L’IBC aura été l’occasion pour Adobe de lever le voile sur les nouveautés de sa Creative Cloud 2018. Ces dernières ne sont pas nombreuses, mais la tendance à la réalité VR se confirme. Son intégration dans Adobe Premiere en est un exemple flagrant.

Si l’on se penche sur la liste détaillée des mises à jour proposées pour Premiere CC 2018 (que l’on peut consulter ici), on se rend vite compte que la mise à jour corrigera davantage certains retards accumulés par l’éditeur que de repenser le logiciel en profondeur. À titre d’exemple, Premiere était jusqu’ici une des rares applications à ne pas proposer l’ouverture simultanée de plusieurs projets. C’est désormais de l’histoire ancienne… Il vous suffira d’ouvrir un projet pour qu’un nouvel onglet apparaisse dans le panneau correspondant. Ainsi, vous serez à même de transférer des rushes ou des séquences d’un projet à l’autre par un simple glisser-déposer.

Pratique si vous travaillez en équipe, cela peut aussi s’avérer dangereux, car une modification involontaire est si vite arrivée. Pour prévenir ce genre d’incident, un mode “lock” permet de verrouiller le projet du collaborateur afin de s’assurer de son intégrité. Les modifications deviennent ainsi impossibles, assurant la tranquillité dudit collaborateur.

De la même manière, Premiere CC profite de cette mise à jour pour améliorer son ergonomie. Le nombre d’étiquettes est augmenté et elles deviennent entièrement personnalisables afin d’attribuer des rôles précis à vos médias. Une fonction “Clear Gap” permet de supprimer toutes les zones mortes (sans aucun média sur une timeline ou une sélection). Un gain de temps considérable lorsqu’il s’agit d’éviter qu’une fameuse image noire, quasiment indétectable, passe au travers de votre vigilance.

Présentation de Adobe Premiere CC 2018 IBC

Mais la véritable nouveauté se situe tout particulièrement dans le montage VR, désormais intégré à Adobe Premiere Pro CC 2018. Il permet de traiter une grande majorité des flux VR sur une timeline classique. La prévisualisation s’effectue, au choix, en mode éclaté, simulé, ou au travers d’un casque de réalité virtuelle. Pour l’instant, celui-ci est spécifique à Premiere, mais Adobe promet d’ouvrir son écosystème à tous les constructeurs qui le souhaitent afin que la majorité des casques VR soient compatibles.

Grâce à une petite poignée, l'utilisateur peut naviguer dans la timeline, à l’image près, avec une facilité déconcertante. L’interface est minimale, claire et permet d’afficher la timeline directement dans le casque. L’intégration de nombreux plug-ins transforme le montage VR en un véritable jeu d’enfant. La mise en place des zones de titrage et leur positionnement s’effectuent en quelques clics ; définir un point de vue de départ est d'une satisfaisante aisance.

Présentation de Adobe Premiere CC 2018 IBC

Si la commande permet de naviguer dans la timeline, elle n'autorise pas pour autant à l'éditer. On imagine ainsi mal un monteur manipulant le logiciel à l'aveugle, laissant ainsi son casque au réalisateur qui guidera ses pas. L'intégration de la réalité virtuelle au sein d'Adobe Premiere favorise donc ce dialogue entre les parties. Pour le reste, le maniement du logiciel ressemble en tout point au montage linéaire classique de Premiere, pulvérisant les craintes que pourraient éprouver les habitués de l'application, lesquels pourront en toute quiétude s'initier à la VR.

S'il a accumulé du retard sur des détails, le logiciel se place aujourd'hui au rang de leader de l'innovation avec une intégration plus que réussie de la réalité virtuelle. L'outil est simple, aisé à prendre en main. On ne demandait rien de plus !

Sylvain Bérard

Photographe et étalonneur numérique pour le cinéma, amoureux du documentaire et des textures d’images. Grand utilisateur de sac à dos et de compagnie de voyages. Ses publications 

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