Du 16 au 19 novembre, la petite bourgade de Montier-en-Der passe 2 000 à 40 000 habitants et vit au rythme du plus grand festival de photographie animalière et de nature d'Europe. Un lieu et un moment uniques pour découvrir des expositions, mais aussi participer à des conférences, des projections et des animations pour les plus jeunes.

Montier-en-der, kyriakos kazirasUne foule compacte se presse dans les allées du Cosec pour découvrir les expositions, en particulier celle de Kyriakos Kaziras.

Après les très parisiens Salon de la photo et Paris Photo, le festival photo de Montier-en-Der est une étape importante pour les amateurs de photo et les membres de la rédaction. Pendant quatre jours, la ville et ses habitants s'impliquent dans le bon déroulement de la manifestation et des dizaines de bénévoles sont sur le pied de guerre dès les premières heures de la journée afin d'assurer les contrôles des sacs, guider les visiteurs, conduire les navettes et assurer la restauration. Une belle effervescence qui donne une âme singulière à ce festival international de photo.

Des incontournables

La programmation de Kyriakos Kaziras, Laurent Baheux, Olivier Grunewald ou encore Reza rend le passage au Cosec incontournable. On a l'impression de voir et revoir les images de ces photographes, mais l'émerveillement est sur place toujours présent.

Laurent Baheux présente pour la première fois une série sur son animal fétiche : le lion. Cet habitué de Montier-en-Der (sa première exposition remonte à 2007 et il a fait l'affiche du festival en 2009 avec un zèbre) présente ici, notamment via une scénographie tournante, ses plus beaux clichés du mammifère. Malgré la sortie récente de son ouvrage Ice is Black, l'Afrique est un véritable fil rouge de son travail photographique. Laurent est un amoureux du continent et les problèmes environnementaux le touchent particulièrement.

“En tant que photographe, que je sois en Afrique ou en Arctique, je suis le témoin des changements climatiques et de la pression environnementale qui pèsent sur la faune. Les gouvernements ne doivent pas qu'en parler, ils doivent désormais agir.”

Laurent Baheux, photographe

Montier-en-derLaurent Baheux est présent une nouvelle fois au festival.

Laurent Baheux est également à l'honneur dans la Cour du haras avec Afrique sauvage, l'album de famille. Les clichés prennent ici une autre dimension, fascinent les grands et émerveillent les plus jeunes visiteurs.

Montier-en-derLaurent Baheux en extérieur.

Plus loin, c'est le photographe grec Kyriakos Kaziras, parrain de l'édition 2017, qui expose sa superbe série Elephant Dream. L'Afrique et le noir et blanc sont donc une nouvelle fois à l'honneur et l'imposant mammifère en est le sujet principal. Toute la noblesse et toute la force tranquille de l'animal sont superbement immortalisées dans une série aussi fascinante qu'impressionnante.

Montier-en-derExtrait de la superbe série Elephant Dream de Kyriakos Kaziras.

Plus loin, ce sont les paysages presque extraterrestres d'Olivier Grunewald qui surgissent. Pourtant, nous sommes bien sur Terre, et plus exactement au nord de l'Éthiopie à -120 m sous le niveau de la mer. À Dallol, les conditions de vie les plus extrêmes sont réunies : les eaux bouillonnent à 110°C et le taux de salinité frise avec les 50 %. C'est pourtant dans ce lieu, dans ces paysages hallucinants que certains mystères de la création de la vie pourraient être percés.

Montier-en-derOlivier Grunewald.

Montier-en-derOlivier Grunewald.

L'homme encore présent

L'année dernière, à l'occasion des 20 ans du festival, l'organisation introduisait l'humain dans l'événement. Un choix encore assumé cette année, voire développé. Ainsi, vous aurez l'occasion de découvrir dans le Cosec le travail du photoreporter Reza, mais également les images d'Olivier Follmi prises au Tibet. Dans la partie Ethno du chapiteau, vous trouverez la série de Franck Vogel dédiée à l'eau, mais également une rétrospective sur Edward S. Curtis et ses clichés sur les Indiens d'Amérique du Nord. L'homme semble prendre davantage de place… et ce n'est pas du goût de tout le monde.

Montier-en-derReza est également présenté au festival de Montier-en-Der.

Une exposition déroutante à la halle au blé

En revenant dans le centre-ville, n'oubliez pas de visiter l'exposition Another World. Avant de lire l'introduction, laissez-vous porter par les photographies présentées et tentez de deviner quels sont les sujets photographiés. Pas facile ! Heureusement, l'auteur donne quelques éléments de réponse dans des cartels à soulever. Mais le questionnement ne s'arrête pas là et nous vous laissons découvrir tout cela sur place. Un moment troublant et fascinant.

Montier-en-derLa surprenante exposition à la Halle au blé.

