Hasselblad crée un dos numérique pour tous les historiques boitiers du système V : le CFV39 (9900 euros HT)

Test Hasselblad CFV-39

Le CFV39 est le dos le plus Vintage du marché. Installez-le et shootez avec n’importe quel Blad de la série V, né depuis 1957. Personne n’ira imaginer que vous photographiez en numérique ! Une excellente occasion de ressortir ces anciens boîtiers. L’aspect, aluminium et simili cuir, évoque plus l’histoire d’Hasselblad que les prouesses technologiques. Pourtant, sous l’aspect d’un traditionnel dos film se cache un monstre de technologies.

La définition est bien là !

Les 39 millions de pixels du capteur 36,7 x 49 mm (rapport 4 : 3) contenteront la grande majorité des photographes. Il redevient possible d’exploiter le formidable potentiel des célèbres optiques Carl Zeiss. Le premier CFV (16 Mpix) avait bien tenté de les faire revivre, mais le passage aux 39 Mpix permet d’exploiter pleinement le piqué des historiques Zeiss.

L’écran de 2,5 pouces permet de piloter le dos et de lire les fichiers RAW 3FR enregistrés sur la carte compactFalsh (une 4 Go est livrée avec le CVF-39). L’absence de tout fil de synchronisation, entre dos et optique, est une prouesse technique avec les boîtiers analogiques du systéme V.

Hasselblad CFV39 test review

Tableau des compatibilités.

CFV39 compatibilité

L’ergonomie de Phocus 1.2, le logiciel de traitement des fichiers RAW (3F ou 3FR) d’Hasselblad revient au niveau de ses concurrents.

phocus, logiciel Hasselblad pour les fichiers bruts

L’interface de Phocus rappelle Lightroom, Leaf capture ou Capture One.

La gestion de la couleur est étonnante. Il est impossible d’intégrer des profils d’entrées personnalisés. Hasselblad propose comme solution, un profil générique : « Hasselblad Natural Colour Solution ». Il répond, soi-disant, à toutes les situations. Étonnant lorsque l’on connaît la complexité de la restitution des couleurs modifiées par l’illuminant, l’optique et le capteur. De plus, le développement des RAW se fait d’office, vers le JPEG en sRGB (72 dpi), et vers le TIF en Adobe (300 dpi). Les autres espaces de travail sont exclus.

Par contre le module de correction des aberrations optiques (correction DAC), semble efficace. Il faut le configurer manuellement, du fait de l’absence des infos Exif des boitiers mécaniques. Il suffit de choisir dans une liste comprenant la majorité des optiques du catalogue, la focale utilisée lors du shoot. Hasselblad promet de finir le référencement de toutes ses optiques prochainement. La gestion du bruit dans Phocus se fait bien mieux que dans le Camera Raw d’Adobe. La différence entre un fichier développé par Phocus ou CR est très sensible.

Le même fichier est développé par les deux dérawtiseurs.

phocus versus camera raw

Phocus 1.2 à gauche et Adobe Camera RAW à droite

Phocus 1.2 supporte le travail en double écrans. Une bonne nouvelle pour les adeptes de la séparation entre outils et images.

Phocus Hasselblad test review

Le dos peut travailler en mode autonome même sur les boitiers motorisés (série 550), grâce à un accessoire qui déporte la batterie. L’écran bien que relativement petit – 2,5 pouces - est assez défini pour lire menus et histogramme. En mode connecté aucun souci, le dos est tout de suite reconnu. La connectique FireWire 800 transmet les fichiers rapidement. Le seul regret vient de la difficulté à travailler en mode portrait. Le dos ne tourne pas et ne se fixe par verticalement. Pour tourner, l’appareil, il vaut mieux travailler sur pied. À main levée, le mal de mer se fait vite sentir. Heureusement, les passionnés de Blad préfèrent le format carré (29 Mpix), lui aussi disponible.

phocus versus camera raw

   hasselblad CFV39 test review

L'Hasselblad CFV39 en mode paysage (gauche) et portrait (droite).

Le Blad, à l’origine au format carré, s’en sort bien en mode paysage. Le mode portrait est plus acrobatique…

Fiche technique simplifiée :

Résolution du capteur : 39 Mpixels (5412×7212 pix) format 4 : 3 et 29 Mpix (5412 x 5412 pix) au format carré.

