L’entreprise autrichienne Lomography a fait de la photographie argentique expérimentale et créative sa spécialité. C’est donc tout naturellement qu’elle a suivi le retour de l’instantané chez les amateurs de photographie et développé une large gamme d’appareils compatibles avec les films Instax. Nous avons interrogé le manager de Lomography France, Simon Vidal, sur ce marché particulier et sur sa société hors-norme.

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Simon Vidal, directeur général Lomography France

Autoportrait à la cabine FotoAutomat

À l’origine, Lomography commercialisait des appareils argentiques comme le Lomo L-CA, les Fisheye, Holga 120 ou Diana. Quand avez-vous commencé à proposer une gamme d’appareils instantanés ?

Lomography est une entreprise autrichienne qui fête déjà ses 25 ans ! Nous avons développé une large gamme d’appareils instantanés, mais nous avions déjà lancé un dos instantané pour le Diana F+ en 2009 avant d'en concevoir d'autres pour le LC-A+ en 2010 et le Belair en 2014. L’instantané est donc bien ancré chez nous depuis plusieurs années. Nous avons logiquement commercialisé par la suite des modèles entièrement dédiés : Lomo’Instant Mini, Lomo’Instant Wide, Lomo’Instant Automat et Lomo’Instant Square.

Quelle part ces produits ont-ils prise dans les volumes de vente de votre société en France et dans le monde ?

Nous avons sorti beaucoup d’appareils instantanés ces dernières années pour chaque format Instax, il s'agit donc d'une part non négligeable pour nous.

lomo instant automat glass

Quel appareil instantané affiche les meilleures ventes ?

Chaque marché a ses spécificités, mais pour la France, c’est le Lomo’Instant Automat Glass qui reste le modèle préféré actuellement. Il permet de combiner l’aspect hyper compact du format mini avec l’exigence de l’optique en verre, une ouverture maximale à f/4,5 et la précision de la cellule de mesure de lumière.

Fabriquez-vous les différents appareils et objectifs ainsi que les films que vous commercialisez ?

Nous avons une équipe de designers au siège de notre marque installé à Vienne (Autriche), ainsi que des ingénieurs dans nos bureaux de Hong Kong qui nous permettent de trouver des designs originaux et réalisables. Nous concevons donc les appareils de A à Z. En revanche, nous sous-traitons la production auprès d’usines partenaires qui travaillent exclusivement pour Lomography.

Vous avez fait le choix de ne proposer que des appareils qui acceptent les films Fujifilm Instax. Pourquoi avoir fait ce choix ? Quels sont vos accords avec Fujifilm sur l’utilisation de ces films ?

Nous travaillons depuis longtemps avec Fujifilm (environ 15 ans), car cette firme produit un film instantané d’excellente qualité, disponible en plusieurs formats, à moindre coût et à grande échelle. Autant de critères essentiels pour nous. Nous sommes donc toujours enthousiastes quant à l’idée de travailler sur ces nouveaux projets comme le Lomo’Instant Square, le petit dernier qui utilise le format Instax Square. Je ne sais pas quels sont précisément les accords avec Fujifilm et je n’ai pour ma part pas de contact avec les équipes de Fujifilm France.

Envisagez-vous de proposer un jour des appareils pour les films Polaroid ?

Il n’y a pas aujourd’hui de volonté de la part de Lomography, ni de Polaroid Originals, de travailler ensemble sur une ligne de produits.

En quoi les appareils Lomography se distinguent-ils des appareils Instax commercialisés par Fujifilm ?

Lomography a toujours cherché à produire des appareils qui se distinguent par leurs fonctionnalités créatives (surimpressions, pose longue, compléments optiques, gels de couleur pour le flash, télécommande de déclenchement à distance, accessoires créatifs comme le Splitzer, etc.). L’idée est vraiment de donner un maximum de possibilités pour que chacun puisse expérimenter avec le medium photographique. J’ajouterai qu’en tant que passionnés de photographie, nous sommes également attentifs au design de nos appareils et essayons de nous inscrire dans la tradition de modèles audacieux et emblématiques, le Diana F par exemple.

lomo instant panama

Outre la commercialisation d’appareils, Lomography, c’est aussi et surtout une communauté d’utilisateurs, un magazine et des compétitions. Parlez-nous de ces différentes facettes de votre activité…

Lomography est avant tout une communauté très active et internationale d’utilisateurs. Le site est une plateforme d’échange qui permet d’obtenir des conseils, découvrir les différents rendus de pellicules, participer à des compétitions, etc. Nous enregistrons actuellement plus de 126 000 articles publiés sur notre magazine en ligne et presque 15 millions de photos postées.
Au niveau local, nous organisons tous les mois de nombreuses collaborations, que ce soit avec des photographes (tels que Camille Vivier, Diane Sagnier ou encore Louis Dazy), des designers (JED,Foureyes), des artistes (Alice Kunisue, Flavien Berger), des collectifs (La Straussphère), festivals (Macki, Nuits Sonores), etc.
C’est passionnant de pouvoir faire exister autant d’univers créatifs différents avec nos appareils ! Il nous arrive également d’organiser des événements en dehors de notre boutique. En ce moment, nous travaillons sur des collaborations avec deux lieux parisiens emblématiques : Artazart et le Point Ephémère. Elles devraient normalement voir le jour dans les semaines qui viennent.
En bref, nous faisons de notre mieux pour transmettre notre enthousiasme et soutenir la photographie argentique et instantanée à plein de niveaux différents.

Combien de Lomography Gallery Stores existent-ils dans le monde et quel est leur rôle ? Les utilisateurs peuvent-ils y trouver l’ensemble de vos produits en démonstration ?

Nous avons actuellement quatre magasins dans le monde, Paris, Londres, New York et Tokyo, où vous pouvez trouver l’intégralité de nos produits. Nous sommes également représentés par des Embassy Stores, par exemple à Istanbul, Porto, Buenos Aires, Prague, etc. L’idée est évidemment d’avoir des points de rencontre avec notre communauté. Au Lomography Gallery Store de Paris, nous organisons régulièrement des expositions (en ce moment, nous montrons une collection d’appareils customisés dans le cadre d’Expolaroid), des ateliers hebdomadaires à thème (le Diana “pour les nuls”, le lightpainting, etc.), ou encore des lancements de livres photo (Fantasmas par Kamila K. Stanley et Fanny Myon).

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Source : Lomography

Pascale Brites
Pascale Brites

Journaliste technique, elle renforce l'équipe de rédaction en publiant des actualités et des articles pratiques. Ses publications