Quelques pépites

Le festival nous réserve toujours quelques belles découvertes. Cette année, nous avons particulièrement apprécié l'exposition de Guillaume Mazille (Cosec), Ministère de la Disparition. En extérieur, c'est naturellement la superbe série du photographe français Thierry Suzan qui marque le plus. Elle est présentée sur le parvis de l'abbatiale et présente les plus beaux clichés réalisés par le reporter lors de ses nombreux voyages. Ici, c'est bien la beauté de notre planète qui est mis à l'honneur. Ne manquez pas non plus les extraordinaires arbres d'Olivier Muhlhoff dans le haras.

Montier-en-derGuillaume Mazille.

Et toujours de l'émerveillement avec les concours

L'abbatiale est devenue depuis quelques années le lieu d'exposition du concours organisé pour le festival, mais aussi celui du GDT, l'un des plus renommés. Cette année encore, les images sont superbes et le niveau très élevé.

Montier-en-derConcours.

En route pour les étoiles

L'astrophotographie est également à l'honneur pour la 21e édition du festival, en témoigne la citation d'Hubert Reeves, “nous sommes tous des poussières d'étoiles", qui vient marquer l'affiche. Montier-en-Der reçoit pour la première fois, dans la fondation Lucy Lebon, la première édition du festival Nightscapades. La salle regroupe plusieurs intervenants comme l'agence de voyages Terr Consteillée ou la Société d'astronomie de Haute-Marne. Pour cette première, l'association Chasseurs de Nuits nous plonge dans un univers passionnant et recherche actuellement des fonds afin de mettre en place les prochaines éditions. Notez également que les photographies du spationaute Thomas Pesquet ponctuent plusieurs lieux d'exposition du festival.

Montier-en-der 2017Une des séries présentées dans la fondation Lucy Lebon.

3 questions à Régis Fournel, président du festival

Festival photo de Montier-en-DerRégis Fournel, président du festival de Montier-en-Der.

Comment s'est mise en place cette programmation 2017 ?

Pour les invités d'honneur, il faut vraiment s'y prendre à l'avance pour être certain de leur disponibilité, car ils ont souvent des agendas bien remplis. Pour la programmation, nous définissons des thèmes pour chacun des sites et nous attendons les dossiers pour le mois de janvier. Une commission réunie en février avec des représentants de l'association (AFPAN) et des photographes professionnels sélectionne les dossiers pour le festival. Ensuite, nous devons voir avec ces derniers pour décider de la scénographie.

Nous sommes ici dans le Cosec avec de grands noms de la photographie de nature. Avez-vous le sentiment que la relève est déjà présente à Montier ?

Oui, le Cosec rassemble plutôt les photographes établis, mais dans les autres lieux nous avons également de jeunes photographes et professionnels. Je pense que la relève est effectivement là. Les jeunes sont encore passionnés par la photo de nature. Je pense à Michel d'Oultremont, par exemple.

Si nous avions la possibilité de vous offrir un tirage de cette 21e édition du festival, laquelle choisiriez-vous ?

Je n'ai pas encore eu le temps de voir toutes les photos exposées. Le festival vient d'ouvrir, je n'ai pas encore le temps de faire le tour de tous les photographes. Mais j'aime bien les photos de Kyriakos Kaziras, notamment celle de l'éléphant de face qui est vraiment impressionnante. Celle-là, je veux bien que vous me l'offriez !

Et toujours du matériel à tester dans des conditions réelles

Montier-en-der 2017Le festival de Montier-en-Der est également l'occasion de tester les dernières nouveautés des principaux constructeurs.

Le festival est l'occasion d'observer et de photographier la migration des grues en provenance du nord de l'Europe vers les contrées plus chaudes du nord de l'Afrique. Le lac de Der est une zone de repos et de nourriture pour les oiseaux qui passent ici quelques jours. Les berges du lac sont donc des zones propices à la chasse photographique.

Dans le gymnase jouxtant le lac, les principales marques (Canon, Nikon, Sony, Olympus, Sigma, Tamron, Fujifilm, Pentax...) donnent rendez-vous à ceux qui souhaitent essayer du matériel dans des conditions réelles d'utilisation. Oui, c'est le royaume des longues focales ! Vous dénicherez également de nombreux accessoires d'observation (digiscopie).

En pratique

21e Festival international de la photo animalière et de nature à Montier-en-Der en Haute-Marne, Marne et Région Grand-Est (Alsace Champagne-Ardenne Lorraine)
Du jeudi 16 novembre au dimanche 19 novembre 2017
De 9 h à 19 h (dimanche de 9 h à 18 h)

Le site Internet du festival international de Montier-en-Der

Tarifs

  • 14 ans : gratuit
  • Pass 1 jour : 16 €
  • Pass 2 jours : 28 €
  • Pass 3 jours : 36 €
  • Pass 4 jours : 47 €

Tarif réduit 1 jour : 13 € (dimanche après-midi à partir de 13 h 30, jeunes de 14 à 18 ans, lycéens, étudiants sur présentation de la carte, personnes en situation de handicap, association, comité, etc. – 15 personnes minimum, 1 seul paiement effectué par l’association, réservation conseillée).

Plan du festival

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Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW. Ses publications