Taille du capteur ; 36,7 x 49,0 mm ou 36,7x 36,7 au format carré

Taille des pixels : 6,8 µm

Poids du fichier 3FR (compression sans perte): 50 Mo ; TIF 8 Bits : 117 Mo

Sensibilité : 50 à 800 ISO

Ecran : TFT 2.5”

Connexion : Firewire 800

Dimensions : 91 x 90 x 61 mm

Poids : 530 g

Sur le terrain

Pour notre test, nous avons mis le CFV-39 dans les mains de Patrice Schmidt, photographe au Musée d’Orsay. Il est habitué aux dos Phase-One et Leaf qu’il utilise depuis 5 ans. Ce dos lui permet de faire revivre son parc de 4 Boitiers et 12 optiques.

« Les images sont arrachées !». C’est la première réaction, de Patrice, à la vue des fichiers dans Lightroom. « Par contre, le grain est très marqué ». Après quelques comparatifs, il s’aperçoit que le résultat est bien plus convaincant dans Phocus, le logiciel fourni par Hasselblad. « Même à 400 ISO, les fichiers sont très propres à condition de passer par Phocus pour les développer ». « Je suis convaincu par ce premier contact. Les prises en main du dos ou du soft sont très faciles. Les batteries du CFV-39, tiennent plus longtemps que celles des dos que j’utilise habituellement. Dommage qu’ils n’aient pas pensé à la rotation du dos. Les prises de vues en mode portrait sont acrobatiques. L’aspect du dos est une vraie réussite. Il a le look de mes premiers Blad. » Après 3 jours de tests, Patrice est toujours emballé. Les photographes d’Orsay vont sûrement travailler avec un dos Hasselblad en 2010, sauf restriction de budget…

[Hasselbald CFV39 test review exemple

](//dtphgwb5vjcez.cloudfront.net/focus/news/CFV39/NEF_ORSAY_CFV39_400.jpg)

Même 400 ISO, le grain est contenu avec Phocus. La définition est exceptionnelle .Vous pouvez télécharger l'image en pleine définition en cliquant sur la vignette ci-dessus.

[CFV 39 hasselblad test review

](//dtphgwb5vjcez.cloudfront.net/focus/news/CFV39/Ours_pompon_800.jpg)

Photographié à 800 Iso, à la lumière du petit matin, le museau de l’Ours de Pompon se détache parfaitement sur le fond flou du Musée.

Un « Bokeh » bien maitrisé ! Le format 36,7 x 49,0 mm du capteur y est pour beaucoup.
Vous pouvez télécharger l'image en pleine définition en cliquant sur la vignette ci-dessus.

CFV 39 hasselblad review test

L’armement du Blad : un geste classique pour les adeptes de la marque suédoise.

CFV39 Hasselblad test review

Deux stars en tête-à-tête

Quelques autres images shootées à Nancy, sur la place Stanislas, lors de l’expo : « Ephémère jardin».

[CFV39 hasselblad test review

](//dtphgwb5vjcez.cloudfront.net/focus/news/CFV39/CFV39_Nancy_salade.jpg)

À 3 mètres, au 100mm, les nervures de salade sont incroyablement détaillées.

[CFV39 hasselblad test review

](http://img1.focus-numrique.com/focus/news/CFV39_Nancy_Fontain.jpg)

Les détails fourmillent sur la pierre et les sculptures. Il faudra se méfier à ne pas bruler les hautes lumières. L’examen des images ne révèle pas une dynamique exceptionnelle du CFV-39.

Conclusions.

Les nouveaux dos numériques affichent toujours, à leur sortie, des prix de plusieurs dizaines de milliers d’euros. A moins de 10 000€, le CFV-39 fait figure d’exception. La richesse du capteur donne une claque aux meilleurs reflex, qui reprennent pourtant la main au niveau de la dynamique. Le CFV-39 fait revivre toute la série V souvent délaissée dans les studios. Il travaille parfaitement lorsque l’on a le temps. Le capteur grand format permet des contrastes incroyables entre le piqué extrême des sujets et le flou profonds des arrières plans (bokeh). Cet effet créatif est inimitable sur les capteurs plus petits. C’est un bon produit Hasselblad ouvert vers le passé, avec des performances actuelles. Il est une exception remarquable de la politique très critiquée, de fermeture de la plateforme H.

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