L'arrivée du Sony A9 dans notre laboratoire nous donne l'occasion de faire revenir ses deux concurrents directs que sont le Canon 1D-X Mark II et le Nikon D5 pour un passage sur notre nouvelle scène test et une confrontation au sommet des ISO.

Protocole de test

Pour notre test, la scène est éclairée sous environ 250 lux. Notre appareil étalon est le Canon 5Ds R qui, pour un gris neutre 18 %, requiert le couple f/5,6-1/4 s à une sensibilité de 100 ISO. Les différents boîtiers sont également calés pour exposer correctement un gris 18 % avec une sensibilité de 100 ISO. Selon les boîtiers, le couple ISO / temps de pose peut varier. Nous faisons ensuite varier la durée de la pose et la sensibilité ISO. Les images sont visibles à 100 % (JPEG) et vous pouvez télécharger les fichiers bruts. Les boîtiers est configuré par défaut, notamment pour ce qui est de rédaction du bruit électronique.
Comme d'habitude, en plus des vignettes présentées ci-dessous, les images sont toujours observables à 100 % et téléchargeables.

Avant de débuter notre comparatif, nous vous proposons de redécouvrir les différentes montées ISO des trois protagonistes de cette confrontation.

Nikon D5

Sur le papier, le Nikon D5 est en quelque sorte le champion de la montée ISO, avec une impressionnante plage de sensibilités s'étendant de 50 à 3 276 800 ISO en mode étendu. Par défaut, le reflex "grimpe" à 102 400 ISO, ce qui offre déjà une bonne polyvalence pour travailler dans toutes les conditions de lumière. Il faut bien avouer que les plus hautes sensibilités sont difficiles à exploiter dans un cadre classique. Le grain est en effet énorme et il est difficile de reconnaître les détails de la scène. L'image existe cependant et, avec des traitements spécifiques, il est sans doute possible d'exploiter ces clichés pour des applications particulières (surveillance, détection, etc.).

Canon EOS-1D X Mark II

Le Canon EOS-1D X Mark II propose une plage de sensibilités qui s'étend par défaut jusqu'à 51 200 ISO et est extensible jusqu'à 409 600 ISO. Comme pour le reflex Nikon, le 1D X Mark II est en difficulté au-delà de 51 200 ISO, avec un lissage très important et une granulation très visible. Là encore, il devient donc extrêmement complexe d'utiliser les les images obtenues.

Sony A9

Le Sony A9 dispose d'une sensibilité maximale de 204 800 ISO et propose ainsi la plage de sensibilités la plus courte. La marque n'utilisant pas d'extension de la plage ISO, il est par conséquent possible d'utiliser toutes les valeurs proposées de manière native. Une approche qui est donc moins ambitieuse, mais certainement plus réaliste.

Comparaison à tirages équivalents

Même optique (Sigma 35 mm f/1,4 DG HSM Art), mêmes conditions de lumière, il est désormais possible de comparer les trois boîtiers sportifs. Nous avons "normalisé" les images de manière à ce qu'elles correspondent à des tirages 40 x 60 cm en 180 dpi, soit une définition de 12 Mpx environ. Les images sont réalisées à 3 200, 6 400, 12 800 et 25 600 ISO, avec ci-dessous des détails à 100 %.

3 200 ISO

À 3 200 ISO, la gestion du bruit électronique semble équivalente sur les trois boîtiers. La plus haute définition du A9 lui octroie un meilleur rendu des détails tandis que le Nikon D5 présente des images un peu moins granuleuses, notamment sur les aplats de la charte de gris.

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6 400 ISO

À cette valeur de sensibilité supérieure, le D5 est encore légèrement en tête avec des aplats moins granuleux et un meilleur rendu dans les zones denses. Le Sony A9 est cependant là encore plus précis sur le rendu des fins détails.

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12 800 ISO

C'est à cette valeur charnière que le Sony A9 prend l'ascendant sur ces concurrents. Le Nikon D5 reste en bonne position avec une gestion du bruit électronique performante et un grain très fin. Sur les aplats colorés de la charte ColorChecker, il fait d'ailleurs mieux que ses rivaux et conserve une courte avance sur le rendu des détails dans les basses lumières (crayons foncés en haut et à droite de notre scène test). Toutefois, le rendu des détails est meilleur chez Sony.

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25 600 ISO

Jusqu'à présent, force est d'avouer que 25 600 ISO est une valeur rarement utilisée par les professionnels. À cette sensibilité, le Sony A9 prend clairement l'avantage sur ses deux concurrents : le niveau de détail général est supérieur grâce à un lissage moins prononcé, tandis que la granulation reste assez fine est esthétique. Le Nikon D5 arrive en seconde position et le Canon EOS-1D X Mark II ferme logiquement la marche.

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Au final

Les trois boîtiers délivrent une excellente qualité d'image en dessous de 3 200 ISO. Concernant les valeurs supérieures, le Canon 1D X Mark II se fait distancer par ses deux concurrents, avec une meilleure gestion de la granulation pour le D5 et un meilleur rendu des détails chez Sony. Le Nikon D5 joue coude à coude avec le nouveau A9 pour ce qui est du moutonnement — celui-ci reste assez fin jusqu'à 25 600 ISO. Les 4 Mpx supplémentaires du A9 et un lissage sans doute moins agressif permettent donc au boîtier Sony une meilleure restitution des détails à toutes les sensibilités ISO. Notez toutefois que les différences ne sont pas flagrantes et que le gain est certes visible, mais finalement assez léger. Sur le point de la sensibilité ISO, Sony se hisse et dépasse les ténors du moment. Mais la gestion du bruit électronique n'est qu'une caractéristique pour un boîtier professionnel et le A9 doit faire ses preuves dans les autres domaines.

Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW. Ses publications 

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