitual

Procédé ancien

Toutes les images de l’exposition ont été réalisées avec la technique du collodion humide et présentent en ce sens un intérêt particulier lié à la technique. Procédé inventé en 1850 par Gustave Le Gray et mis en pratique par l’Anglais Frederick Scott Archer, le collodion humide consiste en une émulsion couchée sur une plaque de verre, sensibilisée aux nitrates d’argent et développée immédiatement après exposition à l’acide gallique ou au sulfate de fer. Posée sur un fond noir, l'image en négatif apparaît alors en positif — le procédé prendra plus tard le nom d’ambrotype. Réputé pour sa finesse et sa large gamme tonale, ce procédé noir et blanc est extrêmement contraignant, mais engendre également une relation particulière avec le modèle : il faut utiliser une chambre et prendre le temps d’effectuer ses développements au fur et à mesure.

Kuriche - Collodion humide sur plaque de verre. ©Ritual Inhabitual

La contrainte principale est que la préparation et le développement de la plaque de verre doivent se faire au même moment et au même endroit. Ce temps crée une relation particulière entre la personne photographiée et l’objectif de la chambre photographique. Ce que l’on obtient n’est donc pas la condensation d’un geste, mais plutôt un état d’esprit qui est né dans ce temps photographique et qui semble de fait hors du temps

Communiqué de presse de l'exposition.

L’exposition, visible jusqu’au 23 avril, est également l’occasion de rencontres, de projections et de concerts autour de la culture Mapuche les samedis 25 février, 18 mars et 8 avril.

Machi Helena Calfuleo - Collodion humide sur plaque de verre. ©Ritual Inhabitual

Musée de l’Homme
17 place du Trocadéro
75016 Paris
Du mercredi au lundi de 10h à 18h
Entrée gratuite

Présentation de l'exposition :

Source : Musée de l'Homme

Pascale Brites

Journaliste technique, elle renforce l'équipe de rédaction en publiant des actualités et des articles pratiques. Ses